Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

lundi 5 mars 2012

Le poker sur la ligne



           Après 2 tables finales récentes sur des tournois à petit buy in sur un champ de 500 puis 1000 personnes, pour la première fois depuis quelques mois, l'envie m'est venue d'écrire quelques réflexions à ce propos…

           Le poker est un simple jeu de cartes. Faites bien attention à la place de l'adjectif "simple" dans la phrase… Car il est tout sauf un jeu de cartes simple…

          Mais ce n'est qu'un jeu de cartes, pratiqué autrefois dans les tripots, les saloons, autour d'un feu de camp, ou dans des arrière salles obscures ... Maintenant dans de rutilants casinos, dans d'immenses salles de réunions, et depuis quelques années on peut s'y adonner depuis le fauteuil de son salon, pour peu qu'on connaisse des rudiments d'informatique et qu'on dispose d'une ligne internet. C'est le poker en ligne…

          L'engouement actuel pour ce jeu prend d'étonnantes proportions… Depuis un petit pays comme la France, où les joueurs n'ont pour s'affronter qu'une arène limitée par la loi à leur territoire, vous avez par exemple à 15h45 ce dimanche, une journée quasi printanière,  69803 personnes connectées sur un seul parmi la vingtaine de logiciels disponibles, ce qui correspond à la population entière d'une ville comme Béziers…

          Le poker en ligne devrait en réalité se nommer le poker sur la ligne, car c'est un jeu pour funambules, le poker sur un fil… Vous n'avez pas comme quand vous êtes attablé des adversaires en chair et en os, dont vous allez épier les tics, les manies, les gestes, le maintien, les réactions émotionnelles, et, s'ils ne se retranchent pas derrière des verres fumés, le regard… Vous n'avez face à vous que des identités d'emprunt, les pseudos, à la rigueur leur réputation et leur grille de résultats… Vous disposez d'indices microscopiques pour repérer d'éventuelles routines chez vos adversaires… Un tel lorsqu'il suit instantanément sera sur un tirage , tel autre a tendance à vouloir piéger en masquant la force de sa main, tel autre encore mise gros quand il bluffe ou utilise tout son temps de réflexion quand il possède un jeu forcément gagnant… Vous avancez donc à tâtons encore plus que lorsque vous êtes entouré de "visages de poker"(poker faces) se voulant impénétrables, mais susceptibles de se trahir par maints détails…

            Il est de ce fait indispensable au presqu'aveugle que vous êtes de posséder un bagage technique conséquent, et un sens aiguisé de l'équilibre… Le poker dans sa variante la plus populaire du Texas Holdem dont je ne rappellerai pas les règles élémentaires accessibles un peu partout, par exemple ICI , est un jeu qui réclame de l'agressivité… Mais cette agressivité se doit d'être contrôlée en permanence sous peine de vous entrainer dans la chute comme la moindre maladresse précipite l'équilibriste dans le vide... Et encore, le fildefériste est en état de risque maximum par le fait même d'être sur son fil, pas question pour lui d'agressivité, il doit reproduire à l'identique des gestes millimétrés sur tout son parcours sans s'écarter d'un iota s'il veut atteindre sa destination… 

            Le joueur de poker de tournoi ne peut pas se contenter de cette prudence de sioux qui le mènerait inexorablement à perdre sa provision de jetons sauf en cas de rushes de cartes  honteusement répétés… Bien sûr, dans nombre de situations il doit coucher sa main de départ (folder) sans état d'âme… Mais s'il veut faire fructifier son capital jetons, il se doit d'être à l'affût de toutes les opportunités qui se présentent… Et chacune de ces occasions le met dans le même temps en danger… 

          Tout le monde sait qu'une paire d'as AA est le plus fort jeu au départ du déroulement d'une main, quand tous les joueurs ont sur leur écran 2 cartes visibles… L'heureux propriétaire de ce diamant brut voudra qu'il lui rapporte: il va donc miser, et, emporté par son élan, va, plein de confiance, mettre un joli paquet de jetons d'un clic assuré, le voyant déjà doubler ou tripler avant de revenir à lui… 

