Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

mardi 16 décembre 2014

Au fil de l'eau


               
               Les tristes évènements récents évoqués dans le billet précédent m'ont peut être conduit sans même que j'en sois conscient, à refaire un tour dans la nature, mais cette fois grâce aux livres, et, comme je l'avais fait cf ce billet, à lire coup sur coup, de nouveau par hasard, deux auteurs d'époque bien différente. John Gierach, américain contemporain, et Jérome K Jérome, anglais du XIX è siècle. Cette fois ces deux là m'ont entrainé au fil de l'eau et non plus dans les forêts profondes, et m'ont fait rire, j'en avais besoin.

Le vrai titre est "Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien)"



                L'auteur anglais du XIXè, que l'ami qui me l'a conseillé prétend avoir lu 4 fois comme l'aurait fait aussi Jacques Faizant d'après la préface du livre, nous conte une remontée de la Tamise en canot, non dénuée de notes historiques, mais essentiellement prétexte à des cascades sans fin de situations "gags" décrites dans un style un peu vieillot, mais caractéristique de l'humour anglais, certes servi habituellement à doses plus filées. L'histoire à son époque aurait connu un succès phénoménal et le livre serait passé sous le manteau de main en main. "Sous le manteau" je ne sais pas trop pourquoi, l'ironie qui saupoudre l'ouvrage à longueur de pages ne me semblant pas d'un pouvoir subversif extrême. Excellent prétexte pour en faire une pièce de boulevard, ce qui bien sûr fut réalisé à maintes reprises.

C'est le sexe et la mort… des mouches. Mais rien d'un ouvrage technique ! Un régal !


                 Hormis son titre, l'ouvrage de John Gierach qui passe sa vie à pêcher à la mouche et à écrire ensuite sur la pêche à la mouche, ne présente pas non plus d'élément inquiétant pour la société, hormis une pincée d'écologie réfléchie et intelligente, mais c'est un pur bijou là aussi d'humour anglo saxon, bien plus moderne, avec une autodérision succulente et une ironie cette fois délicatement dosée. On ne sera pas surpris de trouver l'influence de Jim Harrison et de Tom Mcguane, deux autres géants du "nature writing". Ce pêcheur invétéré est diplômé de philosophie, j'allais dire bien sûr, tant il est vrai que ceux qui se gaussent de l'apparente banalité d'une vie simple et proche de la nature feraient bien d'y réfléchir à deux fois …



          Deux citations méritent à mon avis leur place ici, la première est de JK Jérome lui même, la deuxième est en exergue du livre de Gierach et est de Jim Harrison.

« Rends légère la barque de la vie et munis-la des seules choses dont tu aies besoin: un intérieur et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, quelqu'un qui t'aime et que tu aimes - un chat, un chien, une pipe ou deux - prends assez de provisions pour te nourrir et te vêtir, un peu plus que le nécessaire pour te désaltérer, la soif étant une chose terrible. » Jérome K Jérome

" Je plonge le regard dans le trou le plus profond de la rivière, mystérieux comme peut l'être un grenier pour l'enfant, et je repense à ces deux pistes qui s'enfoncent et disparaissent en s'effilochant dans la forêt. J'ai la sensation que cela fait des jours que je tourne en rond sans le moindre reste d'énergie en moi. " Jim Harrison



samedi 6 décembre 2014

Départs

Anne, Sarah, Marine, François


           Après mon amie Martine, partie en quelques minutes sur un coup "de coeur", c'est mon amie Hélène qui s'en est allée. Elle, c'était mûrement réfléchi, ce n'était pas un coup "de tête", c'était le constat courageux que la lutte était devenue désormais inutile. Une ampoule pour dormir, une ampoule pour partir. On donne ce droit en Belgique où elle habitait.

           Avec Martine je partageais la passion des champignons, et, même si ce n'est pas si fréquent chez une femme, celle du rugby. Avec Hélène, que je connaissais depuis bien plus longtemps, en fait depuis ma première année de fac, nous avions une entente parfaite quand il s'agissait de bosser les examens. Très organisée, méticuleuse, synthétique, elle n'oubliait jamais aucune partie des cours, c'était une assurance tous risques contre les impasses. Elle s'acharnait jusqu'à ce que l'exposé le plus abscons devienne clair comme une eau de source. Ces qualités l'ont accompagnée jusqu'à un poste élevé à la Commission Européenne, où elle ne dédaignait pas de croire en sa capacité à éclaircir l'imbroglio des mouvements migratoires et des problèmes de développement des pays d'Afrique puis d'Europe de l'Est.

