Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

mardi 31 décembre 2013

X) Menu xénophobe



Melon au Portos

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Velouté de six crouilles 

ou 
Quenelle à la Dieudonné

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Rosbeef aux macaronis

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Ratonnade maison

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Café nègre

NB: on conseille un blanc sec avec ce menu

samedi 28 décembre 2013

Une nouvelle pour Noël




             Les incontournables fêtes dites de Noël restent une épreuve pour ceux qui à cette occasion ressentent douloureusement la solitude quand ils ne l'ont pas choisie. Le médecin connait bien cette période officiellement joyeuse et pourtant déprimante pour ses malades et ses personnes âgées, lesquels réclament parfois sa visite comme on gratte une allumette dans le noir. 

            Bien des vieillards sont maintenant chouchoutés dans des résidences modernes qui n'ont plus rien à voir avec les anciens hospices à la réputation déplorable. Bien éclairés, parés de guirlandes et d'arbres de Noël clignotants, ces véritables hôtels aménagés se déguisent en salles des fêtes et réussissent presque à représenter une ambiance familiale chaude et colorée. 

             Pendant ce temps, dans les HLM et les quartiers pauvres, nombre de "couples" comme celui de la nouvelle qui suit piétinent encore sobrement dans le gris de leur  quotiden. Ce texte, un petit signe dans leur direction, avait été publié en son temps dans la revue "Encres vagabondes" dont j'ai découvert qu'elle s'était transformée en site sur Internet.


dimanche 15 décembre 2013

Paris


                Une autre raison cette fois que le prétexte "culturel" bien connu du provincial pour nous rendre à Paris. La décision de notre fille d'y faire une expérience de vie et de travail. Hormis le choc de la voir préférer séjourner dans un placard à balais aménagé pour un prix supérieur à celui d'un F4 dans le Sud, rien à dire sur le choix du quartier, le 14è, propre et clair, riche en commerces et petits restaus sympas, lieu de travail à deux pas évitant la corvée de métro pluriquotidienne. 

                  Car c'est bien dans le métro qu'on voit combien la vie parisienne est gourmande en énergie individuelle. Tous ces visages comme blasés ou fatalistes isolés dans leur bulle, yeux rivés sur un livre ou un portable, oreilles asservies aux écouteurs, concentrés sur l'optimisation égoïste de ce temps passé au milieu des autres et pourtant vide de sens. Des solitudes agglutinées, lançant de temps à autre un regard furieux ou une courte injure en cas d'incivilités, banales et fréquentes... 

               Clémence de la météo, certes des jours frisquets, mais sans trop de vent et surtout quasiment sans pluie.

               Quelques échos pour qui voudrait s'y rendre.

• Encore quelques jours pour "L'art en fusion:" Frida Kahlo/Diego Rivera au musée de l'Orangerie jusqu'au 13 janvier 2014. Je suis personnellement plus sensible à la peinture de Rivera, des fresques somptueuses même si le thème en est lourdement militant, des portraits profondément humains, des couleurs chaudes à l'équilibre remarquable.

La marchande d'arums. Diego Rivera

Mais la peinture auto-centrée d'une Frida Kahlo souffrante, de son corps blessé comme de l'amour ravageur de son Diego géant, reste très émouvante, comme l'histoire de sa vie.

Frida Kahlo-Autoportrait


• Jusqu'au 20 Janvier "Le feu sous la glace": Felix Vallotton au Grand Palais  Au départ graveur, sachant utiliser admirablement le noir et blanc comme dans la scène ci-dessous que je trouve si évocatrice de son talent pour la gravure, il devient peintre en gardant les qualités du graveur qui permettent aux sujets choisis d'avoir une grande netteté de contours, et s'intéresse aussi bien aux paysages qu'aux portraits ou à des scènes d'intérieur autorisant souvent deux lectures. C'était un des rares peintres parait-il à avouer franchement que le nu permet surtout au peintre de se rincer l'oeil ! Magnifique exposition d'un artiste dont la renommée n'est sans doute pas à la mesure du talent.