          Hélas cette mâle confiance a pour seule conséquence d'effrayer tous les opposants qui s'inclinent sans demander leur reste, ayant compris qu'ils allaient devoir affronter quelque monstre… Le tas de jetons retourne piteusement à son propriétaire, à peine modifié par les 3 blinds qu'a rapportées cette démonstration de force excessive… 

          Donc, et même s'il lui faut attendre dit-on 220 mains en moyenne pour bénéficier du même bijou, la prochaine fois que AA va s'allumer sur son emplacement, notre héros échaudé va s'avancer masqué en cliquant innocemment sur une petite somme juste suffisante pour lui donner le droit de jouer le pot… Se pourléchant les babines à l'idée de la suite, il va tout content constater que 4 individus, pas moins, se sont jetés dans la gueule du loup, et ont suivi en sifflotant… Sur le flop 7K2, avec 2 coeurs, un des étourdis va miser, un autre suivre… N'ayant pas de coeur et ayant bien appris sa leçon, qui dit qu'il faut protéger une forte main si un tirage couleur ou quinte apparait au flop, notre héros va relancer, et se faire suivre une seule fois… L'inconscient d'en face va miser une nouvelle fois sur la turn, comme si ce 4 pouvait bien changer quelquechose… Le possesseur des As relance alors à tapis, l'agressivité qu'il avait bridée au départ du coup étant trop heureuse de se donner libre cours, l'unique adversaire va payer pour les 2 autres pleutres subitement occupés à d'autres tâches… Hélas celui ci non seulement suit, mais dévoile un brelan de 2, et engloutit Mr AA qui s'aperçoit un peu tard qu'il avait quelques jetons de moins que son bourreau, et se trouve donc éliminé…

                Où se trouve donc la vérité ? La troisième fois que va briller la pépite, il va choisir la voie moyenne, relancer, toujours se rappelle-t-il, mais pas trop, selon la situation car il a fini par comprendre, après quelques bordées d'injures incrédules, qu'il avait troqué un excès contre un autre, que s'il avait assimilé une leçon au flop, il n'avait pas pour autant assimilé l'ensemble du cours, et présentait des lacunes sérieuses dans la première partie… Il va enfin connaitre la situation idéale, n'avoir qu'un opposant au flop, et va gagner enfin, dans 80% des cas si les enchères atteignent leur maximum avant le flop, et perdre 1 fois sur 5, disent les mathématiques… Si le coup se déroule, il va gagner peu ou beaucoup selon la subtilité de ses mises, ou bien perdre soit du fait d'une nouvelle lacune dans le déroulement du coup, soit parce que l'adversaire a été chanceux,  parfois d'ailleurs en commettant lui même une erreur… gagnante !

                 Vous voyez bien, à cet exemple où pourtant vous est octroyée d'emblée la main la plus forte du Holdem, combien la chute à chaque instant guette le joueur de poker… Imaginez qu'un tournoi comprend des centaines de mains, que chacune d'elle nécessite 4 tours d'enchères, et que le fil est savonné sur chacune des étapes… Imaginez qu'il vous faut chaque fois évaluer:

- le stade où en est le déroulement du tournoi
- votre tapis
- le tapis de chacun des autres
- la hauteur des blinds
- votre position par rapport à ces blinds
- l'image que vous vous faites des autres, vous l'internaute malvoyant, juste d'après ce que vous avez vu de leur façon de jouer, et l'image qu'ils se font de vous
- le tout en ayant donc en moyenne 219/220 fois deux cartes de valeur variable mais en tout cas moins fortes que les 2 As, élément que le débutant regarde en priorité, qui pourtant en règle général est le moins déterminant, au point que le navire amiral du poker internet en France en a fait sa devise "l'important au poker ce ne sont pas les cartes, mais ce que vous en faites"

