Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)
Bienvenue
Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
dimanche 27 mars 2016
Salut grand ours brun !
Un vieil ami est parti, lui aussi... Article du Monde
Pour ceux qui seraient intéressés et aussi parce que je m'aperçois que les non abonnés n'ont peut être pas accès à l'article, voici l'intégrale de 5 entretiens avec Jim Harrison sur France Culture, (2006).
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vendredi 26 février 2016
En revenant du "Revenant"
Je me dis que je peux bien me fendre d'un petit billet cinéma. Ce qui n'est pas si fréquent, compte tenu de la fréquence assez faible avec laquelle je me rends dans les salles.
Les paysages sont magnifiques m'avait-on dit pour me persuader, en évoquant l'ancien "Jeremiah Johnson" et le un peu plus récent "Into the wild". Et on ne peut que confirmer l'incroyable beauté des paysages de neige, des forêts oppressantes et des cours d'eau tumultueux dans lequel évolue le héros Hugh Glass (Di Caprio), victime sanguinolente, véritablement déchiquetée par un grizzly dans une scène hallucinante de sauvagerie animale, laissée pour morte en plein territoire indien hostile par un trappeur félon chargé de veiller sur lui dans l'attente de secours.
Il s'agit sinon d'un western classique dont l'argument est comme d'habitude la vengeance implacable de la victime du début qui triomphe des plus terribles obstacles jusqu'au duel final avec le traitre, évidemment victorieux malgré de nouvelles profondes blessures du corps du héros une nouvelle fois martyrisé.
La recette est donc connue, adaptée comme il se doit avec les ingrédients "à la mode" actuellement: référence aux Indiens victimes des trappeurs blancs trafiquants de peaux, au racisme à travers le meurtre du fils "sang mêlé" de Glass et le viol d'une indienne, allusions chamaniques/religieuses à l'âme indienne inaltérable imprégnant la nature… et ultra violence.
Quand Clint Eastwood abandonné en plein désert sous un soleil brûlant revenait à la vie dans un western spaghetti en étant plus deshydraté qu'une figue desséchée, Di Caprio réussit à cicatriser cent blessures infligées par un ours de 800 kilos en dormant dans la neige par -10° et en plongeant dans un fleuve qui charrie des glaçons pour échapper aux Indiens. Soit.
C'est plutôt la surenchère de violence qui est pénible. Car le tapis de neige est plus souvent rouge que blanc immaculé. On échappe de peu à l'émasculation du trappeur violeur de l'indienne mais on gage qu'au prochain film les organes ruisselants de sang du coupable finiront bien par être exposés plein écran sous une lumière adéquate.
Et on se prend à interroger le pourquoi d'une telle escalade de violence, le pourquoi de héros à ce point masochistes. Comme si on ne pouvait plus raconter une histoire sans exposer 10 mètres d'intestin ou quelques hémisphères cérébraux sur la prairie avec la netteté écoeurante qu'offre un scialytique sur un champ opératoire.
Interdit aux moins de 12 ans dit la bande annonce.
De toute façon j'ai 12 ans 1/2, j'ai vu le dernier Tarantino na na nèreu, et même que j'ai déjà vu le top, des videos de Daesh sur internet, alors…
De toute façon j'ai 12 ans 1/2, j'ai vu le dernier Tarantino na na nèreu, et même que j'ai déjà vu le top, des videos de Daesh sur internet, alors…
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vendredi 19 février 2016
Cuba libre ?
Si on enlève le point d'interrogation, on obtient un cocktail qui avec le mojito, la caïpirinha et la pina collada associe dans nos esprits rendus alors un peu brumeux les fêtes antillaises, la joie de vivre, les orchestres de salsa et de rumba et ce pays attachant.
Si on le laisse, le questionnement pourrait aussi bien concerner l'avenir de Cuba après les Castro que le devenir de cette île après la fin de l'embargo américain qui l'étouffait depuis des dizaines d'années.
