Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

jeudi 24 février 2011

M) Menu Malade


Essoufflé de poisson
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Tomates infarcies
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Pil-pilules de blé
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Fromage de fièvre
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Poires au sirop

mercredi 16 février 2011

Frontières

       "Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires "(Wikipedia)
              Franchir physiquement une frontière ne pose plus guère de problèmes en Europe, mais  "outrepasser les limites" ou "dépasser les bornes" sont des expressions devenues presque synonymes  pour des actions tout aussi courantes… Entre l'affaire Florence Cassez où deux chefs d'état s'affrontent à coups de déclarations bravaches en négligeant évidemment les conséquences pour la personne emprisonnée, les déplacements de personnages officiels dans des avions privés, comme dans un passé proche sur des yachts gracieusement mis à disposition, les voyages de vacance permettant des contrats individuels juteux, les vrais-faux dopages de cycliste à la viande contaminée, les pêches d'Espagne étiquetées "de France" et l'utilisation quasi quotidienne de fonds publics à des fins personnelles, l'actualité est riche en exemples de confusion des genres…
            J'ai déjà dit ne pas vouloir faire de ce blog une quelconque tribune stigmatisant les dérives nombreuses, et ces  lignes me servent seulement à introduire une nouvelle autour de ce terme de "frontière à franchir", à moins que ce soit après tout de "limite à ne pas franchir"… 

mardi 8 février 2011

Truffe



            Que je sois allé seulement le 6 février essayer de trouver des truffes indique combien la situation a changé… Trois années de sécheresse intégrale ou presque ont probablement mis à mal le mycelium des truffières "sauvages" seules permises au caveur amateur… Ou alors je vieillis… Un des signes du vieillissement étant un penchant pour la nostalgie… N'empêche, se coltiner 600 m de dénivelé pour rentrer bredouille… Pas la moindre truffe… Une seule mouche, que je n'ai même pas pû montrer à l'amie qui m'accompagnait et que j'étais censé initier à l'art subtile de la quête truffière… Restent quoi alors, les souvenirs ?
             J'ai retrouvé quelques photos plus parlantes qu'un long discours…

La fameuse "mouche à truffe" (Suillia gigantea)
        Chercher la truffe "à la mouche" est la méthode "artisanale", cette mouche se pose à l'emplacement d'une truffe mûre pour pondre, le champignon jouant ensuite le rôle de garde manger pour ses larves…

        Plus rentable bien sûr est d'utiliser un chien dressé, lequel grâce à son odorat est capable de sentir une truffe au moins une semaine avant qu'elle ne soit jugée apte à recevoir la ponte de la mouche…             Quand ce chien est un artiste comme l'était P'tit Louis, la cueillette pouvait être bonne, hélas Louis est devenu quasi aveugle et sourd, et perclus de rhumatismes…

Une truffière bien marquée ( le "brûlé", sans végétation)

P'tit Louis en action


      Sentir dans ses doigts l'odeur de Tuber melanosporum  dans une poignée de terre indique la présence du petit trésor entre 2 et 20 cm en dessous… ou plus à droite, ou plus à gauche… Le but n'est pas encore atteint, mais c'est peut être pour l'amateur l'instant le plus énivrant… Quoiqu'isoler enfin délicatement la truffe avec le "cavadou" complète la démarche à merveille…

La truffe fraîchement et "proprement" cavée…
        Enfin en cas de gros coup de chance, vous pouviez réussir une performance, aussi rare que photogénique…

Ah! bien sûr, la pomme est plus colorée !, mais tellement moins parfumée !…

            Hélas, donc, j'ai bien peur que ces moments de plaisir intense se fassent toujours plus rares… Vous avez remarqué notre tendance à ne pas avoir conscience de vivre des moments exceptionnels au moment même où on les vit, seulement après…

            Bien sûr restent encore les superbes paysages qu'offre notre région à qui dispose encore d'un coeur et de mollets solides…

Il existe une truffière sur la photo, saurez vous la trouver ?
Le Djebel algérien, l'Atlas marocain? Non, Languedoc Roussillon… (hum…déjà vu cette pub quelque part, non ?)