                Cette obligation d'être agressif à ce jeu, sous peine d'être dépouillé par touches successives de son magot de départ, mais de moduler en permanence son agressivité à bon escient, est source d'une tension constante, d'une frustration quasi continuelle, car rien ne se passe, la plupart du temps, comme vous l'avez prévu… 

            Plus souvent à vos yeux que ne concèdent les statistiques votre bombe préflop n'est plus qu'un pétard mouillé par la rivière, parfois en consolation votre poubelle laisse échapper une peau de banane sur laquelle glisse l'imprudent qui a oublié de vous la faire ranger… Il faut tout autant savoir décocher son cran d'arrêt, remettre son colt à la ceinture en faisant semblant d'avoir été là par hasard, que se glisser comme un serpent dans une erreur de l'adversaire pour mordre jusqu'au sang le doigt qui croit éliminer d'une pichenette un ver de terre… 

                 Savoir résister à la frustration est une arme admirable, qui manque particulièrement à l'époque du "tout, tout de suite"… Elle n'a pas de valeur en elle même, elle fait plutôt appel à un certain masochisme de l'attente, un stoïcisme qui préfère différer, contenir ses élans… Mais elle est un argument essentiel du joueur de poker, qui se doit d'intégrer le principe de réalité cher aux psychologues bien plus souvent que le principe de plaisir… 
                       En  ce sens un joueur de poker, qui peut certes avoir une relation addictive à son jeu en étant soumis au principe de plaisir, doit bien plus souvent qu'il ne voudrait pour y être gagnant  subir la poigne impérative du principe de réalité… Frustration de l'absence de cartes pendant 2,3,4 tours de table, frustration de l'absence de bénéfice tiré de bonnes cartes, frustration de voir s'écrouler en 2 mains qui tournent mal le travail accompli pendant les cent précédentes, frustration ultime de l'énorme bad beat sur la première très grosse main qui a suivi un cortège de mains injouables…

                Je ne suis pas personnellement connu dans mon entourage pour un caractère impulsif, pour mon impatience pathologique ou mon orgueil…Eh bien tout à l'heure, après avoir rétabli pourtant dans un tournoi turbo une situation compromise par un bad beat à 20 places des rémunérations en triplant avec une paire de 6 déjà kamikaze, je vois le large chipleadeur de la table couvrant tous les autres 3 ou 4 fois mettre tous ses jetons avant le flop sans irréfutable logique apparente… Je n'avais aucune raison apparente non plus d'aller le titiller avec mon AT même suité …  C'est pourtant ce que je fis en suivant, croyant avoir décelé un abus de pouvoir… L'individu possédait AK, et m'envoya derechef réfléchir aux effets néfastes de la frustration isue de mon badbeat…
          

      Plus le temps passe et plus je suis admiratif devant les rares champions qui réussissent en tournoi des performances à répétition, en plus parfois en jouant plusieurs épreuves simultanément ! J'ai cessé d'être découragé après la première heure en voyant les leaders provisoires de la compétition posséder déjà 7 ou 8 fois le tapis moyen, même si cela reste parfois ubuesque, ayant compris que nombre d'entre eux plus tard se prendraient les pieds… dans leur tapis, mais avancer jusqu'au bout sur le fil d'un tournoi comme  sur le mât huilé de la fête du 15 août dans le port de Collioure me semble vraiment digne d'éloges lorsque c'est répété… 