Ce n'est pas en douze petits jours que nous avons pu nous faire une idée des réponses. Nous avons essayé d'absorber le plus possible de sensations pendant ce petit voyage, et le moins qu'on puisse dire est qu'elles sont contrastées. Une fois n'est pas coutume, je vais proposer dans ce résumé succinct les adresses de quelques hôtes qui par leur gentillesse et les qualités des prestations offertes peuvent intéresser ceux qui projettent de visiter l'île.
Notre parcours est resté modeste, à la fois pour ne pas avoir à passer trop de temps sur les routes et parce que la météo (fort vent venu du Nord, en particulier du Canada) nous a obligés à zapper la côte atlantique. Nous sommes allés de La Havane à Vinales, puis de Vinales à Playa Giron, puis Trinidad, Cienfuegos et retour à La Havane.
La Havane (ou chefs d'oeuvre en péril !)
Un choc, une ville délabrée comme mille quartiers St Jacques de chez nous, avec pourtant les fantômes de très nombreux palais et demeures magnifiques au style colonial et/ou art déco datant de l'époque de Battista et de l'argent de la maffia. Quelques bâtiments en restauration cotoient nombre d'autres à moitié en ruines, comme éventrés par une guerre et pourtant habités. Le Malecon (promenade en bord de mer) expose en particulier ces anciens chefs d'oeuvre ravagés.
Peu de voitures pour une ville de cette importance à part les taxis, dont les fameuses voitures américaines aux couleurs vives que les cartes postales ont rendu célèbres. Multiples vélos-taxis, chevaux-taxis aux prix modestes. Des tranchées dans toutes les rues ou presque, un réseau de canalisations usé jusqu'à la corde.
Les passants vous saluent souvent spontanément avec sympathie, les sollicitations existent (taxi, cigares) mais sont dénuées d'insistance et d'agressivité. La pauvreté évidente reste digne.
La musique est partout, jusque dans les minuscules échoppes ou les logements décatis. Dans les rues commerçantes infestées de touristes, les jeunes cubaines semblent friandes d'une mode latino vulgaire, brillants de pacotille, talons exagérément hauts, faux ongles de 3cms aux couleurs flashies…
Mais ni les garçons ni les filles n'allument les touristes de façon intempestive. Il faut dire que nous étions 2 couples et que nous n'étions plus dehors aux heures des salsas imbibées de rhum (ici nommé el ron). Sans être naïfs (David notre hôte nous avait quand même conseillé la prudence de nuit), nous nous sentions bien plus en sécurité que dans beaucoup de grandes villes. David confirma que l'impression était juste, l'attribuant à un mélange d'éducation enseignée très tôt à l'école (l'école, préoccupation prioritaire du régime) et de peur du gendarme peut être caché sous l'habit du proche voisin.
Je ne vais pas raconter notre programme, mais disons qu'on ne se lasse pas de marcher le nez en l'air dans la vieille Havane, même s'il faut par instants le boucher…
David et Lydia Diaz 361 calle San Miquel -Centro Habana
diazdavidlidia@yahoo.es
NB: parle très bien français, super aimable, chambres top et p'tit dej complet
| Chez David Diaz |
Vinales (où même les non fumeurs se mettraient au cigare…)
…Tant les plants de tabac de cette vallée montagneuse ont un minois appétissant et écologique. Nous avons eu droit à la confection d'un "puro" de A à Z lors d'une promenade à cheval dans une plantation. Bon d'accord, on essaye de vous vendre des cigares à la fin, et le prix est plutôt élevé, mais là encore il suffit de décliner l'invitation, et le visage de votre interlocuteur ne copie pas pour autant dans la seconde suivante celui d'un restaurateur méditerranéen qui n'a pas pu vous fourguer un repas complet !
Les mogotes calcaires truffées de grottes souterraines donnent un cachet particulier à cette belle région naturelle.
