Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

lundi 21 mai 2012

T) Menu Triste


Soupe à la grimace

*

Poêlée d'abattus

*

Tête de veau aux pleurottes

*

Beignets de larmes




           

mardi 15 mai 2012

Miroirs

               Deux lectures récentes en miroir m'ont laissé à 157 ans de distance un peu sur ma faim… 


Walden ou La vie dans les bois
de Henry David Thoreau écrit en 1854 
Dans les forêts de Sibérie
de Sylvain Tesson écrit en 2011

                

               Le choix de ces lectures ne relève pas pour moi d'une quête spirituelle intense, pas même du fantasme un peu naïf d'un retour à la nature, mais quand même probablement d'une attirance pour une vie plus simple et surtout moins urbaine maintenant que se profile assez concrètement le projet d'un retrait de mon parcours professionnel… J'ai depuis longtemps perçu les bienfaits d'une remise en question par la nature de nos vies citadines, de leurs décors de carton, leurs comptes d'apothicaire et leur carrousel de lumières… 

            Combien de fois me suis-je allégé de la tension de mon métier,"ressourcé", selon l'expression à la mode, dans la cueillette des champignons ou la pêche à la mouche, et plus généralement combien de fois me suis je vu remettre à ma minuscule place par la contemplation d'un phénomène naturel, même relativement banal ?… 

            La brume qui monte et s'étend avec le froid sur un lac d'altitude, le baiser sonore du gobage d'une truite, l'orage qui éclate sur l'arête granitique qu'on vient de quitter, la mer qui gronde et mord une falaise déchiquetée, ou soulève et secoue sur son dos monstrueux une coque de voilier, le vent qui vous râpe le visage, vous force à baisser la tête sur la lande, à marcher comme un automate dans les trilles des alouettes ou transforme la forêt en chevelure ébouriffée qu'il épouille bruyamment, le soleil qui vous abrutit methodiquement quand il n'y a plus la moindre ombre de pin à crochet… 

              Pas besoin d'aller en Sibérie ou dans le Massachussets se nourrir d'oignons sauvages pour comprendre que la vie dite civilisée n'est qu'un manège sur lequel nous sommes emportés en perdant la mémoire de ce qui fait de nous de simples êtres vivants, ni plus ni moins importants que le rouge-gorge ou la marmotte… Pas besoin, non, d'être un anarchiste résolu ou un écologiste stalinien pour comprendre que sorti des villes, l'homme moderne n'est plus qu'un albatros au sol plus ou moins maladroit… La nature vous tend un miroir dans lequel votre reflet ne possède aucun maquillage, aucune tenue de gala, et bizarrement la vie n'a plus besoin de justificatif, se moque des analyses et des constructions mentales, elle se contente d'être…

              Pour revenir à ces deux livres, il est tout de même paradoxal que, aussi bien pour Thoreau que pour Tesson, ces expériences de vie solitaire, au plus près des besoins élémentaires, au bord de lacs aux hivers particulièrement rudes, aient besoin d'être communiquées aux communautés auxquelles ils prétendent tous deux vouloir échapper… Thoreau ne faisait pas mystère de ses désirs révolutionnaires (cf un autre de ses livres intitulé "La désobéissance civile"), Sylvain Tesson lui avoue plutôt faire de ce "voyage immobile"une thérapie personnelle, ce qui ne l'empêche pas d'écrire un livre, de s'auto-filmer, puis donner des interviews…

            Les deux ont des prétentions culturelles et philosophiques qu'on retrouve dans la plupart des oeuvres de littérature dites de "nature writing" , comme au cinéma (Into the wild de Sean Penn )… C'est plus sur le plan émotionnel que je trouve la nature importante, pour rééquilibrer nos sensations, et comme je le disais au début de ce billet, les développements en recherche d'une spiritualité laissent un peu sur la faim, normal quand on a quelques poissons, herbes et farines de gruau pour s'alimenter, mais au moins pas sur la soif, à voir la quantité de vodka qu'on peut ingurgiter sur les bords du lac Baïkal…

            De Thoreau vous n'aurez "que" le livre, disponible gratuitement en format PDF, mais le film qu'a rapporté Tesson de son ermitage contient des images superbes, qu'on peut se contenter de contempler, sans avoir forcément besoin de commentaires littéraires, même si certains sont fort réussis…