        Quand cela vous arrive, joueurs récréatifs, faites comme moi, savourez cet instant comme la friandise qu'il est… Ne vous imaginez pas reproduire à volonté l'exercice, vous risqueriez une fois de plus, la frustration… Mais si certaines entreprises, à la recherche de profils (j'ai entendu dire par ex qu'un rugbyman avait souvent la cote, du fait des valeurs véhiculées par ce sport), si ces entreprises, donc, cherchent des profils positifs, peut être pourraient elles se tourner, au lieu de les fuir comme la peste par peur de l'image d'Epinal des flambeurs et de l'addiction, vers les gagnants réguliers du "poker sur la ligne"…








jeudi 1 mars 2012

Jim Harrison



                       Il est depuis le premier recueil que j'ai lu de lui, "Légendes d'automne", un de mes auteurs favoris… Son roman le plus célèbre est sans doute Dalva , mais tous ses livres, très bien traduits par Brice Matthieussent, m'ont entrainé dans leurs histoires touffues et ramifiées qui donnent envie d'arpenter les grands espaces et l'histoire cahotique de l'Amérique à bord de son 4*4 ou à pied avec son chien… 
                          J'aime la façon qu'il a d'entraîner son lecteur parfois très loin sur des voies secondaires de son récit puis sa capacité à lui faire retrouver naturellement la route principale… Ses amis indiens, peut être pour cette raison, l'appelent d'ailleurs "celui qui va toujours plus loin dans l'obscur et réussit toujours à en revenir" Voir ici:  Ci-joint une bibliographie non exhaustive…

Romans
  • Wolf, a false memoir (Wolf, Mémoires fictifs) (1971)
  • A good day to die (Un bon jour pour mourir) (1973)
  • Farmer (Nord Michigan) (1976)
  • Warlock (Sorcier) (1981)
  • Sundog (Faux soleil) (1984)
  • Dalva (1988)
  • Just before dark (Entre chien et loup) (1990)
  • The Road Home (La route du retour) (1998)
  • Off to the Side. A Memoir (En marge) (2002)
  • True North (De Marquette à Vera Cruz) (2004)
  • Returning to Earth (Retour en terre) (2007)
  • The English Major (Une Odyssée Américaine) (2008)
Nouvelles
  • Legends of the fall (Légendes d'automne) ("Une Vengeance", "L'homme qui abandonna son nom", "Légendes d'automne")(1979)
  • The woman lit by fire flies (La femme aux lucioles) ("Chien Brun", "Sunset Limited", "la Femme aux Lucioles") (1990)
  • Julip (1994)
  • Westward Ho (En route vers l'ouest) ("En route vers l'ouest", "La bête que Dieu oublia d'inventer", "J'ai oublié d'aller en Espagne") (2000)
  • The Summer He Didn't Die (L'été où il faillit mourir) ("L'été où il faillit mourir", "Épouses républicaines", "Traces") (2005)
  • The Farmer's Daughter (Les jeux de la nuit) (2010)

            J'ai eu le plaisir d'enregistrer l'entretien qu'il a eu avec Jean François Busnel dans l'émission "Carnets de route" du 23/2/2012 sur la 5, annexe de sa "Grande librairie" qui fait enfin plaisir à tous les amoureux de littérature orphelins depuis "Apostrophes"... N'ayant pas eu de réponse à ma demande d'autorisation de mise en ligne de cet extrait auprès de France 5 (d'autres auteurs américains que j'ai shuntés malgré leur intérêt, sont aussi interviewés dans l'émission, Dan O'Brien, Craig Johnson, Alexandra Fuller, et James Lee Burke) je considère ce silence comme un feu vert….

NB(Nov 2013): désolé, la video n'existe plus, j'en ai trouvé une autre mais elle n'intéressera que les anglophones…









dimanche 26 février 2012

Pauvre truffe…

Le "brûlé" était presque parfait…



                      Depuis plus de 20 ans je m'intéresse à la mystérieuse et délicieuse truffe noire tuber melanosporum: nous avons même en 2000 investi avec 3 amis dans un terrain d'1/2 hectare où nous avons planté quelques dizaines de chênes truffiers qui… nous donneront du bois pour l'hiver pendant nos vieux jours… Ce petit terrain n'avait pas de point d'eau à proximité, ce qui n'avait pas découragé notre enthousiasme à l'époque, lequel restait persuadé que notre vieille camionnette de pompiers et 2 ou 3 citernes d'eau sur le terrain s'acquitteraient des tâches d'arrosage intermittent nécessaires en conditions "normales"… Hélas 3 années successives de sécheresse et chaleur intenses ont fini par décourager nos bonnes volontés…

