Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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dimanche 10 septembre 2017

Visa 2017




          Cette année encore et pour  la 29e fois, Visa nous force à ouvrir les yeux sur un monde de fureurs et de misères. De moins en moins nombreux sont ceux qui critiquent ou détournent pudiquement leur regard de réalités qui semblent insupportables à vivre. Tous les reportages sont toujours de grande qualité, et si j’en relève quelques uns ce n’est pas pour les hiérarchiser mais pour souligner ce qu’ils apportent de plus que les « informations » accessibles pourtant quotidiennement.

        Ainsi le reportage de Laurent Van der Stockt sur la bataille de Mossoul  fait bien ressentir à quel point la guerre avec Daesh ne respecte plus aucun code et ligote les malheureux civils à l’exacte intersection des combats, là où se croisent les bombes, les tirs de snipers, les voitures suicides (700 comptabilisées !) et les exécutions arbitraires. Jamais la notion de « guerre totale » ne m’était apparue plus clairement. Dans la même veine, ce reportage impressionnant peut être complété par celui de Lorenzo Meloni sur la chute du califat  , et celui d’Alvaro Canovas sur la reconquête de Mossoul 

      Si (comme Trump ?) vous avez du mal à vous représenter le changement climatique et les menaces de la montée des eaux, Vlad Sokhin dans Warm waters  vous place le nez à quelques mètres d’un rivage que vous croyiez immobile de toute éternité mais maintenant menace l’étage de votre maison. Vous n’avez pas d’étage et vous n’avez qu’une cabane, n’avez pas d’autre endroit pour vivre ? heureusement vous allez construire une digue avec des matériaux de récupération…

      Je suis médecin, certes à distance de ma vie professionnelle, mais je lis encore des articles médicaux. Alors pourquoi ai-je dû attendre ce festival pour découvrir le CKDu, affection sans doute multifactorielle d’origine encore imprécise entrainant une gravissime insuffisance rénale, qui tue au Nicaragua, au Salvador, au Sri Lanka, en Inde, dans les 2 premiers pays  plus que le SIDA, le diabète et le cancer réunis, et bien sûr des populations pauvres, surtout des ouvriers agricoles. Ed kashi explique très bien cette nouvelle "épidémie"

     Pour souffler un peu, même si vous n’échapperez pas au spectacle de conditions de vie tout de même proches de la misère, atténuées un peu par une certaine liberté, allez voir le magnifique reportage de Ferhat Bouda sur les Berbères au Maroc.


     Comme je vous l’ai dit, il y a d’autres pépites dont je ne vais pas faire le catalogue, vous pouvez vous rendre sur le site du festival pour le feuilleter, et il vous reste une semaine pour venir voir ce remarquable cru de Visa.

    En "bonus" à ce billet, je vous joins un article qui traite de l'énorme impact parfois d'une simple photo, et raconte une troublante histoire, une photo dont je pense que vous vous souvenez comme moi, et pourtant date de 1968 (l'exécution d'un membre du vietcong en pleine rue) On notera que ce type de scène atroce doit être courante en Irak ou en Syrie actuellement, mais l'éthique des journalistes actuels a sans doute pitié de nous.

samedi 10 septembre 2016

Visa de courte durée



        Cette année j’ai « obtenu mon Visa » de justesse, puisque ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai vu pour la première fois quelques expos. La chaleur écrasante m’avait tenu à l’écart du Couvent des Minimes et des autres lieux d’exposition, transformés en saunas par la foule et les 35°. La chaleur et aussi les séquelles mentales des tueries qu’a connues cette année notre pays. 

         Pas la peur que l’évènement soit la scène d’un nouveau carnage, les précautions étaient nombreuses et bien organisées, non, simplement la difficulté plus grande à voir encore et encore la souffrance des humains partout dans le monde. L’avantage dans ces conditions caniculaires serait à la rigueur de pouvoir déguiser les larmes en gouttes de sueur, larmes d’empathie ou d’impuissance ou de honte devant tant de malheurs.

