Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

dimanche 1 juillet 2018

Pas très Joyeux


    Vous intéresser à ce sujet en pleine coupe du monde n’est pas évident, et puis j’en ai déjà parlé dans ce billet, qui expliquait comment je m’étais fait piéger par une pétition qui masquait le combat anti vaccins d’un des anciens « patrons » de mes études. 

       J’ai aussi expliqué que si je garde tout mon respect pour l’homme que j’ai vu opérer, je suis aussi tout à fait opposé à la croisade qu’il mène contre les vaccins et son obsession pour le rôle, fondamental selon lui, de l’alimentation (certes en partie impliquée) dans la survenue des cancers. Il semble que certains esprits brillants galopent à la dérive sur le dada qu’ils enfourchent, sans doute dans une recherche de pouvoir dans un « créneau » particulier, si possible original, dont ils deviennent des gourous, et sans doute aussi de bénéfices financiers.

        Le conseil de l’ordre des médecins a voulu radier ce professeur arc bouté sur ses positions d’allure paranoïaque, mais cette radiation a été annulée par la chambre disciplinaire de ce même ordre, et d'ailleurs le copinage local semble suspecté par Michel Cymes dans cette volte face.

Michel Cymes + Marina Carrere d'Encausse= magazine de la santé



   Lequel Michel Cymes, qui était à la médecine ce que Bernard Pivot était à la littérature, quitte le Magazine de la santé, animé par lui avec talent, humour et pédagogie pendant des années, sur un coup de gueule auquel j’applaudis sans réserve.


jeudi 21 juin 2018

L'équipe et les coupes


Cette image est bien plus belle…

        Tout le monde sait qu’une équipe est bien plus qu’une somme d’individualités, aussi brillantes soient elles. Il faut que le courant passe entre ses membres, comme la cuisine a besoin de liants pour révéler les saveurs d’un plat. 

        Si vous avez suivi les rugbymen de moins de 20 ans, si vous vous êtes régalés à retrouver le french flair perdu par leurs ainés et avez admiré la solidarité inépuisable de leur défense, vous avez eu devant les yeux l’exemple d’une véritable équipe de copains. Leur pépite de demi d’ouverture (Carbonel) l’a exprimé les larmes aux yeux après leur victoire en coupe du monde: « on se connait tous depuis 4 ans (ce qui mine de rien représente 20% de leur jeunesse…), et ce tournoi va faire de nous des amis pour la vie » a-t-il déclaré avec émotion. Le secret se trouve probablement dans cette  dimension affective qui permet, à talent égal, de sublimer des joueurs qui vont tout donner pour « leur » équipe même s’ils ne sont pas choisis par leur sélectionneur pour disputer tel ou tel match d’une compétition. Si ce n’est moi, c’est donc mon frère…

      Cette solidarité sans faille, sans inimitiés, sans jalousie, fait partie des valeurs majeures que nourrit le rugby, où chaque joueur doit savoir depuis les poussins qu’on n’est rien sans les autres et que même 8 mastodontes peuvent exploser en face s’ils ne poussent pas exactement ensemble dans la mêlée. Cette valeur est constamment mise à l’épreuve au gré des changements de clubs, des entraineurs rencontrés et de leurs projets de jeu, des salaires versés, des blessures. Et les moins de 20 ans n’ont pas eu encore trop l’occasion de rencontrer ces risques en pleine lumière. 

      C’est aussi pourquoi cette valeur l’est beaucoup plus (mise à l’épreuve) dans un football professionnel aux salaires stratosphériques, où les exploits individuels sont portés aux nues par les médias. Les jeunes fans de rugby sont fiers de porter le maillot des All Blacks, pas de Brauden Barrett ou Kieran Read, ceux du foot portent le maillot de Messi ou Ronaldo.

       Je suis persuadé que Didier Deschamp a bien conscience de marcher sur les oeufs des susceptibilités chaque fois qu’il sélectionne ou refuse un joueur. Que c’est aussi pour ça qu’il a préféré d’emblée ne pas mettre dans son panier un talent reconnu comme Benzema soupçonné à tort ou à raison de porter un ver dans son fruit après une polémique durable. Mais ce sera chaque jour qu’il lui faudra vérifier chaque fruit un par un pour déceler d’autres parasites cachés. 

       Les journalistes bien sûr ne gâchent aucune occasion d’essayer d’en faire éclore quelques uns: et Griezmann n’était pas content de sortir, et Pogba répète qu’il est le patron, et Mbappé est plutôt décevant, etc… Tous les joueurs du groupe français sont de très haut niveau, aucun doute là dessus. Mais la coupe du monde ne sera pas la récompense d’un groupe. Et s’il reste un doute quant à notre capacité à aller chercher le graal, elle reste surtout pour moi dans la capacité de ces egos monstrueux à se fondre dans une véritable équipe. 
        On peut essayer de se rassurer en voyant ici certains liens qui unissent les joueurs de DD

… que celle-ci, non ?






mardi 5 juin 2018

Syndrome méditerranéen ?

N'exagérons pas…


         Un petit retour sur mon parcours professionnel m’est permis à l’occasion de cet article de France info, même s’il devient je trouve extrêmement difficile de donner un point de vue sans être assailli de critiques à la moindre virgule mal placée, au moindre mot  qui n’est pas parfaitement choisi dans une phrase.

