Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)
Bienvenue
Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...
samedi 17 janvier 2015
Y a du boulot…
On pourrait être réconforté par cette video récente du président égyptien (fin Décembre 2014)…
Si on n'avait en mémoire la video encore plus porteuse d'espoir d'un autre président egyptien, (et de la réaction de l'assistance !) et qui date cette fois de plus de 50 années…
Un de mes amis m'a parlé d'herméneutique: c'est quoi ce terme, euh, hermétique ? Eh bien c'est la science de l'interprétation des signes ou des textes, en particulier religieux. Et peut être est-ce effectivement un domaine à travailler tout particulièrement dans le contexte actuel où, n'en déplaise à Mr Le Clézio, c'est bien la barbarie qui fait répondre à un dessin caricatural, donc bien sûr estimé excessif, par une rafale de mitraillette…
Ces deux liens peuvent intéresser les Charlie de toutes confessions: Mr Rachid Benzine est professeur à l'Institut d'Etudes Politiques à Aix
- lien 1
- lien 2
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mercredi 14 janvier 2015
Cent pour sang
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| On nous a trouvés dans le sang, alors en plus ne nous laissez pas dans la merde ! |
- Au lieu de t'embrouiller avec les détaillants parce que le numéro d'aujourd'hui de Charlie Hebdo est déjà épuisé, abonne toi !
- Mais, euh, je le lis pas Charlie, d'habitude !
- Eh bien ça t'évitera d'avoir à renouveler ton stock de papier hygiénique et tu resteras dans l'esprit, ils ne t'en voudront pas !
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samedi 10 janvier 2015
Candide et les loups
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| Je suis fiché dans le monde entier, mais ici, c'est chez moi, hé hé ! |
Au delà de la profonde révolte qu'il éprouve devant la barbarie de brutes fanatiques, Candide est en droit de se poser la question des méthodes employées dans notre pays pour protéger la population de ces attentats innommables.
Il apprend seulement après ce bain de sang que non seulement ces assassins étaient déjà partie prenante d'une guerre religieuse mondialisée, ayant contribué à nourrir des filières djihadistes, s'étant eux mêmes rendus pour s'entrainer dans des pays comme la Syrie ou le Yemen, mais qu'ils étaient sur la liste noire de nombreux pays, dont les USA, fichés comme terroristes.
Il constate donc que la vie en France de tels individus reste possible. Bien sûr on ne peut pas être attachés aux basques de tous les personnages un peu louches susceptibles de péter un plomb un jour ou l'autre. Il n'y pas évidemment de risque zero comme ne manquait pas de rappeler un politique. Mais de là à laisser revenir sur le territoire, s'installer sur le territoire, des gens qui reviennent de "congés"le cerveau lavé par des gourous sanguinaires et les muscles entrainés en mode commando, Candide croit rêver mais il s'agit de cauchemars…
A ce stade de réflexion primaire, Candide pointe tout de même un fait marquant: les jeunes gens saisis de la folie djihadiste ont une lecture délirante de leur religion, certes, mais ils sont aussi français. Renvoyer à la frontière un français au retour d'Irak ou d'Afghanistan même s'il y a appris le maniement des armes et les conceptions jusqu'au boutistes de fous d'allah, en pratique comment fait-on ? le renvoyer où ? Sur quels points de droit tant qu'il a seulement fomenté des attentats dans sa tête ? Une démocratie contrairement aux dictatures ne peut se contenter de procès d'intention. Les stratèges criminels qui tirent les ficelles depuis l'Afrique ou ailleurs savent bien qu'une démocratie se lie les mains justement avec ses principes démocratiques. Ils espèrent bien que les communautarismes prendront le pas sur ces règles démocratiques dans l'affolement créé par les actes terroristes, jusqu'à les faire voler en éclats pour aboutir enfin à la guerre civile, qu'ils appellent de leurs voeux.
Ce que veulent les imams sanguinaires, c'est l'affrontement entre musulmans et chrétiens, l'affrontement entre français d'origine arabe et autres français. Ils estiment probablement que la communauté française musulmane est actuellement assez fournie pour tenter maintenant des effets de levier grâce à des actes terroristes issus de celle-ci. Ils portent donc leurs efforts sur les jeunes français d'origine arabe des milieux défavorisés qui ruminent leur absence d'avenir entre deux visites infructueuses au pôle emploi. Leurs méthodes relèvent de celles employées par les sectes et les religions, proposant aux lambdas les feux de la rampe au prix du sang, faisant miroiter des statuts de héros dans ce monde ou bien plus sûrement dans un autre…
Candide a pourtant de la ressource. Il ne tombera pas dans ce piège grossier. Il n'ira pas plastiquer des mosquées au prétexte que quelques fous se réclament de l'islam. Il n'est plus, lui, au temps de l'inquisition. Il y tient à sa démocratie. L'arsenal juridique qui l'entrave face à des visées machiavéliques reste adaptable. En situation de guerre ou de guerre larvée, cet arsenal peut et doit se montrer plus contraignant. Il a confiance en cette adaptabilité. Il peut imaginer par exemple que toute personne ayant participé de près ou de loin à aider une filière djihadiste soit immédiatement déchue de la nationalité française, ainsi que toute sa famille, même si elle n'est pour rien dans l'histoire. Oui, ainsi que toute sa famille, sinon comment la responsabiliser cette famille ? Une part éventuelle d'injustice à assumer quand le danger devient majeur. Candide doit montrer qu'il a aussi des crocs.
