Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

dimanche 31 mars 2013

La Sanch



                     Chaque Vendredi saint précédent Pâques, la procession de la Sanch, qui date du XVè siècle, parcourt traditionnellement les rues de Perpignan. Pour la première fois je ne travaillais pas, et j'ai pû assister à ce long défilé de pénitents vêtus des caparutxes rouges ou noires (rappelant pour les non initiés les sinistres capes du Ku Klux Klan), et les pénitentes en noir coiffées de la mantille, chaque groupe portant des misteris  scènes sculptées représentant les étapes de la passion du Christ.




                        La "confrérie de la Sanch" dont vous pouvez lire l'histoire ICI avait trois buts, renforcer la foi par des pratiques pieuses, commémorer la passion du Christ, et accompagner les condamnés à mort vers le lieu du supplice en leur évitant le lynchage par la foule des spectateurs puisqu'ils étaient incognitos dans la même tenue que les pénitents.

              Ce qu'a dû oublier ce pauvre pécheur marchant pieds nus à visage découvert…


 Les marchands du temple de nos jours ne sont pas très loin…

Une enseigne gage de succès…

                      Quelques autres concessions à notre époque moderne ont lieu, telles la présence de la police municipale:


 Ou bien le désir d'optimiser l'évènement sur un plan financier…


                                L'ensemble reste impressionnant, une sorte de carnaval solennel et inquiétant à thème imposé, ces cagoules, ces tambours en tête du sombre cortège, et même sans la mélopée lugubre du "miserere des pendus", il est difficile d'oublier la proximité de notre sort commun…













lundi 18 mars 2013

Dans la nature




               C'est quand même sympa de rencontrer des anciens patients dans la nature. Un peu comme rencontrer dans la montagne un animal sauvage en liberté quand depuis longtemps vous ne l'aviez observé que prisonnier d'une cage. Et vous découvrez que la faune sauvage est finalement plus dense et active que vous n'imaginiez. Déambuler au centre ville à pied ou dans la campagne, aller au théâtre ou au cinéma deviennent des activités plus courantes, vous permettant de saluer chaque fois une ou plusieurs vieilles connaissances.
                 Si le lapin par exemple, aura peur de vous aussi bien dans la forêt que dans son clapier, le patient lui est bien plus à l'aise au naturel, à l'extérieur de votre cabinet médical. Il peut même se permettre de vous demander comment ça va. C'est dire comme il se sent maintenant libre avec vous.   
           
               Quand vous lui retournez la question (c'est bien le moins, si, sous prétexte de retraite, vous vous désintéressiez de ce qu'est devenue sa santé, vous ne seriez qu'un sale cuistre), il peut répondre qu'il va aussi bien qu'avant, moins bien qu'avant ou mieux qu'avant. Réponses non dénuées de messages subliminaux:
                 Dans le premier cas il vous indique que votre successeur s'est contenté de suivre votre sillage, votre cap était le bon, il n'a pas fait de vagues. 
                Dans le deuxième, il  signifie que malgré tous ses efforts et son niveau d'excellence, il peine un peu à égaler vos performances, ce qui est somme toute bien  normal de son point de vue.               
                Enfin dans le troisième, il souligne combien judicieux a été votre choix d'un "remplaçant" aussi pertinent pour vous succéder, il n'en attendait pas moins de vous. 

                En gros il s'arrange donc toujours très gentiment pour exprimer courtoisement une certaine gratitude et flatter votre ego. Et si vous le rencontrez dans la nature, vous pouvez en déduire qu'il est globalement en bonne santé, que du bonheur, quoi. 
                De rares confusions peuvent se produire,  sans autre conséquence que vous faire sourire: "Maintenant que vous n'êtes plus docteur…" Plus souvent votre ancien patient peut être délicat au point de solliciter malgré tout votre avis sur un point, de faire appel à votre expertise de son cas forgée par de longues années de fréquentation. Ainsi, tout récemment, une future maman a obtenu  une réponse certes un peu orientée…
Euh! c'est pas gagné…

                      Et ceci sans le poids de l'inquiétude, sans vous réclamer d'examens complémentaires, sans critiquer les génériques donnés par la pharmacie, sans exiger de consultation urgente, sans se plaindre d'effets secondaires inattendus, ou d'inefficacité de la prescription. 

