Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

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Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

dimanche 18 mars 2018

Assises




    J’ai voulu assister pour la première fois à un procès d’assises et celui du « tueur de la gare de Perpignan »,  une affaire de viols et de meurtres particulièrement barbares ayant terrorisé notre ville pendant des années m’en donnait l’occasion. J’étais donc présent pendant un après midi de débats au 2è jour quand défilaient pour témoigner quelques anciennes petites amies de l’assassin. Mais je n’ai été admis que dans la salle de retransmission video, il n’y avait plus de place dans la salle du procès.

        La nécessité, si je voulais pouvoir y accéder un autre jour pour vraiment ressentir l’ambiance d’une salle d’audience, de faire une queue de plus d’une heure, plus le « programme » du procès qui allait bientôt aborder les crimes les plus atroces de l’inculpé m’ont fait ensuite me contenter du compte rendu quotidien (assez détaillé) des audiences par l’Indépendant. Bien peu familier du monde judiciaire, je vais sans doute faire un certain nombre de remarques que vous jugerez candides, mais peu importe, elles expriment mon ressenti.

Sur l’enfance de l’accusé: certes une enfance très misérable, mal aimée, mais parfaitement semblable à celle d’une soeur de l’accusé qui souligne que tous les enfants malheureux ne deviennent pas des monstres.

Sur la corvée et la douleur que peut représenter un témoignage: par le fait même de devoir dire simplement 30 ou 40 ans plus tard que l’actuel tueur sanguinaire leur avait plu, était capable de douceur et de gentillesse, même si sa violence était ensuite apparue, d’abord de façon hélas assez banale comme dans tous ces couples où l’homme frappe sa compagne. Un frisson rétrospectif  paralysant parcourait ces femmes et montait crescendo quand certaines devaient dire ensuite qu’elles avaient vécu un temps avec lui, et même eu des enfants du diable… 
         Le témoignage ensuite du fils le + grand de l’accusé, qui n’a pas vu ce « père » entre l’âge de 4 ans et l’âge de 25 ans, à qui on demande s’il a quelquechose à lui dire et qui implore sans être entendu « suis-je obligé de rester jusqu’au bout ? »
         Quand d’autres ayant échappé de peu à une mort horrible se voient plus tard replongées dans le  cauchemar d’agressions subies et parfois déjà jugées, comme cette femme poignardée sous un porche, ouverte comme un lapin,  obligée de  revivre une scène qui la hante et la persécute depuis 20 ans, on se prend à trouver ces demandes de témoignages inhumaines… Voir d’ailleurs cet avis d'une psychiatre sur le sujet.

Sur les questions qu’on entend poser à l’accusé de la part de la défense comme des parties civiles: je sais bien que le but était d’essayer d’extraire un semblant d’humanité d’un être à ce point abject, mais lui demander s’il avait des regrets ou si voir un autre homme accusé à tort à sa place l’avait perturbé, lui demander de regarder les photos de ses dépeçages puisqu’ils étaient « son oeuvre » avait quelquechose d’irréel et de tellement dérisoire… 
       De la même façon entendre l’avocat général s’opposer à l’accusé sur une date de prélèvement d’ADN en lui disant « ne dites pas ça à la cour, c’est faux » comme on gronde un élève menteur aurait pu être un gag si le contexte n’était pas si dramatique…ou encore, si le compte rendu est fidèle, quand ce même avocat général dit « Pour 20 secondes de plaisir, vous avez foutu une vie en l’air. Regardez-la », en lui montrant une photo de la victime dans sa jeunesse souriante. Qu’imaginer ? que le tueur en série s’effondre en pleurs suite à une subite prise de conscience dévastatrice ou bien qu’il dise « pfff, 20 secondes, j’espérais quand même bien plus ! » ??

Sur les désaccords entre les experts: Au delà de l’horreur totale qu’on ressent à l’évocation des mutilations, de l’acharnement du bourreau, l’énorme différence d’appréciation entre les experts sur le mode opératoire, qui a longtemps égaré l’enquête,(précision extrême comme par un scalpel, tracés comparables à ceux qu’aurait réalisés un chirurgien, 1h 3h de « boulot » en milieu éclairé et position anatomique précise) et l’assassin (ça s’est fait comme ça, de nuit, sous la pluie, j’ai pas réfléchi, environ 10 minutes, avec un « simple » couteau) reste pour moi totalement incompréhensible, pourtant cette question « technique » ne semble  pas troubler plus que ça la cour. Quand on  voit la difficulté qu’on  a parfois à découper « proprement » un poulet cuit, comment admettre sans chercher plus loin une extraordinaire habileté manuelle, à ce moment terrible, chez un barbare prétendûment seul (?) que son métier de cariste ne devait guère avoir préparée ??