Mais dans le même temps il doit montrer qu'il a du coeur, lutter contre les discriminations, lutter pour l'égalité des chances, ne pas confondre djihadistes et musulmans, permettre l'accès à l'éducation et bien sûr autant que le permet la situation économique, à l'emploi. Les terroristes sont des marionnettes sanglantes, ceux qui tirent les ficelles sont des tyrans moyen âgeux, ils ne connaissent pas la démocratie, ne connaissent pas les ressources de Candide, ne savent pas qu'une nation peut se dresser en bloc, face à des menées criminelles, en intégrant même en cas de danger majeur ses courants les plus marginaux. Ainsi Candide, s'il n'invite pas le FN, le tolérera à ses côtés, dans la foule bruyante ainsi formée les sirènes du communitarisme borné auxquelles il le sait plus sensible que d'autres ne pourront guère se faire entendre.
Candide alias Charlie
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mercredi 7 janvier 2015
A pleurer
Cabu, Wolinski, qui ont fait sourire toute ma jeunesse, d'autres que je ne connais pas. L'horreur…
Dommage qu'il ne neige pas, les traces des islamistes seraient faciles à suivre...
L' HORREUR !
PS: sous le coup de l'émotion, j'oubliais: demain, 1er achat, Charlie Hebdo, au moins ça !
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jeudi 1 janvier 2015
Bonne ânée 2015
Oui, je fais comme je voeux ! C'est mon blog à moi, après tout !
ânée, nom féminin: charge portée par un âne
Je ne me permettrais tout de même pas de débuter 2015 par des fautes d'orthographe, voyons…
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Gag
mardi 16 décembre 2014
Au fil de l'eau
Les tristes évènements récents évoqués dans le billet précédent m'ont peut être conduit sans même que j'en sois conscient, à refaire un tour dans la nature, mais cette fois grâce aux livres, et, comme je l'avais fait cf ce billet, à lire coup sur coup, de nouveau par hasard, deux auteurs d'époque bien différente. John Gierach, américain contemporain, et Jérome K Jérome, anglais du XIX è siècle. Cette fois ces deux là m'ont entrainé au fil de l'eau et non plus dans les forêts profondes, et m'ont fait rire, j'en avais besoin.
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| Le vrai titre est "Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien)" |
L'auteur anglais du XIXè, que l'ami qui me l'a conseillé prétend avoir lu 4 fois comme l'aurait fait aussi Jacques Faizant d'après la préface du livre, nous conte une remontée de la Tamise en canot, non dénuée de notes historiques, mais essentiellement prétexte à des cascades sans fin de situations "gags" décrites dans un style un peu vieillot, mais caractéristique de l'humour anglais, certes servi habituellement à doses plus filées. L'histoire à son époque aurait connu un succès phénoménal et le livre serait passé sous le manteau de main en main. "Sous le manteau" je ne sais pas trop pourquoi, l'ironie qui saupoudre l'ouvrage à longueur de pages ne me semblant pas d'un pouvoir subversif extrême. Excellent prétexte pour en faire une pièce de boulevard, ce qui bien sûr fut réalisé à maintes reprises.
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| C'est le sexe et la mort… des mouches. Mais rien d'un ouvrage technique ! Un régal ! |
Hormis son titre, l'ouvrage de John Gierach qui passe sa vie à pêcher à la mouche et à écrire ensuite sur la pêche à la mouche, ne présente pas non plus d'élément inquiétant pour la société, hormis une pincée d'écologie réfléchie et intelligente, mais c'est un pur bijou là aussi d'humour anglo saxon, bien plus moderne, avec une autodérision succulente et une ironie cette fois délicatement dosée. On ne sera pas surpris de trouver l'influence de Jim Harrison et de Tom Mcguane, deux autres géants du "nature writing". Ce pêcheur invétéré est diplômé de philosophie, j'allais dire bien sûr, tant il est vrai que ceux qui se gaussent de l'apparente banalité d'une vie simple et proche de la nature feraient bien d'y réfléchir à deux fois …
Deux citations méritent à mon avis leur place ici, la première est de JK Jérome lui même, la deuxième est en exergue du livre de Gierach et est de Jim Harrison.
