Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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samedi 26 mai 2018

Billet flemmard

       On a bougé pas mal en avril-mai, et donc j'ai laissé le blog en sommeil, mais voici un petit compte rendu succinct…

        1

       Virée de quelques jours à Porto avec des amis. Pas de dépaysement intense, mais bonne ambiance, entre nous bien sûr mais aussi dans un pays accueillant, très amical, aux prix doux, certes privé comme chez nous de soleil dans cette semaine d’avril. 

        La pluie parfois soutenue nous a quand même laissé  des éclaircies nous permettant de déambuler dans ses rues en pente pour admirer ses églises et bâtiments mais aussi les sols (quel travail !)





, et les quais du fleuve Douro depuis le ponte Luis 1er, 


aller voir l’étonnante gare Sao Bento, célèbre pour ses azulejos , 


ou faire la queue pour visiter… une librairie, la superbe livraria Lello et son escalier monumental, avant de nous restaurer pour moins de 10 euros par personne dans des cantines locales bien tenues aux serveurs sympathiques et rapides.

L'escalier monumental de la librairie


   Le train nous a conduit une cinquantaine de kms plus loin jusqu’au charmant petit port d’Aveiro qui aurait profité comme nous de plus de soleil. La maison de Fernando Pessoa y abrite maintenant quelques expositions d’art moderne, 


et la spécialité locale est une pâtisserie plus jolie à voir que délicieuse à goûter, les « oeufs mous » à base de jaunes, d’huile d’olive, de farine et de sucre. 

 Un petit voyage en détente, donc, à conseiller aux budgets modestes. Et si vous aimez la musique, n’oubliez pas de vous laisser emporter par l’émotion, la « saudade » du fado comme dans ce morceau déchirant de Ana Moura 

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          2

         Traditionnelle semaine en pays de Sault ensuite pour ma quête annuelle de morilles cette fois avec mon pote F. Beaucoup de chercheurs mais un résultat quand même correct. Je ne vous le fais pas long. 



        Deux demies journées gâchées à récupérer nos chiens subitement dopés à l’odeur toute nouvelle pour eux et tellement séduisante des chevreuils et biches nombreux dans la zone. Heureusement aucun garde ne les a récupérés avant nous !

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         3 

          Cérémonies particulières enfin, en un lieu inattendu puisque nous étions conviés à Tenerife pour le mariage de la fille d’une amie de longue date. Elle est française et juive, lui est espagnol et hindou, nous avons donc eu droit à deux mariages à quelques jours d’intervalle dans la pure tradition de ces deux religions millénaires. 

         Porter la kippa durant la première n’a pas attiré sur moi la foudre d’un Dieu ayant flairé l’imposteur,  et le panthéon des Dieux de l’Inde était trop étendu dans la seconde pour que l’un d’eux se penche sur mon cas. J’ai donc dans les deux situations profité du spectacle où l’émotion et la joie des personnes directement concernées étaient communicatives.

            Cette île des Canaries ne sera pourtant pas une prochaine destination de vacances, tant les côtes sont saturées d’hôtels de luxe géants bien peu respectueux de l’environnement. Même si cet environnement est essentiellement caillouteux et fort pauvre en végétation. Nous n’avons pas exploré l’île en détail, ce qui nous aurait sans doute permis de dénicher quelques merveilles, nous contentant de traverser le parc national du Téidé,  impressionnant chaos de roches volcaniques arides dominé par le pic le plus haut d’Espagne (3718m). 

Pour avoir une idée du Téidé


           Une promenade en mer jusqu’aux falaises de Los gigantes   m’a permis de voir des poissons volants aux ailes bleutées de libellules, des dauphins, et surtout les célèbres baleines pilotes de Tenerife, qui sont des globicéphales tropicaux  plus proches en fait des dauphins que des baleines.




         

          Sur ce, je retourne dans mon hamac 😎

vendredi 19 février 2016

Cuba libre ?





               Si on enlève le point d'interrogation, on obtient un cocktail qui avec le mojito, la caïpirinha et la pina collada associe dans nos esprits rendus alors un peu brumeux les fêtes antillaises, la joie de vivre, les orchestres de salsa et de rumba et ce pays attachant.

              Si on le laisse, le questionnement pourrait aussi bien concerner l'avenir de Cuba après les Castro que le devenir de cette île après la fin de l'embargo américain qui l'étouffait depuis des dizaines d'années.