                      Dans l'Indépendant du 21/2/12, j'apprends qu'en Vallespir, sous l'impulsion du president du syndicat des trufficulteurs catalans une cartographie est envisagée des terrains propices à recevoir des plants truffiers dans notre région, enfin plus exactement dans "son" Vallespir… Cette apparente bonne nouvelle m'a conduit, au retour de ma première et sans doute dernière "sortie truffe sauvage= bredouille" cette saison à jeter un oeil sur l'état des recherches sur la truffe… Force est de constater que les bonnes nouvelles ne se bousculent pas: le site des trufficulteurs français est toujours au point mort, beaucoup de liens ont disparu, un forum plustôt animé sur le site de Ste Alvère entre 2000 et 2006 est quasiment tombé en désuétude… La truffe garde son mystère et on ne sait toujours pas comment obtenir un peu régulièrement le précieux tubercule malgré la profusion de plants mycorhizés avec toujours plus de soin par les pépiniéristes…

                 Comme vous pourrez le constater sur le lien de l'ancien forum à sa belle époque, les échanges autour de la truffe ne se font pas exactement dans un climat convivial favorable au brassage de connaissances et donc au progrès de celles ci… Chacun fait sa petite cuisine dans son coin, et ceux qui ont la chance de produire quelques pépites n'ont pas vraiment envie que leurs voisins réussissent grâce à des infos qu'ils pourraient fournir… C'est à mon sens un obstacle majeur à l'amélioration de la situation… En Vallespir la truffe parvient à éclore sur des terrains à priori peu favorables, pas si calcaires que ça et au pied de chênes liège, une bizarrerie qui complique encore les choses… On sent bien qu'une cartographie des sols à priori compatibles pourrait justifier des subventions pour aider de nouveaux candidats à la trufficulture, et aussi et peut être surtout ceux qui sont déjà en place, ainsi que promouvoir les ventes des pépiniéristes dont le boulot s'arrête au stade de la mycorrhization de plants viables… Mais la route est longue entre la mycorrhize et le carpophore, et sur cette route nombre de stations restent inconnues, ou voient leur développement bloqué, même… la station du Montat du spécialiste Pierre Sourzat, où rien n'est vraiment nouveau hélas, après des années…

dimanche 19 février 2012

Fais moi signe

Mais enfin, Anne, j'ai juste tapé "fièvre" dans l'outil google !…

            Après la télémédecine, où le médecin, encore présent mais à distance, se contentait de voir, entendre, parler, mais pas toucher, voici l'outil google, qui fait ses diagnostics tout seul… Enfin le fantasme est complété, faire de la médecine sans médecin…

              Le conseil de l'Ordre tique sur l'éthique, mais pas tellement comme on pourrait le croire au sujet de l'absence du médecin… non, son problème est l'utilisation-qui-sera-faite-des-données-médicales-collectées…C'est vrai que si google collecte 287489652 "mal à la tête" et 54865234 "fatigue le soir", comment vont-ils utiliser ces précieux éléments à leur profit sur un plan commercial ? intrigant, non ?…

               Personnellement, je verrais plutôt le problème ailleurs. Si mon souvenir est exact, la séméiologie, c'est à dire l'étude des signes cliniques, se fait en 3è année d'un cursus qui en comporte 8… C'est la première année où l'étudiant se sent enfin "étudiant en médecine", car pendant les 2 premières il faisait plutôt de la chimie, des maths, et de la biologie… Année passionnante où il découvre qu'une toux par exemple possède une garde robe fournie, qu'elle peut être permanente ou épisodique, diurne ou nocturne, sensible ou non aux positions, discrète, petite ou profonde, caverneuse, émétisante, quinteuse, sèche ou grasse, et si grasse avec expectoration (crachats) claire, purulente ou sanglante, etc… C'est l'année où notre étudiant qui tousse depuis 10 jours après son rhume ne se sent pas si tranquille en relisant dans son cours qu'une toux persistante ne doit pas faire ignorer la tuberculose et aussi… le cancer… Et s'il tousse encore 3 jours plus tard, timide et mort de trouille il va obtenir pendant son stage en pneumo une radio qu'on lui offrira discrètement "entre deux patients"…