« Rends légère la barque de la vie et munis-la des seules choses dont tu aies besoin: un intérieur et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, quelqu'un qui t'aime et que tu aimes - un chat, un chien, une pipe ou deux - prends assez de provisions pour te nourrir et te vêtir, un peu plus que le nécessaire pour te désaltérer, la soif étant une chose terrible. » Jérome K Jérome
" Je plonge le regard dans le trou le plus profond de la rivière, mystérieux comme peut l'être un grenier pour l'enfant, et je repense à ces deux pistes qui s'enfoncent et disparaissent en s'effilochant dans la forêt. J'ai la sensation que cela fait des jours que je tourne en rond sans le moindre reste d'énergie en moi. " Jim Harrison
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samedi 6 décembre 2014
Départs
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| Anne, Sarah, Marine, François |
Après mon amie Martine, partie en quelques minutes sur un coup "de coeur", c'est mon amie Hélène qui s'en est allée. Elle, c'était mûrement réfléchi, ce n'était pas un coup "de tête", c'était le constat courageux que la lutte était devenue désormais inutile. Une ampoule pour dormir, une ampoule pour partir. On donne ce droit en Belgique où elle habitait.
Avec Martine je partageais la passion des champignons, et, même si ce n'est pas si fréquent chez une femme, celle du rugby. Avec Hélène, que je connaissais depuis bien plus longtemps, en fait depuis ma première année de fac, nous avions une entente parfaite quand il s'agissait de bosser les examens. Très organisée, méticuleuse, synthétique, elle n'oubliait jamais aucune partie des cours, c'était une assurance tous risques contre les impasses. Elle s'acharnait jusqu'à ce que l'exposé le plus abscons devienne clair comme une eau de source. Ces qualités l'ont accompagnée jusqu'à un poste élevé à la Commission Européenne, où elle ne dédaignait pas de croire en sa capacité à éclaircir l'imbroglio des mouvements migratoires et des problèmes de développement des pays d'Afrique puis d'Europe de l'Est.
Martine, infirmière, soignait les gens. Hélène, médecin, essayait de soigner les pays.
Martine fumait beaucoup, boucher une coronaire restait surprenant pour qui constatait son énergie, mais n'était donc pas chez elle inattendu. Bonne vivante, elle aimait aussi boire un coup avec des convives. Hélène n'avait jamais touché une cigarette, et je ne me souviens pas l'avoir vue absorber plus d'un demi verre de vin dans une journée. Elle était donc stupéfaite et très en colère de voir le crabe progresser sur un terrain aussi vierge de toute pollution. Toutes deux étaient gourmandes. En bonne méditerranéenne, Martine aimait les plats simples du Sud, poissons grillés, tians, esquichades de morue. Hélène avait plus d'exigences: entrée, plat, dessert, si possible élaborés, devaient figurer impérativement pour donner au menu le droit de se prétendre un repas. C'est que, petite fille d'aubergiste au coeur des Cévennes, soeur d'un élève brillant d'Alain Ducasse, femme d'un amateur éclairé et parfois passionné de gastronomie, bon sang n'aurait su mentir.
Martine avait pris sa retraite il y a une petite année. Hélène bossait encore il y a quinze jours. Elle travaillait toujours bien plus tard que moi, de toute façon, à partir de 2h du matin elle donnait sa pleine mesure dans le travail de synthèse de ce que nous avions vu ensemble. Moi passé minuit mon cerveau approchait la consistance de la fraise tagada. Certes un petit retour de bâton l'attendait le matin. Hélène, toujours en retard… Si vous vouliez la voir en beauté, mieux valait éviter de la solliciter avant 11h du matin. Je refaisais donc en partie mon handicap sans forcer, l'esprit bien net, tandis qu'elle essayait de s'éclaircir les idées en soufflant sur son Banania fumant.
Son Banania… Que de plaisanteries à ce sujet, quand nous avons appris que lors de son premier voyage avec MSF, elle avait fait suivre des boîtes de cette poudre vitale jusque dans les camps de réfugiés en Somalie où elle vécut son expérience humanitaire initiale, avec son compagnon devenu son mari, mon pote François.
Quand j'étais petit je préparais le 24 Décembre au soir un grand bol de chocolat chaud pour que le père Noël en profite le matin en passant déposer mes cadeaux. Je peux encore tenter le coup pour toi, bien sûr, avec du Banania, je sais, pas du Nesquik ou autre merde. Mais je manque un peu de motivation, je te connais, Noël c'est le 25, tu t'es endormie le 5, tu vas encore me le faire réchauffer.
"Le vrai tombeau des morts c'est le coeur des vivants" Jean Cocteau
"Le vrai tombeau des morts c'est le coeur des vivants" Jean Cocteau
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