           Ce n'est pas en douze petits jours que nous avons pu nous faire une idée des réponses. Nous avons essayé d'absorber le plus possible de sensations pendant ce petit voyage, et le moins qu'on puisse dire est qu'elles sont contrastées. Une fois n'est pas coutume, je vais proposer dans ce résumé succinct les adresses de quelques hôtes qui par leur gentillesse et les qualités des prestations offertes peuvent intéresser ceux qui projettent de visiter l'île. 

          Notre parcours est resté modeste, à la fois pour  ne pas avoir à passer trop de  temps sur les routes et parce que la météo (fort vent venu du Nord, en particulier du Canada) nous a obligés à zapper la côte atlantique. Nous sommes allés de La Havane à Vinales, puis de Vinales à Playa Giron, puis Trinidad, Cienfuegos et retour à La Havane.


La Havane (ou chefs d'oeuvre en péril !)

          Un choc, une ville délabrée comme mille quartiers St Jacques de chez nous, avec pourtant les fantômes de très nombreux palais et demeures magnifiques au style colonial et/ou art déco datant de l'époque de Battista et de l'argent de la maffia. Quelques bâtiments en restauration cotoient nombre d'autres à moitié en ruines, comme éventrés par une guerre et pourtant habités. Le Malecon (promenade en bord de mer) expose en particulier ces anciens chefs d'oeuvre ravagés.






        Peu de voitures pour une ville de cette importance à part les taxis, dont les fameuses voitures américaines aux couleurs vives que les cartes postales ont rendu célèbres. Multiples vélos-taxis, chevaux-taxis aux prix modestes. Des tranchées dans toutes les rues ou presque, un réseau de canalisations usé jusqu'à la corde.

      Les passants vous saluent souvent spontanément avec sympathie, les sollicitations existent (taxi, cigares) mais sont dénuées d'insistance et d'agressivité. La pauvreté évidente reste digne. 

        La musique est partout, jusque dans les minuscules échoppes ou les logements décatis. Dans les rues commerçantes infestées de touristes, les jeunes cubaines semblent friandes d'une mode latino vulgaire, brillants de pacotille, talons exagérément hauts, faux ongles de 3cms aux couleurs flashies… 

        Mais ni les garçons ni les filles n'allument les touristes de façon intempestive. Il faut dire que nous étions 2 couples et que nous n'étions plus dehors aux heures des salsas imbibées de rhum (ici nommé el ron). Sans être naïfs (David notre hôte nous avait quand même conseillé la prudence de nuit), nous nous sentions bien plus en sécurité que dans beaucoup de grandes villes. David confirma que l'impression était juste, l'attribuant à un mélange d'éducation enseignée très tôt à l'école (l'école, préoccupation prioritaire du régime) et de peur du gendarme peut être caché sous l'habit du proche voisin.
      Je ne vais pas raconter notre programme, mais disons qu'on ne se lasse pas de marcher le nez en l'air dans la vieille Havane, même s'il faut par instants le boucher…

David et Lydia Diaz 361 calle San Miquel -Centro Habana 
diazdavidlidia@yahoo.es
NB: parle très bien français, super aimable, chambres top et p'tit dej complet

Chez David Diaz


Vinales (où même les non fumeurs se mettraient au cigare…)

…Tant les plants de tabac de cette vallée montagneuse ont un minois appétissant et écologique. Nous avons eu droit à la confection d'un "puro" de A à Z lors d'une promenade à cheval dans une plantation. Bon d'accord, on essaye de vous vendre des cigares à la fin, et le prix est plutôt élevé, mais là encore il suffit de décliner l'invitation, et le visage de votre interlocuteur ne copie pas pour autant dans la seconde suivante celui d'un restaurateur méditerranéen qui n'a pas pu vous fourguer un repas complet !

     Les mogotes calcaires truffées de grottes souterraines donnent un cachet particulier à cette belle région naturelle.