       Inclure le « syndrome méditerranéen » dans un article stigmatisant les préjugés racistes supposés des médecins est ni plus ni moins faire un amalgame dont semblent malheureusement friands les journalistes. 

       Un syndrome est un ensemble de symptômes que le médecin cherche à regrouper pour faciliter sa démarche diagnostique. En plus des symptômes eux mêmes (douleur, difficultés à respirer, fatigue, boiterie, etc…), l’expression de ces symptômes représente ou bien  une aide ou bien un piège pour le thérapeute. 
     Le médecin débutant, peu expérimenté, aura tendance à se préoccuper en priorité des expressions les plus bruyantes. Celui qui hurle est censé souffrir plus que celui qui crispe son visage sans mot dire. Si l’expression du symptôme par le malade est proportionnelle à la gravité du problème, ce peut être une aide. « Il a trop mal pour ne pas avoir une fracture » Pourtant combien de radios ont-elles été prescrites pour de simples contusions ? Elles n’étaient pas pour autant inutiles, justement dans le but d’éviter l’erreur de diagnostic. 
       A l’inverse, le piège est parfois tendu quand la personne est « dure au mal » au point d’exprimer comme à regrets sa douleur comme un peu plus qu’une simple gêne. Je me souviens d’une ménagère corpulente venue me voir pour une douleur au poignet depuis une « petite » chute. La palpation de la main et du bras n’entrainait pas de réaction nette, son poignet était vaguement enflé, elle est repartie avec sa prescription de radio en portant un cabas de 2 ou 3 kilos, est revenue seulement 3 jours après avec une image de fracture nette…Je pourrais multiplier les exemples bien sûr.

      La hantise de nous faire piéger par les distorsions d’expression nous accompagnait en permanence. Et en acquérant de l’expérience, le contour du « syndrome méditerranéen » s’est progressivement dessiné, comme étant une présentation théâtrale des symptômes, pas forcément signe  de gravité. Je n’ai pas dit « pas signe de gravité », j’ai dit « pas forcément ». Rester très attentif était néanmoins obligatoire, le sentiment d’urgence créé par une dose d’ « hystérie », et si générateur d’angoisse, s’atténuait simplement. Autre souvenir quand jeune interne j'avais dû examiner à l'hôpital une mamma gitane qui se plaignait de toutes les zones de son corps, et j'avais cru malin de déclarer "avoir mal partout, c'est n'avoir mal nulle part" selon le précepte d'un patron qui avait voulu maladroitement nous donner confiance. Toute la famille me cherchait ensuite dans les services pour me faire ravaler ma réflexion "raciste" j'avais calmé le jeu en exposant la  batterie d'examens que j'avais malgré tout prévue pour elle…

      Mais pourquoi méditerranéen alors ? Peut être employer l’adjectif « latin » aurait été plus consensuel, car peu de gens nieraient que le mode d’expression des latins dans la joie, la peine ou la souffrance soit plus spectaculaire, bruyant et coloré que celui des anglosaxons par exemple. Mais employer le mot latin ou méditerranéen n’a rien à voir avec une stigmatisation raciste, il faudrait voir à ne pas tout mélanger. La mort de la jeune africaine citée dans l’article est une tragédie, une gravissime erreur médicale. Le racisme s’insinuerait clairement si cette personne n’avait pas eu les soins requis du fait de ses origines. 

       Mais si ses origines ont fait conclure à un syndrome méditerranéen et qu’on ne soit pas allé au delà de cette conclusion, c’est une très lourde négligence, le piège du faux ami que sait être la fréquentation de ce syndrome s’est refermé sur une erreur de diagnostic, qui n’a pas besoin du racisme pour être dramatique.





samedi 26 mai 2018

Billet flemmard

       On a bougé pas mal en avril-mai, et donc j'ai laissé le blog en sommeil, mais voici un petit compte rendu succinct…

        1

       Virée de quelques jours à Porto avec des amis. Pas de dépaysement intense, mais bonne ambiance, entre nous bien sûr mais aussi dans un pays accueillant, très amical, aux prix doux, certes privé comme chez nous de soleil dans cette semaine d’avril. 

        La pluie parfois soutenue nous a quand même laissé  des éclaircies nous permettant de déambuler dans ses rues en pente pour admirer ses églises et bâtiments mais aussi les sols (quel travail !)





, et les quais du fleuve Douro depuis le ponte Luis 1er


aller voir l’étonnante gare Sao Bento, célèbre pour ses azulejos


ou faire la queue pour visiter… une librairie, la superbe livraria Lello et son escalier monumental, avant de nous restaurer pour moins de 10 euros par personne dans des cantines locales bien tenues aux serveurs sympathiques et rapides.

L'escalier monumental de la librairie


   Le train nous a conduit une cinquantaine de kms plus loin jusqu’au charmant petit port d’Aveiro qui aurait profité comme nous de plus de soleil. La maison de Fernando Pessoa y abrite maintenant quelques expositions d’art moderne, 


et la spécialité locale est une pâtisserie plus jolie à voir que délicieuse à goûter, les « oeufs mous » à base de jaunes, d’huile d’olive, de farine et de sucre. 

