Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

samedi 16 janvier 2016

Alors, tu ne lis plus ?


          
          Bien sûr que si, mais d'une part la lecture chez moi, comme les autres activités d'ailleurs, occupe ma vie par vagues, tantôt de grandes lames qui m'emportent comme un fétu de paille, tantôt une houle moyenne qui me berce juste gentiment, jusqu'à laisser place à des moments de mer absolument plate, d'autre part je n'ai pas envie de commenter toutes mes lectures, loin s'en faut, ce blog reste une promenade dilettante, et, comme je le répète, récréative.

                Noël a donné bien sûr à mes proches l'occasion de garnir ma table de chevet de nouveaux volumes, et je me réjouis des lectures à venir grâce à eux. Je me suis jeté sur les deux premiers, dont je vais pourtant vous dire 2 mots, juste parce que j'en ai envie, voilà.

                Le premier est une bande dessinée, ce qui montre bien  si besoin était que l'aspect ludique est important pour qui aime lire. 


            "Les ignorants" d'Etienne Davodeau, est une merveille d'intelligence. Cet album conte l'initiation croisée de deux amis, l'un vigneron, l'autre dessinateur, chacun faisant découvrir à l'autre son propre travail. Rencontre insolite entre deux mondes à priori bien éloignés, habilement réunis par l'amitié et la curiosité, servie par des dialogues parfaitement réussis et des situations très bien rendues. A déguster comme une bonne bouteille, ou pour ce qu'elle est,  une excellente BD !

                                                                         ****

               Pour le second, le nom et la photo de Carver sur la couverture étaient un aimant irrésistible, et je me suis immédiatement embarqué dans ce nouveau "pavé", une biographie de celui qui pour moi est le maître absolu de la nouvelle.



             "Carver, une vie d'écrivain" de Carol Sklenicka a demandé à son auteure dix ans d'un travail colossal pour tenter de faire comprendre à ses admirateurs combien la vie et l'oeuvre de cet homme étaient intimement liées. On ne se faisait pas d'illusions à ce sujet, tant ses nouvelles transmettent un ressenti à l'évidence "vécu". Mais la lecture de cette biographie surprend quand même en donnant l'impression que quasiment chaque situation rencontrée, chaque sentiment éprouvé, chaque conflit à résoudre, se sont transformés parfois à grande distance en matériau pour construire une oeuvre littéraire. Un détail de la vie de tous les jours, et hop, une nouvelle ou un poème qui vous touche au coeur. Carol Sklenicka met à jour des liens extrêmement précis entre tel texte et tel moment de la vie de l'écrivain tout au long de son oeuvre.

              Et pour ma part j'ai appris énormément de choses sur la réalité de son parcours. Une enfance prolétaire, mais dans une famille assez unie, un mariage et des enfants très jeune, avec une femme qu'il a connue à 15 ans, qui a fait bouillir la marmite pendant les longues années de galère et dont il se séparera pourtant, hélas pour elle (même s'il va l'aider assez longtemps ensuite), après avoir connu le succès et arrêté de boire, tout en continuant à l'aimer apparemment profondément (ambivalence des sentiments, comme vis à vis de ses enfants). Pendant toutes ces années de vache maigre, on est frappé en effet par cette ambivalence des sentiments qu'il éprouve, entre les charges domestiques qui l'accablent et l'empêchent d'écrire, la culpabilité d'être à peine maintenu à flot par les boulots de serveuse accumulés par sa femme Maryann qui n'arrive pas du coup à terminer ses études, les petits contrats arrachés dans des universités éparpillées sur le territoire américain…

           Carver semblait être un grand ourson un peu gauche et même maladroit, foncièrement gentil et sociable mais avec des périodes plus agressives, certaines lâchetés, des moments de jalousie, des réactions un peu infantiles, sans doute en rapport avec son alcoolisme croissant. Tout en connaissant son addiction tabac-alcool, je n'avais pas pris conscience à quel point ce combat contre l'alcool a véritablement été le combat de sa vie. Alcool chez son père, sa femme et sa fille, il y avait bien des causes sous jacentes, mais que je n'ai pas su extraire clairement de ce livre dense. Dans le même temps, une détermination farouche à devenir un écrivain, et un écrivain reconnu, malgré les échecs à répétition, une incapacité à produire un roman, détermination que je ne pensais pas non plus si absolue.