F Vallotton-La manifestation


F Vallotton-Le dîner




• Vous aurez plus de temps, jusqu'au 20 Mars 2014 pour aller voir Brassaï, gratuitement à l'Hôtel de ville   Superbe ! Une exposition "cadeau" de haute qualité, comme celle vue l'an dernier.  Paris nuit et jour, Paris toujours, avec certains clichés déjà vus car célèbres, mais aussi une étonnante série de photos de graffitis creusés dans la pierre, graffitis dont il faisait l'équivalent des fresques retrouvées dans les grottes antiques. Et une capacité à faire vivre le Paris de son époque à travers des sujets à priori banals.
• Cette qualité à donner vie, et faire ressentir une atmosphère en photographiant d'apparentes banalités, il la partage sans doute avec beaucoup d'artistes (pour rester dans ce que j'ai vu pendant ce sejour, cf Vallotton qui peint une femme de dos rangeant son armoire !)...

F Vallotton- Femme en bleu fouillant dans une armoire



... mais en particulier avec Raymond Depardon, dont vous pouvez voir "Un moment si doux" au Grand Palais jusqu'au 10 février 2014 . Son reportage sur Glasgow en est un exemple parfait. 


Pour ceux qui comme moi ont une origine rurale, offrez vous ses DVD "Profils paysans", vous aurez une idée des rapports qui existent entre la campagne profonde et l'éternité…

              Un conseil pour toutes les expos payantes, si vous ne voulez pas faire le pied de grue dans le froid pendant 2 heures, pensez à réserver sur internet, vous réduirez la punition à une demi-heure.











jeudi 5 décembre 2013

On nous cache tout





Opéré de la prostate sortant incognito du bloc opératoire


                Tempête dans un verre d'eau. Le président avant d'être président s'est fait opérer de la prostate pour un adénome bénin sans le dire… Diable, on nous a caché cette information capitale… Une honte.
                 On croit rêver. Autant il est compréhensible que "le peuple" soit mis au courant d'une maladie présidentielle susceptible d'avoir des conséquences sur les décisions prises au sommet de l'Etat, autant le ridicule pointe à guetter le moindre accroc de santé d'un individu au prétexte qu'il est chef de cet Etat. Qu'on avertisse une classe que son professeur sera absent 4 jours car il doit subir une opération bénigne ou parce qu' il est grippé se comprend bien, les élèves doivent pouvoir éviter de se rendre en cours pour des prunes. Mais là ? "Un sujet qui relance la question de la transparence sur la santé du Président" dit France Info …

        Et, c'est écrit noir sur blanc (enfin, si l'autre débat sur la xenophobie autorise cette expression) Hollande aurait "caché"son hospitalisation: non seulement il n'en a pas parlé, mais c'était une volonté de dissimulation, pas un simple hors-sujet ! Petit cachotier ! quel fourbe !

         Certes, Pompidou exerça sa fonction en étant atteint de la maladie de Kahler, Miterrand souffrait terriblement de son cancer prostatique métastasé dans les os. Personne ne savait rien dans la plèbe. Quand on connait les modifications d'humeur possiblement associées à la prise de cortisone ou accompagnant certainement des douleurs osseuses invalidantes, comme le pronostic vital de ceux qui  sont victimes de ces maladies, pas besoin de longues explications pour comprendre combien il est fondamental que ces informations soient connues. Ce type, qui souffre le martyr au point de vouloir tout envoyer au diable, possède en main le destin d'un ou plusieurs pays. Soit. Mais est ce une raison pour exiger un bulletin de santé de l'Elysée quand son pensionnaire souffre d'une rhinopharyngite ou s'est coupé en se rasant ?

          Les journalistes semblaient vouloir un cours complet sur l'adénome prostatique, traquaient le moindre soupçon de langue de bois: définition, diagnostic différentiel, complications, suivi. Tout juste s'ils ne réclamaient pas les images histologiques d'une coupe de prostate au microscope… Dans les explications du professeur d'urologie interrogé, on sentait une pointe d'agacement bien légitime. N'a-t-on rien d'autre à faire que couper ainsi, sinon les cheveux, du moins les  poils pubiens, en quatre ?