 Un petit voyage en détente, donc, à conseiller aux budgets modestes. Et si vous aimez la musique, n’oubliez pas de vous laisser emporter par l’émotion, la « saudade » du fado comme dans ce morceau déchirant de Ana Moura 

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          2

         Traditionnelle semaine en pays de Sault ensuite pour ma quête annuelle de morilles cette fois avec mon pote F. Beaucoup de chercheurs mais un résultat quand même correct. Je ne vous le fais pas long. 



        Deux demies journées gâchées à récupérer nos chiens subitement dopés à l’odeur toute nouvelle pour eux et tellement séduisante des chevreuils et biches nombreux dans la zone. Heureusement aucun garde ne les a récupérés avant nous !

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          Cérémonies particulières enfin, en un lieu inattendu puisque nous étions conviés à Tenerife pour le mariage de la fille d’une amie de longue date. Elle est française et juive, lui est espagnol et hindou, nous avons donc eu droit à deux mariages à quelques jours d’intervalle dans la pure tradition de ces deux religions millénaires. 

         Porter la kippa durant la première n’a pas attiré sur moi la foudre d’un Dieu ayant flairé l’imposteur,  et le panthéon des Dieux de l’Inde était trop étendu dans la seconde pour que l’un d’eux se penche sur mon cas. J’ai donc dans les deux situations profité du spectacle où l’émotion et la joie des personnes directement concernées étaient communicatives.

            Cette île des Canaries ne sera pourtant pas une prochaine destination de vacances, tant les côtes sont saturées d’hôtels de luxe géants bien peu respectueux de l’environnement. Même si cet environnement est essentiellement caillouteux et fort pauvre en végétation. Nous n’avons pas exploré l’île en détail, ce qui nous aurait sans doute permis de dénicher quelques merveilles, nous contentant de traverser le parc national du Téidé,  impressionnant chaos de roches volcaniques arides dominé par le pic le plus haut d’Espagne (3718m). 

Pour avoir une idée du Téidé


           Une promenade en mer jusqu’aux falaises de Los gigantes   m’a permis de voir des poissons volants aux ailes bleutées de libellules, des dauphins, et surtout les célèbres baleines pilotes de Tenerife, qui sont des globicéphales tropicaux  plus proches en fait des dauphins que des baleines.




         

          Sur ce, je retourne dans mon hamac 😎

dimanche 18 mars 2018

Assises




    J’ai voulu assister pour la première fois à un procès d’assises et celui du « tueur de la gare de Perpignan »,  une affaire de viols et de meurtres particulièrement barbares ayant terrorisé notre ville pendant des années m’en donnait l’occasion. J’étais donc présent pendant un après midi de débats au 2è jour quand défilaient pour témoigner quelques anciennes petites amies de l’assassin. Mais je n’ai été admis que dans la salle de retransmission video, il n’y avait plus de place dans la salle du procès.

        La nécessité, si je voulais pouvoir y accéder un autre jour pour vraiment ressentir l’ambiance d’une salle d’audience, de faire une queue de plus d’une heure, plus le « programme » du procès qui allait bientôt aborder les crimes les plus atroces de l’inculpé m’ont fait ensuite me contenter du compte rendu quotidien (assez détaillé) des audiences par l’Indépendant. Bien peu familier du monde judiciaire, je vais sans doute faire un certain nombre de remarques que vous jugerez candides, mais peu importe, elles expriment mon ressenti.

Sur l’enfance de l’accusé: certes une enfance très misérable, mal aimée, mais parfaitement semblable à celle d’une soeur de l’accusé qui souligne que tous les enfants malheureux ne deviennent pas des monstres.

Sur la corvée et la douleur que peut représenter un témoignage: par le fait même de devoir dire simplement 30 ou 40 ans plus tard que l’actuel tueur sanguinaire leur avait plu, était capable de douceur et de gentillesse, même si sa violence était ensuite apparue, d’abord de façon hélas assez banale comme dans tous ces couples où l’homme frappe sa compagne. Un frisson rétrospectif  paralysant parcourait ces femmes et montait crescendo quand certaines devaient dire ensuite qu’elles avaient vécu un temps avec lui, et même eu des enfants du diable… 
         Le témoignage ensuite du fils le + grand de l’accusé, qui n’a pas vu ce « père » entre l’âge de 4 ans et l’âge de 25 ans, à qui on demande s’il a quelquechose à lui dire et qui implore sans être entendu « suis-je obligé de rester jusqu’au bout ? »
         Quand d’autres ayant échappé de peu à une mort horrible se voient plus tard replongées dans le  cauchemar d’agressions subies et parfois déjà jugées, comme cette femme poignardée sous un porche, ouverte comme un lapin,  obligée de  revivre une scène qui la hante et la persécute depuis 20 ans, on se prend à trouver ces demandes de témoignages inhumaines… Voir d’ailleurs cet avis d'une psychiatre sur le sujet.

