Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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jeudi 30 juillet 2015

Sur le pont…



… d'Avignon, on y danse peut être encore, mais tard dans la nuit alors, ou au lever du jour, vu la chaleur écrasante cette année. L'absence hélas définitive de notre amie H, la fournaise, des pré-choix perturbés par nombre de contraintes pour nos hôtes cette fois très occupés en ce mois de Juillet ont fait que nous n'étions pas franchement au taquet cette fois sur les spectacles, 1300 à voir par jour messieurs dames s'il vous plait...



              Nous avons même consacré une journée aux rencontres de la photographie d'Arles, une bien jolie petite ville, que vous pouvez voir jusqu'au 20 septembre : vite fait, ne ratez pas notamment si vous vous y rendez:

-  Martin Gusinde: photographe anthropologue témoin privilégié de la vie des sociétés anciennes de la Terre de feu (les "indiens" de cette région où il était missionnaire dans les années 20)

- Une exposition étonnante de huit photographes japonais.

- Un reportage sur les paradis fiscaux qui déconstruit les images "sable et cocotiers"et fait ressortir l'invraisemblable puissance de ces monstrueuses richesses "offshore" et occultes.

- Une rétrospective, pour les spécialistes, du travail de Stephen Shore, qui ne  m'a pas ébloui personnellement, mais ce photographe aurait influencé plusieurs générations de ses collègues (d'où le "pour les initiés").

              Pour revenir au théâtre, vous pourrez peut être voir entre autres, comme nous avec plaisir,  en d'autres lieux:

 - "Amok" récit halluciné d'une folle passion d'après le texte magnifique de Stefan Sweig, mise en scène Caroline Darnay, parfaitement porté par Alexis Moncorgé qui n'est autre que le petit fils de Gabin.




- "Cuando vuelva a  casa voy a ser otro" de Mariano Pensotti (spectacle IN): un thème très intéressant de va et vient entre passé et présent, à partir d'une histoire vraie d'objets personnels retrouvés 40 ans après, souvent révolus mais pourtant porteurs de mythes familiaux ou personnels continuant d'influencer longtemps après l'individu. L'ensemble est un peu brouillon et pas toujours simple à suivre, mais reste digne d'intérêt.

- deux pièces d'Alexis Michalik : - "Le cercle des illusionnistes" retraçant le fil  menant de Houdin  à Melies .
                                                     - "Le porteur d'histoire''  un récit à tiroirs, une promenade entre réel et imaginaire où on demande au spectateur de se laisser aller à accepter de mélanger les deux.

- "Les deux frères et les lions"de Hédi de Tillette de Clermont-Tonnerre (j'adore ce genre de patronyme !)  ou comment deux petits voyous "cockney" deviennent milliardaires et finissent par faire abolir pour de mauvaises raisons le féodal droit normand  en vigueur sur une île dont ils se sont rendus propriétaires.



- "Ensemble" de et par Fabio Marra avec notamment Catherine Arditi, histoire pudique et parfaitement réaliste des ambiguités d'une relation fusionnelle entre une mère et son fils handicapé et des conséquences sur le cercle familial. Une situation rencontrée plusieurs fois dans l'exercice de mon métier que j'ai trouvée rendue à la perfection.



A l'année prochaine !


mardi 29 juillet 2014

Avignon 2014





             Cette année le festival d'Avignon, grande fête du théâtre et pour nous de l'amitié puisque nous nous retrouvons comme chaque été avec quelques intimes, compagnons de  route depuis notre entrée à l'université, cette année donc le festival a donné lieu à des protestations des intermittents du spectacle, ces gens sans lesquels l'organisation d'une telle manifestation serait impossible et à qui on refuse encore un statut clairement défini dans un pays prétendûment gouverné à gauche... 

           Soit, le festival off, le seul qui nous intéressait cette année, n'a pas été perturbé, et nous avons déniché quelques perles. Pourquoi en parler alors qu'il vient de s'achever ? Eh bien Avignon off est souvent un banc d'essai pour des pièces qui en cas de succès seront reprises sur d'autres scènes tout au long de l'année, et seront donc peut être visibles en d'autres lieux. Si l'opportunité vous est offerte, vous pourriez comme nous vous régaler en particulier avec:


• Faire danser les alligators sur la flûte de Pan: un spectacle construit à partir de la correspondance de Céline écrivain autour de 300 lettres nourries de cette langue à nulle autre pareille. Un Céline en fin de vie admirablement incarné par un Denis Lavant longuement applaudi avec raison.