                      Donc, et vous n'êtes pas étudiant de 3è année, seulement internaute curieux, vous vous dites chouette, plutôt que d'aller faire la queue dans une salle d'attente avec ma douleur au ventre à droite, un clic sur google et je vois: appendicite, kyste ovarien, hernie, calcul rénal, colon irritable… Houla, et maintenant je fais quoi ? J'aurais de la chance cette fois d'être un homme, je pourrais éliminer l'ovaire, maintenant faut-il aller chez le chirurgien (appendicite, hernie), l'urologue (calcul), le gastroentérologue (colon), le gynécologue (ovaire) ? Bah, après tout, je vais quand même aller chez mon généraliste finalement, mais je l'ai à l'oeil, on verra bien s'il est meilleur que google…

               Eh bien vous savez quoi ? Je suis perplexe, le toubib a dit qu'à force de tousser (c'est vrai que j'ai toussé pendant 15 jours sans arrêt depuis ma grippe, c'est vrai aussi que je fume, même que taper dans google m'a fait tellement peur que… je n'avais pas consulté) qu'à force de tousser donc, j'avais dû me faire une mini lésion musculaire responsable maintenant de cette douleur… J'ai bien évoqué l'appendicite, mais il a eu un drôle de sourire, alors je n'ai pas insisté…

            Oui, l'étude des symptômes, la séméiologie, en 3è année, c'est passionnant, et souvent nécessaire pour faire un diagnostic, hélas, c'est bien loin d'être suffisant, vous pourriez peut être taper dans google pour savoir pourquoi il faut encore 5 années supplémentaires pour prétendre être médecin…


Quand je me sens malade, je tape mes symptômes dans google, et découvre habituellement que j'ai le cancer…

vendredi 17 février 2012

S) Menu Sadique


Viol au vent ou soupe de torture

*

Beuglée de porc à la braise

*

Riz gégène ou pommes à l'étouffée ou Justine de légumes

*

Cruautés de saison

*

NB: Perverre de champagne (offert par le marquis)

samedi 11 février 2012

Souris !


               Une seconde annonce d'envergure quinze jours après la première (cf ce blog) concernant la maladie d'Alzheimer, qui n'atteint pas que les humains, mais aussi les souris…

Souris à la peine dans un atelier mémoire


                En seulement 3 jours d'administration d'une molécule jusque là utilisée pour certains cancers cutanés, on constaterait la restauration complète des facultés mentales des bestioles traitées…

Ben speedy ça veut dire rapide, non ?



                 Il faut garder ces annonces… en mémoire, un peu d'espoir ne fait pas de mal…



dimanche 5 février 2012

Hiver




                      Le grand froid incite à dormir, lire ou écrire près d'un bon feu… Il peut même inciter un béotien de la poésie dans mon genre à tenter un poème, certes en prose… Ma culture poétique est proche de zero, tant je peine avec la langue elliptique des poètes que je trouve si souvent hermétique…Il m'arrive d'apprécier comme une friandise un texte de Prévert ou Guillevic, de Desnos ou Aragon, de Bukowski ou Brautigan, mais en dehors de Prévert je crois n'avoir jamais traversé un recueil complet…
                  Ce modeste exemplaire écrit par un jour glacé comme aujourd'hui a été publié il y a quelques années dans une revue littéraire éphémère (l' Obsédante ). Si vous avez quelques minutes, suffit de mettre au foyer une autre bûche…