Sur les questions qu’on entend poser à l’accusé de la part de la défense comme des parties civiles: je sais bien que le but était d’essayer d’extraire un semblant d’humanité d’un être à ce point abject, mais lui demander s’il avait des regrets ou si voir un autre homme accusé à tort à sa place l’avait perturbé, lui demander de regarder les photos de ses dépeçages puisqu’ils étaient « son oeuvre » avait quelquechose d’irréel et de tellement dérisoire… 
       De la même façon entendre l’avocat général s’opposer à l’accusé sur une date de prélèvement d’ADN en lui disant « ne dites pas ça à la cour, c’est faux » comme on gronde un élève menteur aurait pu être un gag si le contexte n’était pas si dramatique…ou encore, si le compte rendu est fidèle, quand ce même avocat général dit « Pour 20 secondes de plaisir, vous avez foutu une vie en l’air. Regardez-la », en lui montrant une photo de la victime dans sa jeunesse souriante. Qu’imaginer ? que le tueur en série s’effondre en pleurs suite à une subite prise de conscience dévastatrice ou bien qu’il dise « pfff, 20 secondes, j’espérais quand même bien plus ! » ??

Sur les désaccords entre les experts: Au delà de l’horreur totale qu’on ressent à l’évocation des mutilations, de l’acharnement du bourreau, l’énorme différence d’appréciation entre les experts sur le mode opératoire, qui a longtemps égaré l’enquête,(précision extrême comme par un scalpel, tracés comparables à ceux qu’aurait réalisés un chirurgien, 1h 3h de « boulot » en milieu éclairé et position anatomique précise) et l’assassin (ça s’est fait comme ça, de nuit, sous la pluie, j’ai pas réfléchi, environ 10 minutes, avec un « simple » couteau) reste pour moi totalement incompréhensible, pourtant cette question « technique » ne semble  pas troubler plus que ça la cour. Quand on  voit la difficulté qu’on  a parfois à découper « proprement » un poulet cuit, comment admettre sans chercher plus loin une extraordinaire habileté manuelle, à ce moment terrible, chez un barbare prétendûment seul (?) que son métier de cariste ne devait guère avoir préparée ??

      Pour certains experts les mutilations relevaient d’une recherche sadique de « trophées » quand pour d’autres comme pour l’accusé ces horribles pratiques ne servaient qu’à « essayer d’effacer les traces ». Quelles conséquences pour la condamnation à venir ? On voit mal la différence d’attitude que les jurés pourraient avoir selon les motivations du criminel…

      Cet individu aura bien sûr la plus lourde peine qu’on puisse délivrer selon la loi, inutile d’attendre la fin du procès pour le dire. Reste pour le citoyen moyen ce malaise diffus devant ces tentatives vouées à l’échec (hélas nécessaires pour l’éthique d’un procès) de comprendre l’incompréhensible horreur, ce qui se passe dans la tête de ces grands criminels dont ce début d’année nous présente une terrifiante brochette, de Rançon à Fourniret en passant par Lelandais et Daval. 
        Ce dernier, criminel « banal » en regard des autres, dont le corps de la femme a été retrouvé à moitié brûlé, a admis le meurtre mais nie y avoir mis le feu. … Peut être devra-t-on chercher alors la regrettable erreur d’un cantonnier ayant voulu supprimer un tas de feuilles mortes… 

        En attendant on pourra consulter pour avis spécialisé les suppôts de Daesh de retour de Syrie, bien formés aux mutilations, décapitations et autres bûchers…

vendredi 16 février 2018

A la cape





          Cette expression marine signifiant qu’on laisse le bateau soumis aux caprices des éléments semble bien adaptée à la situation actuelle du XV de France, quoique ce navire là est peut être carrément en train de couler… 

       Ce serait malheureux mais un peu normal que Guy Noves considère ces nouvelles défaites comme un baume sur sa blessure d’amour propre, après s’être fait virer comme un secrétaire d’état naïf  par un politicien hypocrite. Mais son amour du rugby est sans doute aussi fort que son orgueil. Croche pattes mis à part, il avait bien conscience qu’il ne serait pas le sauveur de la patrie. 

      Saint André, Noves, Brunel, même combat…perdu. Chaque entraineur a eu ou a des raisons d’espérer, qui devant l’abnégation d’une équipe en défense, qui devant pour une fois des attaques de 3/4 un peu mieux menées, qui devant le geste improbable de l’adversaire privant l’edf d’une victoire annoncée…

     M’enfin le safran et le gouvernail présentent des lésions d’importance, et garder un cap devient une gageure. Impossible de trouver une charnière qui tienne la route. Serin porté aux nues devenant 3 ou 4e choix, Machenaud, Dupont, Parra. ..  A l’ouverture on passe de l’extrême jeunesse (Jalibert, Belleau, faut donner leur chance aux jeunes) à la pré-retraite (Beauxis, au congélo depuis 6 ans, il apportera son expérience). 
       Au centre on met un tank, on l’enlève, on se demande si on va le remettre, et avec qui l’associer (le prince Fofana étant au tapis depuis belle lurette). A l’arrière même jeu de chaises musicales. Le pack est un peu plus stable, un peu plus de profils interchangeables, m’enfin à part Guirado, personne n’est très sûr de jouer le match suivant… Au point qu’on se demande si dans la cascade de blessures et de forfaits ne se glisse pas parfois le ras le bol de joueurs traités comme des pions, appelés pour un match ou deux  puis jetés comme des kleenex.