      Pour certains experts les mutilations relevaient d’une recherche sadique de « trophées » quand pour d’autres comme pour l’accusé ces horribles pratiques ne servaient qu’à « essayer d’effacer les traces ». Quelles conséquences pour la condamnation à venir ? On voit mal la différence d’attitude que les jurés pourraient avoir selon les motivations du criminel…

      Cet individu aura bien sûr la plus lourde peine qu’on puisse délivrer selon la loi, inutile d’attendre la fin du procès pour le dire. Reste pour le citoyen moyen ce malaise diffus devant ces tentatives vouées à l’échec (hélas nécessaires pour l’éthique d’un procès) de comprendre l’incompréhensible horreur, ce qui se passe dans la tête de ces grands criminels dont ce début d’année nous présente une terrifiante brochette, de Rançon à Fourniret en passant par Lelandais et Daval. 
        Ce dernier, criminel « banal » en regard des autres, dont le corps de la femme a été retrouvé à moitié brûlé, a admis le meurtre mais nie y avoir mis le feu. … Peut être devra-t-on chercher alors la regrettable erreur d’un cantonnier ayant voulu supprimer un tas de feuilles mortes… 

        En attendant on pourra consulter pour avis spécialisé les suppôts de Daesh de retour de Syrie, bien formés aux mutilations, décapitations et autres bûchers…

vendredi 16 février 2018

A la cape





          Cette expression marine signifiant qu’on laisse le bateau soumis aux caprices des éléments semble bien adaptée à la situation actuelle du XV de France, quoique ce navire là est peut être carrément en train de couler… 

       Ce serait malheureux mais un peu normal que Guy Noves considère ces nouvelles défaites comme un baume sur sa blessure d’amour propre, après s’être fait virer comme un secrétaire d’état naïf  par un politicien hypocrite. Mais son amour du rugby est sans doute aussi fort que son orgueil. Croche pattes mis à part, il avait bien conscience qu’il ne serait pas le sauveur de la patrie. 

      Saint André, Noves, Brunel, même combat…perdu. Chaque entraineur a eu ou a des raisons d’espérer, qui devant l’abnégation d’une équipe en défense, qui devant pour une fois des attaques de 3/4 un peu mieux menées, qui devant le geste improbable de l’adversaire privant l’edf d’une victoire annoncée…

     M’enfin le safran et le gouvernail présentent des lésions d’importance, et garder un cap devient une gageure. Impossible de trouver une charnière qui tienne la route. Serin porté aux nues devenant 3 ou 4e choix, Machenaud, Dupont, Parra. ..  A l’ouverture on passe de l’extrême jeunesse (Jalibert, Belleau, faut donner leur chance aux jeunes) à la pré-retraite (Beauxis, au congélo depuis 6 ans, il apportera son expérience). 
       Au centre on met un tank, on l’enlève, on se demande si on va le remettre, et avec qui l’associer (le prince Fofana étant au tapis depuis belle lurette). A l’arrière même jeu de chaises musicales. Le pack est un peu plus stable, un peu plus de profils interchangeables, m’enfin à part Guirado, personne n’est très sûr de jouer le match suivant… Au point qu’on se demande si dans la cascade de blessures et de forfaits ne se glisse pas parfois le ras le bol de joueurs traités comme des pions, appelés pour un match ou deux  puis jetés comme des kleenex.


       Le même ras le bol qui a peut être incité ces jeunes gens à envoyer tout par dessus bord et faire après cette nouvelle défaite une bringue d’enfer au whisky écossais… Ce qui, (#balance ton porc mis à part) a quelquechose de rassurant : si le french flair a disparu, la 3e mitemps reste une tradition française assez performante dans l’excès.

samedi 20 janvier 2018

Lectures d'hiver


    Quelques mots aujourd'hui sur trois livres que j'ai particulièrement aimés, qui se détachent du lot de mes lectures cet hiver:


• Vous connaissez peut être ? de Joann SFAR




         C’est l’histoire présentée comme vraie d’une manipulation dont a été victime l’auteur (surtout célèbre pour ses BD en particulier  Le chat du rabbin, aussi pour son film sur Gainsbourg) du fait de Lili, belle femme « rencontrée » sur facebook et qui va rester virtuelle presque jusqu’à la fin et montrer toute la force délirante que peut prendre l’imaginaire chez un solitaire fragilisé par des déceptions sentimentales récentes. Il a beau flairer une histoire à dormir debout au gré des identités intrigantes affichées par Lili, il se laisse emporter par les sautes d’ humeur et l’hystérie « amoureuse » de sa correspondante. Cette aventure virtuelle tumultueuse  dont il est le jouet mais qu’il alimente lui même avec complaisance lui permet étonnament nombre de réflexions non dénuées d’originalité sur… les juifs et les palestiniens. 