      

mercredi 2 février 2011

As de pêche



           Les sites de poker en ligne se livrent à une concurrence féroce pour attirer le plus de poissons possible dans leurs viviers… Depuis l'ARJEL les bassins ont été fortement réduits en taille, et certains grands carnassiers (les gros joueurs, pros et semi-pros) font la gueule, car il devient plus dur de dévorer des poissons de taille correcte…  D'autres plus philosophes se réjouissent d'avaler de la friture en nombre au lieu de poissons plus gros, car le risque est moindre de tomber sur une arête…
           Encore faut il que la friture (les petits joueurs récréatifs) soit effectivement en nombre… Et des sites leaders mondiaux comme Full Tilt n'ont pas en France des bassins très poissonneux…  Winamax.fr et Pokerstars.fr caracolent en tête, sans doute grâce à une publicité massive maintenant autorisée, mais pas seulement… Patrick Bruel se frotte les mains en évoquant la nurserie très performante que représente le site wampoker grâce à sa convivialité, et doit aussi beaucoup à son lot de "gentils" carnassiers sponsorisés (Abecassis, Lacay, Dhorasso, Bruel lui même…), plus aptes à créer un désir d'identification qu'à faire fuir les poissonnets… Pokerstars a suivi l'exemple avec entre autres Sebastien Chabal, et la création de "tournois de proximité": vous avez des potes, pas besoin de galérer pour fixer rendez vous chez l'un ou l'autre, créez une compétition à votre nom sur le site, tel jour, telle heure, tel droit d'entrée, et jouez avec qui vous voulez et seulement ceux que vous voulez… En outre sur toutes les tables, un clic vous suffit pour savoir si votre adversaire vient de St Beauzille le putois ou de Peta ouchnok la balayette… Ca n'a l'air de rien, mais ça participe de la convivialité… Et tant qu'à jouer entre français, autant évoluer dans ce registre…
             Le grand Full Tilt n'a pas compris cela: en bon américain, il ignore les particularismes locaux, et donc ignore l'esprit de clocher toujours vivace dans ce drôle de pays qu'est la France… Un clic sur l'avatar du joueur vous dit qu'il vient de France, et son voisin aussi, point… C'est bien suffisant pour les USA, non ?
              La plupart des poissonnets se sont fait aisément une raison de l'ARJEL et de l'obligation de jouer en .fr,  bah, l'espérance de gains ne les concerne pas tant que ça, ils misent 5 ou 10€ par ci par là et peuvent en gagner 500€ au lieu de 5000$ si tout se passe bien, ce qui est rare… Mais ils ont aussi 10 fois plus de chances de gagner 500 que 5000… Alors si en plus ils jouent "presqu'entre amis", ça peut suffire à leur bonheur… Comme semble l'indiquer cet extrait d'un article récent:

"Médiamétrie s'est également penché sur les motivations des joueurs. Et là, contrairement aux années précédentes, le "plaisir du jeu" devance l'espoir de gain. Ce n'est donc pas l'aspect financier, l'appât du gain, qui guiderait majoritairement les Français vers le jeu."
            
              On reproche souvent aux Français de préférer être champions de leur quartier, facilement, que champions du monde difficilement.… Mentalité moins fréquente sans doute depuis la "mondialisation", mais encore largement dominante chez les petits joueurs… Les sites de poker ont besoin d'une grande masse de "nourrain"… Même les baleines, surtout les baleines, ne négligent pas le plancton…Full Tilt.fr ou d'autres en l'oubliant s'exposent à quelques revers…


dimanche 30 janvier 2011

Les bancs de la fac (26-30)


26.

          Lundi au Vendredi, restau U:

steack haché
frites
boule vanille
5 F

          Samedi soir, restaurant:

steack
frites
boule deux parfums
40 F


           Non mais, on n'est pas des bêtes ...

27.

Valérie ne comprend pas la biochimie.  Elle en serait complexée, pour un peu.  D'autant qu'autour d'elle, sur deux rangées, trois rangées, absolument tous les garçons trouvent les cours très simples, et prétendent le lui prouver.

Dès ce soir, si elle veut.

Tamtam le chien, quant à lui, grogne sourdement.

28.

Luc T admire avec les autres le corps d'athlète qui leur fait face.  Chacun à leur tour, les étudiants plongent leurs doigts dans l'aisselle gauche de l'homme, comme l'a fait avant eux le chef de clinique.  Ils cueillent dans ce nid, avec mille précautions respectueuses, un petit oeuf lisse et ferme, puis reprennent leur distance.  Le colosse accepte les remerciements du chef pour cette pitrerie qui le rend perplexe.  Peu après le chef isole sa troupe dans un couloir:

- Espoir français du décathlon... C'est un ganglion de lymphome malin...  Pas plus de quatre mois...

Luc T hume la sueur vénéneuse qui imprègne la pulpe de ses doigts.
Luc T: homosexuel, quatrième année de médecine.

