Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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dimanche 1 mars 2015

Des bleus partout



               L'exercice qui consiste à jouer les sélectionneurs devant une bière est nul, tout le monde est d'accord. M'enfin voir une EDF aussi empruntée questionne le spectateur de base d'un jeu qui devient ennuyeux à force de rucks et contre rucks, où les défenses cadenassent toute velléité offensive, où l'équipe gagnante l'est en provoquant les fautes adverses et réussissant les pénalités, où l'essai tant espéré n'est que la conséquence d'un exploit individuel et d'un plaquage raté.

         Hier soir après le pensum de France Galles j'ai regardé la 1è mi-temps de Chiefs-Crusaders du super 15. J'avais l'impression de voir un match en accéléré, ou bien était-ce le premier qui se jouait au ralenti. Dans cette compétition les empilages de joueurs dans les rucks étaient tout aussi nombreux, mais d'une part un joueur ne chargeait jamais sans deux ou trois partenaires en soutien immédiat (et pas 2 secondes après), d'autre part le demi de mêlée ne passait jamais 10 à 20 secondes à placer ses joueurs avant les lancements de jeu, ce qui donnait des sorties de balle rapides sur des trois quarts lancés comme des balles dans des intervalles pourtant souvent minimes. Les joueurs concernés soit s'extirpaient alors de ces mini brèches avec une technique pointue d'évitement ou de passes après contacts, en ayant des partenaires toujours disponibles et concentrés soit  n'arrivaient pas à se dépatouiller des défenseurs mais bénéficiaient alors de nouveau d'un soutien immédiat. On ne voyait pas un Debaty ou un Bastareaud épuiser seul sa masse pourtant conséquente contre trois défenseurs dans l'attente d'un soutien toujours un peu décalé.

       Tous s'engageaient comme des furieux, condition physique au top que les français doivent avoir pourtant tout autant, mais semblaient surtout tous savoir instantanément quoi faire dans un cas de figure ou l'autre, comme s'ils avaient appris tous à anticiper le trajet du ballon et leur rôle dans le morceau qu'ils allaient jouer. Toute la classe "suivait". L'EDF donne toujours l'impression d'être encore en train de  réfléchir aux consignes des coachs dans une configuration vue à l'entrainement alors que le ballon est déjà loin.

         C'est bien pourquoi j'ai tendance à rejoindre ceux qui pensent que le problème de l'EDF est bien un problème d'encadrement et non de joueurs.  Le jeu de cette équipe est téléphoné, sans surprise, comme si les joueurs récitaient des leçons apprises bêtement, sans être capables de répondre à une question sortant du programme révisé. Un Lopez qui a réussi une passe au pied lors du premier match contre l'Ecosse va-t-il répéter l'exercice x fois dans les matchs suivants ? Comme quand les 3/4 anglais revenaient systématiquement se faire bloquer au centre du terrain à l'époque ou "nous" avions le french flair. On peut toujours critiquer tel ou tel, trouver Talofifenua nonchalant ou Chouly manquant de puissance, ou Bastareaud condamné à "péter dans la défense"en premier, cela n'explique pas cet étonnement de l'équipe à voir ratés ses examens alors qu'en révisant elle croyait tout savoir par coeur.

         On dirait que les coachs leur disent "lâchez vous mais attention, hein !". Et je pense à Lagisquet chargé des 3/4 à l'époque furieux sur son banc quand le jeu de Biarritz qu'il avait alors en charge (tiens tiens) commençait à s'enferrer dans des vagues d'attaque immanquablement bloquées car immanquablement prévisibles. Le début d'une longue descente aux enfers du club.

        C'est parfois bien d'apprendre et faire des gammes, mais souvent plus important de comprendre, sentir et anticiper le jeu. Cela se nomme l'intelligence, enfin je crois.

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