"La virginité du temps est un trésor. Le défilé des heures est plus trépidant que l'abattage des kilomètres. L'oeil ne se lasse jamais d'un spectacle de splendeur" S. Tesson

NB: je m'aperçois longtemps après cet article que la video proposée ci-dessous est parasitée par une pub de 3 mn pour le Vietnam ! je pense qu'en cliquant sur Youtube pour la voir directement elle disparait


mardi 8 mai 2012

Les plaisirs simples (2)…

            … restent exorbitants

              Toujours de grandes difficultés cette année dans ma quête de morilles… Les brunes (ou coniques) poussent à plus haute altitude et un peu plus tard que les morilles rondes (communes, blondes, cendrées)… 
                   J'ai donc décidé de rendre visite à un de mes coins dans le massif du Canigou… Cette fois je n'ai pas rencontré de nouvelle propriété privée, mais… une barrière toute neuve sur la piste signifiant cette année accès interdit "sauf aux ayants-droit ", nouvelle entrave au peu de liberté qui nous reste… Découragé à l'idée de me coltiner une heure et demie de grimpette avant d'atteindre un emplacement peut être déjà dépouillé, je me suis contenté d'une petite zone "test" connue de moi, proche du parking imposé...   Je n'y ai trouvé qu'une morille comme un prétexte à élargir ma recherche plus avant, et cette insistance s'est vue modestement récompensée, j'ai pû quand même réussir une petite cueillette…



                       Du coup, encouragé par ce résultat, j'ai voulu pousser jusqu'au "vrai" coin, mais au bout d'une demie heure il s'est mis à pleuvoir, me forçant à rebrousser chemin car je n'avais pas cru devoir repasser chercher mon sac à dos dans la voiture…

                   Tout cela pour dire que si une petite amélioration s'est produite, rien de miraculeux toutefois… M'enfin nous avons aussi depuis 2 jours un autre Président, et c'est bien ce qu'ont l'air d'attendre tous les français, qui cette fois ont offert le 6 Mai du bout des doigts 2 ou 3% de bulletins en plus au nouveau candidat, une petite amélioration, sans beaucoup d'illusions pour la suite…

                          PS (sans jeu de mot!): entendu de nombreux oiseaux, et si le coucou, le pivert, le merle et l'épervier m'étaient familiers, j'ai regretté de ne pas savoir identifier plusieurs autres chants parfois fort mélodieux…

mercredi 2 mai 2012

Les plaisirs simples…

… deviennent exorbitants.


            Au mois d'Avril quoi de mieux que déguster des oursins au bord de la mer par une belle journée ensoleillée ?




                  Mais une belle journée, non travaillée, sans vent, n'est pas fréquente, et les oursins, comme toutes les ressources de la Méditerranée, se raréfient, il faut aller en Espagne avec un ami qui ne craint pas d'enfiler sa combinaison de plongée malgré la tramontane, pour pouvoir encore déguster sur la plage dans une anse abritée ces petites merveilles accompagnées d'un verre de vin blanc très frais…


             Les rivales des oursins pourraient être les délicieuses morilles, avec un peu de crème et un médaillon de veau "Rosée des Pyrénées" c'est un pur régal, dans la crème parfumée chantonne encore le torrent au bord duquel vous les avez cueillies, près du frêne, de l'aubépine ou du vieux pommier… 
     
                 Mais elles se font bien rares elles aussi pour qui ne dispose que des jours fériés pour sa quête:

- à cause du nombre sans cesse croissant de chercheurs
- à cause de la brièveté de leur poussée et de l'exiguité de leurs domaines




                Vous faites des kilomètres sur des routes tortueuses, et quand vous arrivez sur place vous tombez sur un jeune paysan qui habite sans doute à 5 minutes, lequel vous montre une vingtaine de "poupées grignotées" cueillies dans le vallon... Vous savez bien que le meilleur chercheur du coin en laissera toujours, vous gardez donc espoir… jusqu'à ce que vous réalisiez qu'au delà des 500 mètres carrés qu'il a passés au peigne fin  se dresse une clôture récente et un panneau tout neuf orné d'un beau sens interdit avec deux mots cruels "propriété privée"… Alors vous marchez, vous rôdez, vous vous retrouvez pour éviter la nouvelle propriété dans des endroits où jamais aucune morille digne de ce nom n'aurait l'idée de pousser… A force de détours et de contours, qu'impose une végétation parfois touffue…