29.

- Je recommence: en échange de ton ticket de restau U, tu as droit à un oeuf, un sandwich, un yaourt, une pomme, seu-le-ment-pen-dant-la-du-rée-de-la grève.

- Encore un repas froid ?

- Max ! essaye, toi, j'abandonne, la dépolitisation des masses me scie !

 30.

Chers parents,

               Joie d'apprendre votre visite.  Le temps me dure de vous montrer ma  chambre, la fac, enfin tout mon petit monde.  Juste un problème de  date.  Je sors d'une période de révision intense, et tout est dans le plus grand désordre.  Ensuite, Jacques et Christian viennent me voir ce week-end, et le suivant ce sera au tour de Bernard.  Ce sont les seuls dimanches de l'année où nous pouvons nous voir, car eux aussi sont surchargés de travail...
                Je sais, j'ai déjà repoussé votre voyage le mois dernier, et croyez-moi je suis désolé.  Voilà ma proposition: le mois prochain, je vous écris pour convenir d'une date. A moins d'un partiel de physio ( ce prof est tellement bizarre !) j'aurai tout mon temps pour me préparer à vous accueillir.  J'ai dégotté un petit restau qui plaira à papa... et qui n'est pas dans mes moyens actuellement.  Veine, le mois prochain, le nouveau parc zoologique sera ouvert, bonne idée de balade.  OK?

Vous espère en forme et vous embrasse tendrement.

Jérôme

jeudi 27 janvier 2011

Passé


        Juste une chouette balade au début du siècle précédent…


                                    Perpignan autrefois (galerie de Gaston Fournier)

dimanche 23 janvier 2011

Dis moi, Céline…

Extrait de "Voyage au bout de la nuit"

          Plus je réfléchis à la question de savoir s'il fallait ou non fêter au niveau national le cinquantième anniversaire de la mort de Céline, plus je suis mal à l'aise… Le "Voyage au bout de la nuit" fut probablement le livre qui m'a le plus marqué, encore aujourd'hui en lire 3 pages au hasard me rend incapable moi même d'écrire 3 lignes ensuite… Trop de puissance, trop d'expressions bouleversantes, une galopade effrénée de mots qui nous entraine dans un torrent d'images hallucinées et en même temps hyper-réalistes, avec une simplicité confondante de langage parlé… 

          Hélas ce médecin des pauvres, auteur d'un texte inoubliable, était aussi capable de charretées d'injures antisémites, au moment même où le plus horrible génocide qu'a probablement connu notre planète ravageait le monde… Je hais le Céline de "Bagatelles pour un massacre" et de nombre d'autres imprécations de Mr Destouches…

         Et j'ai envie de dire: à quoi servent ces "célébrations nationales", et pourquoi célébrer un auteur post mortem ? Ce n'est pas l'auteur qu'on veut célébrer, c'est une oeuvre, ou même une partie de celle ci… Si la question se pose, c'est parce qu'on ne dissocie pas l'auteur et l'oeuvre, et parce qu'on reste empêtrés dans le symbolisme de cérémonies surannées… Une oeuvre, ou une partie d'une oeuvre, toute admirable qu'elle soit, se retrouve souvent entachée des crimes ou turpitudes ou névroses de l'auteur…

         Je me souviens d'une époque où 2 courants de critiques littéraires s'affrontaient sans cesse: le premier essayait d'appréhender une oeuvre "à travers" la vie et le caractère de l'auteur, le second s'intéressait au texte et au texte seul… Discussions sans fin, qu'on retrouvait aussi autour des prises de position politiques, des articles de journaux… Sais tu pourquoi untel a écrit ça ? Sais tu qu'il est ceci ou cela ? Où est son intérêt d'écrire ceci ?

          Savoir que Genet était voleur, que Kant pensait son oeuvre en faisant des aller-retours en automate obsessionnel dans son jardin, qu'Aragon a été Stalinien pur et dur, que Picasso pouvait être féroce et avare, que Bukowski était alcoolique, que Michaud ou Baudelaire se droguaient, que Rimbaud vendait des armes, etc… n'enlève rien au génie de leurs créations.

         C'est le "Voyage" qu'on doit célébrer, si on veut célébrer, pas l'atrabilaire délirant de Meudon.… Ces dépôts de gerbe par la République sur des tombes d'écrivains connus ou de soldats inconnus  sont désolants d'inutilité pompeuse… Lisez ou relisez "Le Voyage", ce sera plus profitable et moins suspect qu'aller sur la tombe du Dr Destouches…