Lac de Pradeilles (Pyrénées Orientales)

Bienvenue

Ce blog comme une promenade entre amis… On pourra donc lire ou écrire, admirer la nature, ramasser des cèpes ou des morilles , pêcher à la mouche, jouer au poker, parler médecine, littérature, actualité,ou même de tout et de rien comme le font des amis en fin d'une belle journée de randonnée...

dimanche 23 décembre 2012

Corrida




               La lecture récente de "Mort dans l'après midi" de Hemingway m'a conduit à essayer de clarifier les sentiments qui m'habitent à propos de la corrida, emblème de l'Espagne si proche…
              Cette manifestation qui ne m'a jamais intéressé en tant que spectacle m'intrigue en revanche beaucoup comme sujet de réflexion…
              J'aimerais réussir à dépasser l'opposition aussi irréductible que basique entre les anti-corridas qui n'y voient que pratique barbare et cruauté envers les" toros", assimilant en gros les corridas aux jeux du cirque de l'époque romaine, et les aficionados subjugués par l'élégance des matadors qui dansent un ballet pour eux magique où la mort guette à chaque geste…

lundi 17 décembre 2012

A St Jacques, en attendant la fin du monde



                                                                                 **


Un badaud :

- C'est quoi cette histoire de fin du monde ? Même à Perpignan ?

Un homme réparant une fenêtre de sa maison rue de l'anguille:

- Oui moi j'y crois, c'est même sûr, le 21 sera la fin du monde…


                                                                                   **

C'est l'histoire d'une jeune femme de 20 ans qui n'a pas d'ordonnance pour son injection dans le cadre d'un protocole de FIV (fécondation in vitro)…

- Moi je sais pas lire, ni écrire, c'est ma belle mère qui l'a (l'ordonnance), parce qu'ils disent que je suis bonne à rien, ou peut être ma soeur…

Sa soeur l'infirmière la connait, c'est un sosie parfait, vraiment deux gouttes d'eau, à ceci près qu'elle est aussi fausse blonde que la première est brune…

- Marina ? C'est ta soeur jumelle, non ?

- Oui, oui

- Et elle sait lire, elle ?

- Euh, elle est allée à l'école et pas moi…

- Et pourquoi donc ?

- C'est une longue histoire, quand ma mère a eu ses deux bébés, elle en a donné un à sa belle-soeur qui ne pouvait pas en avoir…

- …Après, sa belle-soeur et son mari sont partis s'installer avec le bébé dans le Nord de la France… Au bout de quelques années, ils sont revenus… On ne nous avait rien dit, et quand j'ai eu 5 ans j'ai rencontré dans la classe une petite fille qui était comme si je me regardais dans une glace…

- On avait un peu peur et on n'arrêtait pas de se regarder, de se toucher… Quand je suis rentrée chez moi, j'ai eu de plus en plus peur, et je n'ai plus voulu retourner à l'école…

- Bien plus tard, après des années, on nous a dit qu'on était bien soeurs… Mais moi, je ne suis jamais allée à l'école…





dimanche 9 décembre 2012

Sans GPS…

Accès hypomaniaque en plein supermarché…

                    Deux mois, déjà que je ne joue plus au docteur… Certes le premier mois, pas grand chose n'avait changé, j'accompagnais celle qui avait accepté de me succéder, pour lui présenter des patients, leurs pathologies, et faire le co-pilote sur les circuits  informatiques… Ensuite quelques jours auprès de ma mère âgée encore plus têtue que vieille, dictateur de son petit monde solitaire et immuable à des centaines de kilomètres du mien, aussi décidée que Bachar el-Assad  à ne pas quitter la place… Enfin, les obligations administratives suite à une cessation d'activité ont réussi 2 bonnes semaines à me confiner dans des occupations fiscales et comptables propices à vous boucher l'horizon…

            Donc j'ouvre à peine un oeil sur mon nouvel environnement et la petite chanson qui l'accompagne: "puisque maintenant tu as le temps"… Et du coup je me trouve dans l'obligation de ne plus ignorer nombre de détails qui guettaient dans l'ombre… Les objets peuvent être tyranniques, chacun le sait, et leur opportunisme est redoutable:

- Ainsi ma fidèle cafetière va réclamer dans un nuage inattendu de fumerolles un détartrage urgent puis va en profiter pour démissionner lâchement… comme j'ai "le temps", je vais donc tenter de la démonter, et bien sûr irrémédiablement la bousiller…

- Ainsi ma porte basculante de garage depuis des années aussi consciencieuse qu'une horloge suisse va pour une raison inconnue rendre l'âme en une détonation unique laissant son mécanisme pendouiller comme un vulgaire hauban de voilier sur un océan déchainé… "Ma" réparation va tenir 48h, et un 2è claquement métallique sinistre va m'obliger à faire appel à un copain semi-pro  pour faire mieux… une demi journée d'efforts à deux, effectivement il a l'air d'avoir réussi, mais tous mes sens restent aux aguêts quand je sors ma voiture…

            Le bricolage, activité phare du retraité, demande des aptitudes  que le temps disponible ne vous dispense pas de posséder… Hélas, ce n'est pas mon truc, et ce jugement est définitif…

         C'est pas tout ça, mais frigo et congélateur se vident, "puisque j'ai le temps de cuisiner", et demandent à se remplir "puisque j'ai le temps d'aller faire les courses", soit, je m'exécute (mais non il ne s'agit pas d'un suicide…) avec l'aide de Mr Picard (le surgelé) quand l'ombre de ma mère et ma grand mère, dont toute la vie se structurait autour des repas, occupe trop d'espace… N'empêche, faut se coltiner Intermarché, qui a eu la bonne idée de multiplier sa surface par 3 et de changer tous ses rayons… Tant qu'à faire, je flâne, et repère nombre de produits devenus subitement séducteurs et pourtant absolument sans intérêt… L'endroit étant très proche de mon ancien territoire, je rencontre pas mal d'anciens patients, amusés de me trouver sans caducée protecteur dans un lieu de débauche pour consommateurs… Avant lorsque cela se produisait je faisais remarquer avec espièglerie "qu'un généraliste doit savoir tout faire", maintenant je glisse traitreusement que je profite de mon temps libre pour "faire plaisir à ma femme", comme si j'avais attendu la retraite pour faire les courses… Seulement maintenant au lieu de foncer avec des oeillères et une liste stricte des denrées nécessaires je reste 2 heures en dérive flottante entre les rayons, à des heures impensables pour un médecin en exercice, par exemple entre 9 et 11… Donc les rencontres sont bien plus fréquentes, souvent des couples rompus à l'exercice, qui ont tendance à insister sur cette liberté nouvelle qui doit selon eux me ravir en l'état, pensez, un petit déjeuner sans contrainte horaire et un choix serein dans ce magasin, "devenu magnifique, vous ne trouvez pas ?"…

            Donc résumons nous, lever 1/2h à 1h plus tardif, tentatives de bricolage aussi maladroites qu'avant, courses et préparation des repas avec un soin un peu supérieur à l'antériorité pour un résultat équivalent, car ma chérie fait partie des rares personnes qui ne "mangent" pas mais "s'alimentent", celles capables d'engloutir ce qu'on leur propose, brouet obscur ou plat de roi, avec un égal appétit, quoi d'autre, ah oui, promener la chienne, depuis des jours elle tourne en rond, et puis il faut marcher, faire de l'exercice est indispensable aux chiens en bonne santé et aux retraités actifs… Ça prend encore une bonne heure, peu agréable avec ce vent, un peu tendue parfois car la demoiselle est peureuse, et quand elle a peur, ben elle attaque les autres chiens, embrouille en vue avec les vieux retraités expérimentés, plus entrainés aux conflits insignifiants qui aident à passer le temps…