        Les images de Marie Dorigny  ou de Yannis Behrakis  ou de Aris Messinis  sur les migrants sont tellement poignantes, celles de Valerio Dispuri sur le paco, la nouvelle drogue qui ravage les bidons villes l’Amérique du Sud expriment tant de désespoir et de misère…

      Comme d’habitude dans Visa, quelques reportages permettent un peu de reprendre souffle. J’ai aimé pour ne citer qu’eux celui de Claire Allard sur les techniciens du spectacle, celui de Catalina Martin-Chico sur les nomades d’Iran

      L’ensemble est comme d’habitude de grande qualité. La semaine prochaine est réservée aux scolaires, j’aimerais être mouche pour voir les expos qu’on va leur proposer, et surtout les réactions des enfants.

samedi 5 septembre 2015

Visa pour ?





           Après cet été étouffant, ne comptez pas respirer un bol d'air frais en vous rendant au festival annuel du photojournalisme,  d'année en année plus reconnu dans le monde, toujours aussi exigeant en qualité par les yeux de l'équipe de Jean François Leroy et les mains des techniciens chargés des somptueux tirages papier qui habillent les murs de nos bâtiments historiques.

            Si les thèmes ne changent guère (conflits, exodes, épidémies, catastrophes naturelles, misère) un accent particulier est mis sur la détresse des migrants, la grande question toujours sans réponses satisfaisantes qui secoue actuellement l'Europe. Ces gens qui par milliers ne savent où se rendre, se "contentant" de fuir terrorisés leurs pays mis à feu et à sang par la sauvagerie et la cruauté sadique de crimes inimaginables souvent commis au nom d'un Dieu prétexte.

           Si une photo devait illustrer pour moi cette session 2015, mis à part bien sûr ce cliché terrible du petit syrien mort sur la plage, que l'actualité a glissé au moment de Visa comme un colis piégé, ce serait cette photo de Bülent Kiliç  où se lit toute la détresse du monde présent et à venir.

                         


         Tous les reportages ont comme d'habitude une valeur informative précieuse. M'ont marqué tout particulièrement:

- celui de Daniel Berehulak  sur l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'ouest, comme un retour vers les grandes pandémies de peste du Moyen Age

- celui de Pascal Maitre  sur le fleuve Congo, monstre nourricier et Minotaure de l'Afrique

- celui d'Alfred Yaghobzadeh  sur ces femmes yézidies devenues combattantes pour tenter d'échapper au martyre que leur font vivre les brutes sanguinaires de Daech.

          Amusant et triste aussi ce petit trajet à l'intérieur d'Hara Kiri, l'ancêtre de Charlie Hebdo décimé par les sauvages, qui éclairait de son  humour ravageur nos années d'étudiants (Arnaud Baumann et Xavier Lambours), émouvants les clichés de Nancy Borowicz qui rend hommage à ses parents soignés ensemble pour un cancer et décédés à un an d'intervalle.

         Pour respirer un peu, vous pouvez voir le superbe voyage que propose Juan Manuel Castro Prieto à travers le Pérou, et le surprenant reportage de Stephanie Sinclair sur les Kumaris, poupées sacrées et choyées passant hélas leur enfance dans une bonbonnière saturée de protocoles rigides, petites déesses vivantes du Nepal… 



jeudi 30 juillet 2015

Sur le pont…



… d'Avignon, on y danse peut être encore, mais tard dans la nuit alors, ou au lever du jour, vu la chaleur écrasante cette année. L'absence hélas définitive de notre amie H, la fournaise, des pré-choix perturbés par nombre de contraintes pour nos hôtes cette fois très occupés en ce mois de Juillet ont fait que nous n'étions pas franchement au taquet cette fois sur les spectacles, 1300 à voir par jour messieurs dames s'il vous plait...