               Le fouillis des tentatives pour faire éditer une nouvelle dans les magazines littéraires US, celui des différentes éditions de différentes versions ou à différentes périodes est un peu difficile à suivre, quand de plus Carol Sklenicka aborde les fameuses "coupes sombres" imposées par celui qui fut son principal éditeur, Gordon Lish, devant lequel Carver parfois pliait, parfois se rebellait, pour s'incliner de nouveau, le désir d'être édité étant prioritaire.

             J'ai compris aussi pourquoi les dix dernières années de réussite, après l'arrêt de l'alcool et une reconnaissance croissant en flèche étaient pour lui "un régal" comme il disait, même avec l'échec sous jacent de sa première famille. Ces années sont aussi les années avec la poétesse Tess Gallagher, que Carol Sklenicka évoque avec peu de chaleur sans toutefois l'éreinter (plusieurs conflits comme souvent ambigus, ± feutrés, après le décès de l'écrivain en 1988 entre elle et sa "famille d'avant")

             Un "régal" qui s'est terminé à l'âge de 50 ans, l'alcool ayant préparé le terrain, c'est le tabac, puis la marijuana, sans doute vécus par Carver comme des adversaires secondaires, qui ont fini le boulot.






jeudi 24 décembre 2015

Chocolat de Noël

C'est un  extrait du film "Human" de Yann Arthus-Bertrand.

C'est un chocolat fin, une belle histoire.

Bonnes fêtes à vous.








mercredi 9 décembre 2015

Nazis come back (suite, hélas)




            Décidément bien  difficile de se détourner de l'actualité quand notre pays subit l'attaque terroriste la plus meurtrière en Europe depuis 30 ans, puis porte en tête un parti d'extrême droite avec un score là encore historique…

         Une des conséquences terribles et sans doute inévitable des monstruosités criminelles récentes est la crispation dûe à une peur légitime. Et la crispation, le repli, le raidissement, le fait de se braquer, viennent de très loin. Déjà quand nos parents commençaient à perdre pied devant nous galopins qui dépassions les bornes, les fessées, mises au coin, privations de desserts ou de sorties, punitions de toutes sortes trouvaient une nouvelle légitimité. Il fallait "serrer la vis", renforcer l'autorité, montrer de quel bois on se chauffait. Mater et punir, si ces attitudes avaient été critiquées, devenaient ou redevenaient des objectifs  admis, et vécus comme LA solution. Du même coup ceux qui prétendaient ne pas adhérer à "la manière forte" étaient taxés de démissionnaires, laxistes et ne récoltant que ce qu'ils méritaient.

           C'est un peu, à beaucoup plus grande échelle, ce qui se passe actuellement dans notre pays. L'état d'urgence, une nécessité dûe aux actes de terrorisme aveugle, devient pain béni pour ceux qui se gaussent maintenant d'avoir préconisé depuis longtemps des mesures du même ordre qui du coup deviennent de la lucidité préventive. Bouleversée par les victimes innocentes de l'ultra violence d'un groupe, la population baisse sa garde et la tête et regarde ses pieds comme fait une classe réprimandée. Le côté "père fouettard" du FN fait du coup moins peur, et en tout cas beaucoup moins peur que le terrorisme, ses positions autoritaires, sectaires et d'exclusion deviennent perçues comme une posture "paternelle"très sévère mais plutôt juste. Je me souviens avoir assisté enfant à une conversation du temps du général De Gaulle entre deux personnes dont l'une estimait que De Gaulle était un dictateur ayant pris le pouvoir par un coup d'état, ce à quoi son interlocuteur avait rétorqué qu'après tout il valait mieux un "dictateur propre" qu'une démocratie déliquescente…

        C'est sans doute l'état d'esprit de nos compatriotes qui  votent en ce moment FN. Beaucoup d'entre eux s'appauvrissent pendant que de grosses fortunes gonflent indéfiniment de façon jugée de plus en plus suspecte. Ce parti dont on oublie alors qu'il est "extrême" n'a que peu trempé dans les nombreuses  magouilles qui ont entâché les partis en charge du pouvoir depuis 40 ans. Il peut donc revendiquer une image relative de propreté. Reste le côté dictatorial, que  la  femme qui est à la  tête du parti (une femme,  dictateur, allons…) s'efforce d'adoucir en utilisant son père comme poubelle à idées nazies nauséabondes, comme repoussoir, au point d'aller jusqu'à l'exclure pour insister sur sa différence.  Et si le  père avait eu longtemps un cache-oeil qui lui donnait l'air effrayant du capitaine Crochet, c'est maintenant la petite fille qui occupe autant que sa mère les écrans avec  sa rassurante blondeur et son visage angélique.

