Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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mardi 18 novembre 2014

Pantalonnade




                Je n'ai même pas eu le goût à vous faire un compte rendu de ma dernière escapade parisienne où pourtant:

- j'ai bénéficié d'un temps idyllique ciel bleu et 25° pour Toussaint, irréel !
- j'ai vu ma fille dans un nouvel appartement nettement plus décent que le placard à balais précédent, et même agréable, dans le très séduisant 5è arrondissement
- j'ai vu des expos intéressantes (les tableaux impressionnistes rassemblés par le marchand d'art visionnaire Durand-Ruel, l'expo sur Niki de Saint Phalle, et surtout l'étonnante et gigantesque collection des oeuvres de Hokusaï)


               Car depuis j'ai rendu visite à une amie, avec laquelle j'avais bossé tous mes examens de fac pendant 8 ans, qui se bat pied à pied contre le nénuphar qui a dévoré la Chloé de Boris Vian,  une autre amie qui m'accompagnait encore le mois dernier pour une cueillette de cèpes record est partie brutalement d'un infarctus massif, et ma mère à 90 ans refuse de manger dans sa clinique de rééducation où elle soutient toujours mordicus qu'elle n'est jamais tombée, ne s'est jamais cassé le col du fémur et donc exige de regagner son domicile immédiatement.

              Vous l'avez compris, l'ambiance est un peu morose et quand c'est le cas j'ai tendance à m'occuper avec des bêtises, d'autant qu'après avoir enfin fini le premier jet d'une "histoire longue", enfin, autre chose qu'une nouvelle de dix pages, j'attends les retours de quelques amis lecteurs avant de me lancer dans son retravail. Donc, disais-je, je m'occupe avec des gamineries, par exemple j'ai trouvé un petit logiciel qui permet d'ajouter des bulles donnant aux photos d'actualité une saveur acidulée. Un exercice que le journal Hara-Kiri pratiquait volontiers, avec bien plus de talent mais tant pis…

Merkel et Obama à la sortie du G20


Partie d'échecs aveugle entre Hollande et Poutine


Les entraineurs de rugby de l'EDF face aux critiques




dimanche 15 décembre 2013

Paris


                Une autre raison cette fois que le prétexte "culturel" bien connu du provincial pour nous rendre à Paris. La décision de notre fille d'y faire une expérience de vie et de travail. Hormis le choc de la voir préférer séjourner dans un placard à balais aménagé pour un prix supérieur à celui d'un F4 dans le Sud, rien à dire sur le choix du quartier, le 14è, propre et clair, riche en commerces et petits restaus sympas, lieu de travail à deux pas évitant la corvée de métro pluriquotidienne. 

                  Car c'est bien dans le métro qu'on voit combien la vie parisienne est gourmande en énergie individuelle. Tous ces visages comme blasés ou fatalistes isolés dans leur bulle, yeux rivés sur un livre ou un portable, oreilles asservies aux écouteurs, concentrés sur l'optimisation égoïste de ce temps passé au milieu des autres et pourtant vide de sens. Des solitudes agglutinées, lançant de temps à autre un regard furieux ou une courte injure en cas d'incivilités, banales et fréquentes... 

               Clémence de la météo, certes des jours frisquets, mais sans trop de vent et surtout quasiment sans pluie.

               Quelques échos pour qui voudrait s'y rendre.

• Encore quelques jours pour "L'art en fusion:" Frida Kahlo/Diego Rivera au musée de l'Orangerie jusqu'au 13 janvier 2014. Je suis personnellement plus sensible à la peinture de Rivera, des fresques somptueuses même si le thème en est lourdement militant, des portraits profondément humains, des couleurs chaudes à l'équilibre remarquable.

La marchande d'arums. Diego Rivera

Mais la peinture auto-centrée d'une Frida Kahlo souffrante, de son corps blessé comme de l'amour ravageur de son Diego géant, reste très émouvante, comme l'histoire de sa vie.

Frida Kahlo-Autoportrait


• Jusqu'au 20 Janvier "Le feu sous la glace": Felix Vallotton au Grand Palais  Au départ graveur, sachant utiliser admirablement le noir et blanc comme dans la scène ci-dessous que je trouve si évocatrice de son talent pour la gravure, il devient peintre en gardant les qualités du graveur qui permettent aux sujets choisis d'avoir une grande netteté de contours, et s'intéresse aussi bien aux paysages qu'aux portraits ou à des scènes d'intérieur autorisant souvent deux lectures. C'était un des rares peintres parait-il à avouer franchement que le nu permet surtout au peintre de se rincer l'oeil ! Magnifique exposition d'un artiste dont la renommée n'est sans doute pas à la mesure du talent.