Si vous allez comme nous chez Yamirka y Ariel, hôtes parfaits, vous dégusterez la meilleure langouste que nous ayons mangée à Cuba, pour un prix à peine supérieur à un plat de poulet…



Casa Yamirka y Ariel
calle Raphaël Trejo n°4
Vinales
ariel.negrin@nauta.cu

Playa Giron

              Les amis qui nous accompagnaient sont de grands amoureux de mer, plage et bateaux. Il nous fallait donc rejoindre une côte, et le vent nous barrant la côte Nord, nous avons opté pour le sud, direction playa Giron non loin de la baie des cochons, lieu du fameux débarquement de mercenaires jugulé par les troupes du héros national (musée commémorant l'évènement). Là aussi nous avons trouvé des hôtes très sympathiques, disponibles, qui ont senti notre envie de faire du sport puisqu'il nous ont confié d'antiques bicyclettes qui nous ont permis de faire les 20kms aller-retour nécessaires pour aller nager dans caletta buena, un ensemble de piscines naturelles pour touristes que nous avons eu au 1/3 de son prix pour admirer les poissons dans ces aquariums naturels.


            Encore de très bonnes langoustes, sans toutefois la sauce divine de Yamirka. Tout petit bémol, puisque quelques effluves campagnardes selon le vent nous ont rappelé que la baie des cochons n'était pas forcément un nom donné au hasard…

          Je jure qu'il n'y a pas de rancune dans le fait que je n'indique pas les coordonnées de notre hôte, j'ai tout simplement perdu le papier qui les contenait !

Trinidad

            La déception de notre voyage. Ce lieu dont tout le monde disait qu'il méritait 3 jours de séjour possède certes de magnifiques demeures coloniales, souvent en bien meilleur état qu'à La Havane, mais on fait assez vite le tour du centre historique, et les touristes sont vraiment en force ! De plus, l'hôte que nous avions prévu nous a conduit à une autre adresse où entre les coqs, les chiens et les camions, l'absence de vitres dans notre logement par ailleurs très propre nous a offert une nuit d'insomnie peu propice à l'indulgence.
           Mais la langouste était énorme, toujours à prix doux, même si la tendreté diminue quand même avec la taille…









 Cienfuegos

           La bonne surprise. Un endroit que nous avions refusé de parcourir en taxi avec supplément comme le proposait le chauffeur qui nous avait conduit de Playa Giron à Trinidad, et qui, peut être à condition de pousser comme nous l'avons fait jusqu'à Punta Gorda, la partie "maritime", s'est révélé très agréable.

Un palais de la maffia américaine





            La pointe donc, est charmante, et la Pina collada qu'on y sert au soleil couchant est une merveille… La partie nommé le prado à 2kms à peine est agencée autour d'une très belle place entourée d'échoppes proposant les oeuvres d'artistes locaux.
          Une adresse à retenir encore ici:

El coqui y Yanita
Calle 37#1407 e/.14 y 16 Punta gorda, Cienfuegos
yanit-acepero@gmail.com

Playa Rancho Luna

          Magnifique plage à 20kms de Cienfuegos, où nous avons trouvé un logement pour notre dernière nuit avant retour à La Havane, chez un marocain très sympa, ayant fait ses études de médecine en Belgique, puis travaillé au Canada en laboratoire sur le déficit en HDL cholestérol, puis, apparemment par burn out ou du moins état dépressif, s'est installé ici face à la mer.





Casa Larabi
Playa Rancho Luna Cienfuegos
lkrimbou@gmail.com




Kitsch, non ?


Retour à La Havane

D'où bien sûr je ne pouvais pas partir sans avoir visité la Finca La Vigia d'Hemingway (les photos trainent partout, vous n'aurez droit qu'à une !)



              Contrastes je vous disais au début, des gens très pauvres avec des salaires très bas (un médecin gagnerait l'équivalent de 60 euros/ mois, un ouvrier de la manufacture de tabac 30€/mois ) et à ce qu'on nous a dit des denrées alimentaires trop chères. Le fait de posséder de 100 à 1000 fois les ressources des locaux nous rend ridicules à dire que payer 12,5€ pour un repas comprenant une soupe, une belle langouste accompagnée de riz et légumes, des fruits en dessert ne nous semblait pas exhorbitant, mais il n'y avait guère de cubains dans nos casas particulares (dont les repas sont en général bien meilleurs qu'au restaurant !) 

