Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
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vendredi 29 septembre 2017

Le changement climatique, c’est au poker aussi…



         Dans mes activités ludiques favorites, maintenant que je n’ai plus de contraintes professionnelles, le changement de climat est palpable:















          • A la pêche, le comportement des poissons est de plus en plus erratique, et je trouve de plus en plus compliqué de trouver les spots favorables quand de longues périodes de vents forts, de direction changeante, perturbent et même annulent les séances,  quand la canicule d’été oblige à se lever de nuit pour tenter de profiter de quelques moments favorables au point du jour,  quand les poissons ne se trouvent pas aux endroits où ils se trouvaient traditionnellement selon les périodes de l’année. Quelques prises correctes consolent à peine des bredouilles fréquentes.















         •  La cueillette des champignons est une catastrophe: j’ai déjà expliqué avoir abandonné la passionnante recherche des truffes « sauvages » tant les périodes de sécheresse ont détruit le mycélium des truffières naturelles qui produisaient  avant, sans l’aide d’arrosages de la main de l’homme. Les cèpes et les girolles qui enchantaient nos mois de juillet et août en moyenne altitude sont aux abonnés absents. Restent les morilles au printemps, mais leur période de ramassage est bien courte, et le manque d’eau touche aussi de plus en plus cette saison.



 

           • Enfin le poker on line a lui aussi bien changé: il y a longtemps que je n’ai pas fait de billet sur le sujet, mais je m’amuse toujours un peu à ce jeu, même s’il m’est maintenant impossible de gagner plus que des clopinettes. Moi qui de temps en temps réjouissais les enfants avec une somme sympa, ou pouvais m’offrir un petit plaisir en suis réduit à me satisfaire de n’avoir pas encore ruiné ma cagnotte. Je me suis beaucoup interrogé sur cette évolution, en refusant l’explication de « trucage » qui révolte les forums de poker. 

- Les joueurs ont certainement beaucoup progressé, dans une proportion sans doute bien plus importante que moi qui pourtant  semble avoir étoffé aussi mon jeu, et appris au fil du temps à mieux décoder les pièges comme les situations favorables.

- Quand on retire comme je l’ai fait les quelques gains dignes de ce nom qui parsemaient mon parcours il y a quelques années, on se retrouve avec une ou des bankrolls ne permettant que de jouer des micros buy in, ben les champs de joueurs sont énormes et la variance aussi… Et ce ne sont peut être pas les joueurs ayant le plus progressé qui sont les plus dangereux dans ces compétitions.

Car les tournois restent mon  terrain de jeu exclusif, c’est peu  dire que le cash game m’ennuye, rien que d’en parler je baille. 

Mais je commence à m’ennuyer aussi sérieusement en tournoi, avec l’impression de battre chaque fois le record de longueur des séries de mains injouables. Avec LA grosse main suivante aussi séduisante qu’un colis piégé… Je veux bien admettre que ce soit  une fausse impression générée par le manque de réussite, qui doit extirper ma paranoïa de sa cachette, défaut que je n’ai néanmoins jamais jugé boursouflé chez moi. Chaque besogneux est persuadé d’être le plus malchanceux de la terre. 

On me dira que mon volume de jeu anémique devrait me faire taire. C’est vrai qu’il est ridicule (1 ou 2 tournois micro 5j/7 en moyenne) mais il l’a toujours été, même quand ça allait bien mieux, et mon pourcentage d’ITM reste entre 20 et 30%. Seulement ITM (In The Money) veut dire maintenant gagner de quoi s’acheter un carambar et jamais plus. Alors que, je n’ai pas rêvé, gagner un tournoi à 1 euro peut toujours en rapporter plus de 200… 

C’est comme ça, le temps change aussi au poker. A la limite je préfèrerais que ce soit « rigged » (truqué) ou qu’au moins on dise: pas de versement, pas de gain significatif, pas de bras, pas de chocolat, monsieur, vous êtes bridé, c’est un choix, nous ne sommes pas des philantropes…. Parce que se remettre en cause sans cesse sans trouver de réponse satisfaisante est désagréable…