• Intégrale de la trilogie, Charles Gonzales devient… tour à tour Camille Claudel, Ste Thérèse d'Avila, Sarah Kane.  3h sans aucun ennui où un homme (Charles Gonzales) fait revivre la "folie" de ces 3 personnages féminins hors du commun, avec la paranoïa de l'une, l'hystérie de la seconde et la bipolarité parfois délirante de la troisième.

• Les chatouilles ou la danse de la colère: Un spectacle évoquant avec beaucoup de délicatesse le traumatisme d'actes pédophiles subi par une petite fille qui se destine à la danse. Andrea Bescond est une actrice aussi juste qu'elle est une danseuse impressionnante d'énergie. Admirable. Une salle debout multipliant les rappels.


• 30/40 Livingstone: L'histoire un peu délirante et bourrée d'humour d'un homme à la recherche de lui même qui finit par rencontrer un cerf champion de tennis. Là encore remarquable performance d'un acteur attachant, Sergi Lopez. 

             Assez peu de trouvailles question décors et mise en scène, l'exiguité de certaines salles qui ne sont théâtres que le temps du festival permet peu de fantaisies, le off se nourrit plus de textes de qualité et de prestations d'acteurs quand ils savent par leur talent nous inviter dans les mondes qu'ils proposent.

             Je ne vous liste pas la dizaine d'autres spectacles qui m'ont moins marqué tout en restant de très bonne facture (Fratricide, Les cavaliers par exemple), pour un cru 2014 où nous avons sans doute su mieux que les années précédentes repérer le bon grain. Une vraie déception, la prestation d'un Patrick Chesnais bien peu motivé, censé faire revivre un Dostoïevski obsédé par le jeu, ce pourtant bon acteur (au cinéma) se contentant de lire à voix haute ses feuillets en accrochant sur des mots.

A l'année prochaine !







samedi 27 juillet 2013

Avignon 2013


                    Avignon, comme le savent maintenant les lecteurs réguliers du blog, rime pour nous en Juillet avec tradition. Et qu'est-ce qu'une tradition, sinon une tentative maladroite pour immobiliser le temps sur  des moments heureux ? En pure perte bien sûr, car nombre d'évènements se chargent dans la vie de modifier les données. 
                      Ainsi cette année, la maladie de l'une, un nouveau statut de grands parents pour certains, un exil en Inde devenu pesant pour un autre, l'ombre portée de la retraite annoncée ou récemment expérimentée, les voyages "à risque"de nos enfants, soit dans des zones géographiques turbulentes, soit dans les reliefs accidentés des aventures sentimentales, peut être aussi la chaleur étouffante… Tous ces éléments ont contribué à alléger notre programme. Un ou deux spectacles par jour ont suffi à nous laisser quelques bons souvenirs. Vous aurez peut être l'occasion de voir ces spectacles en d'autres lieux, je vous en dis deux mots même si le festival 2013 se termine:



            - Voyage à travers la nuit, de Katie Mitchell. Un spectacle du In. Extraordinaire prouesse technique de théâtre filmé, où vous assistez à une pièce, à un film et au tournage de ce film dans le même temps. Lumières, angles de prises de vue réglés au millimètre et à la milliseconde. Un travail énorme et impressionnant de maitrise, alliant originalité et efficacité. Une réussite acclamée par la salle selon son mérite.



      - Hôtel Paradiso. Spectacle off tragicomique sans paroles de 4 acteurs masqués pour une douzaine de personnages dont les masques étrangement ne font pas barrière aux expressions humaines. Là encore une prestation millimétrée très réussie.



       - Colorature. Spectacle off retraçant l'histoire vraie de l'improbable Florence Foster Jenkins, "soprano" massacreuse d'opéras s'étant même produite au Carnegie Hall, persuadée de devoir son succès grandissant à ses talents de diva quand la foule se pressait pour voir une prestation comique… Si par hasard vous croyez que les vocalises épouvantables de l'actrice sont exagérées dans la pièce, cet enregistrement de la vraie "cantatrice" vous convaincra du contraire ! 

          - Dans le off encore Illuminations  a eu la faveur du public, avec effectivement de nombreux repères qui se devaient d'être rappelés pour comprendre l'"histoire" des jeunes de banlieue, même si pour moi les versants délinquance et montée de l'islamisme méritaient d'être plus qu'effleurés.

         - Inconnu à cette adresse est un petit livre particulièrement marquant de Kathrine Kressmann Taylor que j'avais lu il y a quelques années (et que je recommande +++), mais c'est une correspondance auquel le théâtre de donne pas de dimension supplémentaire, avec une lecture alternée professionnelle mais assez banale de Patrick Timsit et Thierry Lhermitte.