Si vous allez comme nous chez Yamirka y Ariel, hôtes parfaits, vous dégusterez la meilleure langouste que nous ayons mangée à Cuba, pour un prix à peine supérieur à un plat de poulet…
Casa Yamirka y Ariel
calle Raphaël Trejo n°4
Vinales
ariel.negrin@nauta.cu
Playa Giron
Les amis qui nous accompagnaient sont de grands amoureux de mer, plage et bateaux. Il nous fallait donc rejoindre une côte, et le vent nous barrant la côte Nord, nous avons opté pour le sud, direction playa Giron non loin de la baie des cochons, lieu du fameux débarquement de mercenaires jugulé par les troupes du héros national (musée commémorant l'évènement). Là aussi nous avons trouvé des hôtes très sympathiques, disponibles, qui ont senti notre envie de faire du sport puisqu'il nous ont confié d'antiques bicyclettes qui nous ont permis de faire les 20kms aller-retour nécessaires pour aller nager dans caletta buena, un ensemble de piscines naturelles pour touristes que nous avons eu au 1/3 de son prix pour admirer les poissons dans ces aquariums naturels.
Encore de très bonnes langoustes, sans toutefois la sauce divine de Yamirka. Tout petit bémol, puisque quelques effluves campagnardes selon le vent nous ont rappelé que la baie des cochons n'était pas forcément un nom donné au hasard…
Je jure qu'il n'y a pas de rancune dans le fait que je n'indique pas les coordonnées de notre hôte, j'ai tout simplement perdu le papier qui les contenait !
Trinidad
La déception de notre voyage. Ce lieu dont tout le monde disait qu'il méritait 3 jours de séjour possède certes de magnifiques demeures coloniales, souvent en bien meilleur état qu'à La Havane, mais on fait assez vite le tour du centre historique, et les touristes sont vraiment en force ! De plus, l'hôte que nous avions prévu nous a conduit à une autre adresse où entre les coqs, les chiens et les camions, l'absence de vitres dans notre logement par ailleurs très propre nous a offert une nuit d'insomnie peu propice à l'indulgence.
Mais la langouste était énorme, toujours à prix doux, même si la tendreté diminue quand même avec la taille…
Cienfuegos
La bonne surprise. Un endroit que nous avions refusé de parcourir en taxi avec supplément comme le proposait le chauffeur qui nous avait conduit de Playa Giron à Trinidad, et qui, peut être à condition de pousser comme nous l'avons fait jusqu'à Punta Gorda, la partie "maritime", s'est révélé très agréable.
| Un palais de la maffia américaine |
La pointe donc, est charmante, et la Pina collada qu'on y sert au soleil couchant est une merveille… La partie nommé le prado à 2kms à peine est agencée autour d'une très belle place entourée d'échoppes proposant les oeuvres d'artistes locaux.
Une adresse à retenir encore ici:
El coqui y Yanita
Calle 37#1407 e/.14 y 16 Punta gorda, Cienfuegos
yanit-acepero@gmail.com
Playa Rancho Luna
Magnifique plage à 20kms de Cienfuegos, où nous avons trouvé un logement pour notre dernière nuit avant retour à La Havane, chez un marocain très sympa, ayant fait ses études de médecine en Belgique, puis travaillé au Canada en laboratoire sur le déficit en HDL cholestérol, puis, apparemment par burn out ou du moins état dépressif, s'est installé ici face à la mer.
Casa Larabi
Playa Rancho Luna Cienfuegos
lkrimbou@gmail.com
| Kitsch, non ? |
Retour à La Havane
D'où bien sûr je ne pouvais pas partir sans avoir visité la Finca La Vigia d'Hemingway (les photos trainent partout, vous n'aurez droit qu'à une !)