       Fidel a donné des terres à ceux qui n'avaient rien, a pratiquement éradiqué l'analphabétisme, les cubains ne payent quasiment rien pour se loger ni pour se soigner ni pour étudier. Nous n'avons en aucun cas pu juger de leurs possibilités de s'exprimer librement. Ils ne peuvent sortir de leur pays comme ils veulent, on nous a toutefois dit que les impossibilités à sortir proviennent souvent des pays de destination qui n'accordent pas leur visa aux cubains. David notre hôte de La Havane avec qui nous discutions en compagnie d'un groupe de jeunes français répondit quand ils l'interrogèrent sur la "dictature"par un joli jeu de mot: "ce n'est pas une dicta-dure, c'est une dicta-molle", sans doute pour dire que si la répression existe, elle est plutôt dans les têtes d'un peuple habitué à marcher droit que maintenant dans des contraintes brutales. Au long de nos trajets nous avons souvent vu des panneaux qu'on peut certes qualifier de propagandes, soulignant les mérites de la révolution et de ses guides, mais souvent empreints de valeurs humaines, de solidarité et même parfois… de poésie.

          Ce qui nous fait dire que les grandes valeurs de base du communisme ont ici sans doute été dévoyées comme souvent par le pouvoir absolu d'un homme, mais cherchaient aussi sincèrement à dessiner les contours d'un homme nouveau, et qu'elles se sont crispées jusqu'au dessèchement sous l'emprise d'un étau économique sans pitié imposé comme ailleurs si souvent par les grandes puissances capitalistes.

           A la question "qu'attendent le plus les cubains de la fin de l'embargo ?" notre hôte a répondu "je ne sais pas, TOUT, je n'ai connu QUE l'embargo"…




















vendredi 22 mai 2015

Le nez en l'air




            Quelques jours sympas entre Dubrovnik (Croatie) et Kotor (Montenegro). Beau temps, ambiance méditerranéenne, un peu différente de la notre, avec des rappels de l'Esterel, de l'Italie, de la Grèce ou des lacs italiens.

Dubrovnik depuis les hauteurs


Vieille ville de Dubrovnik: artère principale

Dubrovnik: le fort





Cavtat au Sud




            Des villes fortifiées, une histoire embrouillée, les Balkans ne sont pas simples à comprendre. Les bouches de Kotor forment un "fjord" impressionnant avec ses falaises plongeant dans la mer. Ne pas penser aux tremblements de terre dans ce type de décor…Des sites probablement saturés de monde en été, la période choisie nous a évité la grande foule. Quelques photos suivent.

Baie de Kotor depuis notre location
Les remparts dans la  montagne




Perast

Un caillou sort de l'eau, et hop, une chapelle s'y construit…

              Les gens sont en général accueillants, bien disposés, c'est à peine le début de la saison touristique. Hormis les monuments historiques, l'architecture est un peu décevante. Une impression de sécurité se dégage, appréciable actuellement. Ma quête de "risotto noir"à l'encre de seiche, spécialité locale, ne m'a pas laissé d'impérissable souvenir. Calamars grillés toujours bien réussis, mais pas moyen d'éviter l'accompagnement certes correct mais systématique par des blettes et pommes de terre... Petits vins fruités, un peu moins lourds en alcool que chez nous. Quelques fraises et cerises parfumées…En résumé, ce qu'il faut pour une escapade de printemps réussie.







mercredi 9 avril 2014

Rodrigues


        D'accord c'est un peu loin…

Il faut survoler l'Afrique, dépasser Madagascar, La Réunion, se poser sur l'île Maurice. De là, restent encore 650 kms avant d'atterrir sur un ilôt de 18kms sur 7, vous êtes enfin à Rodrigues.

Quand on cherche un trésor, il faut s'attendre à ce qu'il ne soit pas d'accès facile. Le grand père de JMG Le Clezio s'est acharné pendant 30 ans à localiser celui prétendûment caché dans une vallée de cette île par un des corsaires qui sévissaient dans l'océan indien. Le petit livre "Voyage à Rodrigues" de l'écrivain Franco Mauricien montre comment cette quête au départ de richesses concrètes s'est peu à peu transformée en quête spirituelle. Et pour des métropolitains emportés par le brouhaha de la vie moderne, c'est bien l'aspiration aux plages désertes, aux bleus des lagons, au soleil intense, qui dessine toujours dans l'imaginaire les contours classiques des vacances de rêve.

      Rodrigues est encore préservée d'un tourisme massif. Hormis 3 hôtels, la plupart des hébergements sont proposés par des hôtes en demi-pension. Si vous allez comme nous chez Bernard et Claudine Moneret, vous aurez une chambre propre avec une belle terrasse, une cuisine locale variée et généreuse, et le traditionnel ti punch copieusement servi en entame quotidienne. Ambiance familiale bon enfant garantie.