            Martine, infirmière, soignait les gens. Hélène, médecin, essayait de soigner les pays.

         Martine fumait beaucoup, boucher une coronaire restait surprenant pour qui constatait son énergie, mais  n'était donc pas chez elle inattendu. Bonne vivante, elle aimait aussi boire un coup avec des convives. Hélène n'avait jamais touché une cigarette, et je ne me souviens pas l'avoir vue absorber plus d'un demi verre de vin dans une journée. Elle était donc stupéfaite et très en colère  de voir le crabe progresser sur un terrain aussi vierge de toute pollution. Toutes deux étaient gourmandes. En bonne méditerranéenne, Martine aimait les plats simples du Sud, poissons grillés, tians, esquichades de morue. Hélène avait plus d'exigences: entrée, plat, dessert, si possible élaborés, devaient figurer impérativement pour donner au menu le droit de se prétendre un repas. C'est que, petite fille d'aubergiste au coeur des Cévennes, soeur d'un élève brillant d'Alain Ducasse, femme d'un amateur éclairé et parfois passionné de gastronomie, bon sang n'aurait su mentir. 

           Martine avait pris sa retraite il y a une petite année. Hélène bossait encore il y a quinze jours. Elle travaillait toujours bien plus tard que moi, de toute façon, à partir de 2h du matin elle donnait sa pleine mesure dans le travail de synthèse de ce que nous avions vu ensemble. Moi passé minuit mon cerveau approchait la consistance de la fraise tagada. Certes un petit retour de bâton l'attendait le matin. Hélène, toujours en retard… Si vous vouliez la voir en beauté, mieux valait éviter de la solliciter avant 11h du matin. Je refaisais donc en partie mon handicap sans forcer, l'esprit bien net, tandis qu'elle essayait de s'éclaircir les idées en soufflant sur son Banania fumant.

         Son Banania… Que de plaisanteries à ce sujet, quand nous avons appris que lors de son premier voyage avec MSF, elle avait fait suivre des boîtes de cette poudre vitale jusque dans les camps de réfugiés en Somalie où elle vécut son expérience humanitaire initiale, avec son compagnon devenu son mari, mon pote François. 

        Quand j'étais petit je préparais le 24 Décembre au soir un grand bol de chocolat chaud pour que le père Noël en profite le matin en passant déposer mes cadeaux. Je peux encore tenter le coup pour toi, bien sûr, avec du Banania, je sais, pas du Nesquik ou autre merde. Mais je manque un peu de motivation, je te connais, Noël c'est le 25, tu t'es endormie le 5, tu vas encore me le faire réchauffer.

"Le vrai tombeau des morts c'est le coeur des vivants" Jean Cocteau

mardi 18 novembre 2014

Pantalonnade




                Je n'ai même pas eu le goût à vous faire un compte rendu de ma dernière escapade parisienne où pourtant:

- j'ai bénéficié d'un temps idyllique ciel bleu et 25° pour Toussaint, irréel !
- j'ai vu ma fille dans un nouvel appartement nettement plus décent que le placard à balais précédent, et même agréable, dans le très séduisant 5è arrondissement
- j'ai vu des expos intéressantes (les tableaux impressionnistes rassemblés par le marchand d'art visionnaire Durand-Ruel, l'expo sur Niki de Saint Phalle, et surtout l'étonnante et gigantesque collection des oeuvres de Hokusaï)


               Car depuis j'ai rendu visite à une amie, avec laquelle j'avais bossé tous mes examens de fac pendant 8 ans, qui se bat pied à pied contre le nénuphar qui a dévoré la Chloé de Boris Vian,  une autre amie qui m'accompagnait encore le mois dernier pour une cueillette de cèpes record est partie brutalement d'un infarctus massif, et ma mère à 90 ans refuse de manger dans sa clinique de rééducation où elle soutient toujours mordicus qu'elle n'est jamais tombée, ne s'est jamais cassé le col du fémur et donc exige de regagner son domicile immédiatement.