              Nous avons même consacré une journée aux rencontres de la photographie d'Arles, une bien jolie petite ville, que vous pouvez voir jusqu'au 20 septembre : vite fait, ne ratez pas notamment si vous vous y rendez:

-  Martin Gusinde: photographe anthropologue témoin privilégié de la vie des sociétés anciennes de la Terre de feu (les "indiens" de cette région où il était missionnaire dans les années 20)

- Une exposition étonnante de huit photographes japonais.

- Un reportage sur les paradis fiscaux qui déconstruit les images "sable et cocotiers"et fait ressortir l'invraisemblable puissance de ces monstrueuses richesses "offshore" et occultes.

- Une rétrospective, pour les spécialistes, du travail de Stephen Shore, qui ne  m'a pas ébloui personnellement, mais ce photographe aurait influencé plusieurs générations de ses collègues (d'où le "pour les initiés").

              Pour revenir au théâtre, vous pourrez peut être voir entre autres, comme nous avec plaisir,  en d'autres lieux:

 - "Amok" récit halluciné d'une folle passion d'après le texte magnifique de Stefan Sweig, mise en scène Caroline Darnay, parfaitement porté par Alexis Moncorgé qui n'est autre que le petit fils de Gabin.




- "Cuando vuelva a  casa voy a ser otro" de Mariano Pensotti (spectacle IN): un thème très intéressant de va et vient entre passé et présent, à partir d'une histoire vraie d'objets personnels retrouvés 40 ans après, souvent révolus mais pourtant porteurs de mythes familiaux ou personnels continuant d'influencer longtemps après l'individu. L'ensemble est un peu brouillon et pas toujours simple à suivre, mais reste digne d'intérêt.

- deux pièces d'Alexis Michalik : - "Le cercle des illusionnistes" retraçant le fil  menant de Houdin  à Melies .
                                                     - "Le porteur d'histoire''  un récit à tiroirs, une promenade entre réel et imaginaire où on demande au spectateur de se laisser aller à accepter de mélanger les deux.

- "Les deux frères et les lions"de Hédi de Tillette de Clermont-Tonnerre (j'adore ce genre de patronyme !)  ou comment deux petits voyous "cockney" deviennent milliardaires et finissent par faire abolir pour de mauvaises raisons le féodal droit normand  en vigueur sur une île dont ils se sont rendus propriétaires.



- "Ensemble" de et par Fabio Marra avec notamment Catherine Arditi, histoire pudique et parfaitement réaliste des ambiguités d'une relation fusionnelle entre une mère et son fils handicapé et des conséquences sur le cercle familial. Une situation rencontrée plusieurs fois dans l'exercice de mon métier que j'ai trouvée rendue à la perfection.



A l'année prochaine !


mardi 16 septembre 2014

Visa 2014




      Un court billet cette fois car je m'y prends trop tard, le festival est terminé depuis avant hier. Toujours autant de témoignages remarquables sur les souffrances de ce monde, les conflits, les guerres, l'insondable pauvreté de 80% de la planète.

      Comme chaque année des hommages rendus aux photo-reporters qui ont perdu la vie en essayant de nous montrer l'étendue des privilèges dont nous bénéficions à pouvoir manger à notre faim, dans un pays en paix en étant à peu près libres de nous exprimer.

       Tous les reportages sont dignes d'intérêt, bien sûr, de l'Ukraine à la République Centrafricaine en passant par l'Irak, l'Afghanistan ou l'Amérique du Sud. Mais j'ai particulièrement apprécié les photos de

• Anja Niedringhaus: tuée par un policier afghan en avril 2014, elle a couvert pendant 20 ans nombre de conflits et ses clichés étaient toujours d'une grande délicatesse et d'une humanité évidente.

• La guerre du Vietnam par les yeux de photographes nord vietnamiens: la piste Ho Chi Min labourée par les bombes m'a fait me souvenir de ce que racontait quand j'étais étudiant un contact universitaire du vietcong à l'étranger. Pendant que les B52 tapissaient de mort cette piste cruciale, les transports persistaient par une piste sous terraine longeant la voie principale, ceci sur des centaines de kms…

Soldats du génie cherchant un passage sous une cascade

• Jorge Silva: remarquable série sur la Tour de David, un immense squat de 3000 personnes au centre de Caracas, entretenu par ses "locataires"acceptant de véritables règles de vie en communauté.