        En contrepoint (un peu comme la coccinelle des planches de Gotlib) les tribulations du même avec son seul compagnon réel du moment, son chien Marvin obsédé par un objectif unique: tuer des chats…

        Une écriture alerte à l’humour pimenté d’autodérision, un livre de touche-à-tout surdoué.


• Courir au clair de lune avec un chien volé  Nouvelles de Callan WINK




      Si le titre de la première nouvelle, repris pour le recueil, n’avait pas suffi à piquer ma curiosité, les louanges distribuées par Jim Harrison et Thomas McGuane m’obligeaient à ne pas le rater. Cerise sur le gâteau, Callan Wink est aussi guide de pêche…

      Et effectivement les textes sont très prenants, avec une écriture simple, vectrice fluide d’émotions vraies comme j’ai toujours aimé chez mes auteurs américains favoris (les critiques cités ci-dessus mais aussi des maitres comme Carver, McCarthy, Fante ou même Bukowski)

     On y retrouve la nature, les grands espaces chers à J H, dans lesquels errent des personnages « du peuple », souvent perdus, comme désorientés, aux aspirations simples qui se heurtent pourtant aux rudes obstacles de contraignantes réalités. 

• Le poids des secrets de Aki SHIMAZAKI




       Cette auteure canadienne d’origine japonaise raconte la même histoire dans 5 petits romans d’environ 130 pages, ou plutôt les vécus différents des éléments d’une même famille qui dans son histoire a connu les bombes atomiques, le grand séisme de 1923, les conflits avec la Chine et la Corée.


     C’est une merveille de délicatesse, de douceur, de poésie, de simplicité de style, tout en allant très loin dans l’expression des sentiments, des motivations, des conflits intérieurs de personnages. 

     C’est aussi  un aperçu assez net de la société japonaise et de ce mélange de contraintes traditionnelles, de respect, de politesse, de douceur, mais aussi de duplicité, et de crimes, qui surprend parfois les occidentaux sous un masque feutré. On apprend sur l’histoire du Japon, sur le poids de la famille, qui comme partout ailleurs cachent certains cadavres dans le placard, même quand celui-ci est parfumé par les camélias (Tsubaki) ou les myosotis (Wasurenagusa). 

dimanche 31 décembre 2017

Bonne année

      Beaucoup d'entre vous connaissent sans doute, mais je ne résiste pas au plaisir de  vous proposer cette video:

      Je n'arrive pas à vous la montrer directement sans vous obliger à cliquer sur le lien, mais je suis obligé d'en passer par là, peut être pour des raisons de droits (?)



Dinner for one (sous titrée en français): le souper d'anniversaire d'une vieille dame anglaise en compagnie de 4 de ses meilleurs amis… décédés, charge au majordome de les faire revivre de son mieux.








mercredi 27 décembre 2017

Noël du XV de France


- Limogeage de l'entraineur Guy Noves, c'est le cadeau de fin d'année ?

- Ah! je sais pas, demandez à côté plutôt…


- Pensez vous ! un simple hasard de calendrier… 
  Un bon article ici

mardi 5 décembre 2017

Fais gaffe, père Noël…



           Je ne sais pas vous, mais pour ma part je commence à être gavé par le marronnier des médias, chaque nouveau jour apportant sa dose de scandales sexuels, des affaires de pédophilie aux histoires de viol et de harcèlement. 