Si votre panier de champignons était vide alors que le congélateur du voisin est plein, ou que vous relâchiez des bébés dorades quand le pêcheur en face en a pris trois d’un kilo, là vous sauriez que le climat n’y est pour rien, votre ego serait un peu froissé, mais vous sauriez que bosser le truc pourra vraiment changer des choses… Donc si vous au contraire gagnez plus qu’avant en micro sans "faire  du volume », je suis toute ouïe…



mardi 3 mai 2016

Elles sont sorties

         Mes amies les morilles bien sûr.

         Je ne vais pas vous en faire des tonnes, vous avez l'habitude maintenant. Sachez juste que cette année, nous nous  sommes bien amusés.

          Quelques jours suivis dans le pays de Sault fin Avril, il faut roder un peu bien sûr, disons 1h30 le matin


Petit repas, petite sieste-lecture, et rebelote 2h l'après midi



Ceci chaque jour, je vous épargne les photos quotidiennes, on fait ses coins en  tournant, on change chaque fois, on y revient. Plutôt sympa, non ?

Et puis après un break, on décide d'ignorer la tramontane, et de monter plus haut puisque Mai est arrivé, un endroit où ce vent diabolique ne pénètre presque pas, et ma foi le résultat de la sortie ponctuelle est loin d'être désagréable, tout étant varié (blondes, petites esculentae, morilles coniques, morillons)


Bon, maintenant faut les sécher correctement, avec un  minimum de pertes, et tenir compte que les gourmands de plus en plus intéressés attendent que j'assure aux fourneaux dans un délai raisonnable …


lundi 27 avril 2015

L'ego timide de la morille


            
                  Que les morilles n'aient pas un "ego surdimensionné"(une belle expression récemment acquise, lol)  et ne montrent aucune tendance à l'exhibitionnisme, tout chercheur de champignons le sait, qui doit aiguiser ses yeux plus que ses mollets pour les découvrir dans des zones broussailleuses où leur tendance au camouflage se manifeste volontiers sous les fatras de feuilles et les buissons.



                      Un peu plus ennuyeux est quand les poussées elles-mêmes sont timides, comme cette année, alors que vous avez réussi à réserver un gîte communal en essayant d'avoir le bon timing. Cinq jours entiers pour explorer, élargir vos zones de recherche, au lieu de vous précipiter en quelques heures sur les places que vous connaissez depuis longtemps en espérant que d'autres ne les aient pas ratissées avant vous. Mais quand ces dames sortent au compte gouttes, même sur vos meilleurs coins, vous ne savez pas en explorant plus loin si la zone n'est pas favorable ou bien si ce n'est tout simplement pas une bonne année.


                             Car ne vous y trompez pas, on peut vous donner le nom d'un village ou même d'un bois,  et même si la période semble idéale, ce ne sera jamais l'assurance que vous allez faire cueillette. A moins d'être un vrai spécialiste des sols et des arbres, difficile d'expliquer pourquoi les poupées pointent leur nez sur ces 50 m2 là et non sur le reste d'un hectare de forêt apparemment semblable en tous points au berceau qu'elles ont choisi. 


                           Mais pas de découragement, ce caractère réservé mais facétieux des morilles peut à l'inverse réserver des surprises de dernière minute. Ainsi mon dernier jour m'a-t-il gratifié d'un cadeau inattendu. Après avoir sillonné en tous sens une pente boisée en pure perte, je repère une morille isolée comme l'ont toujours été cette année celles que j'ai dénichées. Mais cette fois cette sentinelle dressée (un peu comme font les marmottes…) veillait sur sa  troupe d'une dizaine de copines d'un bon calibre disséminées sous les feuilles et branches d'aubépine à l'ombre squelettique d'un arbre mort sur pied.