              Vous l'avez compris, l'ambiance est un peu morose et quand c'est le cas j'ai tendance à m'occuper avec des bêtises, d'autant qu'après avoir enfin fini le premier jet d'une "histoire longue", enfin, autre chose qu'une nouvelle de dix pages, j'attends les retours de quelques amis lecteurs avant de me lancer dans son retravail. Donc, disais-je, je m'occupe avec des gamineries, par exemple j'ai trouvé un petit logiciel qui permet d'ajouter des bulles donnant aux photos d'actualité une saveur acidulée. Un exercice que le journal Hara-Kiri pratiquait volontiers, avec bien plus de talent mais tant pis…

Merkel et Obama à la sortie du G20


Partie d'échecs aveugle entre Hollande et Poutine


Les entraineurs de rugby de l'EDF face aux critiques




mardi 21 octobre 2014

Moi aussi…

         Je vais avoir cinq ans dans deux jours…

         Le terrain n'était pas très propice, car papi ne pouvait pas me faire faire des heures de voiture, et encore moins des heures de marche. J'ai d'ailleurs proposé de faire une pause après un petit quart d'heure de grimpette. Il a été plus sympa qu'il ne l'était avec ses enfants, car il a compris sur le tard qu'on pouvait facilement s'écoeurer, même si lui dirait volontiers "trop" facilement... Enfin, il m'a prêté sa canne de randonnée, au moins on était parés si on rencontrait un ours (vous rigolez, mais on est passés devant une petite grotte, il pouvait très bien y en avoir un !)

          Bon, il m'a bien fait le coup une fois ou deux de prétendre que "vingt mètres plus haut, juste après cet arbre, ça ne monte presque plus", mais il n'a pas vraiment insisté, même qu'il m'a pris sur son dos pendant la moitié de la descente. Ces rochers me faisaient un peu peur si je regardais mes pieds et pourtant il insistait pour que je les regarde, mes pieds, il disait qu'il ne faut pas rêver le nez en l'air en montagne (c'est ça qui m'embête le plus) car on pouvait tomber facilement.

         Bref, c'était quand même une petite balade sympa, j'ai pu voir le champignon des schtroumpfs, vous savez, le tout rouge avec des points blancs. Il y en avait plein d'autres en fait, mais papi a dit qu'ils étaient tous mauvais, surtout un qui était jaune citron et il a dit qu'il était mor-tel ! Il faut noter quand même que j'ai trouvé mes deux premiers cèpes deux jours avant mes cinq ans, et papi a beau faire le malin, il ne peut pas en dire autant. Pour ceux qui ne me croient pas, voilà la preuve !




              Bon, c'est bien beau tout ça, mais j'ai un puzzle qui m'attend, et c'est pas papi qui va m'aider à le finir, c'est pas trop son truc, le puzzle…



vendredi 17 octobre 2014

Copains d'automne


          Pas besoin de longs discours, vous avez l'habitude, maintenant… Deux journées superbes, miraculeusement sans vent, et la poussée en cours. Appareil photo oublié la première fois, pas la deuxième.








               Bon, je n'ai pas quand même passé mon temps à les photographier, je suis devenu adepte du no-kill pour les truites, pas encore pour les champignons !


            Par ailleurs si par hasard quelqu'un connait cette très jolie et très étrange chenille, qu'il me le dise, la petite couette qu'elle a sur le postérieur est d'un beau rouge vif, et semble hélas noire sur la photo, pour je ne sais quelle raison.




samedi 20 septembre 2014

On the road again…



             Etonnant de constater combien mes lectures me ramènent souvent dans les paysages américains. J'ai déjà expliqué qu'alors que je ne suis pas du tout admiratif de la culture (ou l'absence de culture…) et du mode de vie des USA, je suis souvent sensible à la manière avec laquelle leurs écrivains font partager des émotions profondes avec très peu d'artifices et sans effets de style particuliers. La liste est impressionnante de Steinbeck à Irving en passant par Faulkner, Caldwell, Hemingway, Ford, Carver, Auster, Roth, etc…




