Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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jeudi 21 juin 2018

L'équipe et les coupes


Cette image est bien plus belle…

        Tout le monde sait qu’une équipe est bien plus qu’une somme d’individualités, aussi brillantes soient elles. Il faut que le courant passe entre ses membres, comme la cuisine a besoin de liants pour révéler les saveurs d’un plat. 

        Si vous avez suivi les rugbymen de moins de 20 ans, si vous vous êtes régalés à retrouver le french flair perdu par leurs ainés et avez admiré la solidarité inépuisable de leur défense, vous avez eu devant les yeux l’exemple d’une véritable équipe de copains. Leur pépite de demi d’ouverture (Carbonel) l’a exprimé les larmes aux yeux après leur victoire en coupe du monde: « on se connait tous depuis 4 ans (ce qui mine de rien représente 20% de leur jeunesse…), et ce tournoi va faire de nous des amis pour la vie » a-t-il déclaré avec émotion. Le secret se trouve probablement dans cette  dimension affective qui permet, à talent égal, de sublimer des joueurs qui vont tout donner pour « leur » équipe même s’ils ne sont pas choisis par leur sélectionneur pour disputer tel ou tel match d’une compétition. Si ce n’est moi, c’est donc mon frère…

      Cette solidarité sans faille, sans inimitiés, sans jalousie, fait partie des valeurs majeures que nourrit le rugby, où chaque joueur doit savoir depuis les poussins qu’on n’est rien sans les autres et que même 8 mastodontes peuvent exploser en face s’ils ne poussent pas exactement ensemble dans la mêlée. Cette valeur est constamment mise à l’épreuve au gré des changements de clubs, des entraineurs rencontrés et de leurs projets de jeu, des salaires versés, des blessures. Et les moins de 20 ans n’ont pas eu encore trop l’occasion de rencontrer ces risques en pleine lumière. 

      C’est aussi pourquoi cette valeur l’est beaucoup plus (mise à l’épreuve) dans un football professionnel aux salaires stratosphériques, où les exploits individuels sont portés aux nues par les médias. Les jeunes fans de rugby sont fiers de porter le maillot des All Blacks, pas de Brauden Barrett ou Kieran Read, ceux du foot portent le maillot de Messi ou Ronaldo.

       Je suis persuadé que Didier Deschamp a bien conscience de marcher sur les oeufs des susceptibilités chaque fois qu’il sélectionne ou refuse un joueur. Que c’est aussi pour ça qu’il a préféré d’emblée ne pas mettre dans son panier un talent reconnu comme Benzema soupçonné à tort ou à raison de porter un ver dans son fruit après une polémique durable. Mais ce sera chaque jour qu’il lui faudra vérifier chaque fruit un par un pour déceler d’autres parasites cachés. 

       Les journalistes bien sûr ne gâchent aucune occasion d’essayer d’en faire éclore quelques uns: et Griezmann n’était pas content de sortir, et Pogba répète qu’il est le patron, et Mbappé est plutôt décevant, etc… Tous les joueurs du groupe français sont de très haut niveau, aucun doute là dessus. Mais la coupe du monde ne sera pas la récompense d’un groupe. Et s’il reste un doute quant à notre capacité à aller chercher le graal, elle reste surtout pour moi dans la capacité de ces egos monstrueux à se fondre dans une véritable équipe. 
        On peut essayer de se rassurer en voyant ici certains liens qui unissent les joueurs de DD. 

… que celle-ci, non ?






vendredi 16 février 2018

A la cape





          Cette expression marine signifiant qu’on laisse le bateau soumis aux caprices des éléments semble bien adaptée à la situation actuelle du XV de France, quoique ce navire là est peut être carrément en train de couler… 

       Ce serait malheureux mais un peu normal que Guy Noves considère ces nouvelles défaites comme un baume sur sa blessure d’amour propre, après s’être fait virer comme un secrétaire d’état naïf  par un politicien hypocrite. Mais son amour du rugby est sans doute aussi fort que son orgueil. Croche pattes mis à part, il avait bien conscience qu’il ne serait pas le sauveur de la patrie. 

      Saint André, Noves, Brunel, même combat…perdu. Chaque entraineur a eu ou a des raisons d’espérer, qui devant l’abnégation d’une équipe en défense, qui devant pour une fois des attaques de 3/4 un peu mieux menées, qui devant le geste improbable de l’adversaire privant l’edf d’une victoire annoncée…

     M’enfin le safran et le gouvernail présentent des lésions d’importance, et garder un cap devient une gageure. Impossible de trouver une charnière qui tienne la route. Serin porté aux nues devenant 3 ou 4e choix, Machenaud, Dupont, Parra. ..  A l’ouverture on passe de l’extrême jeunesse (Jalibert, Belleau, faut donner leur chance aux jeunes) à la pré-retraite (Beauxis, au congélo depuis 6 ans, il apportera son expérience). 
       Au centre on met un tank, on l’enlève, on se demande si on va le remettre, et avec qui l’associer (le prince Fofana étant au tapis depuis belle lurette). A l’arrière même jeu de chaises musicales. Le pack est un peu plus stable, un peu plus de profils interchangeables, m’enfin à part Guirado, personne n’est très sûr de jouer le match suivant… Au point qu’on se demande si dans la cascade de blessures et de forfaits ne se glisse pas parfois le ras le bol de joueurs traités comme des pions, appelés pour un match ou deux  puis jetés comme des kleenex.


       Le même ras le bol qui a peut être incité ces jeunes gens à envoyer tout par dessus bord et faire après cette nouvelle défaite une bringue d’enfer au whisky écossais… Ce qui, (#balance ton porc mis à part) a quelquechose de rassurant : si le french flair a disparu, la 3e mitemps reste une tradition française assez performante dans l’excès.

mercredi 27 décembre 2017

Noël du XV de France


- Limogeage de l'entraineur Guy Noves, c'est le cadeau de fin d'année ?