           Même si certaines images sont parfois difficiles à supporter, remercions ce festival devenu culte de nous forcer à regarder le reste du monde, de nous informer sans cesse, parfois sur des communautés que nous ignorons encore, même en étant abreuvés d'informations quotidiennes. J'ai presque honte d'avouer par exemple mon ignorance totale des Rohingyas, une minorité Birmane de confession musulmane persécutée par … les Bouddhistes. Si ces derniers aussi s'en mêlent, la gangrène des conflits religieux n'est pas prête d'être circonscrite...

mardi 10 septembre 2013

Visa 2013




              25è anniversaire de Visa pour l'image, festival du photojournalisme ayant atteint maintenant une dimension internationale. Cette manifestation au départ quasi confidentielle, sujette d'abord aux nombreuses critiques de gens lassés ou choqués par des photos traquant systematiquement la guerre et la misère à travers le monde entier obtient de plus en plus un consensus d'opinions favorables. Les sponsors suivent, et notre ville se fait connaitre dans le monde entier pour la qualité des reportages présentés. Plus grand monde ne boude Visa, les plus célèbres photoreporters se rendent au moins une fois dans le Roussillon, le public est chaque année plus nombreux, le succès d'estime est devenu succès tout court.

                 L'entêtement de son directeur JF Leroy à poursuivre ses objectifs de gratuité, de convivialité (rencontres entre photographes et public quotidiennement possibles la première semaine), de qualité, de pédagogie (la semaine des scolaires), lui a valu quelques inimitiés, mais bien plus de respect et de reconnaissance qu'il n'en aurait espéré, cet anniversaire l'a bien montré.

              Beaucoup de reportages sur la Syrie, bien sûr, le conflit le plus "actuel": selon moi le plus marquant étant celui de Goran Tomasevic  avec des photos incroyables de proximité dans des combats rapprochés. Pas de recul, toujours en première ligne, espérons qu'il ne paye pas ce parti pris ultra dangereux de sa vie.

                Magnifique reportage de Sarah Caron sur les femmes pachtounes . J'aurais aimé apprendre d'elle comment elle avait réussi ce tour de force dans un bastion taliban, mais n'ai pas pû me rendre à sa conférence.

               Les "restaveks"de Vlad Sokhin sont également très émouvants, ces enfants de familles misérables en Haïti placés dans des familles aisées et… transformés en esclaves par ceux qui sont censés leur assurer une condition meilleure. 

             Pas beaucoup d'endroits où respirer sans opression, certes, si vous avez des petits enfants, seuls les lions de Michael Nichols pourraient offrir une récréation, tout en montrant aussi combien dans la nature la vie est difficile et dangereuse.

             Rétrospectives de maitres du genre comme Don McCullin ou  Joao Silva .

             Moins médiatisés que les guerres qui font la une, nombre de sujets ont été choisis avec soin, et permettent de lutter contre l'oubli, ou génèrent au moins une prise de conscience: les conséquences dramatiques de la crise économique en Grèce ou en Espagne, la tentative de "nettoyage" des favelas de Rio avant les Jeux Olympiques, le scandale des usines textiles au Bengladesh, dépourvues de toute sécurité pour des milliers de travailleurs misérables, etc…

            Visa pour l'image c'est jusqu'au 15 septembre, vous avez encore le temps !

