Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

mardi 30 avril 2013

Demi finales H cup


 Clermont- Munster 16-10

Comment 3 partenaires démarqués ? moi je n'avais que 3 opposants, alors…


                D'un côté un Clermont flamboyant en première mi-temps, étouffant le Munster sous des vagues successives utilisant tout le pannel des gestes du rugby moderne, et à la conclusion  Nalaga le monstre, malgré une bourde théorique énorme lui faisant oublier 3 partenaires sans opposition, pour marquer lui-même entre les poteaux. Une résistance opiniatre des irlandais ensuite réussissant à faire craindre un renversement de situation comme trop souvent pour Clermont en phase finale les années antérieures. Mais dans la tête aussi Clermont s'est renforcé. Globalement un régal de beau jeu complet.

 Toulon-Saracens 24-12

                 Beaucoup moins excitant à regarder. Mais un Wilkinson au sommet de son art de buteur, et une magnifique image à retenir: Wilkinson tapant un drop en recevant le placage de son jeune successeur dans l'équipe d'Angleterre Owen Farrell. Le drop est parti quand même, couché sur le maitre, Farrell tourne la tête pour voir le ballon entre les barres, alors Wilkinson lui tapote paternellement l'épaule…

Not true imo, he will miss it…
Yes I did, buddy, come on, don't cry...

samedi 20 avril 2013

Balade en pays de Sault

                Quatre jours d'un temps estival, ciel bleu, soleil, 23-27° au thermomètre pour ce petit séjour au pays de Sault, puis revers brutal le 5è jour avec neige et pluie mélangées, et …3°

            Voici le panorama qu'offre la fenêtre du gîte de Buillac quand vous l'ouvrez au réveil



      Les morilles ne se bousculaient pas, sans doute au sens propre échaudées par ces sautes de température après d'abondantes pluies pourtant porteuses d'espoir. La cueillette est restée en deça des promesses, sans être ridicule, peut-être qu'après ce bref retour d'hiver et dès la semaine prochaine le temps plus en rapport avec la saison qu'annonce la météo (14°/18°)  le chercheur pourra faire un peu mieux… Mais les gîtes seront occupés par d'autres, le bon timing est toujours délicat...

        Mon premier circuit m'a attristé avec la découverte d'une jeune victime d'un braconnier, diagnostic confirmé par l'agent de l'ONF que j'ai conduit ensuite à sa demande sur les lieux.

Jeune chevrette (chevreuil femelle)


            Le lendemain, c'est un blaireau que j'ai trouvé mort, dans un pré où paissaient des chevaux. A-t-il lui été victime du sabot d'une jument craignant pour son poulain ?



Heureusement d'autres images plus gaies ont illustré ces promenades

Plus jolies que dans un vase, non ?

Ma poupée favorite…


                  Beaucoup de lieux charmants dans ce pays de Sault, qu'il faudra que j'explore plus en détail: Escouloubre, Rouze, ou bien Artigues, Cailla, Le Clat attendent mes chaussures de montagne…
             Les chambres d'hôte à prix abordable ne semblent pas manquer, mais il faut beaucoup de persévérance en fait pour découvrir de nouvelles zones productrices, souvent très réduites, au sein de paysages très vallonnés d'allure globalement favorable aux morilles. Et quand les poussées sont capricieuses, difficile de savoir si vous n'êtes pas au bon endroit ou si ce n'est pas le bon moment. La morille ne se prélasse pas comme le cèpe d'un mois sur l'autre, elle est pressée la morille, c'est un petit clown facétieux. Quand on rate sa courte pantomime, on peut tenter de l'intercepter ensuite à plus haute altitude, mais il faut faire vite, sinon comme Guignol, elle vous renvoye à son prochain passage, l'année prochaine…

Mise à jour du 24/4

                 Quand on rate la poussée de peu, qu'on la sent pourtant imminente, on en est quitte pour retourner sur les lieux quelques jours plus tard, et il arrive que la rencontre soit cette fois  plus joyeuse:

1 heure sur deux stations visitées en pure perte quelques jours auparavant…









lundi 8 avril 2013

Paris




                     Cette fois notre sortie parisienne a eu lieu au début d'un prétendu printemps. Avec une température encore hivernale et l'actualité lamentable de l'affaire Cahuzac  l'adjectif "prétendu" n'a rien d'excessif. Nous avons expérimenté avec succès la location pour quelques jours d'un petit appartement, solution moins impersonnelle que l'hôtel et pourtant moins chère. Pensez-y, avec internet les propositions sont multiples.

                   Même plaisir de marcher dans la ville, sans rencontrer d'ailleurs ceux qui préféraient la course du marathon de Paris ce Dimanche. Toujours autant de téléphones portables, et dans le métro on lit moins de journaux papier, on les remplace par des iphones, ou des tablettes, pourtant plus de livres aussi, m'a-t-il semblé. Plus de misère hélas, la "crise" n'est pas un mot vidé de sens, avec des carrés de trottoirs annexés par des petits groupes familiaux autour d'un matelas crasseux, et non plus "seulement" par des SDF solitaires.