- Ah! je sais pas, demandez à côté plutôt…


- Pensez vous ! un simple hasard de calendrier… 
  Un bon article ici

lundi 13 novembre 2017

Coaching mental et rugby



     Après avoir vu et le test match France-All blacks et le match USAP-Grenoble, j’ai constaté une fois de plus l’importance du mental dans la performance d’une équipe, sans pour autant décoder comment se crée un cercle vicieux ou vertueux.

       Il est vraiment étonnant de voir une équipe aussi dominée que la France l’a été en première mi-temps mettre à son tour ensuite sous pression les mêmes adversaires pourtant très expérimentés, jusque là impériaux, ou bien une équipe de l’USAP passer 40 points au leader de proD2 15j après en avoir encaissé aussi 40 face au 3è de la poule…

        Le fait de jouer à domicile est classiquement un gros avantage et il n’est pas rare de voir A mettre une pile à B en jouant chez lui et recevoir la même ou pire au match retour chez B. On peut concevoir que le déplacement, l’ambiance d’un stade hostile, les provocations plus faciles des joueurs se sentant « chez eux », l’arbitrage parfois « à la maison »  facilitent ces écarts parfois spectaculaires entre matchs aller et retour, et expliquent de fameuses « remontadas ».

       Mais les matchs dont je parle au début ont tous eu lieu à domicile.

       L’EDF était sensée s’étalonner après des périodes de travail soutenu, avec une motivation à bloc, dans la perspective de la future coupe du monde à échéance de 2 ans, et s’est montrée apathique et comme soumise, on aurait dit qu’elle regardait les blacks, qui certes jouaient à la perfection, jongler avec la balle pendant 40 minutes. Un joueur a confessé qu’on leur avait « remonté les bretelles » à la mi-temps. 

       Quand on jouait mal au bahut, parce que l’ouvreur pensait à sa petite amie, les piliers à la colle de 2h qui suivrait le match, l’arrière au zero en maths qu’il devrait justifier devant son père, une bonne gueulante à la mi-temps pouvait suffire pour ressouder le groupe. Mais on peine à croire que des professionnels responsables, gagnant des sommes conséquentes, s’entrainant à longueur d’année, puissent réagir à des soufflons comme des gamins de 3è… Il faut croire que si, sinon les aboiements d’un Fouroux ou les colères d’un Laporte ne seraient pas devenus célèbres.

      Je vois mal le staff actuel de l’USAP entrer dans une colère noire contre ses joueurs (même si Arlettaz est du genre nerveux) pour transformer le jeu d’un groupe maladroit et désemparé en une prestation presque digne du top 14 deux semaines après. Mystère des matchs où tout roule ou au contraire rien ne va...

       L’EDF et l’USAP ont-ils un ou des coaches mentaux efficaces ? Les sports individuels font de plus en plus appel à des « spécialistes » de la psychologie, du tennis au ski en passant par le poker ou la F1. Mais une équipe est évidemment plus délicate à optimiser, au rugby c’est souvent 30 types dont il faut décortiquer le passé, les éléments charnières, les motivations, le fonctionnement, pour tenter d’obtenir des interactions positives entre ces individualités et un amalgame performant. Une vraie gageure… Cet article de rugbyrama montre un peu combien la tâche parait délicate . C’est bien pourquoi j’ai posé la question « coaches mentaux efficaces ? »

      Les Blacks font eux du rugby une vraie religion, depuis leur petite enfance, c’est grosso modo rugby pour tous dès l’âge de la marche, ce qui fait que 90% des ados interrogés répondent que leur plus grand rêve est de porter la célèbre tenue noire. On ne pourra pas rivaliser avec une telle passion, d’autant que (si l’anglais ne vous rebute pas) cet article du nzherald montre que les neozelandais vont parfois chercher très loin leur « amour du maillot »  aux frontières du nationalisme. 

      Mais après avoir éliminé, comme il faut souvent le faire quand un domaine est nouveau, les usurpateurs incompétents et autres gourous, ce qui passe par une filière peut être plus spécialisée que les formations actuelles (STAPS, cursus de psycho + compétences sportives, on voit ici que les voies sont un peu brouillonnes )  le coach mental compétent ne semblerait pas inutile pour limiter l’amplitude oscillatoire des équipes « à réactions » qui comme l’USAP ou l’EDF sont capables parfois du meilleur et souvent du pire.



lundi 5 juin 2017

Finalement…

22-16, un peu court mais suffisant...


           Après je crois 11 échecs à ce stade en France ou en Europe, Clermont remporte enfin ce bouclier de Brennus qui se refusait systématiquement à une équipe pourtant flamboyante en cours de saisons… On est heureux pour eux, cent fois sur le métier…

           Je ne vais pas faire mon petit journaliste, la partie sera bien mieux disséquée par les spécialistes, disons simplement que le carton jaune de Fritz Lee, joueur si important dans le pack clermontois, a bien failli, comme cela avait été le cas pour les demi-finales, saborder le beau travail du début de la première mi-temps, et que Toulon a encore réussi à imposer sur quel mode aurait lieu l'affrontement, arrivant à exprimer toute sa puissance. Il s'agissait pour l'ASM de ne pas s'échapper, jamais, faute d'avoir réussi à imposer son propre jeu complet, hormis le premier quart d'heure, et bien sûr on a eu droit à la série maintenant habituelle des protocoles commotion. J'en parlais déjà dans le précédent billet, et JB Lafond est clair sur le sujet

           En voyant notre nouveau président serrer la paluche avec constance et gourmandise à tous les colosses des deux équipes, un par un, avant le match et à la remise des prix, je comprends mieux l'histoire de la poignée de main avec Donald Trump qui avait fait le buzz…

Le président à l'entrainement avant l'épreuve de la finale…

samedi 27 mai 2017

Une demie ? Bien fraiche alors…


                                                      La Rochelle 15 Toulon 18

                                                         Clermont 37 Racing 31

       Assez pétillante était la seconde quand même avec de beaux essais des clermontois, pas que ceux du Racing étaient moches, mais ils ont été réalisés quand la messe était dite… Quoique… Avec Clermont on ne sait jamais avant le coup de sifflet final, tant les finales ou demi-finales ont déçu par le passé. 