Le regard d'un SDF sur Don McCullin

vendredi 14 septembre 2012

Visa 2012




                         Le festival Visa rencontre un succès croissant et a certainement de beaux jours devant lui: le monde n'est pas prêt d'en finir avec les guerres ni de cesser d'inventer de nouvelles formes de barbarie…
                Cette année comme chaque fois certaines expositions  remarquables vous soutireront plutôt des larmes que des sourires… J'ai été partculièrement touché par :

• Au couvent des Minimes:

- le reportage sur les mariages d'enfants ( Stéphanie Sinclair), trocs sordides allant jusqu'à la pedophilie institutionnalisée…

40 ans et 11 ans



- celui sur les hommes des marais (Nik Wheeler) que saddam Hussein a voulu éliminer en asséchant leur territoire… 

Sol en roseaux, comme sur le lac Titicaca au Pérou


- les photos du World press sur les rhinoceros amputés de leur corne dans l'espoir de leur sauver la vie puisque cet appendice en fait la cible des trafiquants… 

• A la chapelle du Tiers-Ordre:

- Le ghetto organisé dans une chocolaterie désaffectée au Brésil, par Sebastien Liste 

• Au couvent Sainte Claire :

                Dans mes favoris également, pour souffler un peu, le reportage sur les Saami éleveurs de rennes dans les régions arctiques (Erika Larsen)

               Beaucoup d'autres séries sont de qualité, et il est réconfortant d'entendre moins de critiques et de voir toujours plus de gens ouvrir leurs yeux sur le monde à travers l'objectif d'éclaireurs téméraires et talentueux…

vendredi 2 septembre 2011

VISA… Ben, vas-y !



           J'entends d'ici la rengaine : "oh! moi, je suis lassé(e) de voir toutes ces horreurs, guerres, catastrophes, violences, crimes, si encore on y pouvait quelquechose…"
           Bien sûr c'est un festival de photojournalisme, pas de photos d'art, j'ai déjà donné mon opinion à ce sujet dans ce billet à l'occasion de Visa 2010… C'est vrai que ces sujets sont largement dominants, soulèvements populaires dans les pays Arabes, guerres ± permanentes, ± larvées, en Afrique ou en Amérique du Sud, Haïti ou le Japon anéantis par des catastrophes monstrueuses de Charybde en Scylla, la drogue, les gangs et la misère…C'est vrai que les photos du "printemps arabe"ne sont pas à mon avis très informatives quant aux profondes différences de nature des révolutions dans ces divers pays, que je n'en sais pas plus sur la manière dont "les rebelles" lybiens se sont armés suffisamment pour tenir en échec l'armée de Khadafi, même avec l'aide de l'OTAN… Photos de guerre et de révoltes, comme vues cent fois, sans élément supplémentaire éclairant, c'est un regret…
           Mais grâce à ces journalistes, qui mettent l'oeil où on ne mettra jamais les pieds, nous ne pouvons pas dire "je ne savais pas", "je ne suis pas au courant", et non contents d'être mis au coeur des situations (visite des hopitaux psychiatriques chinois des années 90 au Couvent des Minimes, ou séance de musculation au Guatemala quand le gardien de la salle de sport git dans le sang à 3 mètres de vous/ salle des archives-…) nous nous glissons parfois intimement dans la détresse d'une personne, comme dans l'histoire du sans-papiers Guilherme (Bertrand Gaudillère, Couvent des Minimes), ou plus encore dans celle de Filda Adoch (Martina Bacigalupo, Couvent des Minimes). Ce dernier reportage, dont vous voyez une photo en tête de ce billet, est un modèle de pudeur respectueuse, commenté avec une justesse et une simplicité confondantes par une femme ougandaise lynchée par la vie et tellement forte et digne…
          Et puis si vous peinez un peu à respirer dans ce monde étouffant qui est le nôtre, prenez une bouffée d'air frais avec le remarquable humour anglais de… l'anglais Peter Dench (Couvent des Minimes) ou avec les somptueuses photos marines de Brian Skerry (Couvent des Minimes)