                       Ironie comme souvent, ce "clap"inespéré siégeait dans une zone que je ne pensais même plus à sonder tellement elle était proche du village. Alors que j'avais pris la peine de faire quelques clichés d'exemplaires si rares que je prenais de temps en temps quelques minutes pour sortir l'appareil, mon couteau a grillé la politesse à l'objectif, trop heureux de recueillir ce petit trésor. 

                    Le clap a moins d'allure sur une assiette, mais la photo c'est le prix à payer pour pouvoir frimer un peu, quoi, enfin au moins redimensionner timidement un ego qui faisait profil bas…


PS: (pour petit Raphaël, que les copains du blog connaissent)

On rencontre aussi des animaux préhistoriques étranges dans la nature, c'est pourquoi j'espère que dès l'an prochain tu voudras venir avec moi. Le spécialiste que tu es saura-t-il reconnaitre celui-ci ?












vendredi 17 octobre 2014

Copains d'automne


          Pas besoin de longs discours, vous avez l'habitude, maintenant… Deux journées superbes, miraculeusement sans vent, et la poussée en cours. Appareil photo oublié la première fois, pas la deuxième.








               Bon, je n'ai pas quand même passé mon temps à les photographier, je suis devenu adepte du no-kill pour les truites, pas encore pour les champignons !


            Par ailleurs si par hasard quelqu'un connait cette très jolie et très étrange chenille, qu'il me le dise, la petite couette qu'elle a sur le postérieur est d'un beau rouge vif, et semble hélas noire sur la photo, pour je ne sais quelle raison.




mercredi 27 août 2014

Merveilles

Je ne m'en lasse pas… Vous si ? Allez, accompagnez moi, les mots sont inutiles !

La Bouillouse et les pics Peric depuis le télésiège de La Calme


L'Aude en ruisseau de montagne ( vers Formiguères)

La brume à l'assaut des pinèdes (Rieutort)

En crête au dessus du col de Mantet


Et bien sûr la chasse aux trésors… Même parfois dans l'herbe haute, en "clap" s'il vous plait 
Vous avez trouvé ceux de l'image au dessus ?
Quantité moyenne, mais qualité absolument  irréprochable (pas un ver, y compris dans le gros)

jeudi 1 mai 2014

Les plaisirs simples (suite)


                 Visiteurs de ce blog, vous savez maintenant combien j'aime parcourir la nature en quête de nos magnifiques champignons. Le printemps est une merveille, c'est le temps des fleurs et des morilles.

                 Je ne vais donc pas faire comme d'habitude et photographier nos cueillettes. Néanmoins vous me pardonnerez d'avoir fait prendre la pose à cette beauté, car ses dimensions respectables la classaient à mon avis dans le trio de tête des spécimens rencontrés.

            J'ai tenté d'évaluer ses avantages à l'échelle de mon couteau, mais je suis sans doute moins compétent en photo, car l'angle choisi ne permet pas de bien voir que la hauteur du champignon est comparable à la longueur du couteau. Sachez quand même que cette année sans être extrêmement nombreuses, les morilles étaient assez souvent de belle taille (les plus grosses n'étant pas les meilleures au goût, normal puisqu'elles ont déjà ravi et rassasié notre oeil)



mardi 29 octobre 2013

Apothéose



                   Encore une… Pas su résister… Car la possible dernière cueillette de l'année sera sans doute la plus belle. Nous étions trois, avec un tableau à peu près équivalent pour chacun à celui ci:



                  Ce Dimanche était jour de brouillard, et jour de chasse, deux raisons sans doute limitant l'affluence et nous avons du coup apprécié d'avoir programmé tout de même une sortie. Car petit Raphaël, encore trop jeune pour m'accompagner, allait avoir besoin de moi les jours suivants en période de vacances scolaires… 

                    Mais j'ai regretté de ne pas avoir l'appareil photo sur place (les Albères encore) car cette fois ces messieurs allaient par groupes (les fameux "claps") de 3 à 7/8 individus, "comme au bon vieux temps". De magnifiques clichés m'attendaient pourtant, autrement plus parlants. La montagne devient magique quand elle décide d'offrir brusquement ses bijoux sur un signe  invisible de la météo. 