                  Je ne pourrai pas hélas rassurer un de mes anciens professeurs, maintenant décédé, qui avertissait: "quand on se souvient de vous dans une soirée, méfiez vous, ce n'est presque jamais en bien".

                   Cet aphorisme lucide ou pessimiste ne semble pas s'appliquer au médecin retraité. Pour le patient, son ex-médecin est un ancien compagnon de route, ce bon copain de régiment qu'on revoit toujours avec plaisir...



vendredi 22 février 2013

Les plaisirs simples (3)

                 Faute de grives, on mange des merles dit le proverbe. Et faute de truffes, puisque ces années de sécheresse ont étouffé le mycelium des truffières sauvages, le cueilleur se rabat sur un petit être gracile parfois bien caché mais amusant à chercher, l'asperge sauvage, qui lui permet de préserver un mois et demi de promenades nature en hiver sur les trois consacrés "avant" à tuber melanosporum.

                 Dès le 15 Février selon le  temps et jusqu'à début Avril, nos garrigues offrent ces petites gourmandises, pour peu qu'y pousse l'asparagus acutifolius

Asparagus acutifolius

                 Elle est loin d'être toujours facile à voir:


              Il faut remonter la tige jusqu'à ce qu'elle casse à la moindre pression du doigt pour ne garder que la pousse tendre.
                 Elle ressemble parfois à une asperge du commerce en nettement plus fin (cas n° 1), ou quand elle a "monté"(souvent dans les endroits touffus où elle cherche la lumière) on pourrait presque la confondre avec des graminées. (cas n° 2)

Cas n°1
Cas n°2

                      Si votre oeil est suffisamment exercé, la cueillette suffira pour une surprenante omelette bien parfumée au goût très délicat.





                    Coupez les pousses au ciseau en tronçons de 2 cms, faites revenir 1mn à la poêle dans une cuiller à soupe d'huile d'olive bien chaude, cassez vos oeufs dessus, un peu de sel, poivre, et vous serez correctement vengé de n'avoir pu faire cette année votre brouillade aux truffes.

vendredi 8 février 2013

Bis cannabis





                 Un article récent du Figaro revient sur les dangers du cannabis, en ajoutant à ceux déjà connus l'augmentation des risques d'accident vasculaire cérébral. Je dis à ceux déjà connus alors que je ne suis pas sûr qu'ils le soient effectivement, à voir combien banale est devenue la consommation de cette drogue chez les jeunes. Peut être Le Figaro souhaite-t-il influer quand le débat sur sa dépénalisation rôde toujours...

                L'effet pervers que j'ai constaté le plus souvent  au long de mon parcours de médecin et qui me semble le plus notable mais aussi le plus négligé parce que le plus sournois, est pour moi la démotivation progressive chez les fumeurs réguliers, qui ajoute sa touche brumeuse aux démotivations dont est responsable une société qui effraye plus qu'elle ne sollicite. Voir des jeunes ne sachant déjà pas quoi faire de leur vie préférer flotter dans une anesthésie progressive en attendant qu'un déclic tombe du ciel est plutôt attristant. Ils finissent par se foutre de tout, et c'est au moins aussi grave que les accidents cérébraux, ponctuels et avec donc bien peu d'effet repoussoir. Cette constatation n'aide en rien pour savoir s'il faut ou non quand on veut traiter, dépénaliser...