Contrastes je vous disais au début, des gens très pauvres avec des salaires très bas (un médecin gagnerait l'équivalent de 60 euros/ mois, un ouvrier de la manufacture de tabac 30€/mois ) et à ce qu'on nous a dit des denrées alimentaires trop chères. Le fait de posséder de 100 à 1000 fois les ressources des locaux nous rend ridicules à dire que payer 12,5€ pour un repas comprenant une soupe, une belle langouste accompagnée de riz et légumes, des fruits en dessert ne nous semblait pas exhorbitant, mais il n'y avait guère de cubains dans nos casas particulares (dont les repas sont en général bien meilleurs qu'au restaurant !)
Fidel a donné des terres à ceux qui n'avaient rien, a pratiquement éradiqué l'analphabétisme, les cubains ne payent quasiment rien pour se loger ni pour se soigner ni pour étudier. Nous n'avons en aucun cas pu juger de leurs possibilités de s'exprimer librement. Ils ne peuvent sortir de leur pays comme ils veulent, on nous a toutefois dit que les impossibilités à sortir proviennent souvent des pays de destination qui n'accordent pas leur visa aux cubains. David notre hôte de La Havane avec qui nous discutions en compagnie d'un groupe de jeunes français répondit quand ils l'interrogèrent sur la "dictature"par un joli jeu de mot: "ce n'est pas une dicta-dure, c'est une dicta-molle", sans doute pour dire que si la répression existe, elle est plutôt dans les têtes d'un peuple habitué à marcher droit que maintenant dans des contraintes brutales. Au long de nos trajets nous avons souvent vu des panneaux qu'on peut certes qualifier de propagandes, soulignant les mérites de la révolution et de ses guides, mais souvent empreints de valeurs humaines, de solidarité et même parfois… de poésie.
Ce qui nous fait dire que les grandes valeurs de base du communisme ont ici sans doute été dévoyées comme souvent par le pouvoir absolu d'un homme, mais cherchaient aussi sincèrement à dessiner les contours d'un homme nouveau, et qu'elles se sont crispées jusqu'au dessèchement sous l'emprise d'un étau économique sans pitié imposé comme ailleurs si souvent par les grandes puissances capitalistes.
A la question "qu'attendent le plus les cubains de la fin de l'embargo ?" notre hôte a répondu "je ne sais pas, TOUT, je n'ai connu QUE l'embargo"…
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samedi 16 janvier 2016
Alors, tu ne lis plus ?
Bien sûr que si, mais d'une part la lecture chez moi, comme les autres activités d'ailleurs, occupe ma vie par vagues, tantôt de grandes lames qui m'emportent comme un fétu de paille, tantôt une houle moyenne qui me berce juste gentiment, jusqu'à laisser place à des moments de mer absolument plate, d'autre part je n'ai pas envie de commenter toutes mes lectures, loin s'en faut, ce blog reste une promenade dilettante, et, comme je le répète, récréative.
Noël a donné bien sûr à mes proches l'occasion de garnir ma table de chevet de nouveaux volumes, et je me réjouis des lectures à venir grâce à eux. Je me suis jeté sur les deux premiers, dont je vais pourtant vous dire 2 mots, juste parce que j'en ai envie, voilà.
Le premier est une bande dessinée, ce qui montre bien si besoin était que l'aspect ludique est important pour qui aime lire.
"Les ignorants" d'Etienne Davodeau, est une merveille d'intelligence. Cet album conte l'initiation croisée de deux amis, l'un vigneron, l'autre dessinateur, chacun faisant découvrir à l'autre son propre travail. Rencontre insolite entre deux mondes à priori bien éloignés, habilement réunis par l'amitié et la curiosité, servie par des dialogues parfaitement réussis et des situations très bien rendues. A déguster comme une bonne bouteille, ou pour ce qu'elle est, une excellente BD !
****
Pour le second, le nom et la photo de Carver sur la couverture étaient un aimant irrésistible, et je me suis immédiatement embarqué dans ce nouveau "pavé", une biographie de celui qui pour moi est le maître absolu de la nouvelle.