         • Remarquable exposition (gratuite) à l'hôtel de ville (jusqu'au 25 avril) sur la résistance parisienne pendant la 2è guerre mondiale : qualité des documents, progression clairement montrée des actes de résistance depuis les premiers tracts clandestins jusqu'aux combats des FFI pour la libération de la ville.

         • Egalement très intéressante exposition de la valise mexicaine (jusqu'au 30 juin)  au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme avec tous les négatifs (4500!)  de Capa, de sa femme Gerda Taro et de leur ami Seymour dit Chim couvrant la guerre civile en Espagne de 1936 à 1939, égarés en 1939 et retrouvés au Mexique en 2007. Les meilleurs clichés ont été publiés, et sont au format photo, les autres sont des planches contact exigeant parfois de bonnes lunettes et une vraie souplesse de cou pour redresser certaines prises de vue, mais les efforts sont souvent récompensés permettant d'entrer au plus près des combattants républicains.

            • Visite de la maison de Balzac, à Passy, où l'écrivain travailla 16 à 20h par jour pendant 7 ans pour écrire La Comédie humaine dans une pièce de 12 m2 environ.

            • Exposition tout aussi réussie de Chagall "Entre guerre et paix"  au musée du Luxembourg jusqu'au 21 juillet: couleurs, rêve et fantaisie au service d'une sensibilité pourtant aigüe à la cruauté du monde réel.

             • Promenades dans le marais, au quartier latin, restaus entre amis, à Montmartre épreuve d'effort gratuite avec les 220 marches pour rejoindre la place du tertre, spectacle des parties clandestines de bonneteau juste sous la butte (on regarde, hein, on ne se fait pas plumer…), et pour finir la magnifique prestation de Catherine Frot dans " oh les beaux jours" de Beckett (jusqu'au 1er juin) au théâtre de l'Atelier, la scène qui a vu les débuts de Jean Louis Barrault.

               A la prochaine !


dimanche 31 mars 2013

La Sanch



                     Chaque Vendredi saint précédent Pâques, la procession de la Sanch, qui date du XVè siècle, parcourt traditionnellement les rues de Perpignan. Pour la première fois je ne travaillais pas, et j'ai pû assister à ce long défilé de pénitents vêtus des caparutxes rouges ou noires (rappelant pour les non initiés les sinistres capes du Ku Klux Klan), et les pénitentes en noir coiffées de la mantille, chaque groupe portant des misteris  scènes sculptées représentant les étapes de la passion du Christ.




                        La "confrérie de la Sanch" dont vous pouvez lire l'histoire ICI avait trois buts, renforcer la foi par des pratiques pieuses, commémorer la passion du Christ, et accompagner les condamnés à mort vers le lieu du supplice en leur évitant le lynchage par la foule des spectateurs puisqu'ils étaient incognitos dans la même tenue que les pénitents.

              Ce qu'a dû oublier ce pauvre pécheur marchant pieds nus à visage découvert…


 Les marchands du temple de nos jours ne sont pas très loin…

Une enseigne gage de succès…

                      Quelques autres concessions à notre époque moderne ont lieu, telles la présence de la police municipale:


 Ou bien le désir d'optimiser l'évènement sur un plan financier…


                                L'ensemble reste impressionnant, une sorte de carnaval solennel et inquiétant à thème imposé, ces cagoules, ces tambours en tête du sombre cortège, et même sans la mélopée lugubre du "miserere des pendus", il est difficile d'oublier la proximité de notre sort commun…













lundi 18 mars 2013

Dans la nature




               C'est quand même sympa de rencontrer des anciens patients dans la nature. Un peu comme rencontrer dans la montagne un animal sauvage en liberté quand depuis longtemps vous ne l'aviez observé que prisonnier d'une cage. Et vous découvrez que la faune sauvage est finalement plus dense et active que vous n'imaginiez. Déambuler au centre ville à pied ou dans la campagne, aller au théâtre ou au cinéma deviennent des activités plus courantes, vous permettant de saluer chaque fois une ou plusieurs vieilles connaissances.
                 Si le lapin par exemple, aura peur de vous aussi bien dans la forêt que dans son clapier, le patient lui est bien plus à l'aise au naturel, à l'extérieur de votre cabinet médical. Il peut même se permettre de vous demander comment ça va. C'est dire comme il se sent maintenant libre avec vous.   
           
               Quand vous lui retournez la question (c'est bien le moins, si, sous prétexte de retraite, vous vous désintéressiez de ce qu'est devenue sa santé, vous ne seriez qu'un sale cuistre), il peut répondre qu'il va aussi bien qu'avant, moins bien qu'avant ou mieux qu'avant. Réponses non dénuées de messages subliminaux:
                 Dans le premier cas il vous indique que votre successeur s'est contenté de suivre votre sillage, votre cap était le bon, il n'a pas fait de vagues. 
                Dans le deuxième, il  signifie que malgré tous ses efforts et son niveau d'excellence, il peine un peu à égaler vos performances, ce qui est somme toute bien  normal de son point de vue.               
                Enfin dans le troisième, il souligne combien judicieux a été votre choix d'un "remplaçant" aussi pertinent pour vous succéder, il n'en attendait pas moins de vous. 