…vous débusquez bien deux ou trois bijous, alors, en chemin vers votre véhicule, vous pensez, le jour de la fête du "vrai" travail et la veille du débat princeps opposant deux candidats à la Présidence de la République, que 4 morilles en 3 heures, ma foi, est un taux de rémunération horaire des efforts finalement assez représentatif dans la France d'aujourd'hui…













dimanche 22 avril 2012

Combas pour la vie



                        Robert Combas est devenu un peintre reconnu dans le monde entier… Une très belle émission lui a été consacrée sur France 5: vous pouvez si vous vous dépêchez la revoir jusqu'au 26 avril 2012 …  

                            J'ai enregistré ce documentaire mais il pèse trop lourd pour être mis sur un blog…

                      Combas est une sorte de grand Duduche devenu célèbre, un Sétois au début un peu glandeur passionné de rock et de petits mickeys, qu'on imagine bien en train de déconner avec ses potes autour d'une bière en dessinant des graffitis délirants tout en écoutant Lou Reed… Sa production est pourtant colossale, touche à tout, et franchement jubilatoire, exemplaire pour qui rêve d'être un cancre génial… C'est un homme extrêmement touchant, dont on ressent la sincérité et la profonde humanité, un artiste complètement libre dont on se réjouit du succès mondial, lequel renforce encore bien sûr sa liberté, au point qu'il se permet de jouer au vrai rocker dans son exposition lyonnaise jusqu'au 15 Juillet 2012…







                 Je ne suis pas sûr à ce que j'ai entendu que ses qualités musicales soient au niveau de son talent de peintre… Mais il "s'éclate" avec cette musique au point d'en être attendrissant… Basquiat (à qui on peut penser parfois en regardant les tableaux de Combas) était aussi passionné de musique, lui c'était le jazz…

                    Et puis un peintre qui émerveille les enfants…




dimanche 8 avril 2012

Fais pas l'oeuf…


Pâques est évidemment une fête religieuse en particulier juive et chrétienne:

• Chez les Juifs, l'agneau pascal a commencé à morfler avant la traversée de la mer rouge et l'exode, son sang sur la porte des Hébreux leur évitait la mort des premiers nés réservée par Dieu aux Egyptiens…
  
• Chez les Chrétiens, Jésus s'identifiait à cette victime innocente offerte pour les péchés des hommes: résulat des courses, on grille et mange des agneaux pour Pâques, quand l'ex victime Jesus repasse de la mort à la vie…

L'oeuf est aussi un symbole traditionnel pour Juifs et Chrétiens 

• Chez les Juifs, lors de Séder  un oeuf dur représentait la destruction du temple de Jérusalem (?) , et à la fin des 2 premiers repas de la semaine de la pâque juive les enfants devaient trouver des oeufs…

• Chez les Catholiques, la consommation des oeufs étant interdite pendant les 40 jours du carême, il fallait ensuite consommer la réserve d'oeufs accumulée encore comestible, ou les cuire et les peindre pour décoration s'ils étaient trop vieux…

• Chez les Orthodoxes, l'oeuf symbolise naturellement la résurrection du Christ…

Dans certains pays cela devient compliqué (Allemagne, Suisse, Autriche) car ce sont des lièvres ou des lapins qui apportent les oeufs de Pâques…

Bref, vous l'avez compris, on peut accomoder l'oeuf de bien des façons, tant sur le plan culinaire que dans l'imaginaire…

Pour terminer ce billet:

-un quiz: Vous pouvez faire celui-ci , assez sympa, pour actualiser vos connaissances en matière d'oeuf

- une blagounette : quelle différence entre un oeuf et une voiture japonaise ?"
                                         aucune, le jaune est à l'intérieur…
---> oui, bon… je sors

- une courte nouvelle enfin, intitulée "En couleur"

Joyeuses Pâques !

mardi 27 mars 2012

Un jour bleu





                                                "Et quand viendra le jour du dernier voyage,
                                                quand partira la nef qui jamais ne revient,
                                                vous me verrez à bord, et mon maigre bagage,
                                                quasiment nu, comme les enfants de la mer" 


              Ces vers sont gravés sur la tombe d'Antonio Machado à Collioure. J'ai aimé cette séquence qui nous invite, nous républicains parfois hésitants, à passer le saluer, par un jour bleu (Estos dias azules y este sol de la infancia - Ces jours bleus et ce soleil de l’enfance-), et à lui laisser un petit mot…