"Carver, une vie d'écrivain" de Carol Sklenicka a demandé à son auteure dix ans d'un travail colossal pour tenter de faire comprendre à ses admirateurs combien la vie et l'oeuvre de cet homme étaient intimement liées. On ne se faisait pas d'illusions à ce sujet, tant ses nouvelles transmettent un ressenti à l'évidence "vécu". Mais la lecture de cette biographie surprend quand même en donnant l'impression que quasiment chaque situation rencontrée, chaque sentiment éprouvé, chaque conflit à résoudre, se sont transformés parfois à grande distance en matériau pour construire une oeuvre littéraire. Un détail de la vie de tous les jours, et hop, une nouvelle ou un poème qui vous touche au coeur. Carol Sklenicka met à jour des liens extrêmement précis entre tel texte et tel moment de la vie de l'écrivain tout au long de son oeuvre.
Et pour ma part j'ai appris énormément de choses sur la réalité de son parcours. Une enfance prolétaire, mais dans une famille assez unie, un mariage et des enfants très jeune, avec une femme qu'il a connue à 15 ans, qui a fait bouillir la marmite pendant les longues années de galère et dont il se séparera pourtant, hélas pour elle (même s'il va l'aider assez longtemps ensuite), après avoir connu le succès et arrêté de boire, tout en continuant à l'aimer apparemment profondément (ambivalence des sentiments, comme vis à vis de ses enfants). Pendant toutes ces années de vache maigre, on est frappé en effet par cette ambivalence des sentiments qu'il éprouve, entre les charges domestiques qui l'accablent et l'empêchent d'écrire, la culpabilité d'être à peine maintenu à flot par les boulots de serveuse accumulés par sa femme Maryann qui n'arrive pas du coup à terminer ses études, les petits contrats arrachés dans des universités éparpillées sur le territoire américain…
Carver semblait être un grand ourson un peu gauche et même maladroit, foncièrement gentil et sociable mais avec des périodes plus agressives, certaines lâchetés, des moments de jalousie, des réactions un peu infantiles, sans doute en rapport avec son alcoolisme croissant. Tout en connaissant son addiction tabac-alcool, je n'avais pas pris conscience à quel point ce combat contre l'alcool a véritablement été le combat de sa vie. Alcool chez son père, sa femme et sa fille, il y avait bien des causes sous jacentes, mais que je n'ai pas su extraire clairement de ce livre dense. Dans le même temps, une détermination farouche à devenir un écrivain, et un écrivain reconnu, malgré les échecs à répétition, une incapacité à produire un roman, détermination que je ne pensais pas non plus si absolue.
Le fouillis des tentatives pour faire éditer une nouvelle dans les magazines littéraires US, celui des différentes éditions de différentes versions ou à différentes périodes est un peu difficile à suivre, quand de plus Carol Sklenicka aborde les fameuses "coupes sombres" imposées par celui qui fut son principal éditeur, Gordon Lish, devant lequel Carver parfois pliait, parfois se rebellait, pour s'incliner de nouveau, le désir d'être édité étant prioritaire.
J'ai compris aussi pourquoi les dix dernières années de réussite, après l'arrêt de l'alcool et une reconnaissance croissant en flèche étaient pour lui "un régal" comme il disait, même avec l'échec sous jacent de sa première famille. Ces années sont aussi les années avec la poétesse Tess Gallagher, que Carol Sklenicka évoque avec peu de chaleur sans toutefois l'éreinter (plusieurs conflits comme souvent ambigus, ± feutrés, après le décès de l'écrivain en 1988 entre elle et sa "famille d'avant")
Un "régal" qui s'est terminé à l'âge de 50 ans, l'alcool ayant préparé le terrain, c'est le tabac, puis la marijuana, sans doute vécus par Carver comme des adversaires secondaires, qui ont fini le boulot.
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jeudi 24 décembre 2015
Chocolat de Noël
C'est un extrait du film "Human" de Yann Arthus-Bertrand.
C'est un chocolat fin, une belle histoire.
Bonnes fêtes à vous.
C'est un chocolat fin, une belle histoire.