F Vallotton-La manifestation


F Vallotton-Le dîner




• Vous aurez plus de temps, jusqu'au 20 Mars 2014 pour aller voir Brassaï, gratuitement à l'Hôtel de ville   Superbe ! Une exposition "cadeau" de haute qualité, comme celle vue l'an dernier.  Paris nuit et jour, Paris toujours, avec certains clichés déjà vus car célèbres, mais aussi une étonnante série de photos de graffitis creusés dans la pierre, graffitis dont il faisait l'équivalent des fresques retrouvées dans les grottes antiques. Et une capacité à faire vivre le Paris de son époque à travers des sujets à priori banals.
• Cette qualité à donner vie, et faire ressentir une atmosphère en photographiant d'apparentes banalités, il la partage sans doute avec beaucoup d'artistes (pour rester dans ce que j'ai vu pendant ce sejour, cf Vallotton qui peint une femme de dos rangeant son armoire !)...

F Vallotton- Femme en bleu fouillant dans une armoire



... mais en particulier avec Raymond Depardon, dont vous pouvez voir "Un moment si doux" au Grand Palais jusqu'au 10 février 2014 . Son reportage sur Glasgow en est un exemple parfait. 


Pour ceux qui comme moi ont une origine rurale, offrez vous ses DVD "Profils paysans", vous aurez une idée des rapports qui existent entre la campagne profonde et l'éternité…

              Un conseil pour toutes les expos payantes, si vous ne voulez pas faire le pied de grue dans le froid pendant 2 heures, pensez à réserver sur internet, vous réduirez la punition à une demi-heure.











lundi 8 avril 2013

Paris




                     Cette fois notre sortie parisienne a eu lieu au début d'un prétendu printemps. Avec une température encore hivernale et l'actualité lamentable de l'affaire Cahuzac  l'adjectif "prétendu" n'a rien d'excessif. Nous avons expérimenté avec succès la location pour quelques jours d'un petit appartement, solution moins impersonnelle que l'hôtel et pourtant moins chère. Pensez-y, avec internet les propositions sont multiples.

                   Même plaisir de marcher dans la ville, sans rencontrer d'ailleurs ceux qui préféraient la course du marathon de Paris ce Dimanche. Toujours autant de téléphones portables, et dans le métro on lit moins de journaux papier, on les remplace par des iphones, ou des tablettes, pourtant plus de livres aussi, m'a-t-il semblé. Plus de misère hélas, la "crise" n'est pas un mot vidé de sens, avec des carrés de trottoirs annexés par des petits groupes familiaux autour d'un matelas crasseux, et non plus "seulement" par des SDF solitaires.

         • Remarquable exposition (gratuite) à l'hôtel de ville (jusqu'au 25 avril) sur la résistance parisienne pendant la 2è guerre mondiale : qualité des documents, progression clairement montrée des actes de résistance depuis les premiers tracts clandestins jusqu'aux combats des FFI pour la libération de la ville.

         • Egalement très intéressante exposition de la valise mexicaine (jusqu'au 30 juin)  au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme avec tous les négatifs (4500!)  de Capa, de sa femme Gerda Taro et de leur ami Seymour dit Chim couvrant la guerre civile en Espagne de 1936 à 1939, égarés en 1939 et retrouvés au Mexique en 2007. Les meilleurs clichés ont été publiés, et sont au format photo, les autres sont des planches contact exigeant parfois de bonnes lunettes et une vraie souplesse de cou pour redresser certaines prises de vue, mais les efforts sont souvent récompensés permettant d'entrer au plus près des combattants républicains.

            • Visite de la maison de Balzac, à Passy, où l'écrivain travailla 16 à 20h par jour pendant 7 ans pour écrire La Comédie humaine dans une pièce de 12 m2 environ.

            • Exposition tout aussi réussie de Chagall "Entre guerre et paix"  au musée du Luxembourg jusqu'au 21 juillet: couleurs, rêve et fantaisie au service d'une sensibilité pourtant aigüe à la cruauté du monde réel.

             • Promenades dans le marais, au quartier latin, restaus entre amis, à Montmartre épreuve d'effort gratuite avec les 220 marches pour rejoindre la place du tertre, spectacle des parties clandestines de bonneteau juste sous la butte (on regarde, hein, on ne se fait pas plumer…), et pour finir la magnifique prestation de Catherine Frot dans " oh les beaux jours" de Beckett (jusqu'au 1er juin) au théâtre de l'Atelier, la scène qui a vu les débuts de Jean Louis Barrault.