       Le même ras le bol qui a peut être incité ces jeunes gens à envoyer tout par dessus bord et faire après cette nouvelle défaite une bringue d’enfer au whisky écossais… Ce qui, (#balance ton porc mis à part) a quelquechose de rassurant : si le french flair a disparu, la 3e mitemps reste une tradition française assez performante dans l’excès.

samedi 20 janvier 2018

Lectures d'hiver


    Quelques mots aujourd'hui sur trois livres que j'ai particulièrement aimés, qui se détachent du lot de mes lectures cet hiver:


Vous connaissez peut être ? de Joann SFAR




         C’est l’histoire présentée comme vraie d’une manipulation dont a été victime l’auteur (surtout célèbre pour ses BD en particulier  Le chat du rabbin, aussi pour son film sur Gainsbourg) du fait de Lili, belle femme « rencontrée » sur facebook et qui va rester virtuelle presque jusqu’à la fin et montrer toute la force délirante que peut prendre l’imaginaire chez un solitaire fragilisé par des déceptions sentimentales récentes. Il a beau flairer une histoire à dormir debout au gré des identités intrigantes affichées par Lili, il se laisse emporter par les sautes d’ humeur et l’hystérie « amoureuse » de sa correspondante. Cette aventure virtuelle tumultueuse  dont il est le jouet mais qu’il alimente lui même avec complaisance lui permet étonnament nombre de réflexions non dénuées d’originalité sur… les juifs et les palestiniens. 

        En contrepoint (un peu comme la coccinelle des planches de Gotlib) les tribulations du même avec son seul compagnon réel du moment, son chien Marvin obsédé par un objectif unique: tuer des chats…

        Une écriture alerte à l’humour pimenté d’autodérision, un livre de touche-à-tout surdoué.


Courir au clair de lune avec un chien volé  Nouvelles de Callan WINK




      Si le titre de la première nouvelle, repris pour le recueil, n’avait pas suffi à piquer ma curiosité, les louanges distribuées par Jim Harrison et Thomas McGuane m’obligeaient à ne pas le rater. Cerise sur le gâteau, Callan Wink est aussi guide de pêche…

      Et effectivement les textes sont très prenants, avec une écriture simple, vectrice fluide d’émotions vraies comme j’ai toujours aimé chez mes auteurs américains favoris (les critiques cités ci-dessus mais aussi des maitres comme Carver, McCarthy, Fante ou même Bukowski)

     On y retrouve la nature, les grands espaces chers à J H, dans lesquels errent des personnages « du peuple », souvent perdus, comme désorientés, aux aspirations simples qui se heurtent pourtant aux rudes obstacles de contraignantes réalités. 

Le poids des secrets de Aki SHIMAZAKI




       Cette auteure canadienne d’origine japonaise raconte la même histoire dans 5 petits romans d’environ 130 pages, ou plutôt les vécus différents des éléments d’une même famille qui dans son histoire a connu les bombes atomiques, le grand séisme de 1923, les conflits avec la Chine et la Corée.


     C’est une merveille de délicatesse, de douceur, de poésie, de simplicité de style, tout en allant très loin dans l’expression des sentiments, des motivations, des conflits intérieurs de personnages. 

     C’est aussi  un aperçu assez net de la société japonaise et de ce mélange de contraintes traditionnelles, de respect, de politesse, de douceur, mais aussi de duplicité, et de crimes, qui surprend parfois les occidentaux sous un masque feutré. On apprend sur l’histoire du Japon, sur le poids de la famille, qui comme partout ailleurs cachent certains cadavres dans le placard, même quand celui-ci est parfumé par les camélias (Tsubaki) ou les myosotis (Wasurenagusa). 

dimanche 31 décembre 2017

Bonne année

      Beaucoup d'entre vous connaissent sans doute, mais je ne résiste pas au plaisir de  vous proposer cette video:

      Je n'arrive pas à vous la montrer directement sans vous obliger à cliquer sur le lien, mais je suis obligé d'en passer par là, peut être pour des raisons de droits (?)



Dinner for one (sous titrée en français): le souper d'anniversaire d'une vieille dame anglaise en compagnie de 4 de ses meilleurs amis… décédés, charge au majordome de les faire revivre de son mieux.








mercredi 27 décembre 2017

Noël du XV de France


- Limogeage de l'entraineur Guy Noves, c'est le cadeau de fin d'année ?

- Ah! je sais pas, demandez à côté plutôt…


- Pensez vous ! un simple hasard de calendrier… 
  Un bon article ici

mardi 5 décembre 2017

Fais gaffe, père Noël…



           Je ne sais pas vous, mais pour ma part je commence à être gavé par le marronnier des médias, chaque nouveau jour apportant sa dose de scandales sexuels, des affaires de pédophilie aux histoires de viol et de harcèlement. 