Bonnes fêtes à vous.
mercredi 9 décembre 2015
Nazis come back (suite, hélas)
Décidément bien difficile de se détourner de l'actualité quand notre pays subit l'attaque terroriste la plus meurtrière en Europe depuis 30 ans, puis porte en tête un parti d'extrême droite avec un score là encore historique…
Une des conséquences terribles et sans doute inévitable des monstruosités criminelles récentes est la crispation dûe à une peur légitime. Et la crispation, le repli, le raidissement, le fait de se braquer, viennent de très loin. Déjà quand nos parents commençaient à perdre pied devant nous galopins qui dépassions les bornes, les fessées, mises au coin, privations de desserts ou de sorties, punitions de toutes sortes trouvaient une nouvelle légitimité. Il fallait "serrer la vis", renforcer l'autorité, montrer de quel bois on se chauffait. Mater et punir, si ces attitudes avaient été critiquées, devenaient ou redevenaient des objectifs admis, et vécus comme LA solution. Du même coup ceux qui prétendaient ne pas adhérer à "la manière forte" étaient taxés de démissionnaires, laxistes et ne récoltant que ce qu'ils méritaient.
C'est un peu, à beaucoup plus grande échelle, ce qui se passe actuellement dans notre pays. L'état d'urgence, une nécessité dûe aux actes de terrorisme aveugle, devient pain béni pour ceux qui se gaussent maintenant d'avoir préconisé depuis longtemps des mesures du même ordre qui du coup deviennent de la lucidité préventive. Bouleversée par les victimes innocentes de l'ultra violence d'un groupe, la population baisse sa garde et la tête et regarde ses pieds comme fait une classe réprimandée. Le côté "père fouettard" du FN fait du coup moins peur, et en tout cas beaucoup moins peur que le terrorisme, ses positions autoritaires, sectaires et d'exclusion deviennent perçues comme une posture "paternelle"très sévère mais plutôt juste. Je me souviens avoir assisté enfant à une conversation du temps du général De Gaulle entre deux personnes dont l'une estimait que De Gaulle était un dictateur ayant pris le pouvoir par un coup d'état, ce à quoi son interlocuteur avait rétorqué qu'après tout il valait mieux un "dictateur propre" qu'une démocratie déliquescente…
C'est sans doute l'état d'esprit de nos compatriotes qui votent en ce moment FN. Beaucoup d'entre eux s'appauvrissent pendant que de grosses fortunes gonflent indéfiniment de façon jugée de plus en plus suspecte. Ce parti dont on oublie alors qu'il est "extrême" n'a que peu trempé dans les nombreuses magouilles qui ont entâché les partis en charge du pouvoir depuis 40 ans. Il peut donc revendiquer une image relative de propreté. Reste le côté dictatorial, que la femme qui est à la tête du parti (une femme, dictateur, allons…) s'efforce d'adoucir en utilisant son père comme poubelle à idées nazies nauséabondes, comme repoussoir, au point d'aller jusqu'à l'exclure pour insister sur sa différence. Et si le père avait eu longtemps un cache-oeil qui lui donnait l'air effrayant du capitaine Crochet, c'est maintenant la petite fille qui occupe autant que sa mère les écrans avec sa rassurante blondeur et son visage angélique.
Mais le sac à dos de ce parti reste bourré de lignes de conduite plus dangereuses que les cahiers raturés d'une démocratie qui cherche sans cesse son équilibre. La récupération des 3 couleurs par l'emblème du parti permet la confusion des genres quand la population hisse ses petits drapeaux aux fenêtres en signe d'attachement à sa nation en danger. Pourtant l'exclusion, le racisme, les postures martiales et guerrières sont bien au chaud dans ce sac à dos, quel qu'en soit le porteur. Sans surcharger ce billet de nombreux liens accessibles à tous par une simple recherche google, je signale celui ci au sujet de la vision du monde du FN.