           Une opération d'adénome prostatique est faite pour favoriser la miction, point. Et n'entraine pas de suivi particulier. En d'autres termes il faut juste laisser pisser.

samedi 30 novembre 2013

Impair et passe



         Pour ou contre la pénalisation des clients de prostituées ? Encore une occasion de marcher sur des oeufs en espérant éviter l'omelette…

         Bon, Marcel repère une accorte demoiselle qui semble avoir une raison précise de se geler dans ses escarpins au coin de la rue. Il l'aborde et ils partent ensemble. Un policier les suit, les attend. On ne la lui  fait pas, le chef de la police d'Oslo explique que c'est très facile d'être contractuel pour les PV sexuels.  Donc il dresse une contravention à Marcel qui ressort d'un appartement où la demoiselle, Eva, se rhabille. Marcel n'a pas su prouver qu'il venait juste réparer la chaudière. Marcel a commis un impair, et rentre chez lui en se demandant comment il pourra payer cette passe exorbitante en ces temps de crise, l'équivalent d'un salaire mensuel de professeur certifié stagiaire.

         Eva devra chercher une autre adresse pour exercer, ou tenter de soudoyer le policier pour éviter que ce genre de mésaventure, très mauvaise pour son commerce, ne se reproduise. Si ça devient trop compliqué, elle va fermer boutique, et postuler pour un emploi au supermarché local… Nan, j'rigole, elle va faire quoi, Eva ? Ben, j'sais pas, faut demander à son mac. Parce qu'elle a un mac, Eva ? Enfin, je veux dire, elle doit être et, si elle n'y est pas, va devoir être dans un réseau, quoi, elles seront une vingtaine, dans le même cas, et le chef du réseau, on le situe pas, il est même pas dans le pays, et la clandestinité, lui connait bien  par contre, pour lui et pour elles, donc c'est pas un problème, qu'Eva soit clandestine ou pas, du moment qu'elle bosse bien, hein…Les macs c'est bien pour protéger les filles, non ? Il va lui dire tu restes là, chérie, j'ai un gros carnet de contacts, et je vais mettre des annonces sur internet avec différentes couvertures (en qqs semaines les michetons seront au courant des intermédiaires à contacter) tu n'as rien d'autre à faire qu'attendre que untel (et seulement lui) te contacte pour les rendez vous, maintenant tu s'occupes de rien, je s'occupe de tout…

       Bon, Marcel lui a été échaudé, il cherchait juste une consolante et de la chaleur par ce temps d'hiver, et maintenant au lieu de changer comme prévu le canapé du salon, va devoir payer 1500 euros, on peut payer en 3 fois comme chez Conforama monsieur l'agent ? Ouais, il va laisser tomber, Marcel, c'est trop cher, toute façon, il est pas accroc, les sites pornos ça suffit largement et c'est gratuit le "in vitro", d'ailleurs les types qui ont les femmes "in vivo" dans les films, ils finissent l'épisode manuellement aussi la plupart du temps, alors…

         De temps en temps, Marcel est vraiment un adepte, dans ce cas il va se débrouiller, son carnet de contacts à lui n'est pas mal non plus, en peu de temps il aura compris les quelques étapes intermédiaires devenues nécessaires pour éviter les embrouilles. Et vogue petit navire…

         10% des Eva seraient dans le petit commerce, l'autogestion modeste, quoi… C'est parmi elles qu'on trouve sans doute les rares femmes qui prétendent avoir choisi, comme on dit en Afrique, de "faire boutique son cul, et gèrent en toute indépendance. Elles vont souffrir comme tous les petits commerces face aux supermarchés, je ne connais pas le pourcentage des Marcel qui visitent inconditionnellementt ces petites échoppes mais ça doit pas atteindre un pourcentage bien supérieur. Insuffisant pour renflouer les caisses de l'état à coups de 1500 euros, en tout cas.

         Les réseaux eux, rigolent et même doivent se frotter les mains, comme Carrefour chaque fois qu'un épicier local court à la ruine sous les taxes. A moi les nouveaux clients, et même les nouvelles "franchises".

         Je vous passe les détails.