          Mais le sac à dos de ce parti reste bourré de lignes de conduite plus dangereuses que les cahiers raturés d'une démocratie qui cherche sans cesse son  équilibre. La récupération des 3 couleurs par l'emblème du parti permet la confusion des genres quand la population hisse ses petits drapeaux aux fenêtres en signe d'attachement à sa nation en danger.  Pourtant l'exclusion, le  racisme, les postures martiales et guerrières sont bien au chaud dans ce sac à dos, quel qu'en soit le porteur. Sans surcharger ce billet de nombreux liens accessibles à tous par une simple recherche google, je signale celui ci au sujet de la vision du  monde du FN. 

         Et pour avoir fait de la  médecine pendant de longues années, être attentif à ce que "le remède ne soit pas pire que le mal" était pour moi une préoccupation majeure, qu'on aurait tort dans le cas  présent d'oublier dans une fuite en avant dont l'Histoire montre des précédents catastrophiques.


samedi 21 novembre 2015

Nazis come back



          Comme vous l'avez constaté, ce blog n'est pas là pour prétendre jouer les intellos sur des questions politiques et de société, c'est un blog "récréatif."

             Néanmoins hélas après le drame des attentats qui endeuillent tant de familles, bien difficile de ne pas réfléchir et lire  autour de cet évènement épouvantable. Aussi vais je pointer deux éléments que vous connaissez peut être, mais pas forcément, et qui éclairent un peu les atrocités jusqu'au-boutistes de ces terroristes fanatiques: comment en effet trouver une logique à des fous furieux capables de rafaler une foule de jeunes écoutant de la musique jusqu'à épuisement de leurs chargeurs puis de se faire eux mêmes exploser ?

           • Nous avons affaire à des exécutants kamikazes, recrutés dans des milieux très divers, mais plus souvent défavorisés, non intégrés, et amenés "à petits pas"par des plus "initiés" dans un cheminement paranoïaque méticuleux prenant appui subtilement, individuellement,  sur les frustrations, échecs, humiliations, rancoeurs, révoltes les plus diverses, vécus par les "candidats", jusqu'à ce qu'ils puissent être utilisés à différents niveaux, au maximum  comme bombes humaines quand la radicalisation est une réussite totale. Dounia Bouzar  du centre de prévention des dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI) en parle très bien, dans une émission de France culture 

         La paranoïa croissante qui est nourrie est sous tendue, plus que par une religion musulmane la plupart du temps incomprise quand elle n'est pas juste ignorée, par des prophéties moyen-âgeuses millénaristes qui appellent au "nettoyage"du monde actuel et à l'émergence de l'apocalypse, genèse d'un autre monde qu'on pourrait assimiler au paradis, dans lequel les anciennes "victimes" du monde actuel deviennent des "élus", par le choix prétendu de Dieu. Accélérer l'arrivée de l'apocalypse par tous les moyens de créer du chaos et passer soi même dans cet autre monde pour y accueillir avec un peu d'avance les bons co-religionnaires procède alors de cette logique délirante.

         Sur ce millénarisme de Daech, voir ce lien.

        • Mais derrière les exécutants kamikazes, existent comme toujours les donneurs d'ordre. Et on s'aperçoit que la cruauté sanguinaire de Daech est, là aussi plus rigoureusement qu'on n'imagine, pensée dans une stratégie mûrement élaborée. Cette stratégie prendrait sa source dans un livre probablement collectif mais attribué à un certain Abou Bakr Naji , livre nommé avec à propos "administration de la sauvagerie"ou encore "gestion de la barbarie" Quelques extraits de ce livre dans les liens qui suivent permettent à la fois  de comprendre pourquoi les évènements récents s'inscrivent en droite ligne d'une stratégie à échelle mondiale après les décapitations/viols/tortures mis en scène et les saccages de sites historiques, pourquoi Daech tente absolument de s'ancrer au sol dans un "état islamique"représentant un nouveau califat, et pourquoi la peste Daech est un peu différente du choléra Al Qaïda. On comprend aussi que tous les musulmans qui ne soutiennent pas ouvertement Daech soient leurs ennemis au même titre que les "croisés" ou les juifs.