                Ce n'est pas le cas cette fois selon moi de Jim Harrison, pourtant un de mes auteurs fétiches, qui m'a déçu avec son Nageur de rivière. Ce livre contient deux courts romans (novelas). Le premier met en scène un intellectuel sexagénaire, professeur d'histoire de l'art à défaut d'avoir été le peintre qu'il rêvait d'être, de retour dans son Michigan natal où l'attendent une vieille mère ornithologue et autoritaire, les souvenirs d'un père décédé et les blessures jamais guéries d'un premier amour écrasant. Dans le second, un jeune homme "paysan et nageur", est aimé par deux filles dont les pères sont l'un une brute violente, l'autre un richard abusant du pouvoir de son argent. Lui ne pense qu'à nager sur d'incroyables distances dans les fleuves et les lacs... 

       Même si j'ai retrouvé parfois ce talent à nous entrainer dans des histoires imbriquées à la façon de poupées russes, l'ensemble m'a semblé surfait, pas vraiment sincère et pour tout dire je n'ai jamais réussi à m'installer dans ces récits qui semblent pourtant avoir plu aux critiques.




              Le fils de Philipp Meyer   est un ambitieux pavé embrassant 150 ans de l'histoire du Texas à travers plusieurs générations d'une grande famille de "propriétaires" terriens dont la richesse a explosé avec la découverte du pétrole dans les sous sols de l'état. 
            Les  allers retours sont nombreux entre les personnages et les époques. Toute la première moitié du livre est passionnante qui fait revivre les conflits incessants (et sanglants) entre Indiens Comanches, Mexicains et Texans sur un territoire  revendiqué de tous côtés. Le premier personnage de la lignée Mc Cullough, enlevé dans son enfance par les Comanches, sera marqué pour toujours par l'épisode, participera à la conquête de l'Ouest, à la guerre de sécession, établissant les bases d'un empire à coups de vols de bétail et d'expéditions violentes. 
          Un petit fils de ce tyran sans scrupules, Peter, choisira le camp mexicain, un accroc dans la lignée dominatrice qui reprendra avec l'ambition démesurée de Jeanne Anne, petite fille de Peter, quand le Texas devient un immense forage pétrolier. Cet aspect m'a moins intéressé, même si avec l'ensemble on ressent bien l'incroyable violence qui irrigue les racines des USA.




            Enfin Retour à Little Wing de Nickolas Butler  nous emmène dans le Wisconsin (Midwest),  l'Amérique "agricole" où se retouvent après avoir passé la trentaine à l'occasion d'un mariage quatre amis d'enfance aux parcours et projets différents. 

           Dans ces retrouvailles beaucoup d'émotions, de chaleur mais aussi de non dits, de rivalités, de conflits cachés qui finalement n'arrivent pourtant pas comme en planait la menace à détruire l'amitié entre les personnages, cimentée par les lieux et les liens d'enfance. Enormément d'empathie et de tendresse dans un livre parfaitement construit, une sorte de réconfort après les cruelles galopades texanes.



PS: je ne sais pas pourquoi 2 images sur 3 des couvertures de livre sont floutées, je n'ai pas décelé le problème (définition de l'image d'origine ? j'ai essayé avec plusieurs, sans succès)







mardi 16 septembre 2014

Visa 2014




      Un court billet cette fois car je m'y prends trop tard, le festival est terminé depuis avant hier. Toujours autant de témoignages remarquables sur les souffrances de ce monde, les conflits, les guerres, l'insondable pauvreté de 80% de la planète.

      Comme chaque année des hommages rendus aux photo-reporters qui ont perdu la vie en essayant de nous montrer l'étendue des privilèges dont nous bénéficions à pouvoir manger à notre faim, dans un pays en paix en étant à peu près libres de nous exprimer.

       Tous les reportages sont dignes d'intérêt, bien sûr, de l'Ukraine à la République Centrafricaine en passant par l'Irak, l'Afghanistan ou l'Amérique du Sud. Mais j'ai particulièrement apprécié les photos de

Anja Niedringhaus: tuée par un policier afghan en avril 2014, elle a couvert pendant 20 ans nombre de conflits et ses clichés étaient toujours d'une grande délicatesse et d'une humanité évidente.