            Le temps, que j'ai maintenant (rappel) , donc, passe, et je me demande comment j'assumais à peu près la même chose avant, en plus de mon travail…mais je découvre aussi que le quai de la gare qui m'a vu descendre du train (cf parcours de santé) risque d'être plus long que prévu, on est déjà début Décembre…Mauvaise pioche, avec cette maudite tramontane et les premiers froids,  les champignons ne trouvent plus d'urgence à se développer,  les dorades ont depuis longtemps quitté les étangs pour la pleine mer,  la pêche à la truite est fermée, autant de sorties nature en moins,  d'autre part  ma compagne aussi bien que mes potes, eux, travaillent encore pour la plupart, les malheureux, ce qui limite singulièrement la possibilité de voyages en couple aussi bien qu'en groupe… Restent heureusement la lecture (je me retape en ce moment tout Hemingway en papier bible dans la Pleiade, cadeau touchant d'un de mes patients), les jeux d'écriture ainsi ce petit billet comme un modeste entrainement, le Mac et ses multiples possibles, depuis les journaux, la musique, les videos, jusqu'à la photo, la correspondance par mails ou le jeu de poker… Bizarrement, ce dernier, responsable auparavant de quelques couchers tardifs en exutoire sans doute à trop de tension nerveuse dans mes journées, devient presque fade alors même que durant mes premiers jours de liberté il m'a procuré un premier gain à 4 chiffres, sans stimuler pour autant un désir d'insister, avec "tout ce temps que j'ai maintenant"…Les enfants sont ravis car, promesse intangible, mes gains de poker sont pour eux, wow, disent-ils les yeux brillants, rien qu'une fois par mois ce serait super, "maintenant que…" Maintenant que quoi ? Ah, oui…Bref, je sens quant à moi en quelque sorte l'absence de repères autres qu'à portée de main… où est mon GPS ?

              Normal m'a dit mon ami François, c'est pareil pour tout le monde au début… Ok, pas de souci… Après avoir appris à travailler, il faut apprendre à ne plus travailler, c'est vrai même si ça surprend… Evitons le piège sournois de la culpabilité qui pourrait nous habiller en coursier-cuisinier-bricoleur-baby sitter au prétexte qu'on n'a aux yeux des autres "rien de mieux à faire"… Un travail reconnu et officiel présente on l'oublie un bénéfice secondaire, celui de vous dispenser de nombreuses contraintes subalternes qui n'oublient pas de surgir au premier rang quand le sacro-saint travail s'efface… Le joyeux désordre de mon bureau est plus difficile à justifier en l'absence d'impératifs professionnels, hélas la perspective de le ranger enfin de fond en comble n'est pas plus excitante qu'avant…

            J'avoue avoir dans mon enfance passé bien plus de temps dans ma chambre que ne l'exigeaient mes devoirs scolaires, juste pour qu'on m'y fiche une paix royale… De cette époque date sans doute mon goût pour les activités solitaires que sont la lecture et l'écriture… Mais je suis à l'âge où la sédentarité présente des dangers, et où ces activités pour être prises en compte et respectées doivent s'intégrer dans un projet … Ecrire un livre serait une option parfaitement défendable, griffonner des billets sur un blog, hum… n'est qu'un loisir qui "n'apporte rien", en tout cas pas une défense suffisante contre les sollicitations courantes… Pas si évident de "glander"égoïstement quand on n'a pas eu d'aptitude à être cancre… Si Daniel Pennac m'inquiète- "Pour la retraite, la plume est moins utile que la tondeuse à gazon " (La fée carabine)- Goethe est un peu plus encourageant " Le talent se développe dans la retraite"ose-t-il, même s'il ajoute "et le caractère se forge dans le tumulte du monde "…

            Je viens de rater le Moscato"one man chaud"  en m'y prenant trop tard (une ex-brute redoutée du rugby devenue acteur de théâtre et pris au sérieux dans ce rôle devait valoir le déplacement…) Vais je réussir tout de même à voir cette expo photos de A.Kertész (hongrois pour moi inconnu mais que Cartier Bresson considérait comme son maitre) à Bram, 120 petits kms d'ici, avant la fin du mois, ouverture du mercredi au samedi, projet remis à plus tard depuis 3 semaines, même en travaillant, allez,  tu pourras venir avec moi, disais-je à ma femme, puisqu'il suffit d'une demi- journée, oui oui aucun problème mais mercredi j'ai ceci, jeudi  faut que je, et vendredi pour un peu j'oubliais… Tyrannie encore des tâches annexes, le dentiste, le garagiste, le rendez vous avec x ou y, c'est pas grave on reporte, moi de toute façon "maintenant j'ai bien le temps"…

          Il faut que je me méfie réellement pour l'expo, Noël approche, cette année pas d'excuses, pas question d'attendre le dernier jour, hein, tiens faudra que je pense au caddie si on me demande de suggérer une idée de cadeau … Commerce florissant, la vente de caddies, même en ces temps de crise il reste l'équipement de base de la ménagère, ce caddie, oui, aussi indispensable à celle ci que le maillot moulant sponsorisé peut l'être au cyclo touriste estival… Incroyable cette variété de caddies, en dimensions, qualités et couleurs de tissus, diamètres de roues, types de poignées, faudrait que je me renseigne en détail, puisque j'ai tout mon temps, doit bien exister un modèle intégrant un GPS…