                En gros il s'arrange donc toujours très gentiment pour exprimer courtoisement une certaine gratitude et flatter votre ego. Et si vous le rencontrez dans la nature, vous pouvez en déduire qu'il est globalement en bonne santé, que du bonheur, quoi. 
                De rares confusions peuvent se produire,  sans autre conséquence que vous faire sourire: "Maintenant que vous n'êtes plus docteur…" Plus souvent votre ancien patient peut être délicat au point de solliciter malgré tout votre avis sur un point, de faire appel à votre expertise de son cas forgée par de longues années de fréquentation. Ainsi, tout récemment, une future maman a obtenu  une réponse certes un peu orientée…
Euh! c'est pas gagné…

                      Et ceci sans le poids de l'inquiétude, sans vous réclamer d'examens complémentaires, sans critiquer les génériques donnés par la pharmacie, sans exiger de consultation urgente, sans se plaindre d'effets secondaires inattendus, ou d'inefficacité de la prescription. 

                  Je ne pourrai pas hélas rassurer un de mes anciens professeurs, maintenant décédé, qui avertissait: "quand on se souvient de vous dans une soirée, méfiez vous, ce n'est presque jamais en bien".

                   Cet aphorisme lucide ou pessimiste ne semble pas s'appliquer au médecin retraité. Pour le patient, son ex-médecin est un ancien compagnon de route, ce bon copain de régiment qu'on revoit toujours avec plaisir...



vendredi 22 février 2013

Les plaisirs simples (3)

                 Faute de grives, on mange des merles dit le proverbe. Et faute de truffes, puisque ces années de sécheresse ont étouffé le mycelium des truffières sauvages, le cueilleur se rabat sur un petit être gracile parfois bien caché mais amusant à chercher, l'asperge sauvage, qui lui permet de préserver un mois et demi de promenades nature en hiver sur les trois consacrés "avant" à tuber melanosporum.

                 Dès le 15 Février selon le  temps et jusqu'à début Avril, nos garrigues offrent ces petites gourmandises, pour peu qu'y pousse l'asparagus acutifolius

Asparagus acutifolius

                 Elle est loin d'être toujours facile à voir:


              Il faut remonter la tige jusqu'à ce qu'elle casse à la moindre pression du doigt pour ne garder que la pousse tendre.
                 Elle ressemble parfois à une asperge du commerce en nettement plus fin (cas n° 1), ou quand elle a "monté"(souvent dans les endroits touffus où elle cherche la lumière) on pourrait presque la confondre avec des graminées. (cas n° 2)

Cas n°1
Cas n°2

                      Si votre oeil est suffisamment exercé, la cueillette suffira pour une surprenante omelette bien parfumée au goût très délicat.





                    Coupez les pousses au ciseau en tronçons de 2 cms, faites revenir 1mn à la poêle dans une cuiller à soupe d'huile d'olive bien chaude, cassez vos oeufs dessus, un peu de sel, poivre, et vous serez correctement vengé de n'avoir pu faire cette année votre brouillade aux truffes.

vendredi 8 février 2013

Bis cannabis





                 Un article récent du Figaro revient sur les dangers du cannabis, en ajoutant à ceux déjà connus l'augmentation des risques d'accident vasculaire cérébral. Je dis à ceux déjà connus alors que je ne suis pas sûr qu'ils le soient effectivement, à voir combien banale est devenue la consommation de cette drogue chez les jeunes. Peut être Le Figaro souhaite-t-il influer quand le débat sur sa dépénalisation rôde toujours...

                L'effet pervers que j'ai constaté le plus souvent  au long de mon parcours de médecin et qui me semble le plus notable mais aussi le plus négligé parce que le plus sournois, est pour moi la démotivation progressive chez les fumeurs réguliers, qui ajoute sa touche brumeuse aux démotivations dont est responsable une société qui effraye plus qu'elle ne sollicite. Voir des jeunes ne sachant déjà pas quoi faire de leur vie préférer flotter dans une anesthésie progressive en attendant qu'un déclic tombe du ciel est plutôt attristant. Ils finissent par se foutre de tout, et c'est au moins aussi grave que les accidents cérébraux, ponctuels et avec donc bien peu d'effet repoussoir. Cette constatation n'aide en rien pour savoir s'il faut ou non quand on veut traiter, dépénaliser...

                Je n'ai eu à soigner que peu de jeunes "accros" aux drogues douces ou dures, je veux dire à les soigner précisément "pour" leur addiction. Car il est très difficile d'établir un contrat de soins avec des personnes dépendantes prétendant vouloir se libérer de cette dépendance. Trop de ruses, de faux fuyants, de récupération, en fait un jeu de dupes pour un généraliste ne s'étant pas investi "en spécialiste" pour cette mission. C'était souvent pendant les gardes qu'on se trouvait confronté brutalement au problème devenu urgence. La nouvelle intitulée "Lettre anonyme"que j'ai choisi de vous présenter aborde une situation me semblant localement un peu moins fréquente que disons il y a une quinzaine d'années,  peut être une illusion à voir ce bilan européen.