• La guerre du Vietnam par les yeux de photographes nord vietnamiens: la piste Ho Chi Min labourée par les bombes m'a fait me souvenir de ce que racontait quand j'étais étudiant un contact universitaire du vietcong à l'étranger. Pendant que les B52 tapissaient de mort cette piste cruciale, les transports persistaient par une piste sous terraine longeant la voie principale, ceci sur des centaines de kms…

Soldats du génie cherchant un passage sous une cascade

Jorge Silva: remarquable série sur la Tour de David, un immense squat de 3000 personnes au centre de Caracas, entretenu par ses "locataires"acceptant de véritables règles de vie en communauté.

           Même si certaines images sont parfois difficiles à supporter, remercions ce festival devenu culte de nous forcer à regarder le reste du monde, de nous informer sans cesse, parfois sur des communautés que nous ignorons encore, même en étant abreuvés d'informations quotidiennes. J'ai presque honte d'avouer par exemple mon ignorance totale des Rohingyas, une minorité Birmane de confession musulmane persécutée par … les Bouddhistes. Si ces derniers aussi s'en mêlent, la gangrène des conflits religieux n'est pas prête d'être circonscrite...

jeudi 4 septembre 2014

Bonus

               Le temps exceptionnel de ces premiers jours de Septembre coïncidait avec la fin des navettes en bus, sans doute nécessaires pour l'écologie mais conférant l'été l'écusson "tourisme organisé" au site exceptionnel de La Bouillouse. J'en ai profité pour y emmener un ami parisien qui, si nous avons  fait une cueillette de cèpes un peu maigre, le timing n'étant pas parfait cette fois, a pu comprendre pourquoi je reste un amoureux inconditionnel de cet endroit, et de la petite auberge du Carlit, toujours aussi sympathique.

              Quelques photos en prime:

Le lac Vivé en arrivant par la forêt



Le lac Vivé bis



Le Noir d'en haut, imaginez le gobage d'une grosse truite à la lisière du tombant…


      Une jolie rencontre, dans les bosquets de  rhododendrons au dessus des lacs Sec et Coumasse. Il ne pouvait pas me sentir, le vent était dans le bon sens, mais j'ai cru qu'il m'avait vu, j'étais déjà étonné d'avoir eu le temps de sortir l'appareil et de faire cette photo…




          Mais il a pris son temps, on voit que c'est un jeune chevreuil mâle, en regardant bien on aperçoit les petites cornes, restées dans l'ombre la première fois… Hum, bon, d'accord, avec cette taille de photo, on ne voit pas mieux, vous reste à me faire confiance…



Le lac Noir d'en bas, sauvage et minéral


Depuis les pistes de ski, plus fatigantes pour le randonneur qui les gravit que pour le skieur qui les descend…


En revenant du lac de Pradeilles


           Un puis deux puis trois aigles magnifiques ont plané longtemps en altitude au dessus du lac de Pradeilles, sans jamais descendre assez bas pour qu'on puisse tenter une photo.




mercredi 27 août 2014

Merveilles

Je ne m'en lasse pas… Vous si ? Allez, accompagnez moi, les mots sont inutiles !

La Bouillouse et les pics Peric depuis le télésiège de La Calme


L'Aude en ruisseau de montagne ( vers Formiguères)

La brume à l'assaut des pinèdes (Rieutort)

En crête au dessus du col de Mantet


Et bien sûr la chasse aux trésors… Même parfois dans l'herbe haute, en "clap" s'il vous plait 
Vous avez trouvé ceux de l'image au dessus ?
Quantité moyenne, mais qualité absolument  irréprochable (pas un ver, y compris dans le gros)

mardi 29 juillet 2014

Avignon 2014





             Cette année le festival d'Avignon, grande fête du théâtre et pour nous de l'amitié puisque nous nous retrouvons comme chaque été avec quelques intimes, compagnons de  route depuis notre entrée à l'université, cette année donc le festival a donné lieu à des protestations des intermittents du spectacle, ces gens sans lesquels l'organisation d'une telle manifestation serait impossible et à qui on refuse encore un statut clairement défini dans un pays prétendûment gouverné à gauche... 