  lien 2


           Ce mélange d'utilisation de la modernité parfois la plus pointue en matière économique, financière, informatique etc... et d'une idéologie sous jacente absolument obscurantiste et parfaitement moyen âgeuse dresse le portrait d'une horde de Huns illuminés sachant manier les gadgets de James Bond. On ne peut que souhaiter que les pays civilisés cessent leurs doubles jeux et leurs conflits d'intérêt, remettent en question leur aveuglement devant les laissés pour compte de leurs sociétés, et débarrassent l'histoire de ce monstre sanglant.


jeudi 19 novembre 2015

Les plaisirs simples (4)





          Quelques jours avant la boucherie terroriste à Paris, nos forces de l'ordre étaient ici engagées dans des tâches autrement moins dangereuses, mais il faut croire tout aussi importantes, à savoir empêcher les pêcheurs à la ligne de concurrencer avec 2 ou 3 vers les filets des pêcheurs professionnels.

          Pour tenter d'initier mon petit Raphaël à la pêche, il me fallait trouver un endroit où les chances étaient un peu plus grandes de  toucher un poisson, sinon l'intérêt allait retomber dans les 10 minutes, j'avais donc choisi le  bassin  de sortie de l'étang du Barcares où les dorades qui tenteraient comme à leur habitude de rejoindre la mer en cette saison allaient buter contre le  barrage mis en place par lesdits professionnels et tourneraient en rond dans le bassin au lieu de simplement faire un passage lors de leur migration automnale. 

        Nous nous étions mis prudemment à 150m dudit barrage (lequel est une ineptie du point de vue écologique d'ailleurs) selon  ce que je pensais être la loi. En fait Mr et Mme Gendarme sont venus nous signifier (gentiment) que nous étions toujours en zone interdite d'après les plus récentes dispositions, même s'ils ne savaient pas exactement où l'interdiction cessait…. 
       Je comptais sur leur indulgence compte tenu de la présence d'un petit fils de 6 ans. Toutefois celui ci, déjà frimeur, répondit à Mr Gendarme que, oui, il allait souvent pêcher avec papi et que,  oui, on prenait souvent des poissons… Tsssss. J'en ai donc déduit lorsque Mme Gendarme a quand même relevé mes coordonnées à titre d'avertissement, qu'il serait bien capable si je déclinais une fausse identité de déclarer en riant et très fier de lui "Mais pourquoi tu donnes ce nom, c'est pas ton nom Papi !! "

        Je me suis donc piteusement résolu à décliner ma véritable identité, moi qui venais d'offrir à Raphaël sa première expérience de délinquant ! Nous avons rangé la ligne,  en laissant le  plomb  et l'hameçon accrochés dans une touffe d'algue pour  faire bonne mesure, et nous sommes repliés sur un endroit permis où évidemment la bredouille nous attendait…

          Les quelques poissons photographiés ci-dessus (et tous à la maille Mr Gendarme) n'ont pas été pris avec Raph,  hélas, mais un autre jour où j'étais seul, ailleurs, car cette petite aventure m'aura au moins fait explorer d'autres zones de l'étang, plus tranquilles et pas forcément moins poissonneuses… Plaisirs simples dites vous ? Pas sûr, même si le mot "sûr" semble  perdre son sens, il y a encore assez peu de  risques ici  de se faire canarder…et Raphaël s'il s'ennuye, peut même y faire du vélo ! 




-  Tu as eu peur, Raphaël,  en voyant les gendarmes ?

-   Ben non, on n'était pas en voiture, alors…

lundi 2 novembre 2015

Black is beautitul (of course)



Haka coucou

            Finie, terminée en apothéose cette coupe du monde, avec un match superbe, une finale avec 5 essais. Le premier, de Milner Skudder, était de toute beauté avec circulation de balle impeccable entre avants et arrières, des gestes rapides et millimétrés dont le spectateur est friand. Plus encore que la course impressionnante de Nonu sur le second, c'est la magnifique passe de handball de Sonny Bill Williams en déséquilibre total qui ensuite retiendra son attention. Très belle réaction australienne avec là aussi deux essais superbes, puis le drop wilkinsonien de Carter à l'instant même où les kangourous se remettaient à croire en leurs chances… Un régal…

           Victoire attendue d'une équipe clairement au dessus du lot, faite de joueurs qui ont appris à se faire des passes en même temps qu'ils apprenaient à marcher, dans un pays imprégné de rugby de 5 à 95 ans, lequel pays possède pourtant moitié moins de licenciés que la France. Le rugby y est une culture, c'est un lieu commun de le rappeler.