La Rolls du caddie, sans doute…




mardi 4 décembre 2012

U) Menu Uranien



Asperges

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Pédale de fruits de mer

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Giton de veau au jus de glands

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Tarte à l'envers

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Crème de bananes

jeudi 29 novembre 2012

Vendée Globe


19eme jour de course - Mercredi 28 novembre par VendeeGlobeTV



              C'est la grande aventure du moment, qui partage en gros le public en 2 camps, ceux qui "rêvent" dans  le sillage de bateaux qui représentent à leurs yeux la liberté totale en réalisant le tour du monde à la voile, et ceux qui critiquent la débauche de matériels "high tech", les flots d'argent, les hommes sandwichs qui baladent leurs publicités sur toutes les mers du globe… Que vous soyez dans l'un ou l'autre camp, vous pouvez vous faire une idée des deux faces de ce qui reste une aventure extrême sur le site ma foi fort bien fait qui lui est consacré …

            Vous pourrez voir la position des concurrents à tout moment, vous gaver d'images de voiles, de videos, suivre une vacation quotidienne en direct de 12h30 à 13h avec les marins, écouter la verve très bretonne de Jean Le Cam ( exemple : choissez la communication du 22 nov à 00h7), vous initier à la meteo et la regate en essayant de comprendre les subtilités des vents qui "adonnent" , du "pot au noir" et des "dorsales"… Non, non, cela ne veut pas dire que j'envisage, maintenant que j'ai quitté le manège professionnel, de tenter de faire un peu mieux que le skipper de Majorquine  …  Non, ce voilier symbole de liberté reste pour moi un espace hérissé d'obstacles sur quelques mètres carrés, cerné par les vagues, le soleil, la pluie et les vents, sur lequel on passe son temps en équilibre instable à tirer sur des cordes et trimballer du matériel ou réparer quelquechose, le tout en manque de sommeil permanent… Un bateau pour moi n'a vraiment d'intérêt qu'en tant qu'outil de pêche multipliant les chances de prendre un beau poisson… Du coup pour cela autant se débarrasser de ses voiles et de leur écheveau de drisses… Ok, je sors…

                Mais je me surprends à consulter ce site chaque jour, et à prendre plaisir à suivre l'évolution de ces équilibristes, capables de réparer une déchirure de la coque de 1m20 pendant 2h la tête en bas comme Vincent Riou ou de grimper à 2 reprises en haut d'un mât de 30m en plein océan comme Bernard Stamm, capables de répondre sereinement que "tout va bien à bord, après 36h d'éveil j'ai réussi à dormir un peu par tranches de 10 mn" comme je sais plus qui…

             Certes, l'histoire s'apparente à la traversée de l'Himalaya en empruntant seulement des pistes au volant d'une Ferrari… Déjà 7/20 de ces pilotes de haute voltige ont dû ramener leur bolide au port, quant le premier quart de la course n'a pas été atteint, parfois sans gouvernail (safran dit le marin) ou même sans mât… Beaucoup de spectateurs du camp des rêveurs se lamentent sur leurs héros malchanceux…Et nombre de spectateurs du camp des critiques se frottent déjà sadiquement les mains à l'idée de ce que feront subir les effrayantes mers du Sud à ces sprinters fragiles engagés dans un marathon… 

              En fait cela ne me concerne pas d'être dans un camp ou dans l'autre, être spectateur de cette course me convient, intéressé par les tactiques et les façons d'apprivoiser le vent, fasciné par les performances humaines ou sportives, et l'enfant que je reste n'a pas plus besoin de rêver d'être près de Gough Island  sur un bijou suréquipé en carbone qu'il n'avait besoin de prendre la place de l'acrobate quand il allait au cirque il y a quelques longues années, ou celle de Patrick Edlinger , récemment décédé dans… son lit, que vous pouvez revoir sur cette video hallucinante … Je regarde, c'est beau et plein de suspens, et suffisant pour me donner envie d'en faire ce petit billet…