           Soit, le festival off, le seul qui nous intéressait cette année, n'a pas été perturbé, et nous avons déniché quelques perles. Pourquoi en parler alors qu'il vient de s'achever ? Eh bien Avignon off est souvent un banc d'essai pour des pièces qui en cas de succès seront reprises sur d'autres scènes tout au long de l'année, et seront donc peut être visibles en d'autres lieux. Si l'opportunité vous est offerte, vous pourriez comme nous vous régaler en particulier avec:


Faire danser les alligators sur la flûte de Pan: un spectacle construit à partir de la correspondance de Céline écrivain autour de 300 lettres nourries de cette langue à nulle autre pareille. Un Céline en fin de vie admirablement incarné par un Denis Lavant longuement applaudi avec raison.

Intégrale de la trilogie, Charles Gonzales devient… tour à tour Camille Claudel, Ste Thérèse d'Avila, Sarah Kane.  3h sans aucun ennui où un homme (Charles Gonzales) fait revivre la "folie" de ces 3 personnages féminins hors du commun, avec la paranoïa de l'une, l'hystérie de la seconde et la bipolarité parfois délirante de la troisième.

• Les chatouilles ou la danse de la colère: Un spectacle évoquant avec beaucoup de délicatesse le traumatisme d'actes pédophiles subi par une petite fille qui se destine à la danse. Andrea Bescond est une actrice aussi juste qu'elle est une danseuse impressionnante d'énergie. Admirable. Une salle debout multipliant les rappels.


30/40 Livingstone: L'histoire un peu délirante et bourrée d'humour d'un homme à la recherche de lui même qui finit par rencontrer un cerf champion de tennis. Là encore remarquable performance d'un acteur attachant, Sergi Lopez

             Assez peu de trouvailles question décors et mise en scène, l'exiguité de certaines salles qui ne sont théâtres que le temps du festival permet peu de fantaisies, le off se nourrit plus de textes de qualité et de prestations d'acteurs quand ils savent par leur talent nous inviter dans les mondes qu'ils proposent.

             Je ne vous liste pas la dizaine d'autres spectacles qui m'ont moins marqué tout en restant de très bonne facture (Fratricide, Les cavaliers par exemple), pour un cru 2014 où nous avons sans doute su mieux que les années précédentes repérer le bon grain. Une vraie déception, la prestation d'un Patrick Chesnais bien peu motivé, censé faire revivre un Dostoïevski obsédé par le jeu, ce pourtant bon acteur (au cinéma) se contentant de lire à voix haute ses feuillets en accrochant sur des mots.

A l'année prochaine !







dimanche 13 juillet 2014

Havaneres




               Ces chants marins appelés aussi joliment "chants des vagues" doivent leur nom à La Havane car ils datent de la première guerre d'indépendance cubaine vis à vis de l'empire espagnol (1895-1898).

            Ils ont été ensuite repris en langue espagnole et catalane, et forment volontiers le support musical à l'occasion de rencontres de voiles latines dont on est friand en Catalogne Sud plus que chez nous. A Calella de Palafrugell s'est tenue récemment une grande fête de ce type où les havaneres ont trouvé comme chaque année une place de choix. On y décèle aisément certains rythmes d'une musique cubaine rendue célèbre par  le Buena Vista Social Club et des musiciens comme Compay Segundo, Ibrahim Ferrer, Eliades Ochoa ou Omara Portuondo.

                La video (un peu longue à se lancer) est disponible au moment où j'écris ces lignes sur le site de la TV catalane, j'espère que sa durée de vie sur internet sera suffisante pour vous en faire profiter.

              Ceux qui s'intéressent aux voiles latines peuvent les revoir en majesté sur la plage de Collioure au début du siècle dernier et en entendre l'histoire touchante grâce au très beau petit film (52 mn) de François Bernadi intitulé "La dernière barque" et visible ci dessous.









mardi 10 juin 2014

Toulon (no rugby !)