        Bien sûr voir des fauves démasqués, trop longtemps protégés par leur pouvoir ou leur statut social, est très important, encore faut-il ne pas tout mettre dans le même panier, sinon dire à une copine qu’elle est jolie nécessitera bientôt un avertissement préalable « ceci n’est pas du harcèlement », et le père Noël s’il est prudent devra refuser toute photo le montrant avec un enfant sur les genoux… 

        Un parfum « d’ordre moral » imprègne l’atmosphère de façon assez désagréable, reflet pâlot certes mais malgré tout peu engageant des jougs impitoyables faussement moralistes des pays totalitaires passés ou présents. La porte ouverte à la mythomanie  ou à des interprétations plus ou moins paranoïaques comme celle que j’ai tenté d’illustrer dans cette nouvelle.

lundi 13 novembre 2017

Coaching mental et rugby



     Après avoir vu et le test match France-All blacks et le match USAP-Grenoble, j’ai constaté une fois de plus l’importance du mental dans la performance d’une équipe, sans pour autant décoder comment se crée un cercle vicieux ou vertueux.

       Il est vraiment étonnant de voir une équipe aussi dominée que la France l’a été en première mi-temps mettre à son tour ensuite sous pression les mêmes adversaires pourtant très expérimentés, jusque là impériaux, ou bien une équipe de l’USAP passer 40 points au leader de proD2 15j après en avoir encaissé aussi 40 face au 3è de la poule…

        Le fait de jouer à domicile est classiquement un gros avantage et il n’est pas rare de voir A mettre une pile à B en jouant chez lui et recevoir la même ou pire au match retour chez B. On peut concevoir que le déplacement, l’ambiance d’un stade hostile, les provocations plus faciles des joueurs se sentant « chez eux », l’arbitrage parfois « à la maison »  facilitent ces écarts parfois spectaculaires entre matchs aller et retour, et expliquent de fameuses « remontadas ».

       Mais les matchs dont je parle au début ont tous eu lieu à domicile.

       L’EDF était sensée s’étalonner après des périodes de travail soutenu, avec une motivation à bloc, dans la perspective de la future coupe du monde à échéance de 2 ans, et s’est montrée apathique et comme soumise, on aurait dit qu’elle regardait les blacks, qui certes jouaient à la perfection, jongler avec la balle pendant 40 minutes. Un joueur a confessé qu’on leur avait « remonté les bretelles » à la mi-temps. 

       Quand on jouait mal au bahut, parce que l’ouvreur pensait à sa petite amie, les piliers à la colle de 2h qui suivrait le match, l’arrière au zero en maths qu’il devrait justifier devant son père, une bonne gueulante à la mi-temps pouvait suffire pour ressouder le groupe. Mais on peine à croire que des professionnels responsables, gagnant des sommes conséquentes, s’entrainant à longueur d’année, puissent réagir à des soufflons comme des gamins de 3è… Il faut croire que si, sinon les aboiements d’un Fouroux ou les colères d’un Laporte ne seraient pas devenus célèbres.

      Je vois mal le staff actuel de l’USAP entrer dans une colère noire contre ses joueurs (même si Arlettaz est du genre nerveux) pour transformer le jeu d’un groupe maladroit et désemparé en une prestation presque digne du top 14 deux semaines après. Mystère des matchs où tout roule ou au contraire rien ne va...

       L’EDF et l’USAP ont-ils un ou des coaches mentaux efficaces ? Les sports individuels font de plus en plus appel à des « spécialistes » de la psychologie, du tennis au ski en passant par le poker ou la F1. Mais une équipe est évidemment plus délicate à optimiser, au rugby c’est souvent 30 types dont il faut décortiquer le passé, les éléments charnières, les motivations, le fonctionnement, pour tenter d’obtenir des interactions positives entre ces individualités et un amalgame performant. Une vraie gageure… Cet article de rugbyrama montre un peu combien la tâche parait délicate . C’est bien pourquoi j’ai posé la question « coaches mentaux efficaces ? »

      Les Blacks font eux du rugby une vraie religion, depuis leur petite enfance, c’est grosso modo rugby pour tous dès l’âge de la marche, ce qui fait que 90% des ados interrogés répondent que leur plus grand rêve est de porter la célèbre tenue noire. On ne pourra pas rivaliser avec une telle passion, d’autant que (si l’anglais ne vous rebute pas) cet article du nzherald montre que les neozelandais vont parfois chercher très loin leur « amour du maillot »  aux frontières du nationalisme. 

      Mais après avoir éliminé, comme il faut souvent le faire quand un domaine est nouveau, les usurpateurs incompétents et autres gourous, ce qui passe par une filière peut être plus spécialisée que les formations actuelles (STAPS, cursus de psycho + compétences sportives, on voit ici que les voies sont un peu brouillonnes )  le coach mental compétent ne semblerait pas inutile pour limiter l’amplitude oscillatoire des équipes « à réactions » qui comme l’USAP ou l’EDF sont capables parfois du meilleur et souvent du pire.