                Vous citadins exclusifs parmi mes amis ne pouvez sans doute pas vraiment comprendre l'émotion que procurent ces offrandes de la nature… 

              Quand la brume se déchire à la faveur d'un rayon de soleil, que les hêtres si vieux semblent vous dire de faire silence et d'avancer avec précaution vers les zones moussues et tendres, vers de légers tapis de feuilles entre leurs branches mortes et les rochers, vous pouvez surprendre ces petites marmottes immobiles qui font discrètement le guet autour de vous. 
             Les plus beaux cèpes ont la taille d'un poing d'enfant, l'assise pansue et ferme, une tête ronde et veloutée tellement douce au toucher. Quelques jours avant vous étiez passé là, et le sol ne montrait que rocaille, bois mort, mousses vierges et terres plus ou moins ravinées. C'est le miracle de la poussée.            

          Vous sortez votre couteau à champignons (lame en arc de cercle, petite brosse de poils durs), vous arrachez délicatement le pied pour éviter de laisser pourrir la base en terre, ce qui pourrait contaminer le mycelium, puis vous pelez délicatement la partie terreuse, brossez consciencieusement les souillures restantes, et ce faisant votre regard qui s'est cru repu de cette première découverte se pose calmement sur plusieurs autres sujets de même élégance, incroyablement proches... Alors vous faites durer le plaisir, vous terminez lentement de nettoyer votre première conquête, sans pouvoir vous empêcher par des clins d'oeil furtifs, de vérifier que vous n'avez pas rêvé…

             Oui, citadins irréductibles, enfermés dans le manège illuminé et épuisant des villes, j'essayerai de mieux vous expliquer un jour ces merveilleux instants de grâce à condition que de votre côté, vous m'expliquiez comment vous faites pour vous en passer...


mardi 15 octobre 2013

Une dernière, pour la route



          -  Ça va bien, maintenant, on le sait que tu peux trouver des champignons !

          -  Pas que les cèpes, dans la vie, quand même !

          -  Si encore tu donnais les coins avec précision !

           Oui, bon, j'ai compris, faudra passer à autre chose dans les prochains billets. Ça tombe bien, car la fin de saison approche. Avec même une sortie bredouille, quelques jours avant, vers le col d'Ares, échec dû à ma méconnaissance de cette zone que je fréquente peu. Mais quand même, une (dernière?) petite photo pour mon ami dit "le persifleur" (qui se reconnaitra), lequel prétextait une tendinite achiléenne plus sévère que la mienne pour ne pas nous accompagner de nouveau à l'Ouillat alors qu'il pensait tout haut:

           - Pfff, cette semaine il n'est pas tombé une goutte, il y a même eu de la tramontane, et puis un Lundi, tout le monde a ratissé les zones pendant le week end de toute façon…

           Certes la tramontane a soufflé un jour ou 2, mais il y a eu du marin, et avec le marin le col de l'Ouillat baigne dans une brumisation la nuit et le matin. Quand le soleil réchauffe ensuite le sol, on peut encore chercher fortune, même les Lundis, pour peu qu'on s'écarte des endroits les plus fouillés. 

           Bien sûr les genoux, les chevilles et les… tendons ne sont pas à la fête, et la récolte n'est pas monstrueuse, mais le soir, on s'endort comme  des bébés…

        
Châtaignes grillées, tarte aux cèpes, clémentines, c'est ok pour le dîner ?

mercredi 9 octobre 2013

… Et continuer à grimper



             Cette fois dans la réserve de la Parcigoule à Prats de Mollo, zone qui, selon un autre chercheur, et son allusion perfide à la terrible menace du "garde" dans cette nature sans doute en péril, ne supporte plus non plus la présence d'une petite chienne fût-elle fille de chiens bergers de moutons… 

             Je n'ai vu aucun panneau concernant cette interdiction toujours pour moi aussi absurde et injuste. Si c'est pour conduire avec une laisse un animal autour de trois maisons, un sac en plastique à la main en cas de besoin naturel subit de ce dernier, Diva sera hélas ma dernière chienne. Quand je pense au reportage vu hier soir sur les cités de Marseille minées jusqu'aux caves par les traffics de drogue et d'armes où les policiers n'entrent qu'en extrême urgence, armés jusqu'aux dents et équipés de gilets pare balles, où des gosses de 12 ans se voient offrir 50 euros par jour pour signaler une voiture, on voit à quel point ce monde est tombé sur la tête… Empêchez nous de promener un chien dans 2500 hectares de forêt, ça c'est de la justice bien comprise.