         Mais se remettre d’un carton rouge au bout d’une mi temps comme ils l’ont fait, avec un bel essai à 14 contre 15, montre à quel point l’équipe a progressé. Un Itturia phénoménal, un Parra très juste à la baguette, un Lopez atteignant sa plénitude, un Damien Penaud étonnant de peps et de technicité, en points d’orgue d’une équipe soudée, imaginative et presque toujours très collective, vraiment un beau match, et montrant à postériori les énormes qualité des Saracens qui les avaient étouffés de surprenante façon mais sans contestation possible en Coupe d’Europe (et ne terminent que 3e du championnat anglais…)

       La Rochelle qui a montré toute cette saison un jeu tout aussi complet que celui de Clermont a pris aussi un carton rouge, mais dont l’équipe à contrario ne s’est pas remise face au vieux buffle toujours dangereux qu’est Toulon. Mais cette demie-là manquait singulièrement donc de fraicheur et de bulles, les toulonnais matois et toujours surpuissants ont su faire assez déjouer l’adversaire avec leurs impacts de panzers. Plus d’expérience à Toulon même si leur jeu est moins équilibré, moins complet que lors de leurs trois glorieuses.

      En conclusion la finale verra donc s’affronter deux opposants cette fois aussi expérimentés l’un que l’autre. Même si l’un a plus l’expérience des victoires finales et l’autre plus celle des défaites à ce stade. On ose espérer que la remontée du Racing en fin de match n’est pas un signe que la friabilité de Clermont aux moments cruciaux n’est pas tout à fait terminée, et que sa constance au plus haut niveau, avec un jeu qui nous régale, sera enfin récompensée Dimanche prochain. 


       On souhaite aussi que l’absence de Halfpenny à Toulon compensera celle de Fofana à Clermont, et qu’il n’y aura pas de « protocole commotion » toutes les cinq minutes comme le rugby semble en prendre décidément l’habitude. Sinon faudra sérieusement envisager les tenues de protection du football américain…


dimanche 26 février 2017

Essaie encore…



           L’ambiance est tellement frelatée dans cette perspective d’élection présidentielle que je dois un peu me forcer pour faire un simple billet sur ce blog à vocation récréative… On ne peut pas ouvrir un journal ou lire un article du web sans être submergé par les propos commentés des différents candidats du « top chef » électoral…

           Et pourquoi untel et unetelle ont triché pour des centaines de milliers d’euros mais restent droits dans leurs bottes (dont certaines font un bruit… de bottes) quant à leur prétention à devenir président(e) du pays et restent en tête des sondages, tête haute et regard clair. Pourquoi tel autre va s’associer avec celui dont il disait pis que pendre il y a peu de temps. Pourquoi ces deux là n’ont aucune chance de s’entendre alors qu’ils prétendent avoir plein de choses en commun (des choses, pas forcément des idées néanmoins)… Un régal pour les journalistes enfin libérés des déprimantes analyses à proposer sur les migrants (toujours plus nombreux), les terroristes (toujours à l’affût d’un carnage possible)  ou l’attitude du nouveau « m’as-tu-vu » américain (toujours  plus caricaturale)…

          J’essaye de faire comme mon petit Raphaël, plongé du matin au soir et hélas un peu trop dans les aventures de Schtroumpfs ou de la Guerre des Etoiles, c’est à dire me distraire, chic, y a le tournoi des 6 nations de rugby… Raphaël tu ne voudrais pas regarder les matchs avec moi ? Tu ferais plaisir à tes papys ! Non ? Tu préfères attendre que l’équipe de France gagne ? Je comprends, mais ça risque de prendre un moment… Et quand on voit la mine de Guy Noves dans le  bus à l’arrivée au stade de Dublin, on sait que lui aussi l’a compris.

           Ce tehnicien compétent doit savoir ce qui manque encore pour que l’EDF redevienne vraiment compétitive et pas seulement un groupe valeureux à qui on dise « good game » en fin de match. Mais quand il fait sa tête d’angoissé, c’est qu’il est perplexe sur la façon d’obtenir enfin les résultats qu’il escompte. Il reconnait que son équipe « stagne », et même si sa légimité n’est pas remise en cause, l’état de grâce dont il bénéficie ne durera pas éternellement. La stagnation est plus dûe à l’élévation générale du niveau (sauf l’Italie ?) qu’à une absence de progrès. Car les progrès existent, incontestables, mais on sent bien que la partition parfaite n’est pas encore intégrée. Quand la défense est intraitable, l’attaque est mal construite, quand l’attaque commence à scintiller, la discipline défensive est à revoir, ou les maladresses provoquent des couacs… Le mal du rugby français est profond, avec des couches superposées de tissus lésés. 

            Le mal du pays de France l’est tout autant, à bien plus grande échelle et s’il y a consensus temporaire dans le microcosme sportif, difficile d’en espérer autant à l’échelle du pays.  J’en viens à me demander si le « top chef » actuel tant décrié qui renonce à briguer un second mandat ne sera pas regretté un jour, comme Obama est déjà en passe de l'être outre Atlantique…


            Bien sûr vous pouvez rire, ou bien faire comme moi, il fait beau, le temps des plaisirs simples est là, celui des fluettes et délicieuses asperges sauvages, dont j’ai déjà parlé dans ce billet .

dimanche 20 novembre 2016

Du mieux

France 23 Australie 25

         Sans aller jusqu’à dire comme Sylvain  Marconnet que « pendant 4 ans sous l’ère Saint André le spectateur s’est emmerdé » (mais en le  pensant), on  doit constater qu’avec Guy Noves le jeu de l’équipe de France est nettement plus festif. Même la première mi-temps de France Australie qui a tant déçu ce perfectionniste a montré plus de jeu qu’au moins 4 matches réunis de l’ère précédente. Noves aime l’attaque, veut ses 3/4 libérés, inspirés et audacieux comme avec son Toulouse au meilleur niveau. 