Et pour avoir fait de la médecine pendant de longues années, être attentif à ce que "le remède ne soit pas pire que le mal" était pour moi une préoccupation majeure, qu'on aurait tort dans le cas présent d'oublier dans une fuite en avant dont l'Histoire montre des précédents catastrophiques.
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samedi 21 novembre 2015
Nazis come back
Comme vous l'avez constaté, ce blog n'est pas là pour prétendre jouer les intellos sur des questions politiques et de société, c'est un blog "récréatif."
Néanmoins hélas après le drame des attentats qui endeuillent tant de familles, bien difficile de ne pas réfléchir et lire autour de cet évènement épouvantable. Aussi vais je pointer deux éléments que vous connaissez peut être, mais pas forcément, et qui éclairent un peu les atrocités jusqu'au-boutistes de ces terroristes fanatiques: comment en effet trouver une logique à des fous furieux capables de rafaler une foule de jeunes écoutant de la musique jusqu'à épuisement de leurs chargeurs puis de se faire eux mêmes exploser ?
• Nous avons affaire à des exécutants kamikazes, recrutés dans des milieux très divers, mais plus souvent défavorisés, non intégrés, et amenés "à petits pas"par des plus "initiés" dans un cheminement paranoïaque méticuleux prenant appui subtilement, individuellement, sur les frustrations, échecs, humiliations, rancoeurs, révoltes les plus diverses, vécus par les "candidats", jusqu'à ce qu'ils puissent être utilisés à différents niveaux, au maximum comme bombes humaines quand la radicalisation est une réussite totale. Dounia Bouzar du centre de prévention des dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) en parle très bien, dans une émission de France culture
La paranoïa croissante qui est nourrie est sous tendue, plus que par une religion musulmane la plupart du temps incomprise quand elle n'est pas juste ignorée, par des prophéties moyen-âgeuses millénaristes qui appellent au "nettoyage"du monde actuel et à l'émergence de l'apocalypse, genèse d'un autre monde qu'on pourrait assimiler au paradis, dans lequel les anciennes "victimes" du monde actuel deviennent des "élus", par le choix prétendu de Dieu. Accélérer l'arrivée de l'apocalypse par tous les moyens de créer du chaos et passer soi même dans cet autre monde pour y accueillir avec un peu d'avance les bons co-religionnaires procède alors de cette logique délirante.
Sur ce millénarisme de Daech, voir ce lien.
• Mais derrière les exécutants kamikazes, existent comme toujours les donneurs d'ordre. Et on s'aperçoit que la cruauté sanguinaire de Daech est, là aussi plus rigoureusement qu'on n'imagine, pensée dans une stratégie mûrement élaborée. Cette stratégie prendrait sa source dans un livre probablement collectif mais attribué à un certain Abou Bakr Naji , livre nommé avec à propos "administration de la sauvagerie"ou encore "gestion de la barbarie" Quelques extraits de ce livre dans les liens qui suivent permettent à la fois de comprendre pourquoi les évènements récents s'inscrivent en droite ligne d'une stratégie à échelle mondiale après les décapitations/viols/tortures mis en scène et les saccages de sites historiques, pourquoi Daech tente absolument de s'ancrer au sol dans un "état islamique"représentant un nouveau califat, et pourquoi la peste Daech est un peu différente du choléra Al Qaïda. On comprend aussi que tous les musulmans qui ne soutiennent pas ouvertement Daech soient leurs ennemis au même titre que les "croisés" ou les juifs.
Ce mélange d'utilisation de la modernité parfois la plus pointue en matière économique, financière, informatique etc... et d'une idéologie sous jacente absolument obscurantiste et parfaitement moyen âgeuse dresse le portrait d'une horde de Huns illuminés sachant manier les gadgets de James Bond. On ne peut que souhaiter que les pays civilisés cessent leurs doubles jeux et leurs conflits d'intérêt, remettent en question leur aveuglement devant les laissés pour compte de leurs sociétés, et débarrassent l'histoire de ce monstre sanglant.
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