           - Callas  dans le off était honnête sans plus, Lear in town, spectacle du In dans la carrière lunaire de Boulbon avait le mérite de ne durer qu'une heure trente, bien assez pour une mise en scène squelettique et un concentré à peu près sans queue ni tête, malgré des acteurs plutôt bons, du Roi Lear de Shakespeare. 

          Quelques autres spectacles du off refusent de me revenir en mémoire, on les passera donc sans états d'âme au compte "pertes sans profit".

          Une exposition très  intéressante à noter: "les Papesses", regroupant des oeuvres de Camille Claudel, Louise Bourgeois, Berlinde de Bruyckere, Kiki Smith, Jana Sterbak.

            Bon été à tous.


dimanche 29 juillet 2012

Avignon 2012

Quelle que soit l'heure, quel que soit le lieu…



                Notre semaine de théâtre en Avignon, maintenant une vraie tradition,  vient de se terminer… Inflation de spectacles "off", 1191 cette année… Nous n'en avons vu hélas que 987… Plaisanterie bien sûr…Les prix augmentent et le nombre de propositions aussi, paradoxe sur lequel les responsables du off  devront se pencher sous peine de le voir s'étouffer sous le poids de son succès… Bien entendu les choix, toujours difficiles, donnent des résultats inégaux… Il n'est pas inutile cependant de pointer quelques réussites, car les bons spectacles se ré-invitent parfois d'une année sur l'autre, et même si vous lisez ce blog quand la fête est finie, cela peut vous servir pour une prochaine visite, ou pour retrouver la pièce en d'autre lieux…

            J'ai particulièrement aimé:

- L'apprentie sage femme: une actrice parfaite, un décor simple mais très suggestif semblant issu d'un tableau de Vermeer  , un texte "rustique" et très riche évoquant l'Angleterre du Moyen Age, renvoyant pour moi des échos du Céline du "Voyage" et du Cormac Mac Carthy de "Sutree"…

- Invisibles : Pièce réussie sur le quotidien des travailleurs immigrés de l'ancienne génération, devenus "chibanis" (les vieux) vivant dans l'ombre une retraite pauvre et silencieuse dans un quelconque foyer dans le pays qui les a fait travailler toute une vie et ne les voit même plus…

- Hitch  rencontre jubilatoire par des acteurs "sosies"entre Hitchcock et Truffaut, reconstituée par le critique de cinéma Alain Riou en un prélude au véritable entretien entre ces deux célèbres cinéastes…

            Ces trois spectacles m'ont semblé combler à la fois le désir d'entendre un texte de qualité et de le "voir" théâtralisé…

         D'autres spectacles, plus nombreux, offrent le plaisir d'un texte OU d'une mise en scène…

          Je pourrais citer:

- La faute d'orthographe est ma langue maternelle : très joli texte autobiographique bien construit qui ne trouve pas néanmoins Picouly acteur au très bon niveau de Picouly auteur

- Sarah et le cri de la langouste : Une mise en scène intéressante, de bons acteurs, mais on n'apprend pas grand chose sur Sarah Bernhardt…

          Même chose avec:


         Res publica, cherchant à fouiller un peu la notion de "nation" ne manquait pas d'intérêt, bien qu'un peu "scolaire"


              Enfin Avignon "off" permet parfois de voir des musiciens exceptionnels pour un prix modique, ainsi Pascal Amoyel élève virtuose de Cziffra dans Le pianiste aux 50 doigts , ou Didier Riey violoniste ayant joué avec Stephane Grapelli ou Didier Lockwood dans Le violon dingue fait son cinéma 

            Quant au festival "in", un top et un flop pour moi:

- Un ennemi du peuple  d'Ostermeyer: belle interprétation d'une pièce connue d'Ibsen, avec des trouvailles remarquables de mise en scène, dont le fait de faire intervenir des spectateurs de manière très naturelle quand la salle devient de fait une salle de réunion politique… Superbe

- La mouette, d'après Tchekov …que je n'ai pas vu, vaincu par les critiques, l'heure tardive et les 4h promises… Nous devions être 6, 5 ont affronté l'obstacle, sans pouvoir revendre ma place, 3 ont jeté l'éponge à l'entr'acte, 2 ont tenu jusqu'au bout, un des deux avouant avoir bouclé son parcours grâce à quelques sommes en pointillé…

          Amis du festival, un souhait pour l'an prochain, nous laisser… euh… respirer ?






lundi 25 juillet 2011

Avignon 2011


"Nos" spectacles préférés du off…

        