                  
              

dimanche 21 octobre 2012

Cours moins vite Charlie




                Envie ce jour de vous présenter une nouvelle, ce que je n'avais pas fait depuis quelques mois… Bizarrement c'est la violente polémique récente née d'un dessin jugé blasphématoire sur Charlie Hebdo par certains musulmans qui m'a rappelé ce texte… Cette polémique donne à réfléchir une fois de plus sur la difficulté de communication entre "arabes" et "occidentaux"… Passée la première réaction de rejet face à ce qui ressemble furieusement au premier regard à une atteinte de talibans religieux à notre liberté  dans l'humour, on s'aperçoit qu'il s'agit surtout d'une différence fondamentale dans la place donnée à l'image dans les deux cultures … Cet article l'explique assez bien … La cohabitation, qu'elle soit souhaitée, admise ou déplorée entre ces deux cultures est un fait… 5 à 6 millions de personnes seraient d'origine arabe en France, et parmi elles 3,5 millions possèdent la nationalité française… Les deux attitudes extrêmes seraient l'assimilation totale d'un côté et le repli communautaire de l'autre… Entre les deux, on navigue comme on peut, l'écueil de l'assimilation parfois vécue comme une défaite étant la perte d'identité, celui du repli communautaire crispé sur une religion rigoriste étant "l'étrangéité", terreau des affrontements et du racisme… Lorsqu'un comportement se manifeste dans un espace privé, peu de risques de conflits… Dans l'espace public la chose est bien différente,  l'image elle se répand comme un éclair à travers le monde entier, et les réactions à cette image aussi…
               Pour en revenir à Kamel, ma petite nouvelle, elle n'a rien de très ambitieux, mais cherche à exprimer les malentendus qui parfois depuis l'enfance, biaisent et faussent les rapports entre Européens et Maghrébins… Ou quand le sentiment mal exprimé ou bien méprisé conduit au dépit, lequel peut nourrir jusqu'à la délinquance…

samedi 13 octobre 2012

Le Caravage


              Comme un symbole de "renaissance" pour le premier jour de semaine où je ne me rends plus sur mon lieu de travail, j'ai visité l'exposition du musée Fabre à Montpellier sur  Le Caravage et le Caravagisme (quel mot horrible) que beaucoup considèrent comme une péridode charnière pour la peinture autour des années 1600… Je n'ai pas vu l'exposition jumelle de Toulouse…
            


David et Le Caravage en Goliath


                    Profiter pleinement de cette peinture, en comprendre les ascendances et les filiations, exige des connaissances en Histoire de l'Art que je suis loin de posséder… Se replonger dans une époque lointaine est difficile car notre oeil n'est pas neuf devant ces tableaux, il a depuis longtemps intégré nombre de procédés qui ont rendu courant ce qui à l'époque ne s'était jamais vu…Mais en faisant l'effort de se replacer dans le contexte, le visiteur comprend alors le choc provoqué par ce peintre pourtant sans école qui, après avoir assimilé les préceptes des grands peintres de la Renaissance comme Michel Ange ou Leonard de Vinci (perspectives, rigueur des proportions et de l'anatomie du corps humain, décors paysagistes, etc…) conserve certes la plupart du temps des thèmes religieux habituels au Moyen Age, mais attire le spectateur vers les représentations humaines plus que vers les images divines en insistant sur le réalisme des scènes et le naturel des expressions, lesquels sont comme éclairés par un puissant projecteur…

La crucifixion de St Pierre


                      Le spectateur se soumet à cette lumière, il se retrouve invité au coeur même du tableau à directement participer… Le Caravage, sans être l'initiateur du clair obscur, titre qui pourrait revenir à Leonard de Vinci, a utilisé cette technique à son maximum, et celle ci lui restera associée, même si elle deviendra très utilisée (ex: Rembrandt)… Sa façon magistrale de jouer avec les ombres et la lumière, les expressions "vraies" des personnages sans le caractère figé et pompeux qu'on leur donnait souvent auparavant offraient aux scènes représentées une densité et une réalité très impressionnantes à l'époque…  Le Caravage avait il y a quatre siècles un oeil de photographe, un oeil d'homme de théâtre et de cinéaste…

Le martyr de St Matthieu


Le sacrifice d'Isaac


                       Cet article  sur un site de photographie l'illustre assez bien.