        Bien sûr voir des fauves démasqués, trop longtemps protégés par leur pouvoir ou leur statut social, est très important, encore faut-il ne pas tout mettre dans le même panier, sinon dire à une copine qu’elle est jolie nécessitera bientôt un avertissement préalable « ceci n’est pas du harcèlement », et le père Noël s’il est prudent devra refuser toute photo le montrant avec un enfant sur les genoux… 

        Un parfum « d’ordre moral » imprègne l’atmosphère de façon assez désagréable, reflet pâlot certes mais malgré tout peu engageant des jougs impitoyables faussement moralistes des pays totalitaires passés ou présents. La porte ouverte à la mythomanie  ou à des interprétations plus ou moins paranoïaques comme celle que j’ai tenté d’illustrer dans cette nouvelle.

lundi 13 novembre 2017

Coaching mental et rugby



     Après avoir vu et le test match France-All blacks et le match USAP-Grenoble, j’ai constaté une fois de plus l’importance du mental dans la performance d’une équipe, sans pour autant décoder comment se crée un cercle vicieux ou vertueux.

       Il est vraiment étonnant de voir une équipe aussi dominée que la France l’a été en première mi-temps mettre à son tour ensuite sous pression les mêmes adversaires pourtant très expérimentés, jusque là impériaux, ou bien une équipe de l’USAP passer 40 points au leader de proD2 15j après en avoir encaissé aussi 40 face au 3è de la poule…

        Le fait de jouer à domicile est classiquement un gros avantage et il n’est pas rare de voir A mettre une pile à B en jouant chez lui et recevoir la même ou pire au match retour chez B. On peut concevoir que le déplacement, l’ambiance d’un stade hostile, les provocations plus faciles des joueurs se sentant « chez eux », l’arbitrage parfois « à la maison »  facilitent ces écarts parfois spectaculaires entre matchs aller et retour, et expliquent de fameuses « remontadas ».

       Mais les matchs dont je parle au début ont tous eu lieu à domicile.

       L’EDF était sensée s’étalonner après des périodes de travail soutenu, avec une motivation à bloc, dans la perspective de la future coupe du monde à échéance de 2 ans, et s’est montrée apathique et comme soumise, on aurait dit qu’elle regardait les blacks, qui certes jouaient à la perfection, jongler avec la balle pendant 40 minutes. Un joueur a confessé qu’on leur avait « remonté les bretelles » à la mi-temps. 

       Quand on jouait mal au bahut, parce que l’ouvreur pensait à sa petite amie, les piliers à la colle de 2h qui suivrait le match, l’arrière au zero en maths qu’il devrait justifier devant son père, une bonne gueulante à la mi-temps pouvait suffire pour ressouder le groupe. Mais on peine à croire que des professionnels responsables, gagnant des sommes conséquentes, s’entrainant à longueur d’année, puissent réagir à des soufflons comme des gamins de 3è… Il faut croire que si, sinon les aboiements d’un Fouroux ou les colères d’un Laporte ne seraient pas devenus célèbres.

      Je vois mal le staff actuel de l’USAP entrer dans une colère noire contre ses joueurs (même si Arlettaz est du genre nerveux) pour transformer le jeu d’un groupe maladroit et désemparé en une prestation presque digne du top 14 deux semaines après. Mystère des matchs où tout roule ou au contraire rien ne va...

       L’EDF et l’USAP ont-ils un ou des coaches mentaux efficaces ? Les sports individuels font de plus en plus appel à des « spécialistes » de la psychologie, du tennis au ski en passant par le poker ou la F1. Mais une équipe est évidemment plus délicate à optimiser, au rugby c’est souvent 30 types dont il faut décortiquer le passé, les éléments charnières, les motivations, le fonctionnement, pour tenter d’obtenir des interactions positives entre ces individualités et un amalgame performant. Une vraie gageure… Cet article de rugbyrama montre un peu combien la tâche parait délicate . C’est bien pourquoi j’ai posé la question « coaches mentaux efficaces ? »

      Les Blacks font eux du rugby une vraie religion, depuis leur petite enfance, c’est grosso modo rugby pour tous dès l’âge de la marche, ce qui fait que 90% des ados interrogés répondent que leur plus grand rêve est de porter la célèbre tenue noire. On ne pourra pas rivaliser avec une telle passion, d’autant que (si l’anglais ne vous rebute pas) cet article du nzherald montre que les neozelandais vont parfois chercher très loin leur « amour du maillot »  aux frontières du nationalisme. 

      Mais après avoir éliminé, comme il faut souvent le faire quand un domaine est nouveau, les usurpateurs incompétents et autres gourous, ce qui passe par une filière peut être plus spécialisée que les formations actuelles (STAPS, cursus de psycho + compétences sportives, on voit ici que les voies sont un peu brouillonnes )  le coach mental compétent ne semblerait pas inutile pour limiter l’amplitude oscillatoire des équipes « à réactions » qui comme l’USAP ou l’EDF sont capables parfois du meilleur et souvent du pire.



mercredi 11 octobre 2017

Ne soyez pas influenzés




           Virus grippal= virus influenza d'où le titre de ce billet. Après lecture de cet article qui a rappelé au toubib que je reste qu’effectivement les réticences à se faire vacciner étaient relativement fréquentes, et pour de mauvaises raisons, j'ai eu envie de proposer un petit complément.