             Le lieu est toujours aussi beau. La nature est en retard cette année, donc les photos que je vous présente ici datent un peu, c'était en octobre aussi, quand la palette des couleurs d'automne était plus complète.





             Les cèpes y sont  magnifiques, même s'ils se montraient hier avec parcimonie. Ce sont des "Pinicola" à belle tête brune virant vers le rouge. Je me suis bien habitué au "no kill" en pêchant la truite (relâcher les prises), peut- être vais je me contenter bientôt de seulement photographier les plus beaux cèpes…







            Une amie m'accompagnait, je jure que la photo suivante n'est en aucune manière un glissement sournois vers quelqu'érotisme champêtre mal venu (lol) . J'ai pris cette photo car ce champignon est assez rare, et cet exemplaire est un superbe specimen ( possiblement atteint toutefois de maladie de Lapeyronie ) de "phallus impudicus" (pléonasme ? que serait sinon selon vous un "phallus pudicus" ?) 

           Quand vous prenez comme je l'ai fait cette photo de près, vos narines comprennent immédiatement pourquoi son deuxième nom est le "satyre puant"...


           

lundi 7 octobre 2013

Battre la campagne…


                  Beaucoup de monde au col de l'Ouillat ce samedi. Pour des tas de raisons leur appartenant, personne parmi une douzaine d'amis intéressés habituellement par la cueillette n'était disponible. Il est vrai que je n'avais pas sonné le rappel pour tout le monde également. Bref, une sortie solitaire. J'ai moins de goût qu'avant pour les explorations solitaires. Il faut dire qu'"avant" ma curiosité était insatiable pour de nouvelles pistes, de nouveaux coins, je voulais connaitre le département comme ma poche, et j'écoeurais même parfois mes compagnons à vouloir profiter jusqu'au bout d'un jour de liberté quitte à finir sur les rotules, résultat ou pas. L'âge y est sans doute pour quelquechose, après avoir crapahuté 2 ou 3h dans des pentes peu productives, j'ai moins d'énergie pour remettre le couvert à 30 kms de distance au prétexte qu'il n'est que 14h… 

             Donc j'arrive au col de l'Ouillat et le nombre de voitures (étonnamment beaucoup de gros Nissan ou Mercedes ou monstres coréens 4*4, moins de fourgonnettes, on est plus riche les Dimanches sans doute) signe la poussée. Le clin d'oeil du jour, c'est que les poussées qui survenaient avec régularité en semaine quand j'étais en activité, me laissant piaffer d'impatience jusqu'à mon jour de congé, se font maintenant le week-end… Mes meilleurs coins sont tous dans la partie la plus éloignée de la piste, sur laquelle un nouveau panneau affiche, à peu près en son milieu, interdiction pour tous véhicules à moteur…  Cette fois j'ai pu emmener ma chienne (voir précédent billet) mais je n'ai aucune envie de me coltiner 5 ou 6 kms à pied avant de fouiller les crêtes et les ravins prévus… La barrière accompagnant le panneau est ouverte, je considère ça comme un feu vert. Les cèpes sont beaux, frais, bien fermes...

Fleur isolée




            Au bout d'une heure ou deux, je commence à gamberger. 