mercredi 8 septembre 2010

VISA



Lien Visa 2010

        Le Festival international de photojournalisme qui prétend observer le monde, et…fait connaitre notre ville un peu partout dans ce monde depuis 1989 est souvent controversé, pour des raisons pas toujours très claires.
        Parfois nommé "galerie des horreurs" par ses opposants, on lui reproche alors son côté voyeur comme la subjectivité du choix des sujets. Il est vrai que le sang, la guerre, les larmes et la misère couvrent plus que d'autres sujets durant 2 semaines les murs  des honorables bâtiments déjà chargés d'histoire choisis pour les expositions… Il ne s'agit pas de clichés artistiques, bien que certains en aient les qualités, mais de photos-reportages, parfois prises en urgence, souvent dans des conditions dangereuses, ou au prix de difficultés logistiques considérables. Nombreux sont les reporters qui ont payé très cher leur investissement dans ce métier, et qu'à l'inverse certains soient maintenant reconnus et/ou bien rémunérés pour leur courage et leur talent n'est pas choquant.
        Si je me pose des questions, c'est sur l'impact de ce spectacle sur la foule des visiteurs… En même temps je sens confusément que ces questions pourraient être vides de sens… Le festival EST, voilà tout, on peut s'y rendre ou l'ignorer, de plus, il est gratuit, que demander par dessus le marché ?
         D'ailleurs,  ce n'est pas nouveau, la télévision, depuis longtemps entrée en force dans les foyers, propose déjà l'information par les images à des millions de gens qui n'ont pas, contrairement à ce festival, CHOISI de lui rendre visite… Elle met en lumière certains sujets, et en ignore ostensiblement d'autres, que parfois justement un festival comme VISA prétend extraire de l'ombre… Alors, où est le problème ?
           Problème n'est pas le mot qui convient, encore une fois je ne critique pas, je m'interroge et je n'ai pas d'ailleurs de réponse: à quoi sert d'informer les gens, quelles conséquences pratiques ? Je vous vois d'ici bondir… Comme si je ne savais pas que la première action de tout régime totalitaire est de fermer son pays aux journalistes, que le secret est le terreau de toutes les maltraitances… Comme si j'oubliais que l'ignorance, l'inculture, l'égoïsme sont les piliers de toute dictature… Il n'empêche, voir des images de la guerre d'Ossétie du Sud ne semble pas nous rendre ce conflit plus proche ou plus compréhensible, voir la récupération et la revente de métaux radioactifs de Tchernobyl par des miséreux russes ne nous donne aucun moyen de changer les choses, voir des hommes ou des femmes à demi enterrés et caillassés à mort nous donne envie de vomir et puis quoi ?… Nous en souviendrons nous au moment de régler des différents frontaliers, de construire une nouvelle centrale nucléaire, de tolérer des idéologies potentiellement barbares ? Se pourrait-il qu'à la sortie du festival chaque visiteur s'engage, devienne un militant, et, plus important sans doute, que tous ces nouveaux militants défendent la même cause ?
           Je crains un peu hélas que d'une part seuls viennent s'informer davantage ceux qui sont curieux et donc déjà très informés, que d'autre part après avoir découvert en gros plan le visage d'un enfant mort sous l'effondrement d'un immeuble nous ayons la gorge sèche au point… d'aller boire un soda sur la terrasse ombragée du Couvent des Minimes… Je m'effraye parfois en constatant le petit nombre de souvenirs que je garde des expositions précédentes, les images savent être aussi fortes qu'éphémères,  en apparence… Les horreurs commises à travers le monde sont telles qu'un individu lambda ne peut que baisser la tête, honteux, découragé, impuissant, ou pire encore, être par le flot d'images blindé contre l'empathie, mithridatisé… Nous reste à penser très fort qu'Edouard Herriot affirmait "La culture, c'est ce qui reste quand on a tout oublié", et que Milan Kundera prétendait que "la mémoire ne filme pas, mais photographie" .
           Après tout, la culture se nourrit bien quand même de l'information, laquelle, comme les vaccins, génère à petites doses des anticorps contre la cruauté, la bêtise et les préjugés, on peut toujours espérer qu'à force, nos enfants développeront enfin un peu plus d'anticorps.…