            Mais non, je ne vais pas me lancer dans la querelle des pour et des contre le vainqueur du doublé Coupe d'Europe- Top 14 ! Chacun voit midi et sa porte et les Toulonnais voient le soleil briller sur la Méditerranée, tant mieux pour eux.  Non, Toulon est juste le titre d'une petite nouvelle (ça faisait longtemps, non ?) en partie mais bien sûr en partie seulement inspirée par mon exercice professionnel (toute ressemblance, etc…

           Imaginons que j'étais en consultation et que j'essayais comme d'habitude par des moyens détournés maladroits de soutirer quelques renseignements sur des stations de morilles cf le dessin ci-dessous:

Trop gros, passera pas…
Après donc m'être fait remettre à ma place comme je le méritais, le téléphone sonna…

samedi 31 mai 2014

Je papote, tu vapotes …




           Cette impression que la société française pinaille toujours plus comme une vieille mégère frileuse et obsessionnelle…
           Fumer tue, c'est maintenant écrit en gros sur les paquets contenant du tabac… Bon, plein de gens habitués pour plein de raisons à inhaler de la fumée de tabac ont décidé d'essayer de remplacer ladite fumée toxique par de la vapeur d'eau aromatisée… Dit comme ça, on pourrait croire que l'évolution est très positive… Hum, pas sûr, contenter tout le monde et son père, c'est bien connu, n'est pas simple… Les fumeurs se sont vus exclure de tous les endroits publics… La délicieuse cigarette après le café, au restaurant se fume maintenant dehors, par tous les temps, dans l'aéroport à l'intérieur d'un cagibi infâme à l'aspect de cercueil de verre, etc…

         Beaucoup de fumeurs se sont dit après tout, je finis par m'y habituer à ce substitut, et finalement c'est comme l'aspartam au lieu du sucre pour le diabétique, ça passe à peu près, du coup je préfère profiter d'un ersatz de tabac sans danger et en compagnie des autres plutôt qu'aller me geler avec les autres accros sur le trottoir en face et sous la pluie. 

        Tssss, pas si vite, Charlie… il est maintenant question d'interdire le vapotage dans les lieux publics !
       Bon, alors j'ai rien compris, c'est toxique aussi le vapotage ?

      Ben on croit pas, on sait pas, à court terme sans doute pas, mais dans 50 ans ? Et puis on pense surtout à ceux qui entourent le vapoteur et n'ont pas forcément envie qu'une vapeur d'eau nicotinée s'échappe de bouilloires voisines…

        M'enfin c'est pas la nicotine qui est cancérigène dans le tabac ? 

        Ouais, bon, c'est le responsable de l'addiction au tabac, hein !

       Je peux devenir addict à cause de la nicotine d'un vapoteur voisin ?

       Oui, enfin non, enfin on sait pas bien, et puis il n'y a pas que ça, il y a aussi du propylène glycol, de la glycérine végétale, des arômes…

       Le propylène glycol, bien sûr il a un nom chimique, ce qui est en soi effrayant pour le bio-écolo moyen, mais on s'en sert depuis 20 ans dans les médicaments inhalés pour l'asthme, la glycérine végétale, il y en a partout, depuis les dentifrices, les bonbons, jusque dans les diffuseurs de brume en boîtes de nuit. Et moi je sens rien, nada, quand on vapote à côté… Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue à la Pitié-Salpétrière, est assez clair.

      Donc malgré ça, si j'ai compris, faudra quand même aller vapoter avec les fumeurs dehors ? Et qui prend ces décisions ?

       Ben les politiques, tiens, car pour eux c'est un casse tête, la cigarette électronique est un marché qui explose, concurrence, lobbies, et puis, toujours penser à ouvrir le parapluie, hein ! 


         Les buralistes veulent avoir le monopole de la vente des e-cigarettes (arguant de la nécessité d'"encadrer" la vente des e-cigarettes comme ils prétendent le faire pour le tabac), les cigarettiers se battent pour avoir le monopole sur la fabrication, le tabac c'est 16 milliards de dollars de bénéfices en 2011 pour les 4 plus grosses firmes mondiales, malgré les campagnes anti tabac, et elles ne rechignent pas à élargir leur champ d'activité. C'est plus facile pour elles que ce ne l'est pour les dealers de Medellin de fabriquer du Subutex ou pour Pernod-Ricard de distribuer des antabuses. 

        Bon, c'est fini de papoter ? Avec tout ça, tu vas t'y mettre enfin à vapoter ?