               Comme chaque année depuis maintenant 6 ans, une semaine de spectacles et de convivialité nous réunit en Avignon chez des amis de longue date… La ville entière se pare d'affiches multicolores et essaime une multitude de personnages…


Aphorismes et "pensées" s'accrochent au moindre support disponible…
Philosophiques…

Très philosophiques…

Vaguement politiques…

Ou délicatement poétiques…

               Nous avons vu une seule pièce du festival IN: "Sang et Roses", dans la si majestueuse cour du Palais des Papes… Comme toujours, un prétexte à polémiques pour ce spectace en flamand surtitré en français, intégrant des moyens informatiques et videos sophistiqués avec un résultat visuel indéniablement réussi, même si l'équilibre des histoires contées ne m'a pas semblé toujours judicieux…





            Mais pour nous Avignon est surtout la fête du off, sur la première image de ce billet vous voyez les spectacles que nous avons préférés, manquent les "éclats de vie" de Jacques Weber, une superbe prestation, à des années-lumière de celle de Guy Carlier, qu'hélas nous avons vue aussi, affligeante de vulgarité et sans intérêt…
               Mentions spéciales à "Motobecane", magnifique nouvelle en quasi-patois picard (ce qui ne gêne pas la compréhension !), au dialogue intense et pétillant de Prosper (Mérimée) et George (Sand), aux Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand par JP Farré, aux ravissants sketches antireligieux de Sophia Aram, à la reprise théâtrale ahurissante d'énergie de l'hilarant "Pourquoi j'ai mangé mon père" de Roy Lewis, à Philippe Caubère faisant revivre René Bénedetto le fondateur du off, et à son accompagnant, un guitariste jeune mesurant bien 2m et vraiment excellent…

            Vous pouvez consulter le programme du OFF qui se poursuit jusqu'au 31 juillet ICI

A l'année prochaine !







mardi 27 juillet 2010

Avignon 2010

             




         Pour qui habite la province, aller au théâtre est parfois difficile, soit parce qu'on nous a proposé longtemps les sempiternelles variations autour du mari, de la femme et de l'amant, dit autrement les pièces de boulevard, soit parce qu'il faut faire partie des "amateurs de théâtre" que des associations culturelles convient à date fixe et toujours en soirée de loin en loin en cours d'année…
          Le festival d'Avignon est donc une aubaine quand on est en vacances, on peut s'y régaler de spectacles à toute heure, le matin, à midi, l'après midi, le soir… C'est le festival OFF, et la qualité inégale des prestations est largement compensée par l'ambiance festive et bon enfant qui débride pendant 3 semaines cette belle ville d'ordinaire un peu trop précieuse et bourgeoise… Quand vous retrouvez des amis de toujours pour l'occasion, quand certains de ces amis sont avignonnais, vous reçoivent avec tout leur coeur et se mettent en quatre pour vous épargner d'évidentes déconvenues, tout en vous permettant d'oublier la voiture et d'éviter l'hôtel durant une semaine, que demander de plus ?




              Nous avons vu cette année deux spectacles du festival IN, vous savez, celui où il "faut" être, celui qui déclenche les polémiques et exacerbe le parisianisme des "spécialistes":

- Richard II de Shakespeare
                                     - Les Corbeaux de Josef Nadj et Akosh Szelevényi

            Je sais que la problématique des textes shakespeariens reste universelle, elle n'en est pas moins lourde d'ennui à mon goût, j'ai eu du mal personnellement à digérer le pavé, mais la cour du Palais des Papes est si impressionnante..." Les corbeaux", pièce dite d'avant garde ayant la prétention de mixer la danse, la musique, le dessin et la peinture, m'aura plus marqué par son étrangeté et son indéniable esthétisme…

            Mais c'est dans le festival off qu'on peut fureter, déambuler, goûter, savourer une bouchée de ci de là, comme un gourmand au marché ou un collectionneur au vide grenier…


Nous avons vu une douzaine de spectacles, avec quelques pépites:

   - La ferme des concombres de Patrick Robine, une épopée surréaliste, loufoquerie de funambule des mots
   - Rhinoceros , pièce très connue de Ionesco magnifiquement revisitée par une troupe… coréenne

   - Music et Comedy, de Carrington-Brown, un bijou d'espièglerie et d'humour où vous pouvez voir Mr Brown en virtuose de la cornemuse …

 - Deux pièces enfin, de mise en scène très simple, reposant sur la beauté des textes: Le silence de la mer de Vercors, et Effroyables jardins de Michel Quint


   
   Oui, Avignon en Juillet est une jolie fête, amis prenez le temps d'un verre en terrasse, je vous retrouverai l'année prochaine, promis …