              Saint François, lieu où se situe le gîte, est dans la zone des plus belles plages de l'île. Tout le monde ou presque se connait à Rodrigues, qui n'a que 40 000 habitants au total, et Claudine se charge d'avertir ses correspondants, il vous suffit de dire la veille que vous voulez passer la journée à l'île aux chats pour y manger la langouste sur la braise( + saucisses locales, poulet au miel, carangues grillées, beignets de papaye) ou visiter l'île Cocos et sa réserve d'oiseaux. Dans les 35€ par personne pour la journée… Vous pourrez aussi visiter le parc des tortues géantes et voir les fameuses roussettes, ces grandes chauve souris d'un mètre d'envergure que les rodriguais on réussi à sauver de l'extinction.

Picnic sans une faute de goût

Les tortues, plus frugales, sont d'accord

              Le bus est très bon marché, relativement ponctuel, mais s'arrête tous les 500 mètres dans un paysage plutôt montagneux, pour prendre ou déposer une ou deux personnes, ce qui fait que Port Mathurin, la capitale, seule (petite) ville où quelques achats sont possibles, réclame une petite heure pour ses 12 kms… Chaque parcours est une occasion de rencontrer la population créole, colorée et sympathique, assez semblable à celle des Antilles, mais toujours prête à renseigner ou rendre service. Une gentillesse spontanée qui fait partie du trésor de Rodrigues…


Les autres éléments du magot sont:

- l'immense lagon qui entoure l'île de sa gamme de bleus sous le long sourcil blanc des rouleaux qui se brisent en continu sur la barrière de corail.


- de longues plages de sable bordées d'une bande de verdure à l'ombre bienfaisante des filaos, bondées quand on y rencontre 2 ou 3 personnes.



              L'ensemble au crépuscule vous offre le sentiment étrange d'être présent aux origines du monde, sensation qui se poursuit quand la nuit, qui tombe tôt et vite, vous apporte sa somptueuse voûte étoilée, étonnament proche, où vous apprenez à reconnaitre entre autres Jupiter, Orion, et la célèbre Croix du Sud invisible depuis l'hémisphère Nord. La voie lactée est magnifique dans le ciel austral, mais a refusé de se plier aux réglages approximatifs de mon appareil photo.



              Un peu perplexes après avoir lu les descriptions de Le Clezio (île volcanique "pelée" balayée par de forts vents) nous avons sans doute bénéficié des fortes pluies qui avaient précédé notre séjour, car l'île était très verte, et on pouvait même… ramasser d'énormes bolets, hélas sans valeur gastronomique.

Cèpe rodriguais

            Car pour être un trésor, Rodrigues n'est pas un pays de cocagne, très peu de fruits après les dégâts du cyclone de janvier, assez peu de poissons comestibles, beaucoup étant porteurs de la ciguatera ou simplement immangeables malgré leurs belles formes/couleurs.

Beau poisson lune, non comestible

            Certes les fameuses ourites (poulpes) même bien moins nombreuses qu'autrefois, restent délicieuses et s'accomodent de toutes les façons (salade, curry, daube, beignets, etc…)

Ourites au séchage

                Les plongeurs capables de décoder les marées et leurs conséquences sur les courants parfois forts qui siphonnent le lagon se régaleront, et les pêcheurs aux gros trouveront leur bonheur (à condition d'avoir les moyens et de réserver longtemps à l'avance car les bateaux permettant ces sorties sont rares) Nos activités sont restées plus contemplatives, question d'âge et de chaleur, 30° sous les tropiques ayant des conséquences notables sur la capacité des marcheurs à crapahuter en plein soleil...
        Rodrigues est un lieu de repos pour nombre de Mauriciens, lesquels ont longtemps pris les Rodriguais pour des ploucs, mais se plaignent maintenant de plus en plus du "stress" de la vie à Maurice (si, si) Si vous tentez l'expérience, vous comprendrez vite pourquoi faire 11 000 kms pour visiter une aussi petite terre n'est qu'un faux paradoxe.
            Pour finir en musique, voici un échantillon représentatif de la gaieté rodriguaise (vous pouvez passer la 1è minute de mise en place du morceau)






