             Quand on est seul, on laisse vagabonder aussi son esprit. Je pense à beaucoup de choses, entre autres au virage qu'a pris ma fille en quittant son amour d'adolescence, lequel et laquelle remontent à une douzaine d'années, et en décidant de s'installer à Paris. Ma femme a ressenti le manque de nos enfants dès qu'ils ont quitté la maison. Le grand n'habite qu'à dix kilomètres, ma fille était à Montpellier, où j'ai fait toutes mes études, autant dire qu'à mes yeux ils étaient toujours là, et ce n'est que maintenant que j'ai l'impression bizarre de perdre un peu ma fille. 

            Je suis obligé de m'arrêter une fois ou deux pour reprendre souffle dans des pentes auparavant gravies en une fois, je me dis qu'un jour peut être le parcours s'arrêtera là entre une pierre et deux hêtres, et j'aimerais autant que ce ne soit pas aujourd'hui (certes, je n'y crois pas vraiment…) … La tramontane, supportable, commence à ronfler dans la hêtraie et ma chienne n'est pas sereine, en alerte avec ces frissonnements de feuilles et ces craquements de bois mort. Elle grimpe sur le moindre rocher, oreilles dressées, tous sens en éveil.  Je commence à m'interroger sur les risques éventuels de PV, si le panneau a priorité sur la barrière, qui rendrait le kilo de cèpes exorbitant… La parano me guette, j'ai croisé en venant sur les lieux un ou deux 4*4 de chasseurs, puis plus personne, alors que dans la première partie de piste, une voiture était garée tous les 50 mètres. Il ne manquerait plus qu'ils aient refermé la barrière, ou qu'un abruti crève mes pneus, cf la mésaventure, subie par un chercheur dans notre département, relatée dans le journal. 
          Mon plaisir finit par s'affadir, un coup d'oeil à mon filet, assez correctement rempli, mais bien éloigné des cueillettes record de certaines années, et je décide de rentrer. Diva la chienne aussi a un peu moins d'énergie, j'ai l'habitude de la laisser courir tant que je suis sur une piste tant elle a besoin de se dépenser, cette fois elle perd un peu de terrain sur moi vers la fin, et saute dans le coffre où elle va rester couchée ou plutôt affalée sur le flanc pour le retour.

Fleurs en bouquet


               Le lendemain Dimanche, j'opte pour le Vallespir car il est plus abrité de la tramontane et parce que je suppose l'affluence excessive au col de l'Ouillat. Un ami avait réussi une petite cueillette le vendredi juste avant la pluie. Mais messieurs les cèpes avaient  décidé de prendre leur temps, et il faudra quelques jours sans doute pour une nouvelle poussée. Girolles et pieds de moutons ont remplacé les seigneurs au pied levé. A suivre…

mercredi 2 octobre 2013

Le cèpe se mérite


             Depuis la crête dite du Pla Segala, à un peu plus d'une heure 1/4 de franche grimpette depuis le col de Mantet, vous pouvez par temps clair voir le Canigou d'un côté 


Le Canigou

et (je pense, corrigez moi en cas d'erreur) le Peric de l'autre. 


Le pic Péric au fond (?)


            C'est toujours une de mes destinations favorites pour une recherche de cèpes, lesquels sont toujours bien fermes, parfumés et la plupart du temps exempts de vers, sans doute du fait de l'altitude et de la clarté des sous bois en bordure de crêtes.

               L'air y est extraordinairement pur, cette fois pas un souffle de vent, aucune averse, et le soleil plus calme en cette saison ne vous dessèche pas sur place. Nous n'avons pas vu âme qui vive, ni même cette fois le moindre troupeau. J'ai regretté l'absence de ma chienne, si heureuse dans la nature, et qu'un règlement selon moi excessif interdit dans cette zone. C'est pourtant un bâtard "berger de moutons", mais mon chien précédent, un labrit des Pyrénées, s'était déjà fait refuser, même si j'avais fait remarquer par dépit au garde qu'il était sans doute plus "du pays" que lui même… Quand vous arrivez en crête, une longue liste d'interdictions est d'ailleurs affichée sur une pancarte en bois, et, au départ du col, alors qu'une piste superbe rejoint Prats de Mollo, elle est bien sûr interdite aux 4*4 non ONF… Trop d'interdits prétendant protéger la liberté vont la tuer, c'est certain, retournons en ville nous entasser dans les bars, les parkings et les supermarchés…