      Pour aller dehors quand même entre la poire et le fromage ? Bah, je vais le garder mon demi cigarillo, pour une fois j'ai un point commun avec les politiques, lesquels vont nous faire rire encore avec leurs paquets "neutres", je donne dans la demi-mesure…   


  




lundi 12 mai 2014

Comme en 14…



          Non pas que Toulousains et Auvergnats soient partis la fleur au fusil en pensant que ce serait une formalité, ces  barrages, mais les journalistes sportifs prompts à faire des parallèles entre sport et guerre vont constater que le monde du rugby est secoué en 2014 comme le monde tout court l'a été cent ans plus tôt.
             Pensez, 2 clubs aussi prestigieux que l'USAP et Biarritz basculés dans la classe inférieure, 2 épouvantails du rugby aussi impressionnants que Toulouse et Clermont renvoyés à leurs chères études, qui plus est alors qu'ils jouaient dans leur stade où nombre d'adversaires avaient l'habitude de brouter le gazon… Le rugby n'est pas la guerre, certes, mais cette saison a bien un parfum de révolution.

                Toulouse a bien tenté sporadiquement de mettre en place ses mouvements d'attaque qui restaient peu fluides, comme grippés par d'inhabituelles fautes de mains. 

La tête des mauvais jours, ça se voit, non ?


                    Le bulldozer clermontois s'est mis en route les 10 premières minutes pour un gain minimal de 3 points, s'est réenclenché dans les 10 dernières quand il était trop tard. Entre les deux la défense de fer d'un Castres hyperconcentré les a obligés à sortir de leur tactique de panzer, et la charnière ne savait plus à l'évidence quelle tactique adopter. Quand l'adversaire résiste il faut sortir des schémas habituellement victorieux, ce n'est pas simple, mais au moins lorsqu' on est à 15 contre 13 on ne balance pas des grands coups de pied qui rendent le ballon à l'adversaire. Même Sivivatu, hors de forme, envoyait le ballon au pied, vous ne rêvez pas…

Caramba, encore raté, mais je suis zen, moi


               Clermont est irrésistible en automne, en hiver, et semble se crisper à chaque printemps, peut être qu'un bon psy, comme on dit maintenant un "coach mental", serait un investissement judicieux. Toulouse n'est pas connu pour s'effriter ainsi les beaux jours venus, ils ont leur passage à vide souvent en hiver, et savaient remettre le turbo en sentant "l'odeur du sang". Lassitude du pouvoir sans doute…
            Le sang, petite parenthèse, c'est la vue de celui de Florian Fritz qui a ému le spectateur, comme en son temps celui d'un Jean Pierre Rives offrait des images spectaculaires. Mais c'est plus la confusion du joueur, manifestée chez lui selon ses gênes par une agressivité de défense, qui devait inquiéter. Je n'ai pas de statistiques quant aux causes principales de ko sur un terrain. Mais il me semble que, plus souvent qu'un choc tête contre tête, c'est la rencontre avec un genou qui semble la plus dangereuse.  Et ce serait plutôt simple pour les joueurs de porter des genouillères rembourrées, comme le font souvent les joueurs de football américain. Le fémur est le plus gros os du corps, et quand le genou est fléchi, l'impact est terrible.

Pour un peu, le soigneur en prenait une…


              Refermons la parenthèse, et préparons nous à voir nos demi-finales. Montpellier travaille sans faire de bruit, et semble un bon candidat, souvenons nous toutefois que Castres l'avait vaincu à l'extérieur. Castres c'est l'élève modèle, appliqué, sérieux, pas forcément très spectaculaire, qui possède quelques pépites comme Kockott, Dulin (quel relanceur !) et le petit nouveau, Lamerat, qui semble bourré de qualités. La confrontation avec Tales va probablement sur motiver Trinh Duc le laissé pour compte.
           Pour l'autre match, on voit mal comment la sélection mondiale qui se nomme Toulon pourrait s'incliner face au Racing, à moins d'avoir elle aussi, un jour "sans" toujours possible. Sélection mondiale, c'est bien ce qu'on reproche parfois à ce club, qui a peut être pris avant les autres, sans états d'âme et avec beaucoup d'argent, le vrai virage (hélas ?) du rugby professionnel.
           Vern Cotter, lui, toujours imperturbable, méritait un autre palmares avec Clermont, reste à espérer qu'il ne trouvera pas les derniers réglages avec l'Ecosse pour la coupe du monde…