lundi 27 mai 2013

Nantes



                  Voir le célèbre stade de foot de la Beaujoire submergé par les supporters de rugby de la moitié Sud de la France, c'est ce que nous avons fait avec deux potes, en profitant de l'occasion offerte d'assister en un seul voyage aux deux demi finales du Top 14. Nous avons constaté une fois de plus que si les chansons des supporters sont souvent plus proches en volume comme en délicatesse des paillardes étudiantes que de la musique celtique, on ne sent jamais d'agressivité malsaine, la convivialité reste prioritaire, on soutient les uns sans mépriser les autres. Les rugbymen ne confondent pas combat sur le terrain et bataille de rue dans la rue, les joueurs s'affrontent en se respectant, le supporter soutient sans chercher à mépriser ou détruire, et chacun est prêt à boire un verre avec l'adversaire, gagnant ou perdant. Cela s'est une fois de plus vérifié, et il est réconfortant de pouvoir le souligner.


1 Toulouse-Toulon  9/24

                 Comme en finale de H cup contre Clermont, Toulon s'est contenté d'un jeu très organisé, sans fioritures, presque "humble", basé sur une défense parfaite, et un Wilkinson qui bonifie toujours chaque ballon de la meilleure façon. Toulouse a joué comme toute sa saison un demi-ton en dessous de ses meilleures prestations, avec un léger manque de fluidité et d'imagination. Obligé de courir après le score, Toulouse s'est un peu emmêlé les pieds, et ces petits détails n'ont pas permis les accélérations fulgurantes qui à tout moment peuvent donner habituellement la victoire à cette grande équipe. Une confrontation équilibrée, où la rigueur extrême a prévalu.




Essai de Toulon dès la 2è minute… Parce que Toulon !



2 Clermont-Castres   9/25



                 Quelle déception de voir une équipe qui nous a régalés toute la saison d'un jeu digne des All Blacks s'effondrer comme si souvent au moment de récolter les fruits de ses efforts. Clermont était méconnaissable, comme anesthésié, vidé de ses forces, laissées sans doute dans les vagues d'assaut successives toujours brisées par les Toulonnais en H cup. Des avants humiliés en mêlée, se rendant en marchant rejoindre les alignements en touche, un Parra semblant dégoûté et boudeur, un Bonnaire d'habitude si concentré et intelligent comme perdu sur le terrain. Et en face un Castres appliqué, tenace, sans recette géniale mais prenant confiance progressivement… Vern Cotter l'entraineur qui a pourtant transformé cette équipe partira après la prochaine saison, peut-être faudra-t-il envisager un package "entraineur-psychanalyste", sinon, à l'inverse de l'adage du foot qui veut que ce jeu "se joue à 11 avec un ballon rond et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne", on dira bientôt: le rugby "se joue à 15 avec un ballon ovale et à la fin, c'est Clermont qui perd"


Kockott buteur appliqué,  Parra démotivé sur ce match



                    Sinon, Nantes est une très belle ville, que j'aurais volontiers visitée un peu plus, même si j'ai un peu crapahuté : magnifique jardin des plantes, espaces verts, château des ducs de Bretagne, très jolies places, belles avenues claires et entretenues, centre ville jeune et animé, nombre de facilités pour les habitants, des lignes de trams très accessibles et bien conçues, des pistes cyclables partout, une touche écologique perceptible (lieux de réunion à thèmes, braderies solidaires), et perceptible jusque dans l'attitude des gens: voir une jeune femme essayer de sauver une abeille égarée sur un rail de tramway, c'est partout ? 



Bien sûr un jardin des plantes, au printemps, c'est superbe

                 Voilà ce que c'est que de partir avec un pote aux genoux en vrac et un autre redoutable traqueur de muscadet, handicaps croisés conduisant à des haltes à répétition dans un des nombreux restaurants ou brasseries de la ville, apothéose à  La Cigale au décor 1900, sans doute la plus connue.


Repas avec entre autres les parents de Max Médard et Louis Picamoles: sympa, non ?

Mise à jour après la finale du 1er Juin

                
 
Et la victoire de Castres, appliqué, très organisé en défense, ce que ... Laporte aura pû apprécier. Castres qui a joué comme Toulon contre Toulouse, ou … comme Castres contre Clermont. Un pack extrêmement solidaire dans tous les rucks, une charnière déterminante, magnifique essai de demi de mêlée roublard pour Kockott, et deux drops de Tales, très purs; deux drops d'un ouvreur français dans un même match, ce n'est pas si souvent
!