lundi 30 août 2010

Cèpes d'été

                La nature est capricieuse, tout le monde le sait, il y a quelques années encore, rentrer bredouille d'une sortie "cèpes" était pourtant très rare dans notre région entre Juillet et Octobre, pour peu qu'on connaisse un peu les zones favorables. Depuis les années de grande sécheresse, les myceliums ont certainement souffert et exigent de plus en plus de mystérieuses conditions pour accepter de libérer leurs chers cryptogames. A ceci s'ajoute bien sûr le nombre toujours plus élevé de chercheurs dans une population disposant de plus de temps libre, vacanciers, retraités actifs mais aussi chômeurs…
               Ce n'est pas une raison pour se décourager, le temps de cette deuxième quinzaine d'Août a été exceptionnel, comme le restent nos paysages, que ce soient…

dimanche 1 août 2010

Le Carlit, enfin…

                   A croire que ce blog malgré son nom n'allait pas parler de ces merveilles tapies dans les pins et les amas de granit sous le regard des pics Carlit et Peric…


              Amoureux de cette zone de lacs de montagne depuis mon installation dans les Pyrénées Orientales, je vais prendre la peine dorénavant de rapporter quelques photos à chacune de mes balades, qui, si ce blog perdure, finiront par donner une idée des inépuisables merveilles que récèle le bien mal nommé "désert" du Carlit… En été les touristes sont nombreux, et pourtant, celui qui sait s'éloigner à quelques mètres des sentiers balisés principaux peut s'y croire aussi seul que dans les forêts lointaines du Canada…

En route pour les lacs "du bas" (Long d'en bas, Noir d'en bas, Pradeilles)


Le massif du Carlit est au fond

Une crête franchie dévoile le "Long"

Le même depuis la berge



Le Noir d'en bas

Le Pradeilles

Trois lacs, une lumière différente, des couleurs différentes… Retour au barrage des Bouillouses…

Vue sur le grand et le petit Péric



Le lendemain, cette fois vers les lacs "d'en haut"













         Les lacs "d'en haut", ce sont 13 lacs, entre lesquels on peut circuler à loisir, selon son envie et… l'état de forme du moment… Mon manque d'entrainement actuel m'a fait négliger cette fois le chapelet le plus haut, des Dougnes au Soubirans…





La Coumasse


Le Llat et ses chevaux en liberté



Le Long d'en haut



Le Noir d'en haut


           J'ai posé quelques fois ma mouche sèche sur le Long, mon lac "fétiche" pour la pêche au fouet, sans grand succès comme je m'y attendais, pour pêcher il est préférable de venir en Juin ou Septembre, en plein été par temps de soleil les truites ne quittent guère le milieu des lacs. Ce n'était pas non plus encore vraiment le moment des cèpes, même si j'en ai trouvé trois beaux, mais des orages sont annoncés, et je compte bien me rattraper en Août, si ma petite auberge favorite sur La Bouillouse n'est pas victime de son succès !…

jeudi 20 mai 2010

Noces gitanes

       Quelques photos rapportées de la grande fête que représente pour la communauté gitane le mariage de deux jeunes gens.


Les mariés ont 16 et 17 ans
















La maman de la mariée: comme une fêlure, quand même, mais qui brille de ses diamants…


La cérémonie est préparée longtemps à l'avance, parfois toute une année est nécessaire pour préparer de chatoyantes toilettes.

Copacabana ? Non, Perpignan Roussillon…

Et les plus jeunes ne sont pas les moins costumés…




Les sourires, autant avec la bouche (à G) qu'avec les yeux (à D)  en disent long sur la joie enfantine de pouvoir participer…



Même si certains ne participent que d'une oreille, en dépit d'une musique à plein volume …


Ou sont hélas distraits par des friandises déconseillées…




Les hommes sont élégants, leurs tenues, où le noir domine, sont plus sobres, leur maintien fier ou réservé…



Les jeunes filles sont belles et le montrent, coeurs à prendre ou déjà pris ?



Ne comptez pas sur la grand mère de la mariée pour vous le dire, elle danse, en se remémorant tous les  mariages auxquels elle a assisté…



Il n'empêche que celui ci est le plus beau, puisqu'il a lieu maintenant , et cette nuit magnifique, qui sait, pourrait bien durer toute une vie !