               Bizarrement, la "retraite" professionnelle semble multiplier les tâches annexes auxquelles on échappait facilement sans doute grâce au bouclier prétexte du travail. Les caprices de la météo décidément déboussolée aidant, les sorties champignons que j'imaginais multiples et décomplexées du fait de mon fameux "temps libre" se révèlent cette année plutôt rares … Et habituellement, il est bien trop tard le 1er octobre pour prétendre rapporter une cueillette à 2000 m d'altitude…

               Mais l'étonnante chaleur de Septembre après celle  plus habituelle d'Août nous ont incités, 2 amis et moi, à tenter le coup, par une journée de beau temps limpide. Il avait plu quelques jours avant. Nous n'avons pas battu de record, mais avons réussi chacun un demi panier de specimens toujours aussi bien formés et denses, même si, solitaires, nous obligeant à des zigzags gourmands en énergie dans la pente, ils étaient loin de se rendre facilement. Comme mes meilleurs endroits étaient somme toute assez peu productifs, nous avons opté pour un retour différent de l'aller, que je savais fort pentu par endroits, mais également généreux certaines années. 

           Hélas le bois avait bien changé depuis ma dernière visite il y a 2 ou 3 ans, les buissons de rhododendrons étaient devenus très envahissants, les arbres morts d'une forêt saccagée par les intempéries des derniers hivers transformaient ces pentes en parcours du combattant. Quelques girolles et roubillous nous lançaient parfois un clin d'oeil qui ne rassurait pas forcément mes compagnons, lesquels commençaient à craindre "de descendre trop bas et rater la piste", questionnant de plus en plus souvent mes capacités à les ramener à bon port. Sans souci par rapport à la fameuse piste, dont je savais que nous ne pouvions la rater vu la conformation de la montagne, j'étais avare de réponses car en revanche j'étais beaucoup moins sûr de descendre au meilleur endroit pour les champignons tant le sous bois me semblait changé… Restant dignes, mes compagnons n'en étaient pas moins légèrement anxieux, car les gros nuages blancs comme d'habitude en fin d'après midi, montaient lentement de la vallée…

             En atteignant la fameuse piste, j'ai pû constater, secrètement désolé, que nous avions peut être effectivement raté la zone la plus favorable d'une centaine de mètres, et nous avons aussi constaté, à notre fatigue et cette fois tous les 3, que se coltiner 7h de crapahut entre 1700 et 2200m d'altitude sans entrainement autre que des matinées de plage et de baignade en Août, était sans doute un peu présomptueux, même pour des retraités primesautiers dans notre genre.…
   

Vérifiez bien avant de vous appuyer sur l'arbre que ce geste un peu irréfléchi n'est pas interdit.

dimanche 12 mai 2013

Encore plus haut



                  En "s'élevant" à 1200 mètres environ dans le massif du Canigou, on peut trouver maintenant de belles morilles coniques portant donc bien leur nom de morilles "élevées"(Morchella elata) 




                Le couteau montre mieux la taille de celle ci, qui semble posée sur le sol alors qu'elle n'a pas  encore été cueillie.


Une dizaine, et le panier est presque rempli...


                  Je n'ai pas cherché très longtemps, après avoir rencontré cette fois encore  (cf balade au pays de Sault) un bébé isard mort, en plein milieu de la piste qui grimpe à Mariailles. Triste scène que je n'ai même pas eu le coeur de photographier. Ma chienne n'a pas aboyé cette fois, et a tout juste reniflé le petit corps, comme si elle aussi voulait rester pudique (il ne devait pas avoir plus de 15 jours). C'est une bergère de moutons, parfois dangereuse pour  les poules et frimeuse avec les chats, mais pas un chien de chasse; pourtant sur le moment, impossible de me souvenir si oui ou non les chiens en liberté étaient bien autorisés dans la zone. En fait au retour, aucun panneau autre que concernant les véhicules, mais je me méfie de la nature parfois soupçonneuse de l'ONF, mon précédent chien, un labrit plus pyrénéen que le garde, avait un jour été refoulé sans pitié dans le secteur de Mantet, m'obligeant à annuler une sortie cèpes prometteuse.