           Objection 1: « je n’ai jamais eu la grippe, alors je ne vais pas me faire injecter volontairement un virus »

      En fait on n’injecte plus depuis des années un virus entier même inactivé (tué), qui dans les premiers temps pouvait de fait être mal toléré par certaines personnes en particulier des asthmatiques, mais des fragments de plusieurs mutations de ce virus toujours inactivé (qui évolue sans cesse). On ne garde que des protéines de pouvoir antigénique (capables de faire sécréter nos anticorps de défense) et en aucun cas on n’inocule un virus actif. Et les asthmatiques sont d’autant plus concernés par la vaccination qu’ils ont un système broncho-pulmonaire fragilisé. Enfin ne jamais avoir rencontré la grippe, c’est comme ne jamais avoir eu d’accident, c’est une chance mais ne préjuge pas du futur.

          Objection 2: « je me suis fait vacciner l’an dernier, pourtant j’ai attrapé la grippe »

- il arrive comme cela s’est produit je crois en hiver 2015-2016 que le virus mute encore après la mise au point du vaccin. Son efficacité est alors évidemment en partie affectée, éventualité qui reste rare.

- plus souvent la personne qui croit avoir attrapé la grippe a souffert en fait d’une virose ORL et respiratoire « cousine » qui donne un tableau grippal mais n’est pas la « vraie » grippe. Ces virus sont nombreux (adenovirus, rhinovirus, virus respiratoire syncitial…) et la majorité du temps bien moins dangereux que la vraie grippe. 

- Complique encore les choses le fait que ces virus sont souvent actifs en automne hiver, et sévissent en période de vaccinations, où certains se vaccinent en incubant par exemple un rhinovirus, ce qui entraine alors l’objection 3

          Objection 3: « je me suis fait vacciner, et ça m’a donné la grippe »

Et le patient ayant objecté 1 opine du chef en ajoutant « vous voyez ! »

          Non, n’oubliez pas que la grippe tue (près de 15000 morts en hiver 16/17, autant que la canicule de 2003). Ses attentats à elle sont discrets et peu médiatisés mais bien plus massifs que les attaques terroristes. Plus vous êtes âgé et/ou fragile, plus plus avez de risques de faire une grippe grave. Le vaccin n’est certes pas une assurance tous risques, il ne « marchera » jamais à 100%, mais il est maintenant parfaitement toléré et c’est une arme réelle dont vous auriez bien tort de vous priver (à exclure seuls les rarissimes allergiques à l’oeuf ou d’autres composants du vaccin). Il peut aussi en "bonus" en partie renforcer vos défenses immunitaires contre les rhumes et autres virus « cousins ».

       Pour aller plus loin dans la connaissance de la grippe, voir ici 

Mais non, c'est juste un rhube…

vendredi 29 septembre 2017

Le changement climatique, c’est au poker aussi…



         Dans mes activités ludiques favorites, maintenant que je n’ai plus de contraintes professionnelles, le changement de climat est palpable:















          • A la pêche, le comportement des poissons est de plus en plus erratique, et je trouve de plus en plus compliqué de trouver les spots favorables quand de longues périodes de vents forts, de direction changeante, perturbent et même annulent les séances,  quand la canicule d’été oblige à se lever de nuit pour tenter de profiter de quelques moments favorables au point du jour,  quand les poissons ne se trouvent pas aux endroits où ils se trouvaient traditionnellement selon les périodes de l’année. Quelques prises correctes consolent à peine des bredouilles fréquentes.















         •  La cueillette des champignons est une catastrophe: j’ai déjà expliqué avoir abandonné la passionnante recherche des truffes « sauvages » tant les périodes de sécheresse ont détruit le mycélium des truffières naturelles qui produisaient  avant, sans l’aide d’arrosages de la main de l’homme. Les cèpes et les girolles qui enchantaient nos mois de juillet et août en moyenne altitude sont aux abonnés absents. Restent les morilles au printemps, mais leur période de ramassage est bien courte, et le manque d’eau touche aussi de plus en plus cette saison.



 

           • Enfin le poker on line a lui aussi bien changé: il y a longtemps que je n’ai pas fait de billet sur le sujet, mais je m’amuse toujours un peu à ce jeu, même s’il m’est maintenant impossible de gagner plus que des clopinettes. Moi qui de temps en temps réjouissais les enfants avec une somme sympa, ou pouvais m’offrir un petit plaisir en suis réduit à me satisfaire de n’avoir pas encore ruiné ma cagnotte. Je me suis beaucoup interrogé sur cette évolution, en refusant l’explication de « trucage » qui révolte les forums de poker. 

- Les joueurs ont certainement beaucoup progressé, dans une proportion sans doute bien plus importante que moi qui pourtant  semble avoir étoffé aussi mon jeu, et appris au fil du temps à mieux décoder les pièges comme les situations favorables.

- Quand on retire comme je l’ai fait les quelques gains dignes de ce nom qui parsemaient mon parcours il y a quelques années, on se retrouve avec une ou des bankrolls ne permettant que de jouer des micros buy in, ben les champs de joueurs sont énormes et la variance aussi… Et ce ne sont peut être pas les joueurs ayant le plus progressé qui sont les plus dangereux dans ces compétitions.