         Mais peut être  dans ma courte analyse ai-je aussi commis un impair ?









mercredi 27 novembre 2013

W) Menu Waterproof


Etanche deux fois

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Fricassée d'homme grenouille

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Plonge de porc et grands fonds d'artichauts

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Gâteaux secs à l'abysse

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Epave au chocolat

jeudi 14 novembre 2013

Jours de Gala



            J'aurais pu vous parler de Canada de Richard Ford au thème pour le moins original, vous auriez pû apprécier les conséquences d'avoir des parents braqueurs de banque, ou bien de Au revoir là haut de Pierre Lemaitre.  

           Le premier est devenu depuis ma lecture prix Femina étranger, et l'autre, également après ma lecture (cette année je devais avoir le nez fin lol !) … un prix Goncourt de bonne tenue sans être à mon avis éblouissant, mises à part quelques pages somptueuses sur la boucherie des combats de 14/18, un roman qui a  le mérite de montrer les moyens tordus employés pour s'enrichir de la guerre.

           Mais je préfère vous parler de Gala, la muse redoutable, de Dominique Bona. 



              Non que Gala soit un personnage fascinant, encore qu'avoir été le grand amour d'Eluard, la maitresse de Max Ernst et l'idole indéboulonnable de Dali n'est pas à la portée de la première Nabilla (ve)nue. Mais parce qu'avec ce personnage un peu énigmatique, au corps prétendûment de proportions parfaites, au visage selon moi banal, peu expressif, aux petits yeux noirs de rongeur, on se promène dans l'extraordinaire pépinière d'artistes de l'après guerre de 14, où poètes et peintres devenus ensuite célèbres se connaissent, se cotoyent parfois de façon intime, alors que leur renommée est encore inexistante ou seulement balbutiante. 

                On les voit vraiment vivre et tâtonner pour construire leurs personnalités devenues celles d'artistes majeurs du siècle. Eluard, Breton, Soupault, Péret, Crevel, Tzara, Aragon, Ernst, Picasso, Dali, excusez du peu. Gala circule dans ce milieu, où les cerveaux sont en surchauffe avec les guerres et la révolution russe, elle est rarement appréciée par ces cercles d'intellectuels illuminés par le surréalisme et la politique, on s'en méfie sans bien expliquer pourquoi, son air un peu hautain et peu communicatif sans doute. "La russe" y est un peu méprisée tout en étant presque crainte. 
                 Après le faste de Dali à son zenith, beaucoup de journalistes évoqueront son appât du gain, alors qu'elle accompagne docilement des années Eluard dans un modeste appartement parisien, qu'au début de sa vie Dalinienne elle sera confinée longtemps dans une presque cabane de pêcheurs à Port LLigat, à vivre d'amour et d'eau fraiche. Certes quand Dali atteint une cote astronomique, elle devient une femme d'affaires redoutable. 
               D'autres insisteront sur son goût pour le sexe, alors qu'à l'évidence les fantasmes plus ou moins clairs d'Eluard ne sont pas pour rien dans son aventure avec Max Ernst, et que dire du voyeurisme et de l'"impuissance" revendiqués par Dali ? Elle était cultivée, grande lectrice depuis son enfance, encourageant sans cesse la poésie d'Eluard, la peinture de Ernst puis de Dali, sans jamais avoir manifesté pour autant de prétentions intellectuelles personnelles.

                   Elle n'a rien de très sympathique, ne serait ce qu'à voir le peu d'intérêt allant jusqu'au rejet sans pitié qu'elle montra vis à vis de sa fille, mais elle semblait surtout, et d'étonnante manière, inconditionnelle de l'homme avec qui elle vivait pourvu que celui-ci la porte aux nues et le montre. Ce qui pourrait selon moi la préserver d'être "récupérée"en porte drapeau d'un féminisme de combat. A la fin du livre, on  en sait plus sur Eluard, Breton, Aragon et Salvador Dali que sur Gala. Mais c'est bien sans doute le génie d'une muse de faire briller, même dans sa propre biographie, ceux qui l'accompagnent en restant elle même dans l'ombre.