              Ce sera sans doute la dernière sortie morilles, un petit voyage étant prévu la semaine prochaine, je pense qu'en Cerdagne ou Capcir pour ceux qui connaissent des stations, quelques bonnes surprises sont encore possibles.




mercredi 8 mai 2013

Plus haut

           


                Après le 1er Mai, il faut changer d'altitude pour rester en phase avec nos amies les morilles.  Chou blanc entre le col de Jou et Mariailles, alors nous avons tenté, avec deux couples d'amis grenoblois et toulousains qui souhaitaient découvrir un peu de notre belle région, la haute vallée de la Rotja, et ma foi avec raison, quelques morchellae esculentae de taille respectable nous attendaient sagement, mais bien sûr l'appareil photo, qui aurait permis de saisir dans leur biotope ces beaux specimens, n'avait plus de pile. Elles ont quand même accepté de prendre la pose au retour, en stars capricieuses qu'elles sont….






samedi 20 avril 2013

Balade en pays de Sault

                Quatre jours d'un temps estival, ciel bleu, soleil, 23-27° au thermomètre pour ce petit séjour au pays de Sault, puis revers brutal le 5è jour avec neige et pluie mélangées, et …3°

            Voici le panorama qu'offre la fenêtre du gîte de Buillac quand vous l'ouvrez au réveil



      Les morilles ne se bousculaient pas, sans doute au sens propre échaudées par ces sautes de température après d'abondantes pluies pourtant porteuses d'espoir. La cueillette est restée en deça des promesses, sans être ridicule, peut-être qu'après ce bref retour d'hiver et dès la semaine prochaine le temps plus en rapport avec la saison qu'annonce la météo (14°/18°)  le chercheur pourra faire un peu mieux… Mais les gîtes seront occupés par d'autres, le bon timing est toujours délicat...

        Mon premier circuit m'a attristé avec la découverte d'une jeune victime d'un braconnier, diagnostic confirmé par l'agent de l'ONF que j'ai conduit ensuite à sa demande sur les lieux.

Jeune chevrette (chevreuil femelle)


            Le lendemain, c'est un blaireau que j'ai trouvé mort, dans un pré où paissaient des chevaux. A-t-il lui été victime du sabot d'une jument craignant pour son poulain ?



Heureusement d'autres images plus gaies ont illustré ces promenades

Plus jolies que dans un vase, non ?

Ma poupée favorite…


                  Beaucoup de lieux charmants dans ce pays de Sault, qu'il faudra que j'explore plus en détail: Escouloubre, Rouze, ou bien Artigues, Cailla, Le Clat attendent mes chaussures de montagne…
             Les chambres d'hôte à prix abordable ne semblent pas manquer, mais il faut beaucoup de persévérance en fait pour découvrir de nouvelles zones productrices, souvent très réduites, au sein de paysages très vallonnés d'allure globalement favorable aux morilles. Et quand les poussées sont capricieuses, difficile de savoir si vous n'êtes pas au bon endroit ou si ce n'est pas le bon moment. La morille ne se prélasse pas comme le cèpe d'un mois sur l'autre, elle est pressée la morille, c'est un petit clown facétieux. Quand on rate sa courte pantomime, on peut tenter de l'intercepter ensuite à plus haute altitude, mais il faut faire vite, sinon comme Guignol, elle vous renvoye à son prochain passage, l'année prochaine…

Mise à jour du 24/4

                 Quand on rate la poussée de peu, qu'on la sent pourtant imminente, on en est quitte pour retourner sur les lieux quelques jours plus tard, et il arrive que la rencontre soit cette fois  plus joyeuse:

1 heure sur deux stations visitées en pure perte quelques jours auparavant…