        L’adage « le rugby commence devant » reste évidemment valable: pour que la cavalerie puisse s’élancer, il faut que le ballon ait  été auparavant gagné. Sauf exceptions, toutes les équipes de haut niveau ont suffisamment de savoir faire pour ne pas être constamment dominées dans les mêlées et les touches. Et une mêlée surpuissante ou des sauteurs exceptionnnels suffisent rarement de nos jours à priver complètement l’adversaire de munitions. 

        C’est à mon sens quand le ballon se trouve au sol et qu’il se forme une mêlée spontanée (ruck) que les écarts maintenant se font, car la phase de jeu exige une grande vitesse d’exécution,  une solidité  à toute épreuve, une précision absolue, toutes choses nécessaires pour « gratter » la  balle sans se faire pénaliser. Cela conduit en parallèle les attaquants à tenter de plus en plus les « offloads », transmettre le ballon après avoir été  plaqué mais avant de se retrouver au sol. Ces  gestes bien  mieux maitrisés par les treizistes, popularisés au début par un Sonny Bill Williams, justement issu du rugby à treize, sont la marque de fabrique des All Blacks, qui enrhument maintes fois leurs  opposants avec des passes acrobatiques qui déclenchent des applaudissements dans les stades du monde entier.

        Les rucks et les passes  après contact sont les points délicats à travailler encore et encore car c’est là que s’exprimera le plus le « skill » (la compétence) des équipes de classe mondiale. Ainsi, et c’est très encourageant, 26 offloads réussis par les français contre 8 aux australiens…A condition toutefois de ne pas oublier les fondamentaux, ex le 4 contre 2 négligé par Spedding (par ailleurs impressionnant d’énergie), ou le drop raté de Lopez, presque face aux poteaux, dont la principale difficulté semblait d’être tenté à la dernière seconde du match.

       Dominer les éléments le plus pointus sans oublier les bases, c’est le prix de l’excellence. Me revient à ce sujet  l’épanchement pleural que j’avais décelé en 5è année  de médecine par mon travail basique de tâcheron, épanchement cette fois  « oublié » par le  chef  de  service, un cardiologue bardé de diplômes…

Edit du 27/11:


France 19-All Blacks 24
     Inutile de faire un nouveau billet le titre du précédent reste adapté, sur la copie corrigée on mettra des "bien" à peu près partout sauf  dans la finition.

      Et face aux maitres néo zelandais l'attitude de Brice Dulin l'est aussi (adaptée): sourire pour le jeu retrouvé de l'équipe de France, bravo à la maitrise de l'adversaire qui en trois éclairs, mais sans génie particulier, s'est contenté de montrer avec un brin de condescendance "qui est le patron". Dura lex. 

      Mais le tournoi des VI nations en progrès dans l'hémisphère Nord  cet hiver risque d'être intéressant…



dimanche 19 juin 2016

Good game !...


            ... Peuvent dire de nouveau les remarquables Anglais, capables d’un spectaculaire  redressement après leur piteuse coupe du monde, un grand chelem en  tournoi des 6 nations cet hiver, 2 victoires en tournée en Australie de bonne facture, comme les Blacks toujours aussi dominateurs et maitres de leur sujet, face aux Gallois, malgré le départ de plusieurs joueurs majeurs. 

          Les Irlandais peuvent le dire aussi, ils ont frôlé la réussite complète sur 2 tests matches face aux Springboks, mais après une première victoire et une confortable avance dans le second  match se sont faits rattraper dans les dernières 20 mn de ce dernier par des adversaires subitement capables de mettre l’accélérateur à fond.

          Comme l’ASM Clermont dans un scenario qui se répète à l’infini s’est encore fait doubler dans la dernière ligne droite de la prolongation de sa 1/2 finale face au Racing (33-34 !). Cette fois encore pourtant, seuls quelques mauvais esprits ironiseront sur leur incapacité à franchir les dernières marches après avoir fait la course  en tête toute  l’année, tant le match était beau à regarder.

       Good game enfin peut dire Toulon qui a retrouvé sa maitrise face à la  nouvelle broyeuse du top 14 qu’était en train  de devenir Montpellier,  dans un match un ton en  dessous de l’autre flamboyante demie finale mais pas déplaisant.


       Je n’arrive pas à faire un pronostic pour la finale, j’espère juste qu’on ne verra pas des chocs aussi violents que celui qui a séché le pourtant monstrueux all black Nonu hier. A force de collisions plein fer entre mammouths de plus d’un quintal  lancés à vitesse maximale, on risque d’avoir de « vilains vieux » comme disait mon oncle en son temps intime d’une équipe de l’ASM déjà respectée sur tous les terrains, présente en finale 12 fois depuis 1935, et… une seule fois championne de France !


lundi 2 novembre 2015

Black is beautitul (of course)



Haka coucou

            Finie, terminée en apothéose cette coupe du monde, avec un match superbe, une finale avec 5 essais. Le premier, de Milner Skudder, était de toute beauté avec circulation de balle impeccable entre avants et arrières, des gestes rapides et millimétrés dont le spectateur est friand. Plus encore que la course impressionnante de Nonu sur le second, c'est la magnifique passe de handball de Sonny Bill Williams en déséquilibre total qui ensuite retiendra son attention. Très belle réaction australienne avec là aussi deux essais superbes, puis le drop wilkinsonien de Carter à l'instant même où les kangourous se remettaient à croire en leurs chances… Un régal…

           Victoire attendue d'une équipe clairement au dessus du lot, faite de joueurs qui ont appris à se faire des passes en même temps qu'ils apprenaient à marcher, dans un pays imprégné de rugby de 5 à 95 ans, lequel pays possède pourtant moitié moins de licenciés que la France. Le rugby y est une culture, c'est un lieu commun de le rappeler.