Car les tournois restent mon  terrain de jeu exclusif, c’est peu  dire que le cash game m’ennuye, rien que d’en parler je baille. 

Mais je commence à m’ennuyer aussi sérieusement en tournoi, avec l’impression de battre chaque fois le record de longueur des séries de mains injouables. Avec LA grosse main suivante aussi séduisante qu’un colis piégé… Je veux bien admettre que ce soit  une fausse impression générée par le manque de réussite, qui doit extirper ma paranoïa de sa cachette, défaut que je n’ai néanmoins jamais jugé boursouflé chez moi. Chaque besogneux est persuadé d’être le plus malchanceux de la terre. 

On me dira que mon volume de jeu anémique devrait me faire taire. C’est vrai qu’il est ridicule (1 ou 2 tournois micro 5j/7 en moyenne) mais il l’a toujours été, même quand ça allait bien mieux, et mon pourcentage d’ITM reste entre 20 et 30%. Seulement ITM (In The Money) veut dire maintenant gagner de quoi s’acheter un carambar et jamais plus. Alors que, je n’ai pas rêvé, gagner un tournoi à 1 euro peut toujours en rapporter plus de 200… 

C’est comme ça, le temps change aussi au poker. A la limite je préfèrerais que ce soit « rigged » (truqué) ou qu’au moins on dise: pas de versement, pas de gain significatif, pas de bras, pas de chocolat, monsieur, vous êtes bridé, c’est un choix, nous ne sommes pas des philantropes…. Parce que se remettre en cause sans cesse sans trouver de réponse satisfaisante est désagréable…

Si votre panier de champignons était vide alors que le congélateur du voisin est plein, ou que vous relâchiez des bébés dorades quand le pêcheur en face en a pris trois d’un kilo, là vous sauriez que le climat n’y est pour rien, votre ego serait un peu froissé, mais vous sauriez que bosser le truc pourra vraiment changer des choses… Donc si vous au contraire gagnez plus qu’avant en micro sans "faire  du volume », je suis toute ouïe…



dimanche 10 septembre 2017

Visa 2017




          Cette année encore et pour  la 29e fois, Visa nous force à ouvrir les yeux sur un monde de fureurs et de misères. De moins en moins nombreux sont ceux qui critiquent ou détournent pudiquement leur regard de réalités qui semblent insupportables à vivre. Tous les reportages sont toujours de grande qualité, et si j’en relève quelques uns ce n’est pas pour les hiérarchiser mais pour souligner ce qu’ils apportent de plus que les « informations » accessibles pourtant quotidiennement.

        Ainsi le reportage de Laurent Van der Stockt sur la bataille de Mossoul  fait bien ressentir à quel point la guerre avec Daesh ne respecte plus aucun code et ligote les malheureux civils à l’exacte intersection des combats, là où se croisent les bombes, les tirs de snipers, les voitures suicides (700 comptabilisées !) et les exécutions arbitraires. Jamais la notion de « guerre totale » ne m’était apparue plus clairement. Dans la même veine, ce reportage impressionnant peut être complété par celui de Lorenzo Meloni sur la chute du califat  , et celui d’Alvaro Canovas sur la reconquête de Mossoul 

      Si (comme Trump ?) vous avez du mal à vous représenter le changement climatique et les menaces de la montée des eaux, Vlad Sokhin dans Warm waters  vous place le nez à quelques mètres d’un rivage que vous croyiez immobile de toute éternité mais maintenant menace l’étage de votre maison. Vous n’avez pas d’étage et vous n’avez qu’une cabane, n’avez pas d’autre endroit pour vivre ? heureusement vous allez construire une digue avec des matériaux de récupération…

      Je suis médecin, certes à distance de ma vie professionnelle, mais je lis encore des articles médicaux. Alors pourquoi ai-je dû attendre ce festival pour découvrir le CKDu, affection sans doute multifactorielle d’origine encore imprécise entrainant une gravissime insuffisance rénale, qui tue au Nicaragua, au Salvador, au Sri Lanka, en Inde, dans les 2 premiers pays  plus que le SIDA, le diabète et le cancer réunis, et bien sûr des populations pauvres, surtout des ouvriers agricoles. Ed kashi explique très bien cette nouvelle "épidémie"

     Pour souffler un peu, même si vous n’échapperez pas au spectacle de conditions de vie tout de même proches de la misère, atténuées un peu par une certaine liberté, allez voir le magnifique reportage de Ferhat Bouda sur les Berbères au Maroc.


     Comme je vous l’ai dit, il y a d’autres pépites dont je ne vais pas faire le catalogue, vous pouvez vous rendre sur le site du festival pour le feuilleter, et il vous reste une semaine pour venir voir ce remarquable cru de Visa.

    En "bonus" à ce billet, je vous joins un article qui traite de l'énorme impact parfois d'une simple photo, et raconte une troublante histoire, une photo dont je pense que vous vous souvenez comme moi, et pourtant date de 1968 (l'exécution d'un membre du vietcong en pleine rue) On notera que ce type de scène atroce doit être courante en Irak ou en Syrie actuellement, mais l'éthique des journalistes actuels a sans doute pitié de nous.