               A la prochaine !


dimanche 20 novembre 2011

Paris



         Décidément, j'aurai eu beaucoup de chance à Paris en 2011… De nouveau des conditions climatiques extrêmement clémentes pour la saison… Les gens qui trottinent en tee shirt dans le jardin des Tuileries, un ciel quasiment bleu quand notre Sud encaisse en un mois les précipitations d'une année entière… 
              Un barbecue dans le jardinet d'une maison à Asnières un 19 Novembre, pincez moi je rêve  …

Au menu de cette escapade:

- Edvard Munch au Centre Pompidou, visible jusqu'au 9 /1/2012: exposition que je résumerais en disant qu'elle montre une peinture influencée par l'oeil nouveau de la photographie naissante, pour  laquelle le peintre va se passionner, avec en particulier un véritable effet de zoom dans certains tableaux où le traitement de la perspective projette véritablement la scène représentée au visage du spectateur du tableau…

- également jusqu'au 9/1/2012 à l'Orangeraie: l'Espagne entre deux siècles, avec de superbes tableaux d'artistes dont j'avoue que je  les connaissais très peu (Sorolla, Zuolaga, Mir, Ramon Casas)… Voir aussi la splendide collection du marchand d'art Paul Guillaume, un ancien garagiste capable de comprendre le talent de Modigliani, Chirico ou Soutine avant tout le monde, et de promouvoir l'art africain en … 1918

- circuit en bateau mouche, toujours différé, jamais fait auparavant par peur sans doute du "tourisme à la japonaise", proposant pourtant une vue superbe avec une approche très différente sur nombre de monuments célèbres du centre de Paris…

- retour au nouveau Musée d'Orsay, avec l'aimant de son exposition permanente des Impressionnistes, qu'on ne peut s'empêcher de parcourir encore, et une exposition temporaire (jusqu'au 15/1/2012) exigeant par contre des connaissances artistiques plus pointues sur l'art en Angleterre à la sortie du carcan Victorien, avec en soutien les aphorismes persifleurs d'Oscar Wilde…

- Les photos de Diane Arbus (jusqu'au 5/2/2012), à la fois témoignage documentaire précieux sur les USA  entre 1950 et 1970, et regard empathique sur des minorités qu'on imagine peu prisées des "bien-pensants" de l'époque, des vacanciers naturistes aux déficients mentaux, en passant par les transformistes et autres transsexuels…

          Pas de nouvelle, cette fois, pour accompagner cette balade, mais, pour ceux qui l'auraient ratée, ils peuvent encore jeter un oeil sur celle ci, elle reste d'actualité…


dimanche 16 janvier 2011

Paris

            Je n'étais pas allé à Paris depuis au moins 3 ans. Le prétexte ici était l'expo Basquiat dont je vous ai parlé. Très beau choix de tableaux, qui permet de mieux comprendre l'engouement pour ce jeune artiste issu de l'art de la rue. Graffiti, certes, thèmes et symbolisme assez enfantins en général (noir, esclavage,  rois nègres, New York, boxe, jazz, homme condamné à mourir), mais aussi spontanéité éclatante, talent évident de peintre dans l'équilibre remarquable aussi bien des couleurs que des motifs représentés…
             Paris… J'adore marcher dans cette ville, et quand on arpente ses rues on rentre parfois aussi fatigué qu'après une randonnée en montagne… Par chance il faisait doux en plein mois de Janvier, peu de vent, presque pas de pluie, et l'épreuve habituelle qui consiste à grelotter dans la rue, plonger dans le four surpeuplé des rames de métro, en ressortir moite pour affronter les rafales glacées des couloirs interminables puis de nouveau la pluie transfixiante à l'"air libre", a épargné parisiens et touristes… Peut être est ce pour cette simple raison que j'ai trouvé cette fois la foule, en apparence plus cosmopolite d'année en année, un peu moins effrayante d'indifférence mécanique et de douleurs silencieuses… Un temps clément, la perspective peut être aussi de dénicher l'affaire du siècle dans les avalanches de soldes …Plus de sourires, plus de paroles, même si en général destinés aux téléphones portables collés sur tant d'oreilles comme autant de coquillages métalliques… Même s'ils ne vous parlent pas ou ne vous sourient pas, à vous, les gens vous prouvent au moins qu'ils savent encore le faire… Bénéfice inattendu de cette téléphonite généralisée…
         J'adore marcher dans Paris, donc, je me fiche éperdûment du shopping personnellement, mais l'esthétique de ses bâtiments splendides truffés de références historiques tous les 50 mètres reste exceptionnelle, et puis c'est en marchant le nez en l'air que j'ai parfois l'impression de "prendre le pouls" du pays… La France ne va pas très bien depuis quelques années, et j'avais peur de voir fleurir partout les campements de cartons des SDF que "la crise" avait dû multiplier… Je n'en ai pas vu énormément, en tout cas moins qu'à Manhattan New York, où chaque angle de rue ou presque est squatté par un malheureux dont tous les biens tiennent dans un chariot de supermarché… Je n'en tire aucune conclusion bien sûr, la police ayant probablement travaillé dur pour éloigner du grand centre le spectacle de la misère… Comme elle a dû oeuvrer pour supprimer la mendicité aux feux rouges, qu'on rencontre encore assez souvent en province… Quelques années auparavant, c'était simple, chaque feu de croisement réclamait sa pièce… L'euro n'était pas encore notre monnaie, et j'avais écrit à ce sujet cette nouvelle, déjà parue en revue (Le Matricule des Anges, une excellente revue par ailleurs)…