                Je n'ai eu à soigner que peu de jeunes "accros" aux drogues douces ou dures, je veux dire à les soigner précisément "pour" leur addiction. Car il est très difficile d'établir un contrat de soins avec des personnes dépendantes prétendant vouloir se libérer de cette dépendance. Trop de ruses, de faux fuyants, de récupération, en fait un jeu de dupes pour un généraliste ne s'étant pas investi "en spécialiste" pour cette mission. C'était souvent pendant les gardes qu'on se trouvait confronté brutalement au problème devenu urgence. La nouvelle intitulée "Lettre anonyme"que j'ai choisi de vous présenter aborde une situation me semblant localement un peu moins fréquente que disons il y a une quinzaine d'années,  peut être une illusion à voir ce bilan européen.

vendredi 18 janvier 2013

Quelques notes (de lecture)



                      Petit bouquet de lectures pour débuter l'année, grâce aux pères Noël et à ce merveilleux et tout nouveau temps libre…


                       Court roman aussi économe que son titre, pourtant très porteur d'émotion et fantastique court métrage sculptant l'absurdité totale de la guerre. Remarquable…



                    Sentiment mitigé… Des étudiants en philo décident de reprendre un bar en Corse, et n'échappent pas à un triste épilogue… Juxtaposition fréquente de phrases longues et/ou compliquées et de courtes vulgarités, hum, pour faire "branché" ? Dix jours après l'avoir lu, je dois me replonger dedans pour me le remettre en mémoire… Pas bon signe -pour le bouquin, ou pour moi ;-)) -


                    Très décevant pour qui avait aimé "Les hirondelles de Kaboul": une histoire d'actualité puisque d'otages, accumulant les clichés… Mr Khadra en fait des tonnes, allant jusqu'à décrire un ravisseur aussi cruel qu'un chef SS et pourtant détenteur d'un "prix de poésie Léopold Senghor"; ça finit bien (pour le prisonnier, pas pour le lecteur), avec un otage veuf qui retrouve l'amour avec son infirmière… L'argument aurait pû suffire pour une nouvelle, hélas il en a fait tout un roman, riche en développements complaisants...



                    Bon d'accord, je suis inconditionnel du vieux pirate, il faut sans doute l'être pour voyager avec lui dans ce "faux roman policier" comme il en avertit le lecteur, où un inspecteur récent retraité (mais non, je l'ai pas choisi pour ça !) traque un gourou pedophile en étant lui même "border line", alcoolique et obsédé (avec en plus pas mal de succès) par la bouffe hyperprotidique et les petites culottes… Mais bon, c'est JH, faut monter dans la barque, oublier où on va, pourquoi on y va, et se régaler de son écriture et/ou de la traduction, comme pour chaque oeuvre, de Brice Matthieusent… Un chef d'oeuvre d'auto dérision… Et tant de réflexions justes sur notre monde, tant de poésie au détour d'une page, comme les places de Rome à la fin de banales ruelles encombrées…

Tiens, si vous aimez ou si vous voulez découvrir sa poésie, quelques exemples (bien) lus à voix haute ICI 









lundi 7 janvier 2013

Ubu



            Déménager en Belgique (pour lui), demander un passeport russe (pour les deux), c'est l'histoire d'un acteur et d'une ex-actrice, à priori français, mais aussi l'histoire du père Ubu et de sa "femme infâme"… Ces deux personnages s'entrainent sans doute pour leurs prochains rôles, ils y tiendront sans contestation la vedette, avec un succès qui  mérite à mon avis  de retrouver quelques notes jubilatoires de  Dick Annegarn, compositeur marginal et surprenant qu'on n'écoute plus guère… D'autant que ce dernier possède quelques points communs avec Mr Deux par deux  (deux par deux les stupidités) puisqu'il est citoyen (oui mais lui c'est citoyen d'honneur) de Bruxelles et qu'il est apparu dans le film Mammuth…

             Quant à la dame, coutumière de l'hystérie dans la défense des animaux, son choix d'après cet article  est très judicieux… Mais peut être que les oies blanches ne sont pas encore en péril dans ce grand pays…




Le Père Ubu, de Dick Annegarn, illustré par Flanar par flanar

lundi 31 décembre 2012

Café / croissant