        Une stat m'a surpris récemment, qui dit le rugby maintenant plus populaire dans notre pays que le football, et pas seulement dans ses bastions traditionnels au Sud de la Loire. Un élément positif pour recréer une EDF compétitive après la correction reçue face aux vainqueurs ? Le chantier est lourd, les intérêts divergents, les lobbies sournois dans un monde au moins aussi "politique" que le reste de la société. Guy Noves a pris la barre et le pays attend de lui des miracles. Dans sa première apparition sur Antenne 2 comme sélectionneur, il a pris la précaution de se situer en homme de terrain, et de préciser qu'il fera ce qu'il peut dans le cadre où on lui permettra de s'exprimer. Mais s'il est connu pour son amour du "beau jeu" et pour ses talents de formateur, on sait aussi qu'il est loin d'être un politicien naïf, et sa manière de ne critiquer personne et de ne rien dévoiler pour l'instant de ses projets montre qu'il n'est pas maladroit pour manier la langue de bois. 

        N'empêche, il pourra difficilement faire plus mal que son prédecesseur obsédé par la mêlée et la force physique, et on voit mal Noves se contenter de lignes arrières incapables de négocier des ballons d'attaque. Le "french flair" pendant cette coupe du monde, on l'a vu parfois au Japon, parfois en Australie, parfois en Argentine, et bien sûr en Nouvelle Zélande. Si Guy Noves arrive à le rapatrier, il lui sera de toute façon beaucoup pardonné.

      Ci joint, un remarquable entretien avec André Boniface qui à son époque ratait de temps en temps des matchs, mais si souvent nous enchantait.


mardi 13 octobre 2015

Coupe du monde: que retenir après les poules ?





•   …  Que le coq n'a pas de quoi faire le fier (bon, ok, je sors…)

•     Que les "petites équipes" sont en progrès, sans avoir encore un effectif leur permettant de rivaliser sur un match entier. Mais la  victoire du Japon  sur les tracteurs sud af était superbe, ces derniers avaient manifestement la grosse tête en plus de leurs gros  bras. Un pack qui tient la  route, des lignes arrières vives, adroites et non stéréotypées, quel match plaisant.

     Tout comme était plaisante la solidarité de tous les instants de l'équipe georgienne.

     N'empêche à la  sortie on retrouve à peu près toujours les mêmes, l'Angleterre s'est pris les pieds dans le gazon, elle sera remplacée par l'Ecosse, un peu moins huppée sans qu'il y ait un monde d'écart.

   PSA se retrouve habillé pour l'hiver, après la défaite devant l'Irlande, dont le jeu très complet va augmenter la cote auprès des bookmakers.  Il a  l'habitude, de  toute façon être sélectionneur  en France fait de vous la tête de  turc obligatoire. Je suis curieux de savoir ce qui attend Noves après l'état de grâce que lui vaudra sa réputation toulousaine.

       Conjugués à tous les  modes, on aura droit à tous les gri-gris habituels pour conjurer le  sort: on est la bête noire des "tout noirs", sur un match on peut battre n'importe qui, etc…

       Personnellement ce qui me désole est l'indigence des lignes arrières, qui  donnent toujours  l'impression de vouloir  réciter une leçon en hésitant et/ou en ayant peur de se faire taper sur les doigts. Quand ils choisissent enfin une  option, le ballon est déjà perdu. Et je pense toujours que Lagisquet (dont on ne parle pas) qui les entraine avait la responsabilité des arrières de Biarritz quand le jeu de cette équipe est devenu prévisible et ennuyeux…

      Ah! ces rucks, j'ai beau scruter ces pelotes de bras qui enserrent le ballon dans leurs poutrelles, je n'arrive toujours pas à bien voir pourquoi ce  bras avait  raison tandis que cet autre était pénalisable… J'ai pourtant l'impression que l'excellence dans cet exercice du ruck sera la première qualité du futur champion.

     Mais si quelques éclairs, comme le deuxième essai superbe de l'ouvreur australien contre l'Angleterre, illuminent le jeu, le spectateur ne s'en plaindra pas.