        Une stat m'a surpris récemment, qui dit le rugby maintenant plus populaire dans notre pays que le football, et pas seulement dans ses bastions traditionnels au Sud de la Loire. Un élément positif pour recréer une EDF compétitive après la correction reçue face aux vainqueurs ? Le chantier est lourd, les intérêts divergents, les lobbies sournois dans un monde au moins aussi "politique" que le reste de la société. Guy Noves a pris la barre et le pays attend de lui des miracles. Dans sa première apparition sur Antenne 2 comme sélectionneur, il a pris la précaution de se situer en homme de terrain, et de préciser qu'il fera ce qu'il peut dans le cadre où on lui permettra de s'exprimer. Mais s'il est connu pour son amour du "beau jeu" et pour ses talents de formateur, on sait aussi qu'il est loin d'être un politicien naïf, et sa manière de ne critiquer personne et de ne rien dévoiler pour l'instant de ses projets montre qu'il n'est pas maladroit pour manier la langue de bois. 

        N'empêche, il pourra difficilement faire plus mal que son prédecesseur obsédé par la mêlée et la force physique, et on voit mal Noves se contenter de lignes arrières incapables de négocier des ballons d'attaque. Le "french flair" pendant cette coupe du monde, on l'a vu parfois au Japon, parfois en Australie, parfois en Argentine, et bien sûr en Nouvelle Zélande. Si Guy Noves arrive à le rapatrier, il lui sera de toute façon beaucoup pardonné.

      Ci joint, un remarquable entretien avec André Boniface qui à son époque ratait de temps en temps des matchs, mais si souvent nous enchantait.


mardi 13 octobre 2015

Coupe du monde: que retenir après les poules ?





•   …  Que le coq n'a pas de quoi faire le fier (bon, ok, je sors…)

•     Que les "petites équipes" sont en progrès, sans avoir encore un effectif leur permettant de rivaliser sur un match entier. Mais la  victoire du Japon  sur les tracteurs sud af était superbe, ces derniers avaient manifestement la grosse tête en plus de leurs gros  bras. Un pack qui tient la  route, des lignes arrières vives, adroites et non stéréotypées, quel match plaisant.

     Tout comme était plaisante la solidarité de tous les instants de l'équipe georgienne.

     N'empêche à la  sortie on retrouve à peu près toujours les mêmes, l'Angleterre s'est pris les pieds dans le gazon, elle sera remplacée par l'Ecosse, un peu moins huppée sans qu'il y ait un monde d'écart.

   PSA se retrouve habillé pour l'hiver, après la défaite devant l'Irlande, dont le jeu très complet va augmenter la cote auprès des bookmakers.  Il a  l'habitude, de  toute façon être sélectionneur  en France fait de vous la tête de  turc obligatoire. Je suis curieux de savoir ce qui attend Noves après l'état de grâce que lui vaudra sa réputation toulousaine.

       Conjugués à tous les  modes, on aura droit à tous les gri-gris habituels pour conjurer le  sort: on est la bête noire des "tout noirs", sur un match on peut battre n'importe qui, etc…

       Personnellement ce qui me désole est l'indigence des lignes arrières, qui  donnent toujours  l'impression de vouloir  réciter une leçon en hésitant et/ou en ayant peur de se faire taper sur les doigts. Quand ils choisissent enfin une  option, le ballon est déjà perdu. Et je pense toujours que Lagisquet (dont on ne parle pas) qui les entraine avait la responsabilité des arrières de Biarritz quand le jeu de cette équipe est devenu prévisible et ennuyeux…

      Ah! ces rucks, j'ai beau scruter ces pelotes de bras qui enserrent le ballon dans leurs poutrelles, je n'arrive toujours pas à bien voir pourquoi ce  bras avait  raison tandis que cet autre était pénalisable… J'ai pourtant l'impression que l'excellence dans cet exercice du ruck sera la première qualité du futur champion.

     Mais si quelques éclairs, comme le deuxième essai superbe de l'ouvreur australien contre l'Angleterre, illuminent le jeu, le spectateur ne s'en plaindra pas.

dimanche 14 juin 2015

Caramba, encore raté…



         Je n'ai pas d'explication rationnelle à l'avalanche d'échecs en finale que subit Clermont depuis des lustres. Dans les années 2000, il y avait à l'évidence un problème d'intelligence de jeu, qui semblait pourtant avoir disparu.

         Un match cadenassé cette fois, avec comme de plus en plus souvent prédominance de défenses féroces sur les attaques. Pas le moindre essai à déguster.

        Les absences de Cudmore, la poutre de soutien du pack, de Bonnaire, si adroit et intelligent, de Fofana, Davies, Nakaitaci à l'arrière ont quand même sans doute amputé le rendement de l'équipe. Bardy une fois de plus a coûté un carton jaune. Lopez n'a décidément pas une vision du jeu lui donnant l'envergure d'un patron de l'attaque à mon avis. Nalaga et Rougerie m'ont semblé l'ombre des grands joueurs qu'ils étaient. Stanley et Abendanon ont fait de leur mieux mais étaient attendus de pied ferme. Domingo et Zirakashvili, piliers pourtant expérimentés et redoutés, ont peiné comme des forçats. En face le Stade français, calme et déterminé, semblait décidé à laisser les jaunes s'enferrer dans des attaques un peu brouillonnes pour placer des contres en réussissant souvent à arracher le ballon ou en obtenant des pénaliés. L'équipe est arrivée au top de sa forme et de son organisation au moment des phases finales, comme savait si bien le faire Toulouse certaines fois.



        Clermont maudit, looser, chat noir, les moqueries à peine voilées vont fuser de toutes parts.  Les plus gentils parmi les amateurs de rugby s'apitoieront sur le sort qui s'acharne sur des jaunes tellement "méritants". En tout cas ce double échec de 2015 laissera cette fois  je le crains une blessure profonde dans le mental d'une équipe qui comme bien d'autres devra de plus renouveler ses cadres.









dimanche 3 mai 2015

Rocco et ses frères

Triple champion d'Europe !

           Le président de Toulon avait osé la référence à un acteur spécialisé en évoquant la "libido" de l'équipe de l'ASM, soit son "désir" de gagner enfin un grand titre: "Clermont Siffredi nous attend" s'était-il permis en exprimant des craintes. 

           En fait c'est une fois de plus Clermont Poulidor qui s'est manifesté.

             Quand on voit la passe au pied stupide de Camille Lopez sur l'aile à la dernière seconde rendant définitivement le ballon à l'opposant, alors que la ligne d'attaque était encore bien formée, on peut regretter que Brocke James, ouvreur particulièrement subtil, auteur de matches de classe aux tours précédents, ait dû encore déclarer forfait.

           Mais c'est bien dans l'engagement, la densité physique impressionnante dans les rucks et contre rucks que Toulon a construit sa victoire. Et le nombre de plaquages ratés par les clermontois reste très étonnant. L'essai de mutant de Drew Mitchell échappant à six adversaires en est une illustration, qui répondait à un pourtant bijou d'intelligence d'Abendanon mettant dans le vent la défense toulonnaise d'un simple petit coup de pied par dessus.

          Deux très grosses équipes s'affrontaient. Nombre d'internationaux toulonnais vont être atteints par les limites de l'âge, mais vont rester dans l'histoire du rugby avec ce triplé fantastique. Le moins qu'on puisse reconnaitre est que l'amalgame de stars des 4 coins du monde a été particulièrement réussi. 

        Savoir si le rugby français en tirera profit est une autre histoire, perso j'en doute encore un peu, mais c'est comme avec Rocco, il vaut mieux se taire que passer pour un jaloux…

dimanche 1 mars 2015

Des bleus partout



               L'exercice qui consiste à jouer les sélectionneurs devant une bière est nul, tout le monde est d'accord. M'enfin voir une EDF aussi empruntée questionne le spectateur de base d'un jeu qui devient ennuyeux à force de rucks et contre rucks, où les défenses cadenassent toute velléité offensive, où l'équipe gagnante l'est en provoquant les fautes adverses et réussissant les pénalités, où l'essai tant espéré n'est que la conséquence d'un exploit individuel et d'un plaquage raté.

         Hier soir après le pensum de France Galles j'ai regardé la 1è mi-temps de Chiefs-Crusaders du super 15. J'avais l'impression de voir un match en accéléré, ou bien était-ce le premier qui se jouait au ralenti. Dans cette compétition les empilages de joueurs dans les rucks étaient tout aussi nombreux, mais d'une part un joueur ne chargeait jamais sans deux ou trois partenaires en soutien immédiat (et pas 2 secondes après), d'autre part le demi de mêlée ne passait jamais 10 à 20 secondes à placer ses joueurs avant les lancements de jeu, ce qui donnait des sorties de balle rapides sur des trois quarts lancés comme des balles dans des intervalles pourtant souvent minimes. Les joueurs concernés soit s'extirpaient alors de ces mini brèches avec une technique pointue d'évitement ou de passes après contacts, en ayant des partenaires toujours disponibles et concentrés soit  n'arrivaient pas à se dépatouiller des défenseurs mais bénéficiaient alors de nouveau d'un soutien immédiat. On ne voyait pas un Debaty ou un Bastareaud épuiser seul sa masse pourtant conséquente contre trois défenseurs dans l'attente d'un soutien toujours un peu décalé.

       Tous s'engageaient comme des furieux, condition physique au top que les français doivent avoir pourtant tout autant, mais semblaient surtout tous savoir instantanément quoi faire dans un cas de figure ou l'autre, comme s'ils avaient appris tous à anticiper le trajet du ballon et leur rôle dans le morceau qu'ils allaient jouer. Toute la classe "suivait". L'EDF donne toujours l'impression d'être encore en train de  réfléchir aux consignes des coachs dans une configuration vue à l'entrainement alors que le ballon est déjà loin.

         C'est bien pourquoi j'ai tendance à rejoindre ceux qui pensent que le problème de l'EDF est bien un problème d'encadrement et non de joueurs.  Le jeu de cette équipe est téléphoné, sans surprise, comme si les joueurs récitaient des leçons apprises bêtement, sans être capables de répondre à une question sortant du programme révisé. Un Lopez qui a réussi une passe au pied lors du premier match contre l'Ecosse va-t-il répéter l'exercice x fois dans les matchs suivants ? Comme quand les 3/4 anglais revenaient systématiquement se faire bloquer au centre du terrain à l'époque ou "nous" avions le french flair. On peut toujours critiquer tel ou tel, trouver Talofifenua nonchalant ou Chouly manquant de puissance, ou Bastareaud condamné à "péter dans la défense"en premier, cela n'explique pas cet étonnement de l'équipe à voir ratés ses examens alors qu'en révisant elle croyait tout savoir par coeur.

         On dirait que les coachs leur disent "lâchez vous mais attention, hein !". Et je pense à Lagisquet chargé des 3/4 à l'époque furieux sur son banc quand le jeu de Biarritz qu'il avait alors en charge (tiens tiens) commençait à s'enferrer dans des vagues d'attaque immanquablement bloquées car immanquablement prévisibles. Le début d'une longue descente aux enfers du club.

        C'est parfois bien d'apprendre et faire des gammes, mais souvent plus important de comprendre, sentir et anticiper le jeu. Cela se nomme l'intelligence, enfin je crois.

lundi 12 mai 2014

Comme en 14…



          Non pas que Toulousains et Auvergnats soient partis la fleur au fusil en pensant que ce serait une formalité, ces  barrages, mais les journalistes sportifs prompts à faire des parallèles entre sport et guerre vont constater que le monde du rugby est secoué en 2014 comme le monde tout court l'a été cent ans plus tôt.
             Pensez, 2 clubs aussi prestigieux que l'USAP et Biarritz basculés dans la classe inférieure, 2 épouvantails du rugby aussi impressionnants que Toulouse et Clermont renvoyés à leurs chères études, qui plus est alors qu'ils jouaient dans leur stade où nombre d'adversaires avaient l'habitude de brouter le gazon… Le rugby n'est pas la guerre, certes, mais cette saison a bien un parfum de révolution.

                Toulouse a bien tenté sporadiquement de mettre en place ses mouvements d'attaque qui restaient peu fluides, comme grippés par d'inhabituelles fautes de mains. 

La tête des mauvais jours, ça se voit, non ?


                    Le bulldozer clermontois s'est mis en route les 10 premières minutes pour un gain minimal de 3 points, s'est réenclenché dans les 10 dernières quand il était trop tard. Entre les deux la défense de fer d'un Castres hyperconcentré les a obligés à sortir de leur tactique de panzer, et la charnière ne savait plus à l'évidence quelle tactique adopter. Quand l'adversaire résiste il faut sortir des schémas habituellement victorieux, ce n'est pas simple, mais au moins lorsqu' on est à 15 contre 13 on ne balance pas des grands coups de pied qui rendent le ballon à l'adversaire. Même Sivivatu, hors de forme, envoyait le ballon au pied, vous ne rêvez pas…

Caramba, encore raté, mais je suis zen, moi


               Clermont est irrésistible en automne, en hiver, et semble se crisper à chaque printemps, peut être qu'un bon psy, comme on dit maintenant un "coach mental", serait un investissement judicieux. Toulouse n'est pas connu pour s'effriter ainsi les beaux jours venus, ils ont leur passage à vide souvent en hiver, et savaient remettre le turbo en sentant "l'odeur du sang". Lassitude du pouvoir sans doute…
            Le sang, petite parenthèse, c'est la vue de celui de Florian Fritz qui a ému le spectateur, comme en son temps celui d'un Jean Pierre Rives offrait des images spectaculaires. Mais c'est plus la confusion du joueur, manifestée chez lui selon ses gênes par une agressivité de défense, qui devait inquiéter. Je n'ai pas de statistiques quant aux causes principales de ko sur un terrain. Mais il me semble que, plus souvent qu'un choc tête contre tête, c'est la rencontre avec un genou qui semble la plus dangereuse.  Et ce serait plutôt simple pour les joueurs de porter des genouillères rembourrées, comme le font souvent les joueurs de football américain. Le fémur est le plus gros os du corps, et quand le genou est fléchi, l'impact est terrible.

Pour un peu, le soigneur en prenait une…


              Refermons la parenthèse, et préparons nous à voir nos demi-finales. Montpellier travaille sans faire de bruit, et semble un bon candidat, souvenons nous toutefois que Castres l'avait vaincu à l'extérieur. Castres c'est l'élève modèle, appliqué, sérieux, pas forcément très spectaculaire, qui possède quelques pépites comme Kockott, Dulin (quel relanceur !) et le petit nouveau, Lamerat, qui semble bourré de qualités. La confrontation avec Tales va probablement sur motiver Trinh Duc le laissé pour compte.
           Pour l'autre match, on voit mal comment la sélection mondiale qui se nomme Toulon pourrait s'incliner face au Racing, à moins d'avoir elle aussi, un jour "sans" toujours possible. Sélection mondiale, c'est bien ce qu'on reproche parfois à ce club, qui a peut être pris avant les autres, sans états d'âme et avec beaucoup d'argent, le vrai virage (hélas ?) du rugby professionnel.
           Vern Cotter, lui, toujours imperturbable, méritait un autre palmares avec Clermont, reste à espérer qu'il ne trouvera pas les derniers réglages avec l'Ecosse pour la coupe du monde…




mercredi 7 mai 2014

Sans l'USAP

Pulu, Taumalolo, quand ils se prenaient encore pour des rois mages…


            La ville, le département sont sous le choc. La région elle même a ressenti ce tremblement de la terre du rugby. L'USAP est reléguée en pro D2, pour la 1è fois en 103 ans. Et chacun y va de ses analyses, de ses anathèmes, et même de ses larmes. Le Pa de fetge  ou la Carn de Parol  n'ont plus la même saveur, et chacun se fait sa propre idée de ce qui a foiré dans une recette qu'on croyait immuable. On laisse brûler la cargolade sur la braise en accablant untel ou untel rendu responsable de la catastrophe. Même le Banyuls hors d'âge a goût de bouchon...



        Mon propos ne sera pas d'ajouter mon grain de sel à la confection d'un plat à l'évidence depuis quelques années déjà mal maitrisé. Mais force est de constater l'écart profond qui existe entre les "valeurs terroir" ancestrales d'un club, mises en avant par les supporters, si légitimes au temps du rugby des villages, et les nouvelles exigences d'un sport devenu professionnel et mondialisé. Les joueurs les  plus emblématiques, les vrais natifs du coin, ne peuvent pas résister aux propositions mirobolantes de "l'étranger" en montrant fièrement sur leur poitrine l'écusson de leur village natal, arguant qu'ils ne pourraient plus vendanger leur parcelle de muscat avant de se rendre aux entrainements. 
       Et faire "mouiller le maillot sang et or" en répétant avec une conviction inébranlable "sempre endavant mai morirem" à un joueur venu d'Edimbourg ou d'une île du Pacifique est presque aussi pathétique que l'étaient les récitations imposées par les instits au temps des colonies dans des classes de petits noirs africains, vous savez celles qui commençaient par "nos ancêtres les gaulois".

         Mon  oncle maintenant décédé était en son temps c'est à dire il y a 30 ou 40 ans proche du staff de l'ASM devenue Clermont. Il se lamentait de voir tant de joueurs venus d'autres provinces à qui il ne servait à rien après paiement d'un salaire pour lui déjà indécent de parler des concours de belote du lac d'Aydat ou des moissons dans les Combrailles.

         La première condition pour rester en Top 14 est maintenant d'avoir un portefeuille boursouflé. Notre département n'est pas loin d'être sinistré sur le plan économique et dans ce contexte je connais certains qui ont pourtant encore les reins solides rechigner à la perspective de remettre au pot en permanence avec l'impression d'essayer de combler le tonneau des Danaïdes.

          Mais cette condition sine qua non, déjà difficile à remplir, n'est pas unique. En admettant qu'elle le soit, remplie, il faut former une équipe. Peut on fédérer un groupe venu de tous les horizons du monde en les remotivant autour d'une ouillade censée leur rappeler des souvenirs d'enfance ? Il faut des objectifs compris dans toutes les langues et sur tous les terrains, susceptibles d'étoffer un palmares, de laisser une empreinte ou de favoriser une ambition. Il faut donc que les joueurs concernés croient dur comme fer au(x) projet(s) présentés et que donc le groupe dirigeant soit lui aussi crédible, solidaire et professionnel. Les désaccords dans ce groupe, dans celui des joueurs ou entre les deux groupes sont autant de failles qui sans être colmatées très vite conduisent à l'effondrement de l'ensemble. Il y avait à l'évidence une ou des failles négligées dans l'USAP 2013/2014 ayant conduit à ce glissement de terrain.

           On ne refera pas l'histoire. J'écris ce billet avant de lire les annonces du président Rivière, lequel semble toléré pour ses moyens financiers plus que fédérateur par ses connaissances du rugby. On va sans doute entendre des promesses de remontée rapide dans l'élite… Pour moi reste à se dire qu'en pro D2 la magnifique Estaque sera finalement plus à sa place, les catalans chambreront les voisins gabatx de Carcassonne, Narbonne ou Béziers comme "au bon vieux temps". Les supporters retrouveront qui sait sans déplaisir les traditionnelles distributions de marrons et autres gaufres sur des terrains moins exposés aux médias, lesquelles avaient parfois le mérite de "faire circuler le sang"  disait mon oncle, habitué en Auvergne au froid glacial, même si chez lui la tramontane était moins fréquente…












dimanche 23 juin 2013

Ils ont payé la tournée…


Et ils ont payé cash…

                 Sans vouloir jouer au sélectionneur de comptoir, on peut quand même s'interroger: une tournée à 27 mois de la coupe du monde devrait servir:

 1 à  confronter au "modèle " NZ ses propres plans de jeu et son organisation 

 2 à évaluer des jeunes de talent qui seront "en pleine bourre" d'ici un à deux ans, et si possible à leur poste de prédilection.

                Ainsi donc après une saison harassante on fait jouer Dusautoir (34 ans en 2015) , Mas (35 ans en 2015), Szarzewski (32 ans en 2015), Michalak (33 ans en 2015), Fritz (32 ans en 2015), Andreu(30 ans en 2015), Tales (31 ans en 2015). Les quatre premiers parce que ce sont plus ou moins des icones depuis des années, les deux derniers parce qu'ils sont champions de France cette année.

                Andreu est une petite peste capable de passer par un trou de souris en rampant, mais rend 15 cm et 15kg à n'importe quel ailier international probablement aussi vif que lui. Tales a plutôt bien joué son match mais ce petit cachotier aurait alors masqué pendant dix ans sa nature de meilleur ouvreur de france ? Pendant ce temps Camille Lopez attendra peut être la trentaine pour jouer plus de 10 mn en match international, comme le pur talent de Medard, capable d'enflammer chaque endroit du terrain, attendra encore d'être mis en confiance, alors qu'il en a tant besoin.

            Dullin, Huget, Vahamina, Kayser, Leroux, Doussain, Lopez, Medard, Fickou, Chouly, Flancquart, voilà des joueurs prometteurs qui ont besoin de jouer ensemble ET de façon répétée au plus haut niveau pour devenir des top joueurs à l'horizon de la CM, pas de jouer contre une province ou de rentrer dans le dernier quart d'heure pour s'immerger dans un collectif déjà ébranlé par l'adversaire. Dusautoir est un grand troisième ligne, très pro, mais à l'évidence fatigué, dans le rouge, maintenant à grand peine un bon niveau, pour lui moyen,  à force de volonté. Michalak a été un petit génie… il y a 7 ou 8 ans, hélas ballotté de 9 en 10 pendant des années, et sans doute maintenant plus préoccupé de son intérêt personnel de que de celui d'une équipe. Le 3è test n'avait pas de buteur ! Alors que Camille Lopez a marqué 222 points au pied dans sa saison… 

           Et le plan de jeu, l'organisation ? Ben moi je n'en ai pas vu pendant ces tests, conquête sur courant alternatif, une fois déchet en mêlée, une fois en touche, des libérations lentes avec Machenaud, des attaques souvent téléphonées, jusqu'à l'erreur et le contre fatal. Certes de gros progrès dans les rucks et la défense au sol. 

           On s'en fout de prendre 30 points en tournée si on prépare vraiment l'avenir: Mas, Tales, Dusautoir, Michalak, Szarzewski, c'est l'avenir ? Bien sûr Mas est encore le meilleur pilier droit français, mais encore une fois, il aura 35 ans en 2015. Clement Ric, Yohann Montes, c'est idiot de les tester en tournée ? S'entêter à mettre Michalak ouvreur, quand il est de plus un demi de mêlée…Tout se passe comme si on avait peur de la jeunesse, de l'inexpérience, comme sur le marché du travail on veut bien des gens de 20 ans, mais avec 10 années de pratique, on veut ménager la chèvre et le chou, laisser les vieux briscards aux commandes censés éviter la déroute. J'ai entendu que Doussaint serait moins dépaysé comme débutant car il avait joué 5 mn en finale lors de la dernière CM ! Composer une équipe où chacun se trouve, connait ses tâches en jouant 20 mn avec un partenaire, 10 mn avec un autre, en condition de match, l'intellect a intérêt à être en mode turbo ! Je me demande d'ailleurs si les consignes du staff ne sont pas parfois trop intellos, tant les joueurs ont l'air de perdre en spontanéité…



           Bon, c'est ma tournée cette